L’ingérence étrangère: une menace pour la sécurité démocratique en Europe
Recommandation 2292
(2025)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion
par l’Assemblée le 8 avril 2025 (12e et
13e séances) (voir Doc. 16131, rapport de la commission des questions politiques et
de la démocratie, rapporteure: Mme Zanda
Kalniņa-Lukaševica). Texte adopté par
l’Assemblée le 8 avril 2025 (13e séance).
1. Renvoyant à sa
Résolution 2593 (2025) «L’ingérence
étrangère: une menace pour la sécurité démocratique en Europe»,
l’Assemblée parlementaire souligne que toute ingérence intentionnelle,
secrète et manipulatrice exercée par des puissances étrangères ou
leurs mandataires constitue une menace permanente pour les piliers
fondamentaux de la sécurité démocratique partagés par les États
membres du Conseil de l’Europe.
2. Ces ingérences visent à saper les processus électoraux, à
éroder la confiance du public dans les institutions démocratiques
et l’unité nationale, et à fausser la prise de décisions politiques.
L’exemple le plus flagrant de cette menace est l’escalade de l’ingérence
hostile de la Fédération de Russie depuis le début de sa guerre
d’agression à grande échelle contre l’Ukraine, que l’Assemblée condamne
fermement.
3. L’Assemblée estime qu’une réponse coordonnée et globale est
nécessaire pour contrer efficacement la menace d’ingérence étrangère,
et plaide pour une collaboration plus étroite avec l’Union européenne, l’Organisation
pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et d’autres
organisations internationales.
4. En outre, l’Assemblée souligne que des élections libres et
équitables sont la pierre angulaire des sociétés démocratiques.
Des processus électoraux indépendants et transparents sont nécessaires
à la fois pour la confiance des citoyens dans les institutions publiques
et pour la compétitivité de l’environnement électoral. L’Assemblée
se déclare gravement préoccupée par le fait que les opérations d’ingérence
étrangère, par la manipulation de l’information et des opinions
des électeurs, constituent une menace permanente en matière électorale
pour la liberté des électeurs de se forger une opinion et pour l’égalité
des chances des candidats et des partis.
5. Rappelant les Principes de Reykjavík pour la démocratie, l’Assemblée
reconnaît les efforts continus déployés par le Comité des Ministres
pour renforcer la résilience démocratique et remédier au recul de
la démocratie, notamment ses travaux sur la lutte contre la mésinformation
et la désinformation, la prévention de la manipulation algorithmique
et le renforcement de l’intégrité électorale. Elle salue l’initiative
du Secrétaire Général visant à élaborer un nouveau pacte démocratique
pour lutter contre le recul de la démocratie, renforcer l’engagement
des citoyens et adapter les modèles démocratiques aux défis contemporains.
6. Face au perfectionnement constant des tactiques multiformes
d’ingérence étrangère dans le domaine numérique, l’Assemblée accueille
avec satisfaction la Convention-cadre du Conseil de l’Europe sur l’intelligence
artificielle et les droits de l’homme, la démocratie et l’État de
droit (STCE n° 225, «la Convention de Vilnius»), qu’elle considère
comme un instrument essentiel pour promouvoir la transparence, l’obligation
de rendre des comptes et les garanties contre les manipulations
et la désinformation induites par l’intelligence artificielle.
7. Compte tenu du rôle joué par le Conseil de l’Europe en faveur
de la sécurité démocratique, l’Assemblée demande au Comité des Ministres:
7.1 de développer et d’élaborer
des instruments qui contrent l’ingérence étrangère et encouragent l’adoption
d’une approche axée sur la mobilisation de la société tout entière,
améliorent la résilience, renforcent la confiance du public et préservent
l’intégrité des institutions;
7.2 d’étudier la possibilité d’élaborer une définition opérationnelle
large et non contraignante de l’ingérence étrangère afin d’améliorer
la coordination européenne et l’harmonisation des politiques, et de
préciser davantage la nature des activités d’influence légitimes.