Au-delà du Traité de Lisbonne: renforcer le partenariat stratégique entre le Conseil de l’Europe et l’Union européenne
Réponse à Recommandation
| Doc. 15667
| 20 décembre 2022
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1452e réunion des Délégués des Ministres
(14 décembre 2022). 2023 - Première partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2226
(2022)
1. Le Comité des Ministres
se félicite de la
Recommandation
2226 (2022) de l'Assemblée parlementaire «Au-delà du Traité de Lisbonne:
renforcer le partenariat stratégique entre le Conseil de l'Europe
et l'Union européenne». Il partage l’avis de l’Assemblée sur l’importance
de «renforcer le partenariat stratégique entre le Conseil de l’Europe
et l’Union européenne», notamment par «la concertation, la coordination,
le dialogue politique et la coopération technique, en mettant l’accent
sur les questions de sécurité démocratique et d’État de droit».
2. Le Comité des Ministres rappelle qu’à sa 132e Session
ministérielle tenue le 20 mai 2022 à Turin, il «a appelé à renforcer
encore la coopération avec l’Union européenne – en tant que principal
partenaire institutionnel du Conseil de l’Europe sur le plan politique,
juridique et financier – au vu des nombreux défis auxquels l’Europe
est actuellement confrontée, en particulier du fait que la Fédération
de Russie a cessé d’être membre du Conseil de l’Europe depuis le
16 mars 2022, suite à son agression contre l’Ukraine»
Note.
3. Le Comité des Ministres souligne que la coopération avec l’Union
européenne s’est développée «par l’intermédiaire des trois piliers
du partenariat, à savoir le dialogue politique, la coopération juridique
et la coopération programmatique» et qu’elle «s’est davantage focalisée
sur la sécurité démocratique et la résilience du système de protection
des droits de l’homme en Europe»
Note.
4. Le Comité des Ministres réaffirme l’importance de la coopération
sur les questions relatives à l’État de droit pour confirmer le
rôle du Conseil de l’Europe en tant que «référence en matière de
droits de l’homme, de primauté du droit et de démocratie en Europe»
et pour assurer «la cohérence et la complémentarité entre le Conseil
de l’Europe, organisation paneuropéenne, et l’Union européenne»,
comme le prévoit le Mémorandum d’accord de 2007.
5. Dans ce contexte, le Comité des Ministres rappelle que le
Conseil de l’Europe a continué d’apporter une contribution précieuse
à l’Union européenne sur les questions relatives à l’État de droit
Note et que les contacts se sont intensifiés
entre les organes du Conseil de l’Europe et les institutions pertinentes
de l’UE. Plus particulièrement, le Secrétariat du Conseil de l’Europe,
sur invitation de la Commission européenne, a contribué aux rapports
annuels de la Commission européenne sur l’État de droit pour ce
qui concerne les États membres de l’Union européenne. Les dirigeants
de l’Union européenne ont réaffirmé leur engagement à continuer
de s’appuyer sur les normes pertinentes du Conseil de l’Europe et
sur les conclusions des organes de suivi de l’Organisation
Note. Il convient aussi de rappeler que
la question de la coopération entre le Conseil de l’Europe et l’Union
européenne dans le cadre des initiatives de l’Union en matière d’État
de droit est traitée régulièrement dans les rapports sur la coopération
avec l’Union européenne présentés à la Session annuelle du Comité
des Ministres.
6. En outre, lors de sa Session ministérielle de 2022, le Comité
des Ministres a rappelé «son attachement à l’adhésion de l’Union
européenne à la Convention européenne des droits de l’homme» et
a encouragé «selon le cas, la participation ou l’adhésion de l’Union
européenne aux instruments du Conseil de l’Europe de façon à assurer
la cohérence et la complémentarité et promouvoir les synergies»
Note.
