Violation présumée de la Convention européenne sur le statut juridique des enfants nés hors mariage
Réponse à Question écrite
| Doc. 15234
| 05 mars 2021
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la 1397e réunion
des Délégués des Ministres (3 mars 2021). 2021 - Deuxième partie de session
- Réponse à Question écrite
- : Question écrite n° 750 (Doc. 15110)
1. Le Comité des Ministres note que la gestation
pour autrui internationale présente un défi très particulier, car
il peut être difficile, en pareil cas, d’établir ou de reconnaître
la filiation juridique de l’enfant. Le contexte particulier de la
covid-19 semble avoir aggravé la situation dans certains pays, au
risque de laisser des enfants apatrides, sans qu’ils bénéficient
de la reconnaissance ou de la protection d’un quelconque État, et
de les rendre vulnérables aux violations des droits de l’homme.
2. La Convention européenne de 1975 sur le statut juridique des
enfants nés hors mariage a pour objectif premier d’améliorer la
situation de ces enfants dans les États parties par l’établissement
de règles communes concernant leur statut juridique. Ses dispositions
ne couvrent cependant pas directement la gestation pour autrui qui,
à l’époque où la Convention a été élaborée, n’était pas envisagée
par les rédacteurs. Le Comité note en outre que la Convention de
1975 ne prévoit pas de mécanisme de suivi qui permettrait d’en examiner l’application
dans un État partie.
3. Le Comité des Ministres fait observer que des travaux sont
en cours dans d’autres instances aux fins d’une réglementation multilatérale
et de l’harmonisation du droit international privé sur la gestation
pour autrui
Note. En
ce qui concerne la prévention et le traitement des cas d’apatridie,
la Convention des Nations Unies de 1954 relative au statut des apatrides
et la Convention des Nations Unies de 1961 sur la réduction des
cas d’apatride énoncent des obligations claires pour les Parties,
y compris l’Ukraine.
4. Au vu toutefois des conséquences graves que les questions
soulevées par l’Honorable parlementaire peuvent avoir pour les enfants
et les familles, le Comité des Ministres appelle les États, qui
envisagent d’adopter de nouvelles mesures législatives ou autres
ou de donner suite à des cas individuels, à s’attacher à relever
les défis liés à la gestation pour autrui internationale en tenant
compte des difficultés supplémentaires dues à la covid-19, en faisant
de l’intérêt supérieur de l’enfant une considération primordiale
et en ne faisant pas des enfants des apatrides.