Rédaction d’un protocole additionnel à la Convention européenne des droits de l’homme: normes minimales pour les minorités nationales
Proposition de recommandation
| Doc. 11897
| 05 mai 2009
- Signataires :
- M. György FRUNDA,
Roumanie, PPE/DC ; M. Ulrich ADAM,
Allemagne ; M. Pedro AGRAMUNT,
Espagne, PPE/DC ; M. József BERÉNYI,
République slovaque ; M. Márton BRAUN,
Hongrie, PPE/DC ; Mme Ingrida CIRCENE,
Lettonie, PPE/DC ; M. Georges COLOMBIER,
France, PPE/DC ; M. Agustín CONDE,
Espagne, PPE/DC ; M. Hubert DEITTERT,
Allemagne ; M. Mátyás EÖRSI,
Hongrie, ADLE ; Mme Doris FROMMELT,
Liechtenstein, PPE/DC ; M. Jean-Charles GARDETTO,
Monaco, PPE/DC ; M. Marcel GLESENER,
Luxembourg ; M. Andreas GROSS,
Suisse, SOC ; M. Holger HAIBACH,
Allemagne ; M. Mike HANCOCK,
Royaume-Uni, ADLE ; M. Norbert HAUPERT,
Luxembourg ; M. Andres HERKEL,
Estonie, PPE/DC ; M. Serhiy HOLOVATY,
Ukraine, ADLE ; M. Joachim HÖRSTER,
Allemagne, PPE/DC ; Mme Corien W.A. JONKER,
Pays-Bas, PPE/DC ; Mme Elvira KOVÁCS,
Serbie, PPE/DC ; M. József KOZMA,
Hongrie ; M. Jaakko LAAKSO,
Finlande, GUE ; M. Göran LINDBLAD,
Suède, PPE/DC ; M. René van der LINDEN,
Pays-Bas ; M. Eduard LINTNER,
Allemagne ; M. Theo MAISSEN,
Suisse ; M. João Bosco MOTA AMARAL,
Portugal, PPE/DC ; M. Alejandro MUÑOZ-ALONSO,
Espagne, PPE/DC ; M. Gebhard NEGELE,
Liechtenstein, PPE/DC ; Mme Mirosława NYKIEL,
Pologne, PPE/DC ; M. Pieter OMTZIGT,
Pays-Bas ; M. Ivan POPESCU,
Ukraine, SOC ; Mme Zaruhi POSTANJYAN,
Arménie ; M. Christos POURGOURIDES,
Chypre, PPE/DC ; M. Janusz RACHOŃ,
Pologne, PPE/DC ; M. Giuseppe SARO,
Italie, PPE/DC ; M. Kimmo SASI,
Finlande, PPE/DC ; M. Leander SCHÄDLER,
Liechtenstein, PPE/DC ; M. Zoltán SZABÓ,
Hongrie ; Mme Tuulikki UKKOLA,
Finlande, PPE/DC ; M. Egidijus VAREIKIS,
Lituanie, PPE/DC ; M. Luca VOLONTÈ,
Italie, PPE/DC ; Mme Renate WOHLWEND,
Liechtenstein, PPE/DC
Cette proposition n'a pas été examinée par l'Assemblée et n'engage que ses signataires.
L’Assemblée parlementaire note qu’il existe des minorités
nationales dans tous les Etats membres du Conseil de l'Europe. Elles
constituent un enrichissement pour chaque pays et, la plupart du
temps, un lien entre leur Etat de résidence et leur Etat-parent.
L’Assemblée note également que les dispositions juridiques
qui régissent les droits des minorités nationales varient selon
les Etats membres du Conseil de l'Europe. Certains procurent aux
minorités nationales des droits absolus, à part entière, qui leur
garantissent l’égalité de traitement juridique avec la majorité. Malheureusement,
d’autres ne reconnaissent aucun droit aux minorités nationales,
quand ils ne nient pas leur existence.
L’Assemblée reconnaît que le Conseil de l'Europe a toujours
veillé à garantir aux minorités nationales des droits appropriés
(voir la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales,
la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires et la
Charte européenne de l’autonomie locale).
L’Assemblée note que certains Etats membres refusent de signer
ou de ratifier ces instruments. Etonnamment, ce sont les mêmes qui
s’érigent en exemples de bonne entente entre la majorité et les
minorités. Dans la réalité, dans ces pays, les minorités nationales
sont victimes de discrimination à la fois collective et individuelle, étant
privées de certains droits fondamentaux tels que la liberté d’association,
la représentation politique, l’instruction dans la langue maternelle
ou la libre utilisation en public de la langue minoritaire.
L’Assemblée considère que, suivant l’exemple de la Convention
européenne des droits de l’homme, des normes minimales devraient
être définies pour les minorités nationales et leurs membres afin
de garantir l’égalité de traitement à la fois de la majorité et
des minorités et pour faire disparaître les différences à cet égard entre
les Etats membres du Conseil de l'Europe. Ces normes minimales devraient
porter sur les éléments suivants:
- le
droit de chacun à exprimer son appartenance à une minorité nationale;
- les droits politiques (comme la liberté d’association
aux partis politiques, la participation aux élections, la représentation
proportionnelle au sein des organismes publics, à la fois aux niveaux
national et régional);
- les droits culturels, y compris le droit à l’autonomie
culturelle en tant que principal instrument pour préserver l’identité
nationale;
- le droit de prendre des décisions sur différentes formes
d’autonomie, conformément aux pratiques européennes et aux traditions
régionales ou nationales;
- le droit d’utiliser librement la langue minoritaire dans
la vie privée et publique, notamment avec les autorités administratives
ou le système judiciaire dans les zones où les minorités nationales représentent
un pourcentage important de la population régionale ou locale;
L’Assemblée est convaincue que l’application de ces droits
est l’unique façon de limiter la discrimination à l’encontre des
minorités nationales au sein des Etats membres. Réaffirmant ses
principes de démocratie, de primauté du droit et de droits de l’homme,
l’Assemblée invite le Comité des Ministres à rédiger un Protocole additionnel
à la Convention européenne des droits de l’homme, qui énonce des
normes minimales pour les minorités nationales.