Annexe 2 à la réponse
Commentaires du Comité européen de coopération
juridique (CDCJ)
1. La Commission permanente de l’Assemblée parlementaire
a adopté, au nom de l’Assemblée (Paris, 12 mars 2010), la
Recommandation 1905 (2010) sur « Les enfants témoins de violence domestique ».
Le Comité des Ministres
Note a décidé, par la suite, de transmettre
cette recommandation au Comité européen de coopération juridique
(CDCJ) pour information et observations éventuelles avant le 30
juin 2010.
2. Le Bureau du CDCJ a pris note de la recommandation de l’Assemblée
parlementaire et a décidé de faire des observations dans les domaines
qui présentent un intérêt particulier pour le CDCJ, avant la date
fixée par le Comité des Ministres.
3. Le Bureau du CDCJ accueille favorablement la recommandation
dans son ensemble et souhaite, dans un premier temps, attirer l’attention
du Comité des Ministres sur le rapport 2008 du CDCJ concernant les
voies de recours non pénales pour les victimes d’infractions
Note, en particulier son chapitre 3,
qui aborde la question des victimes vulnérables, notamment les enfants
et les victimes de violence domestique. Ce chapitre rappelle que
la
Résolution no 2 sur une justice adaptée aux enfants, adoptée lors de
la 28e Conférence des ministres de la
Justice du Conseil de l’Europe (Lanzarote, 2007), dispose qu’« une
attention et des garanties particulières sont requises pour les
enfants victimes ou témoins d’infractions en vue de protéger leur
bien-être », et que ce principe s’inscrit dans le droit-fil des
Lignes directrices des Nations Unies en matière de justice dans
les affaires impliquant les enfants victimes et témoins d’actes
criminels
Note, lignes directrices qui sont spécifiquement
dédiées à la protection et au traitement juste par les instances
judiciaires des enfants qui ont souffert d’une infraction ou en
ont été témoins.
4. D’autres références aux témoins figurent dans le rapport (voir
en particulier les paragraphes 143 à 147, qui sont consacrés aux
besoins spécifiques de protection des victimes et témoins qui ont
été intimidés). Le rapport présente également des exemples de bonnes
pratiques (voir notamment le paragraphe 228, qui décrit le système
suédois dans lequel « un enfant ayant été témoin d’une infraction
sans pour autant être considéré comme une victime au sens strict
a donc le droit à un dédommagement si l’infraction a nui à sa sécurité
ou à sa confiance en autrui »).
5. Le Bureau du CDCJ salue également l’invitation faite au Comité
des Ministres, au paragraphe 2 de la recommandation, à charger le
Comité ad hoc pour prévenir et combattre la violence à l’égard des
femmes et la violence domestique (CAHVIO) d’apporter une attention
particulière à la situation des enfants témoins de violence domestique,
qu’il convient de considérer comme des victimes secondaires. Le
31 mars 2010, le Bureau du CDCJ a présenté ses observations sur
le projet de Convention pour prévenir et combattre la violence à
l’égard des femmes et la violence domestique. Au paragraphe 8 de
ces observations, le Bureau du CDCJ réitère sa proposition de ne
pas restreindre le champ d’application de la Convention aux femmes
mais de l’élargir aux enfants, garçons et filles, victimes et témoins
de violence domestique
NoteNoteNote.
Le CDCJ participe activement aux réunions du CAHVIO en qualité d’observateur.
6. A cet égard, le Bureau du CDCJ rappelle la
Résolution no 1 sur la prévention et la lutte contre la violence domestique,
adoptée lors de la 29e Conférence des
ministres de la Justice du Conseil de l’Europe (Tromsø, 2009), invitant
le Comité des Ministres à charger le CDCJ, en coopération avec d’autres
comités
Note et, à
la lumière des conclusions des travaux du CAHVIO « à examiner, en
prenant en compte la nécessité de protéger les droits des victimes
et ceux des auteurs :
a les formes
de violence domestique visant en particulier les enfants et les
personnes âgées, et proposer des moyens d’y faire face ;
b les problèmes que rencontrent les victimes de violences
domestiques et de proposer des solutions ciblées pour renforcer
leur protection et réduire leur vulnérabilité ;
c l’efficacité des mesures et voies de recours civiles et
administratives existantes et d’en proposer d’autres en vue de prévenir
la violence domestique ou d’y répondre ».
7. Lorsque le temps sera venu pour le CDCJ de se pencher sur
les suites à donner à la
Résolution
no 1 à la lumière des travaux du CAHVIO – une fois ceux-ci
achevés – le Bureau du CDCJ gardera également à l’esprit la
Recommandation 1905 (2010) de l’Assemblée parlementaire et traitera alors de la
situation des enfants témoins de violence domestique.
8. Enfin, conformément à l’invitation faite en son paragraphe
3.1, la recommandation a été portée à l’attention du Groupe de spécialistes
sur une justice adaptée aux enfants (CJ-S-CH), qui, à sa dernière
réunion (Strasbourg, 25-28 mai 2010), en a pris note et en a tenu
compte lors de la finalisation du projet de Lignes directrices du
Conseil de l’Europe sur une justice adaptée aux enfants
Note.
9. Le projet final des Lignes directrices du Conseil de l’Europe
sur une justice adaptée aux enfants rappelle les Lignes directrices
précitées des Nations-Unies en matière de justice dans les affaires
impliquant les enfants victimes et témoins d’actes criminels et
comporte des dispositions spécifiques concernant les enfants témoins, notamment
les enfants témoins de violence domestique.
10. De plus, l’un des objectifs des Lignes directrices du Conseil
de l’Europe est de prévenir la victimisation secondaire résultant
du recueil de témoignage. Le projet de texte prévoit des mesures
concrètes et présente des exemples de bonnes pratiques en vue de
protéger les enfants et les jeunes de la dureté des systèmes judiciaires,
en particulier des traumatismes occasionnés par les entretiens et
les témoignages multiples. Dans son exposé des motifs, le projet
de texte présente les maisons pour enfants mises en place en Islande
et en Suède comme un exemple de bonne pratique dans ce domaine.
Les entretiens avec les enfants sont menés par des professionnels
formés à cette fin, dans un environnement protégé et adapté aux
enfants, où ceux-ci peuvent recevoir toute la protection, le soutien
psychologique et les soins médicaux dont ils ont besoin, et ce en
un même lieu. Grâce à ce système, ils n’ont plus besoin de répéter
plusieurs fois les mêmes choses à différentes personnes et dans
différentes institutions, parfois à des mois d’intervalle. Il importe
que la police, les services sociaux et les tribunaux travaillent
main dans la main pour sensibiliser les différents acteurs et veiller
à ce que les enfants ne subissent pas un second traumatisme, qui
peut être plus grave que celui dont ils souffrent déjà.