Législation et pratiques de retrait d'enfants à leurs familles en Norvège
Réponse à Question écrite
| Doc. 14160
| 10 octobre 2016
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée
lors de la 1267e réunion des Délégués
des Ministres (5 octobre 2016). 2016 - Quatrième partie de session
- Réponse à Question écrite
- : Question écrite n° 704 (Doc. 14058)
1. Au cours de l’examen
de la question posée par l’honorable parlementaire, la délégation
norvégienne a exposé en détail les principes et garanties des Services
norvégiens de protection de l’enfance. La délégation a notamment
informé le Comité des Ministres que le principe de «l’intérêt supérieur
de l’enfant» était inscrit dans la constitution et que la Convention
des Nations Unies relative aux droits de l’enfant ainsi que la Convention
européenne des droits de l'homme s’appliquaient directement en droit
norvégien. Le système norvégien comporte toute une série de mécanismes
et mesures de contrôle visant à s’assurer que les décisions appropriées
sont prises conformément au droit applicable. Les services de protection
de l’enfance ou les autorités de poursuite peuvent délivrer des
ordonnances d’urgence temporaires. Toutefois, la décision doit être
transmise sans délai pour approbation à la Commission d’action sociale
du comté, organe public indépendant dirigé par un juge et faisant
fonction de tribunal. La commission évalue la demande pour vérifier que
l’ordonnance d’urgence respecte bien les obligations légales. En
outre, la délégation a informé le Comité que les parents avaient
accès à une assistance judiciaire gratuite et que toutes les décisions
pouvaient être déférées aux tribunaux indépendants.
2. Au cours des discussions, la délégation roumaine a signalé
qu’il existait une coopération bilatérale constructive entre les
autorités roumaines et norvégiennes concernant les affaires de garde
d’enfant. La Roumanie a aussi souligné que la question plus large
de l’intérêt supérieur de l’enfant devrait être abordée dans l’esprit
de la
Résolution 2049 (2015) de l’Assemblée Parlementaire.
3. Il a été rappelé qu’en adoptant la nouvelle Stratégie du Conseil
de l'Europe sur les droits de l’enfant (2016-2021), les Etats membres
avaient réaffirmé leur engagement à mener une réflexion «sur la
manière dont les Etats membres pourraient mettre en place une législation,
une réglementation et des procédures faisant de l’intérêt supérieur
de l’enfant une considération primordiale dans toute décision de
retrait de la garde parentale, de placement et de réunification»
(article 4.3. Promouvoir les droits des enfants au sein de la famille).
Il a été relevé également que la Convention des Nations Unies relative
aux droits de l’enfant énonce que «les Etats veillent à ce que l’enfant
ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré, à moins que les autorités
compétentes ne décident, sous réserve de révision judiciaire et
conformément aux lois et procédures applicables, que cette séparation
est nécessaire dans l’intérêt supérieur de l’enfant».
4. Enfin, le Comité rappelle qu’il a mis fin à la surveillance
de l’exécution de l’arrêt Johansen c. Norvège par
une résolution finale adoptée le 29 octobre 1997. Les autorités
norvégiennes ayant déjà ajusté leur pratique dans les affaires de
garde d’enfant, la Cour a jugé manifestement infondée une requête
ultérieure introduite en 2002 par Mme Johansen
et l’a déclarée irrecevable le 10 octobre 2003.