Activités d'observation des élections menées par l'Assemblée parlementaire en 2025
Rapport de synthèse et recommandations
Rapport d’activité
| Doc. 16323 Add. 3
| 25 janvier 2026
- Auteur(s) :
- Bureau de l'Assemblée
- Rapporteur :
- Lord David BLENCATHRA,
Royaume-Uni, CEPA
- Origine
- Sa version originale
anglaise a été traduite vers le français par un outil de traduction
automatique. 2026 - Première partie de session
1 Introduction
1. En 2025, les élections à travers
l'Europe se sont déroulées dans un contexte de plus en plus complexe et
contesté. La polarisation croissante, le populisme et l'extrémisme,
ainsi que la pression exercée sur les freins et contrepoids démocratiques
ont été aggravés par l'ingérence étrangère, la manipulation en ligne,
le financement illicite, les cyberattaques et la désinformation
omniprésente. Dans de nombreux contextes, les conditions restrictives
de campagne, le manque de transparence et les disparités en matière
de ressources et de financement ont compromis l'égalité des chances,
tandis que le vote à l'étranger a soulevé des défis pratiques et
liés à l'intégrité qui nécessitaient des garanties claires.
2. Dans ce contexte, l'observation des élections est un outil
essentiel pour préserver la démocratie: elle fournit une évaluation
impartiale, favorise la transparence et la responsabilité, et contribue
à maintenir la confiance du public dans la légitimité des élections.
En identifiant les lacunes et en formulant des recommandations,
l'observation des élections contribue à renforcer les institutions
démocratiques et le respect des principes démocratiques.
3. L'Assemblée parlementaire possède une longue expérience dans
l'observation des élections présidentielles et parlementaires ainsi
que des référendums nationaux. Elle effectue également des visites préélectorales
et, si nécessaire, postélectorales dans les pays faisant l'objet
d'une procédure de suivi ou de post-suivi ou bénéficiant du statut
de «partenaires pour la démocratie» auprès de l'Assemblée. Depuis
1989, l'APCE a observé plus de 250 élections parlementaires et présidentielles
en Europe et organisé plus de 370 visites liées aux élections. Plus
de 3 000 membres de l'APCE ont été déployés pour observer ces élections.
4. Depuis plus de trois décennies, l'Assemblée joue un rôle crucial
dans l'évaluation du respect par les États membres de leurs obligations
électorales envers le Conseil de l'Europe grâce à ses procédures rigoureuses
d'observation, de suivi et de contrôle des élections. En 2024, cet
engagement a été renforcé par l'intégration des activités de coopération
électorale dans les travaux de l'Assemblée, positionnant ainsi celle-ci
comme le principal coordinateur du
cycle
électoral du Conseil de l'Europe. En 2025, le Bureau de l'Assemblée a mis à jour les
lignes directrices pour l'observation des élections par l'Assemblée
parlementaire et a travaillé sur les nouveaux formulaires électroniques
pour les déclarations de conflit d'intérêts.
5. En réponse aux défis croissants qui menacent l'intégrité électorale
et la confiance du public dans les processus démocratiques, la Conférence
de Berne de l'APCE de 2023 sur le thème «Les élections en temps de
crise» a souligné la nécessité urgente de traiter ces questions
de manière décisive. Elle a mis en évidence l'importance d'un renforcement
des échanges entre les observateurs de l'APCE et les parlements
nationaux, ainsi que la nécessité d'intensifier les activités liées
aux élections. Afin d'accroître la visibilité du travail électoral de
l'Assemblée, la conférence a conduit à la création du Réseau des
observateurs électoraux de l'APCE (NEO). Le Réseau a tenu sa réunion
inaugurale le 29 janvier 2025 et a été rebaptisé Alliance parlementaire pour
des élections libres et équitables (PAFFE) en juin. L'une des principales
tâches de l'Alliance, telle que définie dans son mandat, est de
produire un rapport annuel sur les activités électorales de l'organisation.
6. Ce rapport, que je présente en ma qualité de président de
l'Alliance parlementaire pour des élections libres et équitables
(PAFFE, ci-après également dénommée «l'Alliance»), met en lumière
le travail électoral de l'Assemblée en 2025, notamment les missions
d'observation, les activités de l'Alliance et de la Division de
la coopération parlementaire et électorale, et propose des pistes
d'action pour relever les défis émergents et persistants.
7. Je tiens à remercier toutes les délégations nationales, les
groupes politiques, les membres de l'APCE et le personnel du Conseil
de l'Europe qui ont contribué aux missions d'observation de élections
en 2025. Ils ont consacré leur temps et leur expertise à cet exercice
unique, qui évalue non seulement les procédures le jour du scrutin,
mais aussi l'environnement électoral au sens large et les conditions
de la campagne, et qui aide à identifier les questions à traiter
dans le cadre des travaux des commissions de l'Assemblée et des activités
de coopération électorale.
2 Observation des
élections par l'APCE en 2025: faits et chiffres
8. L'Assemblée parlementaire est
la seule institution parlementaire qui, grâce à l'organisation de
missions préélectorales régulières environ un mois avant les élections,
évalue l'environnement électoral global et fait une déclaration
publique.
Note Ces
missions préélectorales sont très utiles car elles permettent aux
membres d'obtenir des informations détaillées et d'approfondir leur
compréhension grâce à un dialogue politique continu. Elles complètent
également les activités de suivi de l'APCE, lorsqu'il n'est pas
possible d'effectuer des visites de suivi sur place juste avant
et après les élections, tout en s'appuyant sur l'expertise des co-rapporteur·e·s
de suivi de l'APCE (qui sont membres d'office des commissions ad
hoc d'observateurs de l'APCE).
9. En 2025, les membres de l'APCE ont participé à 11 missions
préélectorales et d'observation électorale (MOE) dans 5 pays:
- Kosovo *Note:
- élections à l'Assemblée le 9 février 2025 (cheffe de délégation:
Mme Petra Bayr, Autriche, SOC, 17 membres
de 11 pays, dont 7 femmes);
- élections anticipées à l'Assemblée le 28 décembre (chef
de délégation: M. Yunus Emre, Türkiye, SOC, 6 membres de 5 pays,
dont 2 femmes);
- Albanie: élections législatives le 11 mai 2025 (chef de
délégation: M. Simone Billi, Italie, ECPA, 18 membres de 11 pays,
dont 5 femmes);
- Pologne: élections présidentielles les 18 mai et 1er juin
2025 (chef de délégation: M. Iulian Bulai, Roumanie, ADLE, 29 membres
issus de 18 pays, dont 15 femmes);
- République de Moldova: élections législatives le 28 septembre
2025 (chef de délégation: M. Chris Said, Malte, PPE/DC, 20 membres
de 15 pays, dont 8 femmes);
- République kirghize: élections législatives anticipées
le 30 novembre 2025 (chef de délégation: M. Georgios Stamatis, Grèce,
PPE/DC, 11 membres de 9 pays, dont 3 femmes).
10. Les membres de l'APCE ont manifesté
un intérêt considérable pour ces MOE, comme en témoigne la composition
de chacune des missions susmentionnées. La liste des rapports d'observation
des élections présentés à l'Assemblée figure en annexe (annexe 1).
11. Les missions d'observation électorale de l'Assemblée comprennent
des membres ou des expert·e·s juridiques de la Commission de Venise
qui conseillent la délégation de l'APCE et les missions internationales d'observation
électorale (MIOE) sur les normes du Conseil de l'Europe et les normes
internationales dans le domaine des élections, conformément à l'accord
de coopération signé le 4 octobre 2004 entre l'Assemblée et la Commission
européenne pour la démocratie par le droit (Commission de Venise).
Cette coopération de longue date avec la Commission de Venise contribue
grandement à renforcer la crédibilité de nos missions. La contribution
de la Commission de Venise à l'observation électorale de l'Assemblée
est très appréciée par nos membres et tous nos partenaires et apporte
une réelle valeur ajoutée à nos missions.
12. La participation des femmes aux MOE est passée de 28,8 % en
2022 à 37,5 % en 2024 et à 39,6% en 2025. Cette tendance est bien
sûr à saluer. Cependant, tout comme en 2024, seule une des six MOE
de l'APCE en 2025 était dirigée par une femme, ce qui reste inacceptable.
La participation des femmes aux MOE, et en particulier à la tête
des délégations, doit être améliorée. Les groupes politiques devraient
s'efforcer d'inclure au moins 40 % du sexe sous-représenté, à savoir
les femmes, lorsqu'ils soumettent leurs quotas de membres pour les
commissions ad hoc. Cela permettrait d'augmenter le nombre d'observatrices
ainsi que le nombre de femmes susceptibles de diriger des délégations.
