18/06/2026 Présidence
« Les discours de haine sont déshumanisants. Ils font croire à une personne – ou à un groupe de personnes – qu’elle vaut moins que les autres, qu’elle n’a pas sa place, qu’elle représente une menace. Une fois que ce message s’installe, la discrimination, voire la violence, s’ensuivent », a déclaré aujourd’hui Petra Bayr, Présidente de l’APCE, lors d’une conférence intitulée « Lutter contre les discours de haine dans le débat public », organisée au Sénat italien à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les discours de haine
La Présidente a indiqué que l’espace numérique, notamment, était le lieu où la haine était générée amplifiée, et se transformait en arme, par le biais de réseaux de bots, de campagnes de désinformation, d’hypertrucages, ou de harcèlement coordonné. En politique, « la technologie des hypertrucages a été déployée presque exclusivement contre les femmes », a-t-elle souligné, parlant « d’ingérence électorale sexiste ».
Mme Bayr a rappelé que « le Conseil de l’Europe n’était pas un simple spectateur dans la lutte contre le discours de haine », citant l’Alliance parlementaire contre la haine, « un réseau de parlementaires qui s’engagent publiquement et explicitement à lutter contre le racisme, la haine et l’intolérance sous toutes leurs formes », le partenariat étroit de l’APCE avec l’ECRI, et la Convention-cadre du Conseil de l’Europe sur l’intelligence artificielle, « un nouvel instrument historique et le premier traité international juridiquement contraignant sur l’IA, les droits de l’homme, la démocratie et l’État de droit ».
Evoquant les pistes d’action, elle a déclaré que les plateformes telles que TikTok, X et autres devaient être tenues pour responsables, que les responsables politiques devaient montrer l’exemple, que les systèmes judiciaires devaient être accessibles aux victimes, et que l’éducation restait une priorité absolue.
« Si nous restons unis malgré nos différences, nous incarnerons le pluralisme que la haine cherche à détruire », a conclu Mme Bayr.
Le même jour, avant la conférence, la Présidente a pris part à un échange de vues lors de la réunion de la Commission extraordinaire contre l’intolérance, le racisme, l’antisémitisme et l’incitation à la haine et à la violence, au cours de laquelle elle a souligné que la haine ne s’estompait pas, mais qu’elle était en hausse. « Le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, l’homophobie ne sont pas des vestiges du passé ; ils sont présents dans nos rues, dans nos parlements et sur nos écrans ». Elle a expliqué comment la haine se développait et a réaffirmé la responsabilité des décideurs politiques dans la lutte contre ce fléau.
Mercredi, la Présidente de l’APCE a rencontré le Président de la Chambre des députés italienne.