Il est également nécessaire d’entreprendre une action concertée au niveau du Conseil de l’Europe pour lutter plus efficacement contre les nombreuses formes de crime liées à la criminalité économique, notamment:
5.1 le trafic haïssable des êtres humains à des fins d’immigration clandestine, d’exploitation de la main-d’œuvre, de mendicité, d’exploitation sexuelle ou pour contribuer à des activités criminelles telles que le transport illégal d’armes, de stupéfiants ou de clandestins;
5.2 la corruption, les pots-de-vin et le trafic d’influence: l’Assemblée rappelle qu’elle a adopté sa
Résolution 1214 (2000) sur le rôle des parlements dans la lutte contre la corruption et a accueilli, en mai 2000, une conférence des présidents des assemblées parlementaires européennes dont les débats portaient sur ce sujet. L’Assemblée rappelle à cet égard les travaux en cours au Conseil de l’Europe, et à l’Assemblée elle-même, sur le financement des partis politiques. Elle se félicite que le Conseil de l’Europe ait conclu, en 1999, ses Conventions pénale et civile sur la corruption (respectivement STE nos 173 et 174). Elle note avec satisfaction que le premier de ces textes a déjà été signé par trente-neuf États, avec neuf ratifications, et que le deuxième a été signé par vingt-sept États, avec trois ratifications. Elle espère que l’un et l’autre pourront entrer en vigueur en 2002. En outre, elle soutient des initiatives régionales de lutte contre la corruption et le crime organisé, telles que celles entreprises dans le cadre du Pacte de stabilité pour l’Europe du Sud-Est (Initiative anticorruption (SPAI) et Initiative contre le crime organisé (SPOC));
5.3 le blanchiment d’argent, dont l’ampleur risque de saper l’intégrité des économies nationales et des systèmes démocratiques. Il est particulièrement important d’agir contre le blanchiment d’argent car cela permet de priver les opérateurs de la criminalité économique de leurs biens mal acquis et de frapper au cœur même de cette forme de criminalité. L’Assemblée se félicite du renforcement des activités du GAFI tout en soulignant l’importance de la transparence et d’une approche non discriminatoire pour le renforcement de la coopération internationale dans la lutte contre le blanchiment de l’argent, et invite une fois encore, ainsi qu’elle l’avait déjà fait dans sa
Résolution 1147 (1998), les États membres du Conseil de l’Europe qui ne sont pas officiellement membres du GAFI à participer activement aux travaux du Comité restreint d’experts sur l’évaluation des mesures de lutte contre le blanchiment de capitaux (PC-R-EV) du Conseil de l’Europe, un groupe régional très efficace fonctionnant dans l’esprit du GAFI;
5.4 la production et l’écoulement de drogues illicites, qui ont des conséquences dévastatrices sur les jeunes en Europe et sur l’avenir du continent; l’Assemblée parlementaire devrait organiser, avec la contribution de ministères et d’experts, une conférence pour faire le point sur la situation afin d’évaluer les mesures prises pour lutter contre le trafic de drogue dans l’aire géographique du Conseil de l’Europe;
5.5 la contrebande de marchandises, en particulier d’armes, d’objets d’art, d’alcool et de cigarettes – ce dernier secteur étant réputé représenter jusqu’à 15 % de la consommation totale dans certains États membres du Conseil de l’Europe;
5.6 la contrefaçon de produits, dont la fabrication est grandement facilitée par les technologies de pointe et qui viole les droits de propriété intellectuelle, cause des préjudices économiques, introduit des distorsions sur les marchés et peut entraîner de graves dangers pour les consommateurs;
5.7 la criminalité écologique, qui peut infliger des dommages irréparables à l’écosystème et, in fine, à la santé des êtres humains, car la pollution ignore les frontières étatiques;
5.8 la cybercriminalité qui, par le biais d’intrusions illicites et de manipulations dans des réseaux informatiques et des banques de données, non seulement cause des dégâts en soi, mais amplifie aussi de manière significative les effets du vol et de la fraude. Les États, membres ou non du Conseil de l’Europe, doivent convenir de règles et de sanctions légales communes, et d’entamer une coopération en matière de partage des informations et d’autres formes d’entraide, dans le respect des droits individuels, en particulier la vie privée. A cet égard, l’Assemblée soutient les travaux menés par le Conseil de l’Europe pour préparer une future convention européenne sur la cybercriminalité, qui, elle l’espère, deviendra bientôt un instrument marquant en Europe et au-delà;
5.9 la fraude fiscale, pratiquée à grande échelle et liée à la criminalité économique, qui continue à limiter gravement les ressources économiques de bon nombre de pays européens. Les paradis fiscaux sont attractifs pour les opérateurs de blanchiment de capitaux et les fraudeurs, non seulement de par leur système fiscal favorable, mais aussi parce que les demandes d’entraide judiciaire internationale sont systématiquement rejetées au motif de l’exception fiscale. L’Assemblée se félicite donc de l’accord intervenu en 2000 dans l’Union européenne pour lutter contre la fraude fiscale en matière d’imposition des revenus du capital.