Consciente que l’un des principaux défis d’une politique européenne commune des transports réside dans la transformation du secteur traditionnel des transports en un système moderne de distribution qui, à son tour, favoriserait le processus d’intégration, l’Assemblée invite les gouvernements des États membres du Conseil de l’Europe, l’Union européenne ainsi que la Conférence européenne des ministres des Transports:
8.1 à évaluer les technologies afin de concevoir de nouvelles politiques intégrées des transports au niveau européen, fondées sur la mobilité physique et virtuelle, ainsi que sur les systèmes de transports intermodaux;
8.2 à étudier les options scientifiques et technologiques destinées à améliorer ou à renouveler les infrastructures de transports, et à garantir une utilisation optimale des systèmes de transport;
8.3 à encourager vivement la recherche et le développement dans le domaine des transports, dans l’intérêt d’une industrie européenne des transports moderne et compétitive;
8.4 à accorder une attention particulière à l’impact sur l’environnement et à la sécurité dans les choix des technologies de transports, et à promouvoir les technologies «propres», qui présentent aussi des avantages directs pour les employés de l’industrie des transports;
8.5 à s’assurer qu’aucune région d’Europe ne sera exclue de l’approche globale adoptée en matière de transports, afin de permettre à l’ensemble des pays et régions de contribuer à une croissance et à un développement globaux harmonieux, et d’en profiter;
8.6 à promouvoir l’approche d’une livraison intermodale (de porte à porte) comme la seule solution efficace destinée à remplacer la formule unimodale de l’acheminement routier en Europe occidentale. Cette approche permettra de mieux exploiter le potentiel offert par d’autres modes de transport et contribuera à désengorger le trafic, à diminuer le nombre d’accidents et à réduire la pollution atmosphérique et le bruit que provoque le transport routier;
8.7 à mettre en place, dans les pays d’Europe centrale et orientale, le système de conteneurs, qui peut dans une certaine mesure constituer une solution de rechange au développement général du réseau routier;
8.8 à développer le transport combiné rail-route (qui englobe non seulement les conteneurs proprement dits, mais aussi les caisses mobiles, les camions et les remorques sur wagons plats (ferroutage), les trains-blocs à deux niveaux pour conteneurs, etc.). L’exploitation maximale de ce potentiel peut contribuer à résoudre des problèmes urgents, constatés par exemple sur les itinéraires transalpins;
8.9 à développer le transport maritime combiné, qui englobe les navires porte-conteneurs et les terminaux pour conteneurs, ainsi que les navires rouliers (à chargement horizontal). La solution au problème posé par la surcapacité croissante des terminaux et l’intensification de la concurrence interportuaire est directement liée à l’extension des mégaports, qui servent de plaques tournantes coordonnées avec des centres secondaires, en s’appuyant sur des plates-formes satellites ou des services d’apport;
8.10 à s’assurer que les progrès techniques du transport routier permettent de réduire la consommation de carburant, d’atténuer les effets néfastes sur l’environnement, d’accroître la sécurité et d’améliorer le confort de conduite. A court et à moyen termes, il conviendrait d’encourager la transformation des moteurs, l’utilisation de carburants de remplacement (tels que le gaz naturel) ainsi que des solutions adaptées d’ordre structurel sur les véhicules