J'invite donc le Bureau à accorder une attention particulière à
cette question. J'encourage également le réseau Women@PACE à échanger
des points de vue sur les moyens d'accroître la participation des
femmes aux commissions ad hoc d'observeurs de l'APCE et leur présidence.
13. La rotation politique des présidences des MOE en 2025 a été
légèrement plus équilibrée qu'en 2024, deux des six missions électorales
ayant été dirigées par le groupe SOC, deux par le groupe PPE/DC,
une par le groupe ALDE et une par le groupe ECPA. J'encourage le
Comité présidentiel de l'APCE à prêter attention aux lignes directrices
de l'APCE pour les observateurs électoraux, qui demandent de veiller
à un équilibre politique global sur une année civile lors de la
désignation des président·e·s des missions électorales.
14. Le 23 juin 2025, l'Assemblée a ratifié ses lignes directrices
révisées pour les missions d'observation des élections, visant à
renforcer l'intégrité et la transparence. Les lignes directrices
révisées:
- ont créé un nouveau
rôle de vice-président·e («chef·fe de délégation adjoint·e») au
sein des commissions ad hoc afin d'assurer la continuité de la direction
si le ou la présidente n'est pas en mesure d'exercer ses fonctions;
- invitent les groupes politiques à faire preuve de diligence
raisonnable lors de la nomination des membres, en veillant à ce
que les délégations comprennent des observateurs impartiaux, compétents et
suffisamment expérimentés, et en interdisant strictement la nomination
de «membres ayant participé à des missions non officielles menées
à des fins d'observation des élections ou en rapport avec les élections
dans le pays concerné et qui ont été parrainées ou entreprises à
l'invitation d'un État, d'une organisation parlementaire, organisation
gouvernementale ou non gouvernementale, d'une association, d'une
fondation ou de toute autre personne physique ou morale, y compris
toute mission qui serait en contradiction avec la Déclaration de
principes pour l'observation internationale d'élections de 2005»;
- a confirmé que toute observation du vote à l'étranger
nécessite une décision préalable du Bureau et doit respecter les
conditions qu'il fixe;
- si l'OSCE/BIDDH ne déploie pas de mission d'observation
à long terme, l'APCE évaluera désormais si les conditions sont propices
à une observation significative avant de décider d'envoyer sa propre délégation.
15. Enfin, je voudrais rappeler les garanties et les règles régissant
les MOE – telles qu'établies par notre Assemblée dans ses lignes
directrices – afin de protéger l'intégrité et la crédibilité de
nos missions d'observation, qui doivent être respectées par nos
observateurs: les membres des commissions ad hoc ne peuvent observer
que s'ils ont signé à la fois la déclaration d'intérêts annuelle
de l'APCE et la déclaration de non-conflit d'intérêts relative au
pays observé. Ils doivent également se conformer aux dispositions
du Code de conduite des membres de l'APCE ainsi qu'au Code de conduite
des missions internationales d'observation électorale (IEOM). Conformément
à la
Résolution 2596
(2025), l'Assemblée travaille actuellement à l'élaboration
de nouvelles déclarations en ligne améliorées que les membres participant
à des missions d'observation devront remplir. Cette mesure vise
à améliorer l'identification et la gestion des conflits d'intérêts potentiels.
3 Renforcement
du rôle de l'Assemblée dans les questions électorales
16. À la suite du Sommet de Reykjavik
et de la Conférence de Berne en 2023, l'Assemblée a continué à renforcer
son rôle de premier plan dans les questions électorales. Cela a
concerné à la fois le positionnement de l'Assemblée au sein du Conseil
de l'Europe en matière d'expertise électorale et, dans une certaine
mesure, notre rôle et notre visibilité au sein des instances internationales.
3.1 Lancement et
activités de l'Alliance parlementaire pour des élections libres
et équitables
17. Au début de l'année 2024, des
collègues actifs dans le domaine de l'observation des élections
ont proposé la création d'un réseau d'observateurs électoraux afin
de répondre aux menaces croissantes qui pèsent sur l'intégrité électorale,
notamment l'instabilité politique, les ingérences étrangères malveillantes
et les vulnérabilités numériques. Après l'approbation du mandat
par le Bureau en juin 2024, la ratification par l'Assemblée et l'approbation
de la liste des membres en octobre 2024, nous avons tenu la réunion
inaugurale le 29 janvier 2025. À ma proposition, et afin de refléter
notre objectif fondé sur des valeurs, le réseau a été rebaptisé
Alliance parlementaire pour des élections libres et équitables (PAFFE);
le Bureau l'a confirmé le 27 juin.
18. La réunion inaugurale a défini des mesures de suivi claires
visant à:
- étendre l'observation
à tout État membre confronté à l'instabilité;
- commencer l'observation plus tôt afin de couvrir la période
préélectorale;
- élaborer des lignes directrices pour le vote à l'étranger
(OCV);
- renforcer le suivi postélectoral avec les autorités électorales
et la société civile;
- développer l'expertise en matière d'observation des élections
numériques ainsi que de cybersécurité, d'intelligence artificielle
et de menaces liées aux réseaux sociaux dans le contexte électoral;
et
- promouvoir l'équilibre entre les sexes et le leadership
dans l'observation électorale.
19. Pour mettre en œuvre ces objectifs, les membres ont souligné
la nécessité de disposer de ressources adéquates et d'une expertise
spécialisée (notamment en matière de vote électronique et de cybersécurité), tout
en explorant des approches rentables telles que des activités conjointes
avec les commissions de l'APCE et l'utilisation sélective de méthodes
en ligne. Le 29 janvier, j'ai transmis ces priorités au Bureau,
qui a demandé à la Secrétaire générale de l'Assemblée de préparer
un mémorandum de suivi.
20. Le 22 mai, j'ai été invité à présenter les priorités et les
activités futures lors de la réunion du Comité présidentiel à La
Valette, où j'ai souligné le rôle de premier plan de l'Assemblée
dans les questions électorales et le souhait de l'Alliance d'observer
le vote à l'étranger, afin de garantir que les bulletins de vote
externes répondent aux mêmes normes que les bulletins nationaux.
J'ai proposé de tester une méthodologie de vote par correspondance
à l'étranger (OCV) de l'APCE dans le cadre d'une étude de faisabilité.
Les élections législatives du 28 septembre en République de Moldova,
qui ont mobilisé une importante diaspora et prévu 297 bureaux de
vote OCV, ont été identifiées comme un test idéal, avec le soutien
méthodologique d'une organisation nationale d'observation expérimentée,
Promo-LEX. Le 5 septembre, le Bureau a autorisé cette étude de faisabilité
avec un déploiement pilote, salué tant par la majorité que par l'opposition
au sein du parlement moldave. En fin de compte, le délai très court,
les délais d'accréditation serrés et le chevauchement avec l'ouverture
de notre session d'automne ont rendu impossible un déploiement plus
large. Cependant, notre objectif reste inchangé: en collaboration
avec des experts électoraux et des partenaires, nous avons l'intention de
finaliser une méthodologie OCV allégée et fondée sur des preuves,
et de mettre en place le projet pilote lors des prochaines élections
appropriées.
21. Il convient de noter que l'OCV existait déjà dans les précédentes
lignes directrices de l'APCE en matière d'observation électorale;
cependant, il n'a jamais été mis en pratique en raison de l'absence
de méthodologie convenue, même si la Commission de Venise avait
publié une étude historique en 2011. Le 8 octobre, lors du Conseil
pour l'électorale démocratique, j'ai salué la décision de la Commission
de Venise de compiler son acquis sur l'OCV
Note et de préparer un
rapport actualisé. Cette compilation constituera une référence claire
pour les législateurs et les observateurs, tandis que le nouveau
rapport, qui s'appuie sur l'étude de 2011, contribuera à harmoniser
les normes juridiques et les pratiques d'observation sur des questions
telles que la délimitation des circonscriptions électorales, l'inscription
sur les listes électorales, les campagnes et le financement transfrontaliers,
les critères applicables aux bureaux de vote à l'étranger, les mesures
proportionnées de lutte contre la fraude (y compris le vote par
correspondance), la compétence et les recours, ainsi que la vérifiabilité des
outils électroniques.
22. La transformation numérique est un autre axe stratégique.
Le 1er octobre 2025, l'Alliance a tenu sa deuxième réunion sur le
thème «Organiser et observer les élections à l'ère numérique», avec
la participation de la Commission de Venise et de l'OSCE/BIDDH.
