OCDE et économie mondiale
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion par l’Assemblée élargie le 27 septembre 2000 (29e séance)(voir Doc. 8804, rapport de la commission des questions économiques et du développement, rapporteur: M. Lotz; et Doc. 8842, contribution de la commission de la culture et de l'éducation, rapporteur: M. McNamara). Texte adopté par l’Assemblée élargie le 27 septembre 2000(29e séance).
- Thesaurus
1. L’Assemblée parlementaire élargie, composée de
délégations d’Etats membres de l’OCDE et du Conseil de l’Europe, a examiné les
récentes activités de l’OCDE dans la mesure où elles sont liées à l’économie
mondiale, à la lumière du rapport préparé par la commission des questions
économiques et du développement de l’Assemblée parlementaire et des
contributions provenant de diverses autres commissions de l’Assemblée élargie.
A ce propos, l’Assemblée élargie apprécierait, comme elle en avait déjà exprimé
le souhait auparavant, de recevoir une réponse écrite de l’OCDE à cette
résolution.
2. L’Assemblée élargie note avec satisfaction les bonnes
perspectives pour l’économie mondiale, y compris dans la zone OCDE qui devrait
enregistrer une croissance de 4 % en 2000 et de 3 % en 2001. Elle se félicite
aussi de la reprise de la croissance du commerce mondial qui, après une hausse
plus lente de 5,7 % en 1999, devrait augmenter de plus de 10 % en 2000 et de
plus de 8 % en 2001 – ce qui indique une plus grande intégration économique au
plan international et la poursuite d’un commerce ouvert inspiré par les
principes de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
3. Autre
évolution dont il convient de se féliciter, le chômage continue à reculer dans
la zone OCDE, puisque, de 6,6 % en 1999, il devrait descendre à 6,3 % en 2000
et à 6,1 % en 2001. L’inflation reste néanmoins contenue – de 2,5 % en 1999,
elle devrait passer à 2,8 % en 2000 puis à 2,5 % en 2001. Toutefois, il y a un
risque qu’une hausse des prix du pétrole la relance. Les pays membres de l’OCDE
qui sont dans cette situation devraient éviter toute surchauffe de leur
économie, en maintenant les taux d’intérêt aux niveaux requis et en poursuivant
la réforme structurelle dans tous les domaines.
4. A cet égard,
l’Assemblée élargie exprime son soutien au projet de l’OCDE visant à promouvoir
une réforme réglementaire dans ses pays membres, notamment par le biais
d’études par pays qui mettent en valeur les exemples de réussites afin que
d’autres s’en inspirent. Elle demande à l’organisation d’étendre, à terme, son
projet à tous ses pays membres, en mettant l’accent non seulement sur un
fonctionnement plus harmonieux des marchés, mais aussi sur des préoccupations
plus larges telles que l’équité sociale, la santé publique, la sécurité et
l’environnement. L’Assemblée élargie se félicite également des réformes de fond
des marchés de l’emploi et des produits engagées par plusieurs pays membres de
l’OCDE, conformément aux recommandations formulées dans la Stratégie pour
l’emploi élaborée par cette dernière.
5. L’Assemblée élargie est
préoccupée par les répercussions sociales de la mondialisation et estime qu’il
serait vital aujourd’hui d’étudier soigneusement les mécanismes du libéralisme
économique et d’évaluer dans leur globalité les répercussions sociales de la
mondialisation sous sa forme actuelle. Il serait souhaitable de poser de
nouvelles règles communes et d’améliorer la coordination des stratégies des
instances commerciales et financières internationales de manière à ne pas
affaiblir davantage les institutions économiques et sociales dans les pays les
plus affectés par la pauvreté.
6. L’Assemblée élargie considère avec
inquiétude le récent recul de l’euro vis-à-vis du dollar et d’autres devises.
Cette tendance montre bien la nécessité, en matière de gestion et de politiques
économiques, d’une coordination accrue entre les pays participant à l’Union
monétaire européenne et d’autres, afin de maintenir la discipline budgétaire et
fiscale. A ce propos, l’Assemblée élargie se félicite de l’engagement exprimé
lors de la réunion du G7 à Prague, en septembre2000, en vue de ramener l’ordre
dans les taux de change entre les principales devises.
7. L’économie
américaine enregistrant toujours, pour la neuvième année consécutive, une
croissance dont le rythme est soutenu – celle-ci devrait être de 4,9 % en 2000,
avec un léger fléchissement seulement prévu pour 2001 où elle ne serait que de
3 % –, d’autres pays industrialisés, notamment l’Europe et le Japon, sont
appelés à jouer le rôle de locomotives pour l’économie mondiale. Dans ce
contexte, l’Assemblée élargie se félicite des signes récents de reprise
économique au Japon et espère que cette reprise pourra se poursuivre, aidée par
une confiance accrue des consommateurs, par une politique monétaire appropriée
et une réforme structurelle en matière budgétaire, ainsi que par la poursuite
de l’ouverture de cette économie au commerce et à l’investissement
étrangers.
