La protection de l’aide financière des Etats membres du Conseil de l’Europe aux pays pauvres contre les fonds financiers dits «fonds vautours»
Proposition de recommandation
| Doc. 11590
| 24 avril 2008
- Signataires :
- M. Paul WILLE,
Belgique ; M. Pedro AGRAMUNT,
Espagne, PPE/DC ; M. Miguel BARCELÓ PÉREZ,
Espagne ; M. Rony BARGETZE,
Liechtenstein ; Mme Meritxell BATET,
Espagne, SOC ; M. Jean-Guy BRANGER,
France ; Mme Elvira CORTAJARENA ITURRIOZ,
Espagne ; M. José Luiz DEL ROIO,
Italie ; M. Tuur ELZINGA,
Pays-Bas, GUE ; Mme Lydie ERR,
Luxembourg, SOC ; Mme Doris FROMMELT,
Liechtenstein, PPE/DC ; M. Jean-Charles GARDETTO,
Monaco, PPE/DC ; M. John GREENWAY,
Royaume-Uni ; M. Norbert HAUPERT,
Luxembourg ; M. Jean HUSS,
Luxembourg, SOC ; M. Tiny KOX,
Pays-Bas, GUE ; M. Geert LAMBERT,
Belgique ; M. Jean-Paul LECOQ,
France ; M. Göran LINDBLAD,
Suède, PPE/DC ; Mme Kerstin LUNDGREN,
Suède ; M. Bernard MARQUET,
Monaco, ADLE ; M. Gebhard NEGELE,
Liechtenstein, PPE/DC ; M. Theodoros PANGALOS,
Grèce, SOC ; Mme Antigoni PAPADOPOULOS,
Chypre ; M. Aristotelis PAVLIDIS,
Grèce ; M. Maximilian REIMANN,
Suisse ; M. Paul ROWEN,
Royaume-Uni, ADLE ; Lord David RUSSELL-JOHNSTON,
Royaume-Uni ; Mme Miet SMET,
Belgique ; Mme Tineke STRIK,
Pays-Bas, SOC ; Mme Elene TEVDORADZE,
Géorgie ; M. Miltiadis VARVITSIOTIS,
Grèce ; M. Rudi VIS,
Royaume-Uni ; M. Wolfgang WODARG,
Allemagne ; Mme Renate WOHLWEND,
Liechtenstein, PPE/DC ; Mme Rodoula ZISSI,
Grèce
- Origine
- Renvoyée à la commission
des questions économiques et du développe- ment, pour rapport: Renvoi
no 3467 (27e séance, 27 juin 2008).
- Thesaurus
Cette proposition n'a pas été examinée par l'Assemblée et n'engage que ses signataires.
Les fonds vautours ou vulture funds sont
des fonds d’investissement qui rachètent à vil prix des obligations (des
créances) de pays pauvres, souvent accablés de dettes, pour ensuite
entamer une procédure judiciaire à l’usure et les obliger à payer
la valeur nominale (le montant initial de la créance) de ces obligations
au moment de leur émission, majorée des intérêts moratoires. Ainsi,
par exemple, le Fonds Kensington a acquis une créance sur la République
du Congo pour 1,8 million de dollars dont il prétend tirer près
de 300 millions de dollars. Ces fonds n’hésitent pas à s’approprier
les marges de manœuvres dégagées par des abandons de créances consentis
par les pays créanciers ou à bloquer l’actif des pays concernés
partout dans le monde et à menacer ceux-ci de banqueroute.
Ces fonds recourent à un gigantesque arsenal juridique, mettant
souvent le débiteur à genoux. Ils contournent les conventions internationales
conclues en matière d’allègement de la dette alors que les gouvernements occidentaux
œuvrent de leur côté à l’allègement et à la remise des dettes. Alors
que les bailleurs de fonds internationaux consentent des remises
de dettes pour les dettes persistantes, ces fonds s’approprient
les fruits de ces programmes et mettent ainsi en péril les objectifs
du Millénaire pour le développement (OMD). Ainsi, certains fonds
vautours n’hésitent pas à s’attaquer aux programmes de rééchelonnement
de la dette mis en place pour les pays en développement les plus
pauvres, à savoir les PPTE ou pays pauvres très endettés.
Selon Oxfam International, les créanciers commerciaux ont
introduit à ce jour au moins 40 actions en justice à l’encontre
de cette catégorie de pays du tiers-monde les plus endettés que
l’on appelle en anglais Heavily Indebted
Poor Countries. Le FMI s’est ému des pratiques des fonds
vautours, mais les tentatives pour dégager une solution au niveau
international ont fait long feu.
La présente proposition de recommandation vise à éviter que
l’aide financière ou les fruits des importantes remises de dettes
que les membres du Conseil de l’Europe peuvent consentir à l’avenir
aux pays pauvres ou en développement ne soient utilisés de manière
inappropriée à cause de certains créanciers véreux.
En conséquence, l’Assemblée demande aux Etats membres du Conseil
de l’Europe:
1 de renforcer leur
arsenal juridique au niveau national pour limiter l’action des fonds
vautours en ne donnant aucun effet à un jugement étranger ni procéder
à aucune voie d’exécution de jugement lorsque la créance procède
d’une spéculation véreuse;
2 d’insérer une clause résolutoire dans les contrats bilatéraux
d’aide qu’ils concluent avec des pays en développement. De cette
manière, si l’argent n’est pas utilisé pour l’aide au développement
(c’est-à-dire s’il est saisi), il doit revenir au pays donneur d’origine;
3 d’établir des règles de bonne conduite visant à prévenir
la revente de dettes à des fonds vautours aux pratiques abusives
et agressives;
4 d’offrir aux pays partenaires avec lesquels ils collaborent,
dans le cadre de la coopération au développement, une assistance
technique et juridique dans le domaine de la politique et de la
gestion de la dette, afin d’éviter ainsi, entre autres, des procédures
judiciaires avec des créanciers.