Nous avons examiné comment la technologie remodèle les processus
électoraux et identifié des mesures pratiques que l'APCE pourrait
prendre pour préserver l'intégrité dans un environnement de plus
en plus numérique.
23. Lors du Forum mondial pour la démocratie à Strasbourg (6-9
novembre), les membres de l'Alliance ont contribué à la session
«L'IA dans les urnes: menace ou opportunité pour les élections démocratiques?»,
co-organisée par l'APCE et la Commission sur
l'intelligence artificielle (CAI) du Conseil de l'Europe. S'exprimant
au nom de l'Alliance, Laura Castel (Espagne, UEL) a souligné que
les élections, fondement de la démocratie, sont confrontées à des
risques émergents liés à la polarisation, à la désinformation et
à l'ingérence étrangère, désormais amplifiés par la capacité de
l'IA à cibler et à influencer le comportement des électeurs. Elle
a insisté sur le fait que la technologie doit soutenir les processus
démocratiques et non les fausser, et que les électeurs doivent pouvoir
participer sans crainte ni manipulation. Elle a présenté le soutien
pratique apporté par l'APCE aux systèmes électoraux, notamment l'aide
en matière de cybersécurité apportée à la Commission électorale
centrale ukrainienne et les mesures prises en République de Moldova
en matière de communication de crise et de surveillance pour lutter
contre la haine en ligne. Sa conclusion était claire: la protection
des élections à l'ère de l'IA nécessite une planification, une anticipation
et des normes couvrant toutes les étapes du processus électoral.
24. En ce qui concerne le renforcement du suivi post-électoral,
Pablo Hispán (Espagne, PPE/DC) a participé à la conférence intitulée
«30 ans de partenariat et de progrès: l'Albanie, le Conseil de l'Europe
et la Commission de Venise» (Tirana, 20-21 octobre 2025) dans le
cadre d'une table ronde sur la réforme électorale. S'appuyant sur
les conclusions de la mission d'observation des élections et de
la procédure de suivi, M. Hispán a appelé les autorités à remédier
aux lacunes objectives constatées par les observateurs internationaux
et nationaux et à veiller à ce que la législation électorale soit
mise en œuvre conformément à la lettre et à l'esprit de la loi.
25. Dans un contexte similaire, Jone Blikra (Norvège, SOC) a représenté
la MOE de l'APCE qui a observé les élections présidentielles du
20 octobre et du 3 novembre 2024 lors d'une conférence d'analyse
post-électorale les 17 et 18 mars à Chisinau co-organisée par le
programme électoral de l’APCE et la Commission centrale électorale
de la République de Moldova. De même, Chris Said (Malte, PPE/DC),
chef de la délégation de l'APCE chargée d'observer les élections
législatives en République de Moldova, participera à la prochaine conférence
d'analyse postélectorale sur le thème «Élections législatives en
République de Moldavie, 28 septembre 2025: intégrité électorale
et perspectives de consolidation démocratique», qui se tiendra les 19 et
20 février 2026, également co-organisée par le programme électoral
de l’APCE et la Commission centrale électorale de la République
de Moldova. L'objectif principal de la conférence est d'évaluer
de manière objective et approfondie le processus électoral, ainsi
que de formuler des recommandations concrètes et applicables pour
renforcer l'intégrité électorale, la confiance du public et la résilience
démocratique de la République de Moldavie.
26. Dans l'ensemble, la phase de démarrage de l'Alliance s'est
avérée plus lente que prévu. Néanmoins, deux réunions de fond ont
été organisées et des sites web consacrés à l'observation des élections
et à l'Alliance ont été lancés. Cependant, le Bureau de l'Alliance
n'a pas pu se réunir pendant la période considérée en raison de
contraintes de calendrier. Les créneaux horaires d'une heure prévus
pendant les pauses déjeuner des sessions partielles sont insuffisants
pour mener des discussions stratégiques et coïncident avec d'autres réunions
du réseau de l'APCE, notamment women@pace, ce qui empêche plusieurs
membres de participer, en particulier les femmes, dont la participation
accrue aux missions d'observation électorale est l'une de nos priorités.
Afin de garantir une gouvernance efficace et le suivi des priorités,
l'Alliance devrait être autorisée par le Bureau de l'Assemblée à
tenir au moins une réunion externe par an, soit de manière indépendante,
soit en marge d'un événement de l'Alliance.
3.2 Promotion des
activités transversales au sein de l'Assemblée parlementaire
27. Tout au long de l'année 2025,
l'Assemblée a fait progresser un programme transversal visant à
protéger la sécurité démocratique, l'intégrité électorale et la
participation. En avril, elle a adopté la
Résolution 2593 (2025) et la
Recommandation
2292 (2025) sur
l'ingérence étrangère:
une menace pour la sécurité démocratique en Europe (8
avril), suivies le lendemain par la
Résolution 2596 (2025) sur
le respect de l'État de
droit et la lutte contre la corruption au sein du Conseil de l'Europe (9
avril), qui comprend des dispositions pertinentes pour l'intégrité
des élections (paragraphes 6.4, 7.3, 13, 14.3). Ce travail a été
complété par un échange politique avec la directrice du BIDDH, Maria
Telalian, à La Canée le 26 mai, qui a permis de renforcer la coopération
en matière de normes et de pratiques.
28. L'Assemblée a également renforcé l'inclusion et la résilience
dans la vie parlementaire. Le 26 juin, elle a adopté
la Résolution 2615 (2025) sur
la promotion d'une participation
inclusive à la vie parlementaire: égalité des genres, accessibilité
et politiques inclusives (rapporteure: Maryna Bardina,
Commission de l'égalité et de la non-discrimination). Lors de la
session d'automne, elle a abordé les situations clés dans certains
pays liées au recul de la démocratie et au contexte électoral:
Résolution 2617 (2025) sur la Hongrie (30 septembre, co-rapporteurs: Eerik-Niiles
Kross, Estonie, ADLE, et George Papandreou, Grèce, SOC) (
Doc. 16249 de la commission de suivi);
Résolution 2620 (2025) sur le dialogue post-suivi avec la Bulgarie (1er octobre,
co-rapporteurs: Deborah Bergamini, Italie, PPE/DC, et Yves Cruchten,
Luxembourg, SOC) (
Doc. 16246 de la commission de suivi);
Résolution 2622 (2025) sur
la Russie: nouvelles
menaces pour les démocraties européennes (2 octobre,
rapporteur: Iulian Bulai, Roumanie, ADLE;
Doc. 16272 de la commission des questions politiques et de la démocratie);
Résolution 2624 (2025) sur
la défense de la démocratie
et de l'État de droit en Géorgie (2 octobre, corapporteurs:
Edite Estrela, Portugal, SOC, et Sabina Ćudić, Bosnie-Herzégovine,
ADLE) (
Doc. 16271 de la commission de suivi); et la
Résolution 2625 (2025) sur
les partis politiques
et la démocratie (2 octobre, rapporteure: Ingjerd Schie
Schou, Norvège, PPE/DC) (
Doc. 16248 de la commission des questions politiques et de la démocratie).
Parallèlement, le 30 septembre, la commission des questions politiques
et de la démocratie a adopté à l'unanimité le rapport intitulé «Les
élections en temps de crise» (rapporteur: Damien Cottier, Suisse,
ADLE
Note), accompagné de projets de résolution
et de recommandation destinés à guider les États membres dans la
protection des élections en période de crise. Ensemble, ces initiatives
soulignent l'approche transversale de l'Assemblée: défendre l'État
de droit, lutter contre les ingérences, soutenir la participation
inclusive et renforcer les cadres dans lesquels des élections libres
et équitables peuvent avoir lieu.
3.3 Contribution
au nouveau Pacte démocratique
29. Ancrée dans le Nouveau pacte
démocratique pour l'Europe du Conseil de l'Europe, l'Alliance contribue à
un processus qui vise à rétablir la confiance dans la démocratie
et à renforcer la sécurité démocratique d'ici 2026. Le Pacte articule
son action autour de trois piliers: apprendre et pratiquer la démocratie,
protéger la démocratie contre les menaces internes et externes (notamment
la corruption, l'ingérence électorale, la désinformation et l'utilisation
abusive de l'IA), et innover pour la démocratie par la délibération
et la technologie, sous la houlette de la CEDH et des Principes
de Reykjavík. Le Conseil de l'Europe mène de larges consultations
et traduit leurs résultats en politiques concrètes en vue du Sommet
des chefs d'État et de gouvernement de 2026.
