Russie : dissolution du Parti républicain en vertu de la loi modifiée sur les partis politiques
Réponse à Question écrite
| Doc. 11470
| 19 décembre 2007
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée par le
Comité des Ministres le 27 novembre 2007, lors de la 1012e réunion
des Délégués des Ministres. Voir Doc. 11365.
- Réponse à Question écrite
- : Question écrite n° 532 (Doc. 11365)
- Thesaurus
1. Le Comité des Ministres rappelle que
le droit de s’associer en partis politiques fait partie du droit
à la liberté d’association, qui est protégé par l’article 11 de
la Convention européenne des Droits de l’Homme (CEDH). Comme la
Cour européenne des Droits de l’Homme l’a souligné dans sa jurisprudence
Notesur
cette question, «les partis politiques sont une forme d’association
essentielle pour le bon fonctionnement de la démocratie». En conséquence,
seuls des motifs convaincants et impérieux peuvent justifier des
restrictions à la liberté d’association des partis politiques. Le
Comité des Ministres attend de l’ensemble des Etats membres qu’ils
se conforment strictement à cette exigence, qui est au cœur des
valeurs et principes du Conseil de l’Europe.
2. En ce qui concerne la dissolution du Parti républicain de
Russie, d’après les autorités de la Fédération de Russie, cette
mesure a été décidée par la Cour suprême de la Fédération de Russie
– et ultérieurement confirmée par la Chambre de cassation de la
Cour suprême le 31 mai 2007 –, conformément aux dispositions de
la loi fédérale sur les partis politiques, une inspection effectuée
entre mars et octobre 2006 ayant établi que ce parti ne remplissait
pas les exigences posées par la loi en ce qui concerne le nombre
minimal d’adhérents et leur répartition au niveau territorial. Sur
le fond, le Comité des Ministres se voit contraint de s’abstenir
de tout commentaire sur le respect des exigences de la CEDH, étant
donné que l’affaire est pendante devant la Cour européenne des Droits
de l’Homme.
3. Au-delà de la Convention européenne des Droits de l’Homme,
le Comité des Ministres rappelle que le «rôle des partis politiques
dans une société démocratique» était le thème général de la session
du Forum pour l’avenir de la démocratie qui s’est tenue les 18 et
19 octobre 2006 à Moscou. Tout comme le rapporteur général l’a fait
dans ses conclusions finales, les participants de la réunion ont
reconnu que «les partis politiques constituent une composante permanente
des démocraties modernes et un élément clé de la concurrence électorale»
et qu’ils «servent d’instruments essentiels pour exprimer et représenter
différents intérêts».
4. Le Comité des Ministres croit fermement que, lorsqu’ils envisagent
des restrictions éventuelles à la création de partis politiques,
les pouvoirs publics des Etats membres devraient garder à l’esprit
ces considérations, qui sont capitales pour le fonctionnement d’une
véritable démocratie. Dans cette optique, le Comité des Ministres
reprend pleinement à son compte les lignes directrices sur l’interdiction
et la dissolution des partis politiques adoptées en 1999 par la
Commission de Venise, et notamment celle selon laquelle «l’interdiction
ou la dissolution de partis politiques, comme mesure particulière
à portée considérable, doivent être utilisées avec la plus grande
retenue».
5. Lors de l’examen de la question de la liberté d’association
dans le contexte de la procédure de suivi en 2005, le Comité des
Ministres s’est penché particulièrement sur la liberté d’établir
des partis politiques et a invité les Etats membres, lors de la
rédaction, la modification ou l’application de la législation pertinente,
à tenir compte de la jurisprudence de la Cour européenne des Droits
de l’Homme concernant l’article 11 de la CEDH et des lignes directrices
mentionnées ci-dessus. Il réitère son appel et rappelle que le Conseil
de l’Europe est disponible pour fournir ses conseils en la matière.