Annexe ANNEXE
Mesures juridiques proposées
A. Mesures à prendre sur le plan national
1. La pharmacodépendance devrait être considérée comme une maladie plutôt que comme un délit. Les sanctions ordinaires, les institutions pénales existantes et les méthodes normales de traitement post-pénitentiaire ne conviennent pas aux toxicomanes. Ceux-ci ont besoin d'un traitement spécial - qui devrait être rendu obligatoire s'il y a lieu - pour bénéficier des meilleures chances de réadaptation ; ils devraient être pris en charge par des services et institutions spécialisés. Les gouvernements devraient faire de grands efforts dans ce domaine.
2. La loi devrait interdire l'usage de toutes les drogues
Note sans autorisation. Il convient, cependant, d'établir une distinction entre les substances les moins nocives et les produits dangereux qui créent de graves problèmes sociaux ; les dispositions juridiques nationales devraient faire cette distinction et comprendre des dispositions particulières concernant les délits commis par des pharmacodépendants en vue de se procurer des drogues.
3. Il est indispensable d'accorder un maximum d'attention aux diverses formes illégales, professionnelles ou commerciales, de production, de possession et de distribution des drogues. Les trafiquants, les marchands et les producteurs devraient être passibles de peines extrêmement sévères. Les sanctions devraient comprendre l'emprisonnement, les amendes correspondant au profit des activités illégales, la confiscation des objets employés pour ces activités, des mesures de contrôle, des restrictions aux déplacements et des mentions spéciales dans le passeport.
4. Il convient de renforcer la surveillance des stocks pharmaceutiques et médicaux et des produits de base servant à la fabrication des drogues, ainsi que le contrôle des ordonnances ; d'importantes quantités des drogues absorbées ou obtenues par les toxicomanes et les trafiquants proviennent, en effet, de sources ou de stocks légalement autorisés. Des peines sévères et des restrictions professionnelles devraient être infligées à ceux qui ne respectent pas la réglementation relative aux drogues.
5. Le problème de la toxicomanie demande une approche multidisciplinaire. Les mesures prises par les services gouvernementaux doivent être coordonnées, et une coopération étroite doit être assurée entre les autorités répressives, les organes de santé publique, le corps médical et les pharmaciens. Le problème ne peut pas être résolu uniquement sur le plan juridique ou par le droit pénal.
B. Mesures à prendre sur le plan international et européen
6. Le trafic des drogues est un problème mondial et ne peut être combattu efficacement que grâce à la coopération internationale. Tous les Etats membres du Conseil de l'Europe devraient donc adhérer à la Convention unique de 1961 sur les stupéfiants et apporter leur plein appui aux travaux entrepris par l'Organisation des Nations Unies en vue de l'établissement du protocole additionnel relatif aux substances psychotropes.
7. Une coopération européenne s'impose pour compléter
les mécanismes internationaux lorsque ceux-ci présentent des lacunes ou lorsque les particularités européennes appellent une action spécifique.
8. Les Etats membres du Conseil de l'Europe devraient essayer d'adopter une attitude commune à l'égard de la toxicomanie, et parvenir à un accord et à une politique européenne susceptibles de servir de base à des mesures et pratiques juridiques coordonnées. Ils devraient procéder à un échange permanent d'informations et d'expériences sur l'utilisation des drogues, les schémas de toxicomanie, les pharmacodépendants, le trafic des drogues, les condamnations, les mesures prises, les nouvelles drogues mises au point la recherche, les programmes de traitement et d'éducation. Des recherches communes devraient être effectuées sur divers aspects de la toxicomanie.
9. Une politique européenne devrait être fondée sur des dispositions concernant l'accès aux drogues, leur production, leur distribution et leur contrôle, la suppression des abus et du trafic, et le traitement des toxicomanes. Elle devrait se fonder notamment sur une liste complémentaire de drogues à contrôler dans tous les Etats membres, qui compléterait celles de la Convention unique sur les stupéfiants et du futur protocole relatif aux substances psychotropes.
10. Il est souhaitable que les Etats membres adoptent une attitude commune à l'égard de la coopération entre pays producteurs et pays consommateurs en vue de mieux contrôler la production et la culture des plantes dont sont tirées les drogues naturelles (notamment le cannabis sativa et le papaver somniferum).
11. Les Etats membres devraient s'accorder sur la distinction à faire entre les substances les moins nocives et les produits dangereux, et arrêter ensemble les régimes à appliquer. Il importe de procéder dès que possible à des études complètes des conséquences que pourrait avoir sur la société et sur l'individu une politique de vente contrôlée du cannabis.
12. Le contrôle des échanges commerciaux et des voyageurs suspects devrait être renforcé et coordonné pour les Etats entre lesquels s'exerce un trafic considérable de drogues. Une drogue qui est interdite et pose des problèmes sérieux dans tel pays ne devrait pas être fabriquée ou distribuée sans contrôle approprié dans tel autre pays. L'extradition des trafiquants de drogue devrait être pratiquée de manière plus générale.