30. S'appuyant sur le deuxième pilier du Pacte, «Protéger la démocratie»,
la commission ad hoc de l'Assemblée sur le nouveau pacte démocratique
a tenu une audition à Chisinau le 20 novembre 2025 sur le thème
«Sauvegarder la démocratie: élections et ingérence étrangère», avec
Martin Kuijer, vice-président de la Commission de Venise; Angelica
Caraman, présidente de la Commission électorale centrale (CEC) de
la République de Moldova; et Chris Said (Malte, PPE/DC), chef de
la mission de l'APCE en République de Moldova et membre de l'Alliance.
L'audition a permis d'explorer les outils pratiques permettant de
lutter contre l'ingérence tout en restant ancré dans les normes
du Conseil de l'Europe.
31. En ouvrant la contribution de l'Assemblée, Chris Said a dressé
la carte des «tactiques» d'ingérence de la Russie en Moldova: financement
illicite et partis fantômes liés à Ilan Shor, désinformation à plusieurs niveaux
sur TikTok et Telegram, cyberattaques contre les infrastructures
électorales et intimidations, notamment des alertes à la bombe à
l'étranger. Il a ensuite expliqué pourquoi ces tactiques ont échoué:
la Moldova est passée de l'improvisation à la préparation (règles
plus strictes en matière de financement des partis, renforcement
des cyberdéfenses et de la communication de crise de la CEC), les
services de sécurité ont agi rapidement, la société civile et une
diaspora très mobilisée ont riposté, et Moscou a mal interprété l'opinion
publique. Il a également souligné les dilemmes démocratiques (disqualifications
tardives, baisse de la participation électorale en Russie/Transnistrie)
et en a tiré trois enseignements pour l'Europe: la résilience se
construit entre les élections, les réponses doivent impliquer l'ensemble
de la société et les contre-mesures doivent rester ancrées dans
les normes de la CEDH et de la Commission de Venise.
32. Sur la base de ces conclusions, l'Assemblée pilote (avec
le Congrès et la Commission de Venise) le volet du Pacte consacré
à la résilience démocratique et à l'intégrité des élections (mars-mai
2026). Nos priorités sont de renforcer les démocraties contre la
désinformation, la polarisation et l'ingérence étrangère; de garantir
une concurrence équitable et authentique, y compris pour les électeurs
à l'étranger; et d'aligner les normes juridiques sur les pratiques
d'observation et les droits des observateurs électoraux. Les enseignements
tirés des récentes missions d'observation, notamment en Moldova,
seront directement pris en compte dans les propositions du Pacte
afin que les démocraties européennes restent légitimes, réactives et
agiles face à l'évolution des menaces hybrides.
3.4 Participation
au Conseil pour les élections démocratiques et coopération avec
la Commission de Venise
33. Le Conseil pour les élections
démocratiques a connu une année particulièrement dynamique et fructueuse,
avec trois réunions à Venise et une réunion en ligne. En 2025, l'Assemblée
était représentée au Conseil par Pablo Hispán (Espagne, PPE/CD)
et Octavie Modert (Luxembourg, PPE/CD) pour la commission des questions
juridiques et des droits de l'homme; Titus Corlăţean (Roumanie,
SOC) et Rian Vogels (Pays-Bas, ADLE) pour la commission des questions
politiques et de la démocratie; ainsi que Lord David Blencathra (Royaume-Uni,
ECPA) et Liliana Tanguy (France, ADLE) pour la commission de suivi.
34. Le 8 octobre, Pablo Hispán a été élu président du Conseil,
insufflant une énergie et une orientation nouvelles à l'engagement
de l'Assemblée auprès du Conseil. Il a souligné que, compte tenu
des pressions qui pèsent sur l'intégrité des élections dans de nombreux
pays, le Conseil pour les élections démocratiques peut combiner
l'expertise de la Commission de Venise et l'expérience de l'Assemblée
et du Congrès pour aborder les opportunités et les vulnérabilités
électorales sous de multiples angles – de la définition de normes
au suivi et à la coopération – renforçant ainsi l'équité et la résilience
de nos systèmes électoraux.
35. L'un des principaux domaines de travail du Conseil a consisté
à examiner les projets de rapports et d'avis préparés par la Commission
de Venise sur toute une série de questions électorales. Il s'agissait notamment
d'avis sur des modifications électorales concernant
la
Géorgie et
la
Hongrie, d'un mémoire d'amicus curiae concernant la
République
de Moldova, ainsi que d'un
rapport
urgent sur l'annulation des résultats électoraux par les cours
constitutionnelles à la suite de l'annulation du premier tour de
l'élection présidentielle en Roumanie, qui s'est tenue le 24 novembre
2024. En outre, le Conseil a lancé une discussion sur un prochain
rapport examinant la liberté d'expression, l'interdiction des discours
de haine et la promotion du pluralisme dans les campagnes électorales.
Cette initiative fait suite à une demande de l'Assemblée dans sa
Résolution 2525 (2024) sur «Le thème de la migration et de l'asile dans les
campagnes électorales et ses conséquences sur l'accueil des migrants
et leurs droits». Il est particulièrement important de poursuivre
le double objectif de préserver la liberté d'expression pendant
les campagnes électorales tout en protégeant les droits des personnes
susceptibles d'être lésées par des discours politiques manipulateurs
ou des décisions fondées sur des discours de haine ou l'incitation
à la discrimination. La Commission de Venise devrait adopter ce
rapport en 2026.
36. Les activités du Conseil s'étendent au-delà des États membres
du Conseil de l'Europe. En 2025, ses travaux ont notamment porté
sur l'examen du projet d'amendements constitutionnels du Pérou, la responsabilité
des membres des organes de gestion des élections, ainsi que le projet
de décret référendaire d'Haïti.
37. La structure unique du Conseil, qui combine l'expertise juridique
de la Commission de Venise et l'expérience politique de l'Assemblée
parlementaire et du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux, favorise en
permanence des discussions enrichissantes et constructives. Le Conseil
a notamment abordé la question du vote à l'étranger après la décision
de l'Assemblée de lancer un projet pilote visant à explorer des
méthodes d'observation efficaces pour ce type de vote, contribuant
ainsi à garantir l'intégrité électorale pour tous les électeurs,
quel que soit leur lieu de résidence. La Commission de Venise a
compilé et mis à jour ses avis et rapports sur ce sujet et révisera
son rapport historique de 2011 afin de refléter les développements
récents.
38. Parmi les autres sujets importants abordés figuraient le statut
des observateurs internationaux lors des élections locales et régionales,
et le droit à des élections libres à tous les niveaux de gouvernance
en Europe, une attention particulière étant accordée à l'article
3 du protocole n° 1 de la Convention européenne des droits de l'homme.
39. Le Conseil sert également de plateforme précieuse pour partager
des idées et informer le Congrès et la Commission de Venise des
résolutions et rapports spécifiques à chaque pays de l'Assemblée
concernant les élections, les activités de
l'Alliance
parlementaire pour des élections libres et équitables et les
programmes
de coopération électorale de l'Assemblée. Ces échanges facilitent l'examen des
progrès en cours, des principales réalisations et des possibilités
de collaboration future. Le Conseil a également lancé l'échange
d'informations sur les derniers développements en matière de législation
électorale entre les États membres, améliorant ainsi la compréhension
de l'évolution du contexte électoral en Europe.
40. Une innovation notable cette année a été la responsabilité
du Conseil d'organiser la 20e Conférence européenne des administrations
électorales («EMBs»), qui s'est tenue à Vilnius, en Lituanie, les
15 et 16 avril 2025, et qui était consacrée à la stabilité du droit
électoral. Cet événement a souligné l'engagement du Conseil en faveur
de la résilience et de l'adaptabilité des institutions démocratiques.
Damien Cottier, rapporteur de l’APCE sur le thème «Les élections
en temps de crise», a rappelé que les législateurs sont désormais
tenus de rendre les institutions démocratiques, y compris les administrations
électorales, plus résilientes et plus robustes afin d'anticiper
et de s'adapter aux événements imprévus et aux crises, qu'il s'agisse
de pandémies, de catastrophes naturelles, de cyberattaques ou de
guerres, et de faire face aux menaces qui pèsent sur l'intégrité
des élections.
41. Ce format collaboratif tripartite servira également de modèle
pour un séminaire prévu à Paris les 28 et 29 avril 2026, consacré
à sécuriser les droits des observateurs pour des processus électoraux
fiables et inclusifs. Organisée sous les auspices du Nouveau pacte
démocratique du Secrétaire général du Conseil de l'Europe, cette
initiative abordera le défi du recul démocratique, y compris les
menaces qui pèsent sur l'intégrité des urnes. Le séminaire examinera
une série de propositions, notamment le renforcement des cadres juridiques
pour l'observation des élections, la résolution des problèmes opérationnels
et logistiques, le renforcement de la confiance dans les missions
d'observation et la promotion d'un environnement plus propice à
l'observation des élections dans toute l'Europe. Les conclusions
contribueront au prochain rapport préparé par la commission des
questions politiques et de la démocratie intitulé «La nécessité
de protéger les observateurs électoraux».
