Octroi du label d’ «Itinéraire culturel du Conseil de l’Europe» au Chemin des sites cisterciens traversant la Grande Europe
Proposition de résolution
| Doc. 11900
| 05 mai 2009
- Signataires :
- Mme Josette DURRIEU,
France, SOC ; Mme Fátima ABURTO BASELGA,
Espagne, SOC ; M. Pedro AGRAMUNT,
Espagne, PPE/DC ; M. Denis BADRÉ,
France, ADLE ; Mme Deborah BERGAMINI,
Italie, PPE/DC ; M. Roland BLUM,
France, PPE/DC ; Mme Anne BRASSEUR,
Luxembourg ; M. Georges COLOMBIER,
France, PPE/DC ; Mme Elvira CORTAJARENA ITURRIOZ,
Espagne ; M. Alain COUSIN,
France, PPE/DC ; M. Gianpaolo DOZZO,
Italie, GDE ; M. Renato FARINA,
Italie, PPE/DC ; M. Giuseppe GALATI,
Italie, PPE/DC ; M. Jean-Charles GARDETTO,
Monaco, PPE/DC ; Mme Gisèle GAUTIER,
France, PPE/DC ; M. Marcel GLESENER,
Luxembourg ; Mme Claude GREFF,
France, PPE/DC ; Mme Arlette GROSSKOST,
France, PPE/DC ; M. Michel HUNAULT,
France ; M. Mogens JENSEN,
Danemark, SOC ; Mme Marietta KARAMANLI,
France, SOC ; M. Jean-Paul LECOQ,
France, GUE ; M. Gennaro MALGIERI,
Italie, PPE/DC ; Mme Muriel MARLAND-MILITELLO,
France, PPE/DC ; M. Bernard MARQUET,
Monaco, ADLE ; M. Jean-Claude MIGNON,
France, PPE/DC ; M. Philippe NACHBAR,
France, PPE/DC ; M. René ROUQUET,
France ; M. Giacomo SANTINI,
Italie, PPE/DC ; M. Luigi VITALI,
Italie, PPE/DC
Cette proposition n'a pas été examinée par l'Assemblée et n'engage que ses signataires.
Le Conseil de l’Europe a validé, en 1991, l' « Itinéraire
culturel des influences monastiques ».
Ont, depuis, été validées dans ce cadre, plusieurs itinéraires
culturels comme celui des « Routes du Baroque », ou encore, récemment,
en 2006, celui des « sites clunisiens ».
Aussi, les signataires de la présente proposition souhaitent
que cette demande soit instruite par l’Institut des Itinéraires
culturels à Luxembourg, en vue de la validation d’un « Itinéraire
des sites cisterciens » ; l’Institut prendra en compte, pour cette
instruction, les réseaux structurés déjà existants, et d’abord la
« Charte européenne des Abbayes et Sites cisterciens », ainsi que
l’accord des propriétaires et gestionnaires des sites concernés
et l’avis des élus locaux compétents.
Cette démarche correspond parfaitement aux objectifs et aux
principes qui régissent la reconnaissance des itinéraires culturels
du Conseil de l’Europe :
- le
mouvement doit avoir une importance d’envergure européenne : c’est
évidemment le cas des implantations cisterciennes (fondé en 1098,
le premier monastère cistercien est suivi très rapidement de nombreux
établissements, de l’Italie à la Norvège, de l’Espagne au Danemark,
du Portugal à la Pologne, à la Slovaquie, à la République tchèque,
la Suisse, l'Allemagne et même jusqu’à la Russie ; des liens ont
d’ores et déjà été noués entre certains de ces sites et, par exemple,
l’abbaye de l’Escaladieu en Bigorre, région du sud-ouest de la France)
;
- les témoins matériels doivent manifester non seulement
les affinités par exemple architecturales mais aussi les liens culturels
entre les différents territoires du Conseil de l’Europe : les monuments
cisterciens témoignent à l’évidence de cette commune aspiration
au savoir qui allait triompher à la Renaissance;
- le Conseil de l’Europe est attentif à une gestion « durable »
du patrimoine. Les sites cisterciens offrent par excellence ce caractère
de développement durable des territoires : généralement implantés
dans des lieux reculés, en pleine campagne, à proximité de cours
d’eau, les monastères comportaient, outre des édifices religieux,
des bâtiments pour l’agriculture, des granges, des bassins de pisciculture
– tout un système bâti qui avait pour but d’assurer l’autosuffisance
de la communauté;
- enfin, l’ordre cistercien a été à l’origine d’un renouveau
de l’étude des textes bibliques puis, plus généralement, de la promotion
de l’éducation et du savoir : beaucoup de sites subsistants s’affirment dans
cette orientation, accueillent des jeunes et se font un devoir de
contribuer aux progrès du savoir et du dialogue : qu’il suffise
de rappeler la mutation du Collège des Bernardins à Paris, ou tant
de bâtiments abritant des institutions de formation.
Le nouvel itinéraire devra favoriser l’emploi des techniques
informatiques, d’abord pour la visite des sites (« visites virtuelles »)
mais aussi pour la diffusion maximale des informations sur l’itinéraire,
la localisation des sites, le territoire environnant, le programme
des activités. L’itinéraire devra viser à créer un « chemin numérique
» favorisant non seulement la mise en valeur des sites par les technologies
d’imagerie et de communication électronique mais aussi la maîtrise
de l’usage de ces techniques pour la gestion des sites et l’offre
d’apprentissage au bénéfice des populations résidant à proximité,
c’est-à-dire le plus souvent en zone rurale (à l’instar de ce que
propose le Centre européen des technologies de l’information en
milieu rural, implanté dans la petite commune de Saint-Laurent de
Neste) .
La promotion du chemin des sites cisterciens comme itinéraire
culturel du Conseil de l’Europe devra favoriser non seulement un
tourisme réparti harmonieusement sur le plus vaste territoire européen
qui illustre l’existence de témoignages matériels d’un patrimoine
commun, mais surtout l’urgence de promouvoir des liens transfrontières
est-ouest comme nord-sud, dans un esprit résolument tourné vers
l’avenir.