La Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées
Réponse à Recommandation
| Doc. 13098
| 21 janvier 2013
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée
à la 1159e réunion des Délégués des Ministres
(16 janvier 2013). 2013 - Première partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 1995
(2012)
- Thesaurus
1. Le Comité des Ministres a examiné attentivement
la Recommandation 1995 (2012) de l'Assemblée parlementaire sur "La
Convention internationale pour la protection de toutes les personnes
contre les disparitions forcées", qu'il a transmise à un certain
nombre d'organes intergouvernementaux pour information et observations
éventuelles
Note.
2. Le Comité des Ministres se félicite de l'entrée en vigueur
en 2010 de la Convention internationale des Nations Unies pour la
protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées,
qui traite d'une grave violation des droits de l'homme qui se produit
malheureusement encore en Europe
Note. Par ailleurs, le Comité des Ministres
invite les Etats qui ne l'ont pas encore fait à envisager de signer
et ratifier dès que possible la Convention des Nations Unies, et
il les invite aussi à envisager de reconnaître la compétence du
Comité des disparitions forcées.
3. Le Comité des Ministres prend acte de l'avis de l'Assemblée
selon lequel la Convention des Nations Unies n'aborde pas certains
éléments, mais il fait remarquer que certains instruments existants
du Conseil de l'Europe visant à lutter contre les disparitions forcées
vont déjà au-delà de la Convention des Nations Unies, notamment
en ce qui concerne la compétence ratione temporis du Comité des
disparitions forcées, telle qu'elle est exprimée au paragraphe 3.4
de la Recommandation 1995 (2012). En témoigne notamment le fait
que la Cour européenne des droits de l'homme a déjà statué dans
des affaires de disparitions forcées et s'est déclarée compétente
ratione temporis pour examiner, en vertu de l'article 2 sous son
aspect procédural, une allégation de disparition forcée qui se serait
produite avant que la Convention européenne des droits de l'homme
n'entre en vigueur à l'égard du pays en question
Note. S'agissant des paragraphes
3.1, 3.2 et 3.3 de la recommandation, le Comité des Ministres constate
que ces points ont déjà été examinés de manière approfondie et qu'ils
résultent d'un consensus obtenu dans le cadre des négociations relatives
à la Convention des Nations Unies ; aussi considère-t-il qu'il serait
inopportun de rouvrir le débat relatif à ces questions lors de négociations
qui pourraient avoir lieu dans le cadre du Conseil de l'Europe.
4. Quant à l'invitation formulée au paragraphe 4, étant donné
que la Convention des Nations Unies n'est entrée en vigueur que
le 23 décembre 2010 et que son mécanisme de suivi, le Comité des
disparitions forcées, n'a commencé à exercer pleinement ses activités
qu'en novembre 2011 avec deux sessions annuelles, le Comité des
Ministres estime qu'il est prématuré à ce stade d'évaluer l'efficacité
du système établi par la Convention des Nations Unies et de tirer
la moindre conclusion quant au lancement d'un processus de négociation
d'une convention européenne.
5. En ce qui concerne l'élaboration d'activités et d'instruments
au sein du Conseil de l'Europe pour lutter contre les disparitions
forcées, ainsi que le mentionne l'exposé des motifs de la Résolution
1868 (2012) de l'Assemblée parlementaire, le Comité des Ministres
souhaite attirer l'attention sur sa Recommandation CM/Rec(2009)12
aux Etats membres sur les principes concernant les personnes disparues
et la présomption de décès.
6. Bien que le Comité des Ministres n'entende pas à ce stade
entreprendre de nouvelles activités normatives dans ce domaine,
il continuera à suivre de près l'évolution des travaux en cours
au sein du Comité des disparitions forcées ainsi que le processus
de ratification et de mise en œuvre de la Convention des Nations
Unies, en vue notamment de l'éventuel examen de nouveaux instruments
juridiques ou politiques que le Conseil de l'Europe pourrait envisager
d'élaborer.