3.5 Consolidation
et expansion des activités de coopération électorale de l'APCE
42. Depuis 2024, l'Assemblée a
officiellement intégré la coopération électorale dans ses travaux,
ce qui permet de mener des projets plus importants et à plus long
terme, financés par les plans d'action du Conseil de l'Europe, des
contributions volontaires et des programmes conjoints CoE-UE. Ces
activités associent observation, monitorage et suivi, et sont mises
en œuvre avec les parties prenantes nationales afin de traduire les
normes du Conseil de l'Europe en réformes concrètes tout au long
du cycle électoral.
43. En 2025, des projets ont été mis en œuvre en Albanie, en Bosnie-Herzégovine,
en Géorgie, en République de Moldova et en Ukraine, et d'autres
initiatives sont en préparation. Les actions menées ont porté principalement
sur la gestion professionnelle et transparente des élections, le
contrôle du financement des partis et des campagnes électorales,
l'intégrité des médias, l'inclusion des groupes sous-représentés, la prévention
de l'utilisation abusive des ressources administratives et la lutte
contre la désinformation et les risques numériques.
- Albanie: avant les élections
de mai, le soutien apporté a aidé la CEC à lancer une plateforme
de surveillance en direct des activités publiques afin de dissuader
l'utilisation abusive des ressources de l'État, à mettre en place
une plateforme en ligne de suivi des plaintes afin d'accroître la
transparence et l'efficacité du règlement des litiges électoraux
(EDR), à commencer la construction d'un centre de formation continue
pour les agents électoraux, à renforcer les capacités de l'EDR du
collège électoral et à déployer des programmes d'éducation civique
à l'échelle nationale auprès de plus de 20 000 élèves.
- Bosnie-Herzégovine: un nouveau projet donne la priorité
à la création d'un centre permanent d'éducation et de formation
de la CEC afin d'assurer la formation continue du personnel, l'éducation
des électeurs et la sensibilisation de groupes spécifiques, le renforcement
des capacités des services juridiques, d'audit, de formation et
électoraux, les mesures d'inclusion des nouveaux électeurs, des minorités
et des femmes, et le renforcement des capacités des médias pour
une couverture électorale précise.
- Géorgie: après les élections d'octobre 2024, le projet
a été recentré sur le renforcement de la coopération avec la société
civile et de l'engagement citoyen; toutefois, en raison de la situation
en 2025, il a été suspendu à partir du 31 décembre, et un projet
de suivi a été préparé pour être lancé rapidement lorsque les conditions
le permettront.
- République de Moldova: plus de 40 activités de coopération
ont été mises en œuvre en 2025, reflétant le rôle stratégique du
projet pendant une période électorale intense. Notre soutien s'est
concentré sur le renforcement du professionnalisme et du contrôle
financier de la CEC, l'amélioration des capacités des juges, des
procureurs et des enquêteurs, la lutte contre l'utilisation abusive
des ressources administratives, la corruption électorale, la désinformation
et les discours de haine, et la promotion d'une participation inclusive.
Parmi les autres actions menées, citons le soutien à la communication
de crise, une école électorale pour les journalistes, des campagnes
de sensibilisation à la tolérance zéro envers les discours de haine/le
sexisme (avec ONU Femmes et cinq projets du Conseil de l'Europe),
et des évaluations à mi-parcours basées sur l'URSO des stratégies
de la CEC et des centres de formation, qui ont montré un très haut
niveau de mise en œuvre.
- Ukraine: À la suite du lancement par la Fédération de
Russie d'une guerre d'agression à grande échelle contre l'Ukraine,
une coopération électorale a été conçue et mise en œuvre en réponse
aux défis sans précédent dans le domaine électoral résultant de
la guerreNote. L'aide s'est concentrée sur le
dialogue de haut niveau (HLD) – une plateforme de dialogue entre
les parties prenantes nationalesNote,
facilitée par l’APCE et le Congrès, avec la participation de la
Commission de Venise, afin de discuter des conditions juridiques
et institutionnelles préalables aux futures élections d'après-guerre.
Le soutien a également porté sur des conseils juridiques/politiques
à la CEC, le renforcement des capacités de l’OCV, la cybersécurité
et l'intégrité des médias, ainsi que des initiatives d'inclusion
des personnes déplacées, des jeunes, des femmes, des personnes handicapées
et des anciens combattants.
44. Ces programmes ciblés consolident le travail électoral de
l'Assemblée, complètent les priorités du PAFFE (évaluation préélectorale,
résilience numérique, inclusion et OCV) et améliorent la cohérence
et l'impact des conclusions des observations et des réformes ultérieures
dans les États membres.
3.6 Coopération avec
d'autres institutions du Conseil de l'Europe
45. Le Comité directeur sur la
démocratie (CDDEM) a été créé après le Sommet de Reykjavík afin
de mettre en pratique les Principes de Reykjavík pour la démocratie.
En 2025, il a produit les «Paramètres pour l'application et la mise
en œuvre des Principes de Reykjavík» (adoptés lors de sa 4e réunion
plénière du 26 au 28 novembre 2025), un cadre pratique qui transforme
l'acquis démocratique du Conseil de l'Europe en listes de contrôle
et indicateurs concrets pour les institutions et les praticiens.
Les paramètres s'inscrivent dans le cadre du Nouveau pacte démocratique
pour l'Europe et sont conçus pour diagnostiquer les lacunes, orienter les
réformes et soutenir l'apprentissage entre pairs dans les États
membres.
46. Notre coopération avec le CDDEM a été étroite dès le début:
le secrétariat de la Division des élections a contribué à la rédaction
et à la coordination des chapitres électoraux tout au long du processus.
47. Pour nos missions d'observation électorale, la partie la plus
pertinente dans l'immédiat est le pilier I, «Participation démocratique»,
et son chapitre sur les «Élections libres, équitables et résilientes»,
qui consolide les normes du Conseil de l'Europe en matière de droit
électoral, de suffrage universel et égal, de secret et de transparence
du vote, de gestion et de supervision des élections, ainsi que de
campagne médiatique et en ligne. Ce chapitre offre aux observateurs
et aux législateurs une référence cohérente pour évaluer l'ensemble du
cycle électoral, en ligne et hors ligne.
48. Les paramètres ne constituent pas une liste théorique. Ils
sont un outil permettant de comparer les pratiques, d'harmoniser
la terminologie entre les institutions et de renforcer la résilience
face aux risques actuels (ingérence étrangère, désinformation, discours
de haine, rétrécissement de l'espace civique et vulnérabilités liées
aux technologies), tout en conservant l'acquis de la CEDH et de
la Commission de Venise comme référence interprétative. Leur valeur
ajoutée est double: (i) une cartographie complète des exigences démocratiques
tirées des normes du Conseil de l'Europe; et (ii) un cadre permettant
une utilisation cohérente dans tous les pays, avec une marge d'application
spécifique au contexte.
49. Le groupe de travail sur les paramètres d'application et de
mise en œuvre des principes de démocratie de Reykjavik (GT-P2) va
maintenant commencer à travailler sur: (i) un projet de cadre sur
la manière dont les paramètres devraient être utilisés; et (ii)
un projet de lignes directrices sur le renforcement de la participation des
femmes, des filles, des jeunes et des groupes vulnérables aux élections.
L'Alliance restera engagée dans cette prochaine phase et continuera
à apporter l'expertise du Secrétariat, lorsque cela sera utile.
50. Une fois présentés à l'Alliance, les paramètres pourraient
servir de liste de contrôle pour notre travail d'observation, nous
aidant à évaluer plus clairement le degré de liberté
et d'équité d'une élection et garantissant que nos conclusions
correspondent directement aux normes du Conseil de l'Europe. Ils
nous aideraient en particulier à nous concentrer plus tôt et de
manière plus systématique sur l'environnement électoral créé par
les autorités avant les élections.
51. Comme prochaines étapes de la coopération avec la CDDEM, je
propose:
- d'inviter le président
du CDDEM à présenter à l'Alliance les paramètres et le programme
de travail du GT-P2 lors de la session d'avril 2026;
- de tester les paramètres sous forme de liste de critères
dans le cadre d'un petit nombre d'observations à venir (y compris
des évaluations préélectorales) et partager les commentaires avec
le CDDEM;
- de co-organiser un séminaire technique (PAFFE-CDDEM-Commission
de Venise) à l'intention des parlements nationaux sur l'utilisation
des paramètres pour examiner la législation électorale et le contrôle
électoral.
