Faire face aux risques que les mercenaires et les entreprises militaires et de sécurité privées font peser sur les droits humains et l'État de droit : un appel en faveur d'une réglementation globale
Réponse à Recommandation
| Doc. 16303
| 11 décembre 2025
- Origine
- Adoptée lors de la
1546e réunion des Délégués des Ministres
(10 décembre 2025). 2026 - Première partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2289
(2025)
1. Le Comité des Ministres
a examiné avec attention la
Recommandation 2289 (2025) de l’Assemblée parlementaire «Faire face aux risques
que les mercenaires et les entreprises militaires et de sécurité
privées font peser sur les droits humains et l’État de droit: un
appel en faveur d'une réglementation globale», et l’a transmise
au Comité européen pour les problèmes criminels (CDPC), au Comité
des conseillers juridiques sur le droit international public (CAHDI)
et à la Commission européenne pour la démocratie par le droit (Commission
de Venise) pour information et commentaires éventuels.
2. Le Comité des Ministres rappelle que la Commission de Venise
a examiné sur les questions soulevées par l’Assemblée dans son rapport
de 2009 sur les entreprises militaires et de sécurité privées et
sur l'érosion du monopole étatique du recours à la force (voir le
document CDL‑AD(2009)038) et dans sa Liste des critères de l’État
de droit de 2016 (CDL-AD(2016)007), qui est en cours de mise à jour.
Ces deux documents mettent en évidence l'insuffisance de la réglementation
internationale pour régir les activités des entreprises militaires et
de sécurité privées (EMSP), qui fait peser de graves risques sur
la démocratie, l'État de droit et la protection des droits humains.
3. Compte tenu de ces préoccupations, le Comité des Ministres
partage le point de vue de l'Assemblée selon lequel la mise en place
d'un cadre juridique régional pourrait compléter les travaux en
cours menés par les Nations Unies dans son groupe de travail intergouvernemental
à composition non limitée chargé d'élaborer le contenu d'un cadre
réglementaire international relatif à la réglementation, à la supervision
et au contrôle des activités des entreprises de services de sécurité
et de défense. Le Comité souligne toutefois que la nature juridique
du projet de cadre en cours d'examen aux Nations Unies reste à déterminer
et insiste sur l'importance d'éviter les doublons entre les efforts
déployés par les Nations Unies et toute initiative future du Conseil
de l'Europe. Il invite par conséquent le CDPC, dans le contexte
du prochain cycle budgétaire (2028-2029) à examiner la nécessité
et la faisabilité d'élaborer un instrument contraignant ou non contraignant
du Conseil de l'Europe axé sur l'atténuation des risques que les
EMSP font peser sur les droits humains, la démocratie et l'État
de droit, en tenant compte en particulier des travaux pertinents
de la Commission de Venise (paragraphes 3 et 5.2 de la recommandation
de l'Assemblée).
4. En outre, afin de coordonner ces travaux, le Comité des Ministres
invite le Secrétaire Général à prendre en considération la recommandation
de l’Assemblée visant à ce que le Conseil de l’Europe contribue
au groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée
des Nations Unies mentionné ci-dessus, et à prendre les mesures
appropriées, en veillant à ce que toute contribution du Conseil
de l'Europe soit complémentaire au processus en cours au sein des
Nations Unies (paragraphe 5.3 de la recommandation de l’Assemblée).
5. Enfin, compte tenu de la gravité de la question, le Comité
des Ministres souscrit à la position de l'Assemblée selon laquelle
le Conseil de l'Europe devrait, comme l'ont déjà fait 61 États – parmi
lesquels 39 États membres du Conseil de l’Europe – ainsi que l'Union
européenne, l'OSCE et l'OTAN, approuver le Document de Montreux
sur les obligations juridiques pertinentes et les bonnes pratiques
pour les États en ce qui concerne les opérations des entreprises
militaires et de sécurité privées pendant les conflits armés.