Annexe 2 – Avis du Comité européen de
coopération juridique (CDCJ) sur la Recommandation 1815 (2007) de l’Assemblée parlementaire
1. A la suite
de l’adoption par l’Assemblée parlementaire de la
Recommandation 1815 (2007), «Prostitution − Quelle attitude adopter?», le Comité
des Ministres a décidé de la transmettre au Comité européen de coopération
juridique (CDCJ) pour information et observations éventuelles avant
le 31 décembre 2007.
2. Le bureau du CDCJ a pris note de la recommandation de l’Assemblée
parlementaire et a décidé de faire des observations sur les points
suivants qui relèvent de son domaine de compétence.
3. Le bureau du CDCJ considère que d’autres questions pertinentes
soulevées par la recommandation (et par la résolution correspondante),
telles que les politiques concernant la prostitution volontaire
des adultes, seront traitées par les comités directeurs compétents
au sein du Conseil de l’Europe et se refuse donc à traiter ces questions.
4. Dans le cadre de la recommandation adressée, au paragraphe
3, au Comité des Ministres l’invitant à traiter «le problème de
la prostitution enfantine (…) dans ses comités directeurs compétents»,
les travaux actuellement menés sous l’égide du CDCJ seront mis en
lumière.
5. Depuis plusieurs années, les droits de l’enfant sont un sujet
de préoccupation particulier pour le CDCJ et continueront, dans
les années à venir, à être l’un des domaines d’action prioritaires,
notamment dans le prolongement direct de la
Résolution no 2 sur une justice adaptée aux enfants, adoptée par les
ministres européens de la Justice1.
6. Par le biais de cette résolution, les ministres de la Justice
invitent le Comité des Ministres à charger ses organes compétents,
dont le CDCJ, à examiner l’accès des enfants à la justice et leur
place dans les procédures judiciaires, ainsi qu’à préparer des éléments
en vue d’établir des lignes directrices européennes pour une justice
adaptée aux enfants.
7. Le bureau du CDCJ estime qu’une réflexion s’impose, qui pourrait
être menée au sein du CDCJ, sur les obligations des autorités étatiques
à protéger les enfants, ainsi que sur les procédures et garanties
à mettre en œuvre lorsque l’intérêt supérieur de l’enfant dicte
de le soustraire à ses parents ou ses tuteurs pour le placer sous
assistance.
8. La vulnérabilité particulière des enfants victimes ou témoins
d’infractions sera examinée dans le prolongement des travaux réalisés
cette année par l’un des organes subordonnés du CDCJ, le Groupe
de spécialistes sur les voies de recours pour les victimes d’infractions
(CJ-S-VICT), institué à la suite de l’adoption de la
Résolution no 1 relative aux victimes d’infractions1.
9. Le groupe a récemment finalisé son rapport dont certaines
parties portent sur les enfants victimes d’infractions et plus particulièrement
d’exploitation sexuelle et/ou de traite des êtres humains. Il a
rappelé qu’il fallait avant tout prendre en considération l’intérêt
supérieur de l’enfant ainsi que protéger et traiter équitablement
dans les tribunaux les enfants qui ont souffert des agissements
de délinquants ou qui ont été témoins d’infractions.
10. Comme l’a souligné le groupe, les enfants victimes d’infractions
se heurtent souvent à une difficulté supplémentaire, d’où la nécessité
d’évaluer les possibilités d’accès des enfants à la justice de manière
à supprimer tous les obstacles. Le groupe est, en outre, convenu
qu’il fallait étudier la question de leur représentation dans les
procédures judiciaires, lorsque le conflit est manifeste entre les
intérêts de l’enfant et ceux des détenteurs de l’autorité parentale
ou tuteurs légaux, et examiner, dans ces cas-là, la possibilité
de désigner un représentant légal spécial.
11. S’agissant des enfants victimes de la traite, le groupe a
souligné qu’il fallait prévoir pour eux des mesures spéciales et
que «les enfants non accompagnés devaient être représentés par le
biais de la tutelle légale, d’une organisation ou d’une autorité
chargée d’agir conformément à l’intérêt supérieur de la victime».
12. Le bureau du CDCJ note par ailleurs que le droit des enfants
au respect de la vie privée et à la protection des données personnelles
est d’une importance et d’une pertinence particulière s’agissant
des victimes d’exploitation sexuelle.
13. Le bureau du CDCJ se félicite, en outre, que le Comité des
Ministres soit invité à «encourager tous les Etats membres du Conseil
de l’Europe qui ne l’ont pas encore fait à signer et à ratifier
le plus rapidement possible la Convention du Conseil de l’Europe
sur la lutte contre la traite des êtres humains (STCE no 197)» et
se réjouit à la perspective de l’entrée en vigueur, le 1er février
2008, de cette convention qui fournira un cadre d’ensemble pour
protéger et aider les victimes, et tout particulièrement les enfants.
14. Le bureau du CDCJ souhaiterait également que, de même que
pour le STCE no 197, les Etats membres soient invités à signer et
à ratifier la nouvelle Convention du Conseil de l’Europe pour la
protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels
(STCE no 201), ouverte à la signature en octobre 2007.