52. Ces mesures permettraient d'approfondir notre partenariat
avec le CDDEM, de rendre nos observations plus cohérentes et plus
exploitables, et d'aider les parlements à traduire les principes
de Reykjavík en pratiques démocratiques quotidiennes.
4 Le rôle et la
valeur ajoutée de l'Assemblée parlementaire dans le cadre des missions
internationales d'observation électorale (IEOM) et la promotion
de la coopération internationale
53. L'Assemblée observe les élections
dans le cadre des missions internationales d'observation électorale (MIOE)
aux côtés du BIDDH, de l'Assemblée parlementaire de l'OSCE, du Parlement
européen et de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN. Tous les partenaires
s'efforcent de parler d'une seule voix dans le cadre d'un code de
conduite commun, mais ils travaillent sous des mandats différents
et dans des contextes politiques différents. Cela peut entraîner
des divergences dans les priorités et la terminologie, par exemple lorsqu'il
s'agit d'évaluer l'impact de l'agression à grande échelle de la
Russie contre l'Ukraine sur les élections dans les États voisins.
54. Les cycles récents ont mis en évidence un écart dans la manière
dont les IEOM appréhendent la situation dans son ensemble. La méthodologie
technique et factuelle du BIDDH reste indispensable, mais, en partie
parce qu'elle doit tenir compte des sensibilités d'un large éventail
de membres de l’OSCE, elle peut être limitée lorsqu'il s'agit de
faire face aux pressions géopolitiques et aux menaces hybrides qui
façonnent aujourd'hui l'environnement électoral. Les observateurs
parlementaires sont bien placés pour compléter cette approche par
une analyse contextuelle et fondée sur les droits de la concurrence
politique, de l'emprise des médias, de l'utilisation abusive des
ressources de l'État et de l'intimidation. Moderniser les pratiques
des MIE signifie donc combiner les atouts techniques du BIDDH avec
l'évaluation politique des parlementaires afin de fournir une évaluation
plus claire et plus complète.
55. La clarté du message est essentielle. Les évaluations doivent
indiquer clairement lorsque le suffrage universel, égal, libre ou
secret est compromis, ou lorsque les observateurs sont soumis à
des restrictions. Des procédures irréprochables le jour du scrutin
ne peuvent compenser les manipulations préélectorales, l'accès inégal
aux médias et aux ressources, ou l'absence de véritable concurrence.
La simple présence de nombreux partis sur les bulletins de vote
ne rend pas une élection compétitive; nos conclusions doivent refléter l'environnement
global, et pas seulement la conformité technique.
56. L'observation doit également suivre le rythme des progrès
technologiques. Le ciblage basé sur l'intelligence artificielle,
la dynamique des plateformes et le vote électronique ou hybride
nécessitent une expertise spécialisée. Les missions préélectorales
ainsi que les briefings destinés aux observateurs à court terme
devraient inclure des experts indépendants en sécurité informatique
et en médias numériques chargés d'examiner les processus électroniques,
et les observateurs devraient recevoir une formation ciblée afin
de repérer les vulnérabilités. La combinaison d'analyses d'experts
et d'une formation ciblée renforcera notre contrôle de toutes les
méthodes de vote, qu'elles soient papier ou électroniques.
57. Compte tenu de l'évolution rapide de la géopolitique, l'Assemblée
doit conserver la flexibilité nécessaire pour juger par elle-même
quand une observation significative est possible et, si nécessaire,
se déployer même sans les autres partenaires de la MIOE, tout en
maintenant le dialogue avec les autorités et les normes du Conseil
de l'Europe. Nous l'avons déjà fait (par exemple au Kosovo* et à
plusieurs reprises en Bulgarie en 2024). Cette approche peut nécessiter
des ressources supplémentaires pour assurer une couverture complète du
jour du scrutin et du contexte plus large.
58. L’Alliance parlementaire a également été créée pour renforcer
la visibilité de l'Assemblée dans les débats mondiaux sur les élections.
En 2025, Laura Castel (Espagne, UEL) nous a représentés à la réunion
de mise en œuvre du 20e anniversaire de la Déclaration de principes
pour l'observation internationale des élections à Genève (10-12
décembre), où les partenaires ont passé en revue deux décennies
de pratique dans un contexte de polarisation géopolitique croissante,
de recul démocratique, de financement plus restreint et d'accélération
des menaces numériques et de la désinformation. Grâce à l'amélioration
des perspectives budgétaires en 2026, les membres devraient jouer
un rôle plus actif dans ces forums, afin que le point de vue de
l'Assemblée, qui allie rigueur technique et contexte politique,
continue à façonner les normes internationales.
5 Principaux défis
et priorités pour l'avenir
59. Tout au long du cycle 2025,
plusieurs défis transversaux sont revenus dans les procédures électorales observées:
environnements fortement polarisés; désinformation systémique amplifiée
par une ingérence étrangère malveillante coordonnée; accès inégal
aux médias et aux ressources; financement opaque ou illicite des
campagnes électorales; modifications juridiques ou administratives
tardives compromettant la sécurité juridique; utilisation abusive
des ressources de l'État et pressions exercées sur les fonctionnaires;
lacunes dans la protection des observateurs; et vulnérabilités croissantes
liées aux outils numériques (cyberattaques, manipulation des plateformes
et nouveaux processus électroniques). Dans un certain nombre de
contextes, des procédures électorales techniquement ordonnées le
jour du scrutin coexistaient avec des conditions préélectorales
qui limitaient la concurrence réelle en raison de la partialité
des médias, de l'intimidation, des systèmes d'achat de votes ou
de décisions restrictives prises trop près du scrutin. Ces schémas
ont affecté la confiance dans les résultats au niveau national et
parmi les électeurs de la diaspora à l'étranger.
60. En 2026, les activités électorales de l'Assemblée devraient
s'orienter vers une observation plus précoce, plus approfondie et
plus résiliente. Tout d'abord, nous devrions systématiquement étendre
notre présence avant les élections: missions préélectorales prolongées
ou visites ciblées de courte durée deux à trois mois avant le scrutin,
afin que les conclusions du jour du scrutin puissent s'appuyer sur
une évaluation plus complète de l'environnement.
61. Deuxièmement, nous devrions traduire les paramètres adoptés
par la CDDEM en une liste de critères pratique pour les observateurs
(un «plan» concis permettant d'évaluer le degré de liberté, d'équité
et de résilience d'une élection), avec des indicateurs clairs couvrant
l'ensemble du cycle: sécurité juridique, inclusivité et accessibilité,
indépendance et transparence des administrations électorales, environnement médiatique/en
ligne, financement politique et utilisation abusive des ressources
de l'État, dispositions relatives aux OCV et recours efficaces.
Cela permettra d'aligner nos conclusions sur les normes du Conseil
de l'Europe et de centrer notre analyse sur l'environnement électoral
créé par les autorités.
62. Troisièmement, nous devrions mettre en œuvre une méthodologie
légère et comparable pour le vote à l'étranger, en veillant à ce
que les bulletins de vote déposés à l'étranger soient évalués selon
les mêmes normes que ceux déposés dans le pays, en étroite coordination
avec des experts et des partenaires. L'extension de l'observation
au vote à l'étranger est une mesure logique et nécessaire qui comble
une véritable lacune, renforce la confiance des électeurs dans le
pays et à l'étranger, et soutient les autorités par des recommandations
pratiques et réalisables. Nous soutenons donc également l'approbation
du projet de compilation de la Commission de Venise et la mise à
jour du rapport de 2011, qui contribueraient à harmoniser les normes
juridiques et les pratiques d'observation d'une manière qui profite
à tous les États membres.
63. Quatrièmement, nous devrions institutionnaliser la protection
des observateurs: protocoles clairs de signalement des incidents,
points de liaison avec les services de sécurité, résolution rapide
des problèmes d'accréditation et «engagement de non-ingérence» public
pour les autorités et les candidats, assorti de conséquences en
cas d'entrave à l'accès. L'Alliance est prête à contribuer à la
préparation du rapport de l'APCE sur «La nécessité de protéger les
observateurs électoraux», et l'audition conjointe sur «la garantie
des droits des observateurs pour des processus électoraux fiables
et inclusifs» (voir ci-dessus) devrait également contribuer à cet
effort collectif.
