Annexe à la réponse
Avis du Comité des conseillers juridiques
sur le droit international public (CAHDI) sur la Recommandation 1803 (2007) de
l’Assemblée parlementaire – «Poursuites engagées pour les crimes relevant
de la compétence du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie
(TPIY)»
1. Le 9 juillet 2007, les Délégués des Ministres ont
transmis au Comité des conseillers juridiques sur le droit international
public (CAHDI) la Recommandation de l’Assemblée
1803 (2007) pour
information et commentaires éventuels avant le 31 octobre 2007.
2. Le CAHDI a examiné la Recommandation mentionnée ci-dessus
et adopté les commentaires suivants à sa 34e réunion
(Strasbourg, 10-11 septembre 2007).
3. Dès le départ, le CAHDI se concentre sur ces aspects qui,
à son avis, relèvent de son domaine de compétence et pas sur d’autres,
particulièrement ceux relatifs aux droit pénal, qui relèvent de
la compétence d’autres comités, notamment le CDPC.
4. Dans la
Recommandation
1803 (2007), l’Assemblée recommande au Comité des Ministres:
a d’inviter certains Etats membres
du Conseil de l’Europe à signer et/ou ratifier une série de traités
du Conseil de l’Europe relatifs à la justice pénale internationale
(particulièrement STE nos 24, 70, 73,
82, 99, 116, 167 et 182) visant à promouvoir la coopération internationale,
la lutte contre l’impunité et la protection des victimes; et
b d’encourager les Etats membres ne l’ayant pas encore fait
à envisager la signature d’accords avec l’Organisation des Nations
Unies concernant l’exécution des peines prononcées par le Tribunal
pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).
5. En ce qui concerne la recommandation mentionnée au paragraphe
4.a ci-dessus, le CAHDI souhaite rappeler
le Plan d’action du 3e Sommet du Conseil de l’Europe (Varsovie,
mai 2005) qui appelle à faire pleinement usage du potentiel normatif
du Conseil de l’Europe et promouvoir la mise en œuvre et le développement
des instruments juridiques de l’Organisation et des mécanismes de
coopération juridique, et la Résolution no 5
relative au fonctionnement des conventions du Conseil de l’Europe
de coopération judiciaire dans le domaine pénal, adoptée à la 26e
Conférence des ministres européens de la Justice (Helsinki, avril 2005).
6. Par ailleurs, le CAHDI souligne l’importance des conventions
mentionnées ci-dessus et reconnaît le travail du CDPC visant leur
efficacité et leur fonctionnement. Notamment, le CAHDI prend note
de l’entrée en vigueur le 27 juin 2003 de la Convention européenne
sur l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité et des crimes
de guerre (STE no 082) et du fait qu’à
ce jour elle n’a été ratifiée que par trois Etats et signée par
deux autres Etats.
7. Le CAHDI contribue également à l’efficacité et au fonctionnement
des conventions en examinant régulièrement les réserves aux traités
internationaux susceptibles d’objection, y compris ceux mentionnés
ci-dessus, dans le cadre de son travail en tant qu’Observatoire
européen des réserves aux traités internationaux.
8. En ce qui concerne la recommandation mentionnée au paragraphe
4.
b ci-dessus, le CAHDI examine périodiquement
les développements concernant les tribunaux pénaux internationaux,
y compris le TPIY et le TPIR, en vue de promouvoir leur travail.
Cette activité doit se voir dans le contexte du travail du CAHDI
visant à promouvoir la justice pénale internationale et en gardant
à l’esprit les textes pertinents de l’Assemblée parlementaire
Note et les décisions du Comité
des Ministres y relatives.
9. Depuis 2000, à l’initiative du CAHDI et du CDPC, le Conseil
de l’Europe a également organisé quatre réunions de consultation,
ouvertes aux Etats membres et observateurs, afin d’encourager des
échanges de vues sur les implications, pour les Etats membres du
Conseil de l’Europe, de la ratification du Statut de la Cour pénale
internationale (CPI). Bien que les consultations aient porté sur
la CPI, elles ont traité également des aspects relatifs à la coopération
avec le TPIY. Les conclusions adoptées à ces consultations ont été
portées à l’attention du Comité des Ministres qui les a communiquées
à l’Assemblée parlementaire.
10. Dans ces conclusions, les participants ont constamment souligné
l’importance particulière pour le travail de la CPI du soutien approprié
des Etats concernant l’exécution des peines conformément à la partie
10 du Statut de Rome. Cela est également valable pour le TPIY.
11. Le CAHDI note que 10 Etats, tous membres du Conseil de l’Europe,
ont conclu des accords sur l’exécution des peines prononcées par
le TPIY
Note.
Le CAHDI note que la conclusion de tels accords est volontaire et
contribuerait à la poursuite des objectifs sous-jacents à l’établissement
du TPIY, et rappelle la position du Secrétaire général des Nations
Unies selon laquelle «vu la nature des crimes considérés et le caractère
international du tribunal, les peines doivent être exécutées en
dehors du territoire de l’ex-Yougoslavie. Il faudrait solliciter
les Etats pour savoir lesquels seraient disposés à faire exécuter
les peines d’emprisonnement conformément à leur droit et à leurs
procédures internes, sous le contrôle du tribunal»
Note.