Accès d'Etats européens non membres aux institutions fonctionnant dans le cadre de certaines conventions du Conseil de l'Europe relatives aux droits de l'homme
Recommandation 1183
(1992)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion par l'Assemblée
le 5 mai 1992 (3e séance) (voir Doc. 6585, rapport de la commission des questions juridiques et
des droits de l'homme, rapporteur: Mme Haller).
Texte adopté par l'Assemblée le 5 mai 1992 (3e séance).
- Thesaurus
1. L'Assemblée constate avec satisfaction
que le rôle du Conseil de l'Europe dans la protection et la promotion
des droits de l'homme est aujourd'hui unanimement reconnu comme
une réalisation majeure et incontestée.
2. Elle trouve donc naturel que les pays non membres se tournent
vers le Conseil de l'Europe pour que celui-ci leur ouvre ses mécanismes
de protection des droits de l'homme que sont la Convention de sauvegarde des
Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales, la Convention européenne
pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains
ou dégradants, et la Charte sociale européenne, comme autant de
garants de leur jeune démocratie.
3. L'Assemblée, qui a pris l'initiative du rapprochement avec
ces pays, se doit maintenant de ne pas décevoir leur attente.
4. Elle estime que les pays de la CSCE non-membres du Conseil
de l'Europe devraient avoir accès:
i à
la Cour européenne des Droits de l'Homme;
ii au Comité européen pour la prévention de la torture et
des peines ou traitements inhumains ou dégradants;
iii au Comité d'experts indépendants de la Charte sociale
européenne pour demander des avis consultatifs.
5. L'accès devrait être ouvert aux organes de l'Etat, qui doit
accorder le même droit aux pouvoirs locaux et régionaux, aux organisations
non-gouvernementales et – en cas de fédération – aux Etats membres.
L'accès des individus resterait facultatif.
6. Par ailleurs, l'Assemblée est d'avis que rien ne s'oppose
à l'ouverture de la Convention européenne pour la prévention de
la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants
à l'adhésion d'Etats non-membres.
7. L'Assemblée recommande en conséquence au Comité des Ministres:
i de permettre aux Etats européens
non-membres du Conseil de l'Europe mais membres de la CSCE:
a de demander des avis à la Cour
européenne des droits de l'homme;
b d'inviter le Comité européen pour la prévention de la
torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants à visiter
les lieux de détention dans leur pays;
c d'obtenir des experts indépendants de la Charte Sociale
des avis sur des questions relatives aux droits économiques et sociaux;
ii d'accélérer les travaux de réforme des organes de mise
en œuvre de la Convention européenne des Droits de l'Homme;
iii d'ouvrir la Convention européenne pour la prévention de
la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants
aux Etats européens non membres du Conseil de l'Europe.