64. Le suivi des recommandations de l'APCE doit être plus rigoureux
et plus visible. Sur la base du rapport de l'Assemblée sur Les élections
en temps de crise, nous devrions mettre en place des «dialogues
de mise en œuvre» postélectoraux (90 jours, 6 mois, 12 mois) avec
les parlements, les EMBs et les régulateurs afin de suivre les progrès
réalisés dans la mise en œuvre des recommandations les plus faciles
à appliquer. Le cas échéant, nous devrions organiser des ateliers
multipartites réunissant des plateformes, des vérificateurs de faits
et des régulateurs des télécommunications afin d'aborder la question
de l'intégrité de l'information et des abus ciblés en ligne à l'encontre
des candidats et des observateurs.
65. Compte tenu de l'accélération des risques numériques, je propose
d'intégrer un groupe d'experts spécialisés dans les menaces numériques
et liées à l'IA au sein des équipes électorales de l'APCE (à l'instar de
l'assistance fournie par la Commission de Venise): une petite équipe
d'experts externes qui (i) briefent les observateurs avant leur
déploiement; (ii) effectuent des analyses de base des menaces (pics
d'activité des bots, comportements inauthentiques coordonnés, journaux
de suppression des plateformes); et (iii) fournissent une annexe
type aux déclarations de la MOIE sur l'environnement numérique.
Les observateurs à court terme devraient recevoir un briefing sur
les «signaux d'alerte numériques» et disposer d'une liste de contrôle
simple couvrant les incidents cybernétiques, l'utilisation abusive
des deepfakes et les tactiques de suppression des électeurs en ligne.
Lorsque le dépouillement ou la transmission électroniques sont utilisés,
ce groupe d'experts devrait obtenir et examiner des certifications
indépendantes et des pistes d'audit.
66. À l'avenir, l'Alliance est en passe de devenir une plaque
tournante pratique pour les parlements qui souhaitent anticiper
les nouveaux risques et préserver l'intégrité électorale dans l'ensemble
de l'espace du Conseil de l'Europe. Au-delà de l'observation des
élections, nous souhaitons collaborer avec les parlements nationaux
– par le biais d'auditions, d'échanges entre pairs, de briefings
à réaction rapide et de formations du personnel – afin de relever
des défis en constante évolution tels que l'ingérence étrangère,
le financement illicite, la manipulation par l'intelligence artificielle,
les vulnérabilités du vote externe et numérique, ainsi que le rôle
et la sécurité des observateurs électoraux. Nous coordonnerons étroitement
nos efforts avec nos partenaires internes et externes afin de traduire
les normes en un contrôle parlementaire, une législation et un suivi
des recommandations d'observation réalisables.
67. L'Assemblée devrait également être prête, dès que les conditions
le permettront, à soutenir un effort international global visant
à garantir des élections démocratiques en Ukraine, en mettant l'accent
sur la sécurité juridique dans la transition entre la guerre et
la paix, l'inscription des électeurs et l'inclusion des citoyens
déplacés, l'intégrité de l'information, la protection des infrastructures
et les dispositions relatives aux OCV. De manière plus générale,
elle devrait promouvoir le dialogue sur les normes minimales applicables
aux élections post-urgence et post-conflit, notamment en fixant
des conditions minimales en matière de calendrier, de sécurité et
d'inclusivité, ainsi que des critères de référence pour la liberté
des médias, la participation inclusive, les recours juridiques et
l'accès des personnes déplacées au vote.
68. Ensemble, ces mesures permettraient à l'APCE de passer d'une
observation ponctuelle et de rapports fragmentaires à une résilience
démocratique continue, ce dont nos États membres ont précisément
besoin aujourd'hui. Pour mener à bien ce programme, nous sollicitons
des contributions volontaires de la part des États membres et des
parlements nationaux. Les lignes de financement prioritaires devraient
inclure:
- l'élaboration d'une
méthodologie d'observation OCV;
- le renforcement des capacités en matière de menaces numériques
et de cybersécurité;
- un suivi post-électoral structuré;
- et la promotion de l'équilibre entre les sexes et de la
participation des jeunes à l'observation.
69. Enfin, nous reconnaissons également la nécessité de mettre
à jour le mandat de l'Alliance afin que l'élection du président
et du bureau soit pleinement démocratique, avec des candidatures
ouvertes, des règles d'éligibilité claires, des garanties en matière
d'équilibre entre les sexes et une rotation politique/géographique équitable.
Ces réformes, associées à des ressources prévisibles, permettront
à l'Alliance d'accroître son impact et de garantir des élections
libres et équitables dans tous les États membres.
6 Conclusions et
recommandations
70. Partout dans le monde, l'année
2025 a été marquée par une expansion rapide de la désinformation
et de la mésinformation visant à corrompre l'intégrité de l'information,
les institutions démocratiques et les processus électoraux. Les
élections sont une cible de choix pour ces acteurs, qui cherchent
à éroder la confiance, à réduire la participation et à semer la
division. Les progrès technologiques, notamment l'intelligence artificielle
générative, ont réduit le coût et augmenté l'ampleur de ces opérations.
Les autorités électorales et les observateurs risquent d'être dépassés,
tandis que les grandes plateformes n'ont pas fourni l'application
prévisible et cohérente de la loi ni l'accès aux données dont ont
besoin les observateurs et les autres acteurs électoraux.
71. Les élections observées par l'Assemblée parlementaire en 2025
se sont déroulées dans un contexte de polarisation aiguë, d'ingérence
étrangère coordonnée, de désinformation à l'échelle industrielle
(souvent facilitée par l'IA), d'incidents cybernétiques, de financement
opaque et de modifications juridiques tardives qui ont affaibli
la sécurité juridique. Dans plusieurs cas, des procédures électorales
techniquement ordonnées ont coexisté avec des conditions préélectorales
qui ont limité la concurrence réelle – accès inégal aux médias, utilisation
abusive des ressources de l'État, intimidation et achat de votes
– sapant la confiance du public dans le pays et parmi les électeurs
à l'étranger. Les observateurs internationaux ont également été
confrontés à des pressions, à des restrictions d'accès et à des
campagnes de dénigrement numériques, confirmant la nécessité de
protéger la fonction d'observation elle-même. Ces défis nécessitent
une attention stratégique renouvelée, tant sur le plan politique
qu'opérationnel.
72. L'Assemblée a maintenu une forte présence sur le terrain et
a mis à jour ses lignes directrices afin de renforcer l'intégrité
(règles relatives aux conflits d'intérêts, chefs de délégation adjoints
et flexibilité de déploiement en cas d'absence des partenaires des
MOIE). L'Alliance parlementaire pour des élections libres et équitables
(PAFFE) a été lancée; elle a tenu deux réunions de fond et a fait
progresser les travaux sur le vote à l'étranger (OCV), bien qu'un
déploiement pilote se soit avéré impossible pour des raisons logistiques. La
coopération s'est intensifiée avec les EMBs, la Commission de Venise
(notamment sa décision de mettre à jour les orientations sur le
OCV) et le CDDEM sur les paramètres nouvellement adoptés pour l'application
et la mise en œuvre des Principes de Reykjavík, qui fournissent
une référence pratique et un modèle pour évaluer l'intégrité des
élections à l'ère numérique.
73. L'Europe est confrontée à de graves risques qui pourraient
menacer l'intégrité électorale et alimenter la méfiance à l'égard
des processus démocratiques. Notre Assemblée doit rester déterminée
à renforcer la démocratie participative par le biais d'élections
libres et équitables, conformément aux Principes de Reykjavík pour
la démocratie et aux priorités du Nouveau pacte démocratique pour
l'Europe.
