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Droits de l’homme et lutte contre le terrorisme

Proposition de résolution | Doc. 11973 | 30 juin 2009

Signataires :
Lord Tim BOSWELL, Royaume-Uni, GDE ; Mme Sirpa ASKO-SELJAVAARA, Finlande, PPE/DC ; M. Luc Van den BRANDE, Belgique, PPE/DC ; Lord David CHIDGEY, Royaume-Uni ; M. Mátyás EÖRSI, Hongrie, ADLE ; M. Nigel EVANS, Royaume-Uni ; M. Andreas GROSS, Suisse, SOC ; M. Mike HANCOCK, Royaume-Uni, ADLE ; M. Jean HUSS, Luxembourg, SOC ; M. Haluk KOÇ, Turquie, SOC ; M. Tiny KOX, Pays-Bas, GUE ; Mme Yuliya L'OVOCHKINA, Ukraine ; M. Denis MacSHANE, Royaume-Uni ; Mme Liliane MAURY PASQUIER, Suisse, SOC ; Sir Alan MEALE, Royaume-Uni, SOC ; M. Mark OATEN, Royaume-Uni ; M. Paul ROWEN, Royaume-Uni, ADLE ; M. Samad SEYIDOV, Azerbaïdjan, GDE ; M. Luca VOLONTÈ, Italie, PPE/DC ; M. David WILSHIRE, Royaume-Uni, GDE
Thesaurus

Cette Assemblée, si elle ne veut pas excuser ni tolérer la commission d’actes de terrorisme contre ses populations, garde toujours à l’esprit la nécessité d’affirmer et de rester attentive à son engagement en faveur des droits de l’homme, de la démocratie et de la prééminence du droit, et n’oublie pas que toute dérogation à ces principes aux fins de la lutte contre le terrorisme et de la défense de la sécurité publique doit être strictement limitée. Elle se félicite par conséquent de la tonalité du récent rapport de la Commission internationale de juristes intitulé «Evaluer les dommages, appeler à l’action» (Assessing Damage, Urging Action).

L’Assemblée appelle les Etats membres à prendre note de ce que:

  • Le cadre juridique établi par la Convention européenne des droits de l’homme, qui permet un allègement temporaire et proportionné ou même une suspension de certains droits, est suffisamment adaptable pour combattre toutes les menaces présentes ou futures;
  • il y a un risque que des mesures temporaires, ayant été jugées nécessaires à un moment donné, deviennent permanentes alors que les conditions initiales ne sont plus réunies;
  • il est extrêmement difficile de restaurer les mesures de protection des droits de l’homme lorsqu’elles ont été supprimées ou réduites;
  • le concept d’une guerre contre la terreur est fallacieux et de peu d’utilité, puisque ce sont les droits des victimes civiles que le terrorisme menace et que les infractions terroristes ne peuvent être assimilées à des actes de guerre.

L’Assemblée exhorte les Etats membres:

  • à limiter les actions de lutte contre le terrorisme à des mesures nécessaires, raisonnables et proportionnées;
  • à ne pas agir par Etat interposé, en s’appuyant sur des tierces parties pour accomplir des actions, notamment des restitutions extraordinaires et des actes de torture, qui sont clairement en contradiction absolue avec la Convention et nos valeurs universelles; à ne pas accepter que des preuves obtenues par ces moyens soient recevables devant leurs tribunaux;
  • à éviter l’utilisation de la législation sur l’immigration en remplacement du droit pénal; à veiller à ce que tout processus de détention administrative ne soit appliqué qu’après le processus judiciaire et qu’il soit réexaminé régulièrement;
  • à prendre des mesures pour garantir que les travaux et les actions des organes de renseignement soient pleinement compatibles avec la législation en matière de droits de l’homme;
  • à éviter tout recours abusif aux listes administratives et à garantir que de tels processus soient strictement limités dans le temps et appliqués en veillant à ce que des recours effectifs permettent de contester les décisions.

L’Assemblée demande à sa commission compétente d’engager un processus de recensement des atteintes à ces principes, de dénoncer les violations des droits de l’homme qui en ont découlé et d’affirmer la primauté du droit international, eu égard en particulier à l’importance des questions humanitaires et relatives aux droits fondamentaux des individus.