8. L’Assemblée élargie note avec satisfaction la croissance
solide – autour des 5% – dans plusieurs Etats membres plus récents de l’OCDE
tels que la Hongrie, la Pologne et le Mexique, ainsi que la reprise
spectaculaire de la Corée, où les projections prévoient une croissance de 8,5 %
en 2000 et de 6 % en 2001. Pour l’Assemblée élargie, ces nouveaux centres de
dynamisme ont grandement bénéficié de leur appartenance à l’OCDE, contribuent à
diversifier les pôles économiques au niveau mondial et servent d’exemples pour
leurs pays voisins.
9. L’Assemblée élargie se félicite de l’adhésion
imminente de la Slovaquie à l’OCDE, dont elle deviendra le trentième membre.
Elle reconnaît aussi les progrès économiques effectués par d’autres pays
aspirant à devenir membres de l’OCDE – en particulier les Etats baltes:
l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie – et espère qu’ils seront eux aussi
acceptés dans un proche avenir.
10. Notant la relative, quoique encore
fragile, reprise économique de la Russie depuis sa crise financière de 1998,
l’Assemblée élargie demande à l’OCDE d’intensifier l’assistance qu’elle offre à
ce pays, notamment pour ce qui est de le faire progresser vers une démocratie
plus complète, en matière de réforme de son système fiscal, de sa législation
sur la faillite, de son système bancaire et pour ce qui est de la lutte contre
la criminalité économique et la corruption. Elle est préoccupée par la lenteur
avec laquelle ce pays sort de sa dépendance excessive vis-à-vis des matières
premières pour devenir une économie davantage tournée vers les produits et les
services avancés.
11. Les nouvelles entreprises de l’information et des
communications – ce que l’on appelle souvent la «nouvelle économie» – sont de
plus en plus perçues comme l’un des facteurs essentiels sous-tendant la
croissance économique soutenue et remarquable des Etats-Unis et de bien
d’autres pays, notamment parce qu’elles renforcent la transparence des marchés,
la concurrence et la productivité. Les pays de l’OCDE devraient faire tout leur
possible pour faciliter le développement de ces entreprises, au plan national
et par la coopération internationale. Les politiques doivent dépasser le simple
cadre de ces nouvelles entreprises pour englober la réorganisation de secteurs
et de marchés et leur ouverture à la concurrence; un investissement accru en
capital humain via l’éducation et les marchés de l’emploi; l’encouragement de
l’esprit d’entreprise; la recherche; et la diffusion rapide des innovations
grâce à la coopération internationale. L’OCDE comme l’Assemblée parlementaire
élargie du Conseil de l’Europe devraient toutes deux se préoccuper davantage
des écarts de compétitivité économique entre les différentes nations et
régions. La création de conditions plus favorables au développement de la
nouvelle économie au niveau national est du ressort tant des hommes politiques
que des économistes. Seuls la volonté politique et le consensus face aux
problèmes économiques graves de notre monde réduiront les occasions de
violence. Lorsque la violence prévaut, le dialogue cesse.
12. L’Assemblée élargie invite l’OCDE à réaliser une étude spécifique – si
possible en coopération avec la commission des questions économiques et du
développement et d’autres commissions intéressées de l’Assemblée élargie – qui
explorera la nature et les conséquences de la «nouvelle économie» des
industries de l’information et des communications sur l’économie en général,
sur des marchés et sur la société, y compris dans les domaines social, de la
culture et de l’éducation, et en ce qui concerne la distribution des revenus et
des gains technologiques aux niveaux national et international.
13. Il
convient de féliciter l’OCDE pour sa contribution significative au Pacte de
stabilité pour l’Europe du Sud-Est, notamment par le biais de son projet
Investment Compact visant à améliorer le climat de l’investissement dans la
région, et par son initiative pour la lutte contre la corruption, entreprise en
coopération avec le Conseil de l’Europe. Alors que le processus de renouveau de
la région est maintenant dans une phase cruciale, il est important que les pays
donneurs demeurent fidèles à leur engagement à long terme en faveur du pacte et
que les pays bénéficiaires travaillent véritablement de concert. Il est aussi
vital de s’assurer que le lit du Danube soit rapidement rendu à nouveau
navigable et les ponts sur ce fleuve rapidement remis en état après le conflit
au Kosovo, et de réconcilier une participation de la République fédérale de
Yougoslavie au pacte avec le retour de ce pays à la démocratie.