7. En ce qui concerne les programmes conjoints de coopération
avec l’Union européenne, le Comité des Ministres rappelle que l’Union
reste le principal donateur des activités de coopération technique
du Conseil de l’Europe couvrant la région de l’élargissement de
l’Union européenne, les pays du Partenariat oriental, les États
membres de l’Union européenne, le sud de la Méditerranée et l’Asie
centrale, ainsi que des domaines thématiques. En 2021, le volume
global de la coopération dans le cadre des programmes conjoints
Conseil de l’Europe-Union européenne s'est élevé à € 207,4 millions,
les recettes annuelles pour ces programmes représentant 57 % du
total des recettes extrabudgétaires
Note. Les programmes
conjoints de coopération dans le domaine de l’État de droit sont
toujours prédominants en nombre et en volume en 2021, représentant
54,7 % de l’enveloppe budgétaire cumulée.
8. Depuis la «déclaration d’intention» signée avec la Commission
européenne en avril 2014, la coopération dans le cadre de programmes
conjoints s’est progressivement développée dans la zone d’élargissement
de l’Union européenne, illustrant le rôle de référence du Conseil
de l'Europe dans les domaines des droits de l'homme, de l'État de
droit et de la démocratie en Europe, sur la base du mémorandum d'accord
de 2007. Lors de sa Session ministérielle de 2022, le Comité des
Ministres a souligné en particulier «le rôle important joué par
les trois programmes pluriannuels à grande échelle, mis en place
dans la zone d'élargissement de l’Union européenne, dans la zone
de Partenariat oriental de l’Union européenne et dans le voisinage
méridional»
Note. Le Comité des Ministres a aussi
considéré que «les programmes plurinationaux/thématiques et pluriannuels flexibles
seront plus que jamais nécessaires pour couvrir la diversité des
zones géographiques/thématiques concernées et les défis nouveaux
ou émergents»
Note.
Dans ce contexte, il est important de noter que le volume financier
des programmes conjoints mis en œuvre dans les États membres du
Conseil de l’Europe qui sont membres de l’Union européenne a continué
d’augmenter régulièrement. Cette évolution est principalement due
aux cadres conjoints structurés de coopération et de support technique
mis en place depuis 2019 au sein du Programme d’appui aux réformes
structurelles et de l’Instrument de soutien technique.
9. Le Comité des Ministres se félicite de la contribution du
Bureau de liaison du Conseil de l’Europe à Bruxelles et de celle
de la délégation de l’Union européenne à Strasbourg au développement
du partenariat stratégique avec l’Union. Les capacités du Bureau
de liaison ont été considérablement renforcées depuis 2008. Le Bureau
de liaison continuera de jouer un rôle clé en renforçant la dynamique
et la visibilité de la coopération.
10. En ce qui concerne les efforts conjoints en faveur de la gouvernance
mondiale et du multilatéralisme fondés sur des règles, le Comité
des Ministres considère que la coopération du Conseil de l’Europe
avec l’Union européenne est «un exemple parlant de multilatéralisme
dynamique en vue de défendre et de promouvoir des valeurs communes
en Europe et au-delà» et «devrait rester prioritaire pour l’Organisation»
Note. Cette coopération «illustre [aussi]
la contribution de l’Organisation à l’ordre international et à la
gouvernance mondiale, ainsi qu’à la réalisation des ODD»
Note.
La coopération avec l’Union européenne afin d’aborder conjointement
les enjeux mondiaux pourrait être renforcée.
11. Enfin, en ce qui concerne la possibilité d’organiser un 4e Sommet
des chefs d’État et de gouvernement des États membres du Conseil
de l’Europe associant des représentants de l’Union européenne, le
Comité des Ministres rappelle que le 7 novembre 2022, il a convenu
qu’un tel sommet se tiendra à Reykjavik (Islande) les 16 et 17 mai 2023.
La question de la coopération avec l'Union européenne devrait figurer
à l’ordre du jour du 4e Sommet.