74. J'invite le Bureau à examiner les moyens de renforcer davantage
les activités électorales de l'Assemblée, en particulier:
- encourager les membres de l'APCE
à participer activement à l'observation des élections et les groupes politiques
à respecter les objectifs fixés en matière de participation des
femmes en tant que membres et chef·fes de délégation; assurer une
rotation politique équitable des chef·fes de délégation, conformément
aux lignes directrices révisées;
- encourager et répondre positivement aux États membres
– y compris ceux qui ne font l'objet d'aucune forme de suivi – qui
invitent l'Assemblée à observer leurs élections et référendums nationaux;
cela est essentiel pour garantir des processus libres, équitables
et transparents dans toute l'Europe;
- réaliser une étude de faisabilité et élaborer une méthodologie
solide et comparable pour observer le vote à l'étranger, afin que
le vote externe soit contrôlé selon les mêmes normes que le vote
national;
- permettre un examen préélectoral plus long de l'environnement
de la campagne et de l'administration des élections en nommant des
commissions ad hoc dès que les élections sont programmées, voire avant
l'annonce d'une date officielle;
- accorder une attention particulière aux périodes postélectorales,
où l'instabilité peut déclencher des violences ou une impasse politique;
encourager l'engagement continu des observateurs de l'APCE en présentant
et en discutant nos recommandations avec les organes de gestion
des élections et la société civile, favorisant ainsi les réformes;
- en ce qui concerne la protection des observateurs, approuver
un kit de sécurité pour les observateurs de l'APCE (protocole de
signalement des incidents, dépannage rapide des accréditations,
points de liaison pour la sécurité, accès à un avocat) et un engagement
public de non-ingérence pour les autorités/les candidats;
- en ce qui concerne les risques liés au numérique et à
l'IA générative, créer un groupe d'experts sur les menaces numériques
et liées à l'IA afin d'informer et de conseiller les délégations
d'observateurs, de rechercher les comportements inauthentiques coordonnés
et de fournir un modèle d'annexe sur l'environnement numérique pour
les déclarations préliminaires (similaire à l'assistance juridique
fournie par la Commission de Venise);
- encourager les dialogues postélectoraux (à 90 jours/6
mois/12 mois) avec les parlements, les EMBs et les autres parties
prenantes aux élections;
- allouer des fonds spécifiques (y compris des contributions
volontaires) à la méthodologie OCV, aux capacités en matière de
risques numériques et aux activités de suivi structurées. Introduire
une réunion externe annuelle de l'Alliance (autonome ou parallèle
aux événements de l'Alliance) afin de permettre des discussions
stratégiques sur ses priorités et de favoriser une meilleure implication
des parlements nationaux dans les travaux de l'APCE liés aux élections.
75. En outre, j'encourage le prochain Bureau de l'Alliance (PAFFE)
à:
- traduire les nouveaux paramètres
en une liste de contrôle concise pour les observateurs – un «modèle» comparable
permettant d'évaluer le caractère libre, équitable et résilient
d'une élection, avec des indicateurs couvrant l'ensemble du cycle
et mettant fortement l'accent sur l'environnement électoral créé par
les autorités; tester la liste de contrôle lors des prochaines missions
et partager les commentaires avec le CDDEM;
- finaliser une méthode d'observation OCV solide afin que
le vote à l'étranger se déroule selon les mêmes normes que le vote
national, conformément aux mises à jour de la Commission de Venise
et aux partenaires des MOIE;
- demander l'autorisation d'organiser une réunion externe
de l'Alliance par an (de manière indépendante ou parallèlement aux
événements de l'Alliance) afin de permettre des discussions stratégiques;
- proposer une révision du mandat du PAFFE afin d'instaurer
des élections véritablement démocratiques pour la présidence et
le bureau, en alignant la gouvernance sur les normes que nous promouvons.
76. En ce qui concerne la coopération avec les partenaires du
Conseil de l'Europe, il convient:
- de
coordonner la préparation du futur cadre d'utilisation des paramètres
et du projet de lignes directrices pour la participation des groupes
vulnérables; co-organiser un séminaire PAFFE-CDDEM-Commission de
Venise à l'intention des parlements nationaux sur l'application
des paramètres dans le domaine du contrôle et de la réforme;
- d’assurer des synergies et de soutenir activement les
activités de coopération électorale menées par la Division de la
coopération parlementaire et électorale de l'APCE, en fournissant
le soutien politique nécessaire pour amplifier leur impact.
77. En ce qui concerne la coopération avec les partenaires de
l'IEOM et les améliorations méthodologiques, afin de:
- travailler en étroite collaboration
avec les partenaires des MOIE afin de garantir que les méthodologies d'observation
suivent l'évolution des systèmes de vote et des pratiques de campagne,
en particulier en ce qui concerne le vote électronique/à distance
et les campagnes numériques;
- revoir la manière dont les conclusions préliminaires sont
présentées et communiquées au public, en veillant à ce qu'elles
restent claires, neutres et propices à la confiance dans l'observation
internationale;
- établir un engagement structuré avec les plateformes et
les régulateurs sur l'accès aux données pendant les périodes électorales
(archives, journaux de suppression, bibliothèques publicitaires)
afin de contextualiser les préjudices en ligne en temps réel;
- élaborer des lignes directrices communes sur l'évaluation
des ingérences étrangères lorsque les preuves sont détenues par
les services de sécurité, en clarifiant ce que les observateurs
peuvent juger de manière crédible et comment faire référence aux
briefings officiels sans outrepasser leurs compétences;
78. En outre, en termes d'engagement stratégique pour 2026:
- contribuer au Nouveau pacte
démocratique pour l'Europe en renforçant les démocraties contre
la désinformation, la polarisation et l'ingérence étrangère; garantir
une concurrence équitable et authentique, y compris pour les électeurs
à l'étranger; et aligner les normes juridiques sur les pratiques d'observation
et les droits des observateurs électoraux, avec des résultats concrets
tels que l'audition sur «La garantie des droits des observateurs
pour des processus électoraux fiables et inclusifs» (Paris, 28-29
avril 2026) et une conférence consacrée à l'ingérence étrangère
afin de traduire les données recueillies sur le terrain en orientations
concrètes pour les États membres;
- Contribuer activement à soutenir un effort transversal
global du Conseil de l'Europe en faveur d'élections démocratiques
en Ukraine dès que les conditions le permettront (sécurité juridique
pendant la transition, inscription inclusive des citoyens déplacés
sur les listes électorales, intégrité de l'information, protection des
infrastructures et OCV);
- utiliser le PAFFE comme plateforme pour organiser des
auditions en temps opportun, des échanges entre pairs et un mentorat
ciblé (notamment pour les femmes et les jeunes députés) afin de
convertir les conclusions des observations en politiques et en législation
et de permettre un meilleur contrôle.
79. Ces mesures réorientent l'action électorale de l'Assemblée,
qui passe de missions ponctuelles à une résilience démocratique
continue, à la protection des observateurs, à la modernisation des
méthodes (y compris l'OCV et le numérique) et au renforcement du
suivi, afin que les élections dans nos États membres restent libres,
équitables et fiables.
Annexe – Élections observées par l’APCE
en 2025
|
Pays
|
Date
|
Rapports
|
|
Kosovo*
|
|
Élections à l’Assemblée
du Kosovo
Mission pré-électorale
Mission
principale de l’APCE
|
16-17 janvier
9
février
|
Cheffe
de délégation: Mme Petra Bayr (Autriche, SOC)
Déclaration
préélectorale de l'APCE
Rapport – Doc. 16146
rev
|
|
Observation des élections
anticipées à l’Assemblée du Kosovo
Mission principale
de APCE
|
28 décembre
|
Chef
de délégation: M. Yunus Emre (Türkiye, SOC)
Chef adjoint de délégation: M. Georgios Stamatis (Grèce,
ADLE)
Déclaration
préélectorale de l'APCE
Rapport en
préparation
|
|
Albanie
|
|
Élections législatives
Mission
préélectorale
MIOE avec l’APCE, le BIDDH, l’AP de l’OSCE
et le PE
|
3-4 avril
11
mai
|
Chef
de délégation: M. Simone Billi (Italie, CEPA)
Déclaration
préélectorale de l’APCE
Communiqué de presse
et conclusions préliminaires
Rapport-Doc. 16201
|
|
Pologne
|
|
Élection présidentielle
Mission
préélectorale
MIOE avec l’APCE, le BIDDH et l’AP de l’OSCE
|
14-15 avril
18
mai
1er juin
|
Chef
de délégation: M. Iulian Bulai (Roumanie, ADLE)
Déclaration
préélectorale de l’APCE
Communiqué
de presse et conclusions préliminaires
(premier tour de élection présidentielle
– Cheffe de délégation ad interim: Liliana Tanguy, France, ADLE)
Communiqué
de presse et conclusions préliminaires
(2ème tour de l’élection présidentielle)
Rapport-Doc.16258
|
|
République de Moldova
|
|
Élections législatives
Mission
préélectorale
MIOE avec l’APCE, le BIDDH, l’AP de l’OSCE
et le PE
|
3-4 sept
28
sept
|
Chef
de délégation: M. Chris Said (Malta, EPP/CD)
Cheffe adjointe de délégation: Mme Lucia Plaváková (République slovaque, ADLE)
Déclaration
préélectorale de l’APCE
Communiqué
de presse et conclusions préliminaires
Rapport-Doc. 16296
|
|
République kirghize
|
|
Élections législatives
anticipées
MIOE avec l’APCE, le BIDDH et l’AP de l’OSCE
|
30 novembre
|
Chef
de délégation: Mr Georgios Stamatis (Grèce, EPP/CD)
Chef adjoint de délégation: M. Mehmet Akalin (Türkiye,
ADLE)
Communiqué
de presse et conclusions préliminaires
Report-Doc. 16319
|