14. La
contribution de l’OCDE au processus de l’OMC est particulièrement importante
après l’échec de l’OMC lors du Sommet de Seattle en décembre 1999; l’OCDE,
notamment, promouvant la performance économique et l’ouverture des marchés de
ses membres et forgeant un consensus entre ses Etats membres sur des domaines
de négociations abordés par la suite au sein de l’OMC. L’Assemblée élargie se
réjouit des perspectives d’adhésion rapide de la Chine à l’OMC après l’Accord
préliminaire des Etats-Unis et de l’Union européenne. Enfin, elle se félicite
que le directeur général de l’OMC soit prêt à faire participer plus étroitement
les parlements au processus de l’OMC – par exemple, par le biais d’un «organe
permanent» de représentants parlementaires – et suggère pour cela
l’établissement d’une assemblée élargie sur le modèle de celle de «l’OCDE et
l’économie mondiale».
15. De plus en plus de pays mettent actuellement
en œuvre des réformes fiscales globales, notamment en introduisant de nouvelles
taxes écologiques, avec en parallèle une réduction des taxes existantes.
L’Assemblée élargie exprime le souhait de promouvoir un renforcement du lien
entre politiques fiscales et politiques environnementales.
16. L’Assemblée élargie partage le point de vue de l’OCDE selon lequel les
mesures commerciales contenues dans les Accords multilatéraux sur
l’environnement (AME) sont essentielles pour mener à bien des projets
écologiquement sains. C’est pourquoi elle invite instamment tous ses Etats
membres à respecter les mesures strictes contenues dans les AME et dans la
Convention de Bâle sur les mouvements transfrontières de déchets afin d’éviter
des pratiques commerciales illicites qui pourraient entraver le système de
commerce multilatéral.
17. Pour ce qui est des négociations dans le
cadre de l’OMC, l’Assemblée élargie invite l’OCDE à soutenir la position du
Conseil de l’Europe et de l’Union européenne qui souhaitent préserver la
diversité en matière de services culturels et audiovisuels dans le cycle qui va
s’ouvrir pour une libéralisation des différents secteurs de services. Elle
invite également l’OCDE à appuyer la proposition du Conseil de l’Europe visant
à élaborer une Charte internationale sur la diversité culturelle, et à prendre
une part active dans le dialogue international sur la préparation de cet
instrument fondamental.
18. L’Assemblée élargie demande à l’OCDE
d’intensifier ses travaux sur les répercussions que les produits alimentaires
génétiquement modifiés peuvent avoir en matière de santé publique et
d’environnement, et sur leur impact social et économique. Ce type de produits
pourrait augmenter le rendement des cultures et contribuer à réduire
l’utilisation de pesticides et autres intrants agricoles, mais il pourrait
aussi présenter des risques pour l’instant inconnus pour l’homme et la nature.
Il s’agit donc de faire preuve d’une grande circonspection. Il est essentiel de
trouver des solutions telles qu’un étiquetage et une indication de provenance
adéquats. L’OCDE devrait continuer à jouer un rôle efficace dans le dialogue
international au niveau des politiques en matière de sécurité alimentaire, en
englobant tous ceux qui sont parties prenantes en la matière y compris les ONG
des pays développés et en développement.
19. L’Assemblée élargie se
félicite de l’entrée en vigueur de la Convention de l’OCDE sur la lutte contre
la corruption des agents publics étrangers, qui a été jusqu’ici ratifiée par
vingt-trois Etats membres de l’OCDE et du Conseil de l’Europe. Elle invite tous
les pays qui ne l’ont pas encore fait à suivre l’exemple de ces Etats et
demande à l’OCDE d’étendre la convention pour qu’elle couvre aussi le secteur
privé, ou d’élaborer une nouvelle convention à cet effet.
20. Enfin,
l’Assemblée parlementaire élargie se félicite de l’approche adoptée dans le
rapport sur les pratiques fiscales préjudiciables et des résultats dudit
rapport dont le Conseil ministériel de l’OCDE du 27 juin 2000 a pris note. Elle
attend du Conseil ministériel de l’OCDE qu’il suive et favorise les activités
des Etats membres jusqu’à ce que les quarante-sept cas d’allègements fiscaux
reconnus comme potentiellement préjudiciables soient éliminés dans la zone de
l’OCDE à partir d’avril 2003. S’agissant des paradis fiscaux, l’Assemblée
parlementaire élargie demande à l’OCDE d’intensifier la coopération avec les
Etats tiers en ce qui concerne la suppression des pratiques qui ne répondent
pas aux normes internationales fondamentales en matière de transparence, de
secret bancaire et de coopération juridique. L’OCDE devrait accorder aux Etats
tiers désireux de coopérer une large assistance en vue de l’adoption de ces
normes internationales. D’autres voies de développement conduisant à un
développement économique durable devraient être indiquées en collaboration avec
les organisations internationales d’aide au développement. Les Etats qui ne se
déclarent pas prêts à s’engager dans une coopération fondée sur de sérieux
efforts devraient faire l’objet de contremesures appropriées et proportionnées
à partir de juillet
2001.