Les migrants Roms en Europe
Réponse à Recommandation
| Doc. 13162
| 08 avril 2013
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée
à la 1166e réunion des Délégués des Ministres (27 mars 2013). 2013 - Deuxième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2003
(2012)
1. Le Comité des Ministres a examiné avec
attention la Recommandation 2003 (2012) de l’Assemblée parlementaire
sur « Les migrants Roms en Europe » qu’il a transmise à un certain
nombre de comités ou organes intergouvernementaux
Note. Conformément à la Déclaration
de Strasbourg sur les Roms adoptée en octobre 2010, l’amélioration
de la situation des Roms en Europe est une priorité pour le Comité
des Ministres. Il se félicite de l’attachement durable de l’Assemblée
à ce même objectif.
2. En ce qui concerne le paragraphe 6.1, le Comité des Ministres
a pris note des inquiétudes de l’Assemblée. Il tient à souligner
que l’exploitation de la mendicité – plutôt que la mendicité elle-même
– est interdite par un certain nombre d’instruments juridiques internationaux.
Bien que l’exploitation de la mendicité ne soit pas expressément
mentionnée dans la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte
contre la traite des êtres humains, le Comité des Ministres partage
l’avis du GRETA qu’elle peut être considérée comme une forme de
travail forcé aux fins de ladite convention et que l’examen des
législations nationales criminalisant l’exploitation de la mendicité
comme une forme de traite des êtres humains dans les rapports d’évaluation
par pays du GRETA contribuera à lutter contre l’exploitation des
groupes les plus vulnérables, notamment les Roms. Il n’estime donc
pas nécessaire à ce stade de lancer une collecte d’informations
auprès des Etats membres s’agissant de savoir s’ils ont déjà criminalisé
la mendicité ou s’ils envisagent de le faire.
3. Le Comité des Ministres tient également à rappeler que l’ECRI
a recommandé que les éventuelles mesures prises par la police pour
lutter contre la mendicité organisée ne soient pas de nature à stigmatiser
ou à viser injustement les Roms ; l’ECRI a demandé que des critères
clairement définis régissant l’application des dispositions pénales
pertinentes. Enfin, le Comité des Ministres souhaite attirer l’attention
sur le fait que le CAHROM examine actuellement diverses questions
liées à l’exploitation des enfants, notamment la mendicité.
4. En ce qui concerne le paragraphe 6.2, le Comité des Ministres
est conscient que la question des mesures prises par plusieurs Etats
membres des Balkans occidentaux concernant la liberté des Roms de quitter
leurs pays respectifs a suscité des inquiétudes. Il n’ignore pas
non plus que ces questions ont été examinées dans diverses enceintes,
dont l’Assemblée et le Forum européen des Roms et des Gens du voyage,
et dans le cadre d’échanges de vues lors de réunions du CAHROM.
Le Comité souligne que le respect des normes des droits de l’homme
doit être un préalable à toutes discussions sur des mesures de cette
nature, qu’elles se tiennent sur une base bilatérale ou multilatérale
ou dans un contexte intergouvernemental.
5. En ce qui concerne le paragraphe 6.3, le Comité des Ministres
convient avec l’Assemblée qu’il est indispensable d’établir dans
toute la mesure du possible, si la communauté rom est concernée
par la traite des êtres humains et/ou impliquée dans celle-ci. Il
tient à signaler que les rapports d’évaluation par pays du GRETA accordent
une attention particulière aux groupes qui sont vulnérables à la
traite des êtres humains et à l’examen des mesures prises pour prévenir
et combattre la traite parmi de tels groupes, dont les Roms. Le GRETA
a souligné, entre autres, la nécessité de renforcer les mesures
préventives parmi les communautés roms et instamment demandé aux
autorités nationales de développer la dimension prévention par des campagnes
spécifiques et des mesures sociales et économiques s’attaquant aux
causes profondes de la traite. Etant donné son importance en tant
qu’outil effectif de lutte contre la traite des êtres humains parmi
les groupes vulnérables, dont les Roms, le Comité des Ministres
invite instamment les Etats membres qui ne l’ont pas encore fait
à envisager de ratifier la Convention sur la lutte contre la traite
des êtres humains (STCE n° 197).
6. Eu égard à la question soulevée au paragraphe 6.4 concernant
les stéréotypes négatifs et la stigmatisation des Roms dans les
médias et le discours politique, le Comité des Ministres reconnaît
que, dans le plein respect de la liberté d’expression et de l’indépendance
éditoriale, les médias devraient éviter de contribuer aux préjugés
et aux stéréotypes. Cela étant, pour ce qui concerne l’élaboration
des politiques et, comme indiqué dans sa Recommandation CM/Rec(2011)7
sur une nouvelle conception des médias, « en tant que forme d’ingérence,
toute réglementation devrait satisfaire aux critères énoncés à l’article 10
de la Convention européenne des droits de l’homme et aux principes
découlant de la jurisprudence pertinente de la Cour européenne des
droits de l’homme ». Le Comité des Ministres tient également à rappeler
que l’ECRI souligne régulièrement l’importance pour les médias de
ne pas concourir à encourager un climat d’hostilité et de rejet
envers les migrants et les membres de groupes minoritaires et de
jouer plutôt un rôle en amont pour anticiper et prévenir l’instauration
d’un tel climat.
7. Le Comité des Ministres estime qu’il n’est pas nécessaire
d’élaborer de nouvelles normes intergouvernementales dans le domaine
des médias, mais qu’il faut continuer de s’employer concrètement
à mettre en œuvre les normes existantes. La sensibilisation et la
formation, le développement des compétences et l’autorégulation
sont tous des outils pertinents à cet égard. Le partenariat entre
le Conseil de l’Europe et l’Union européenne de radio-télévision
(UER) offre un cadre tout indiqué pour le développement d’éventuelles initiatives
ultérieures.
8. Le Comité des Ministres tient également à rappeler que la
Déclaration de Strasbourg invite les Etats membres à « envisager
de participer à la Campagne du Conseil de l’Europe « Dosta ! Dépassons
les préjugés, allons à la rencontre des Roms ! ». Il souhaite informer
l’Assemblée que plusieurs Etats membres ont inclus la Campagne « Dosta ! »
dans leurs stratégies nationales d’intégration des Roms, ce qui
est une manière efficace et durable de s’attaquer au problème des
stéréotypes négatifs et de la stigmatisation des Roms. A cet égard,
il se félicite du soutien de l’Assemblée à la campagne « Dosta ! »
du Conseil de l’Europe comme indiqué au paragraphe 8 de la recommandation.
9. Le Comité des Ministres rappelle également que la « Déclaration
de Strasbourg » recommande entre autres aux Etats parties de tenir
pleinement compte des décisions pertinentes du Comité européen des
Droits sociaux dans l’élaboration de leurs politiques concernant
les Roms. Il informe l’Assemblée que la procédure de réclamations
collectives a permis en particulier de faire avancer des questions
touchant aux droits des Roms.
10. Enfin, le Comité des Ministres tient à encourager les Etats
membres à réfléchir aux recommandations présentées au paragraphe
7 de la recommandation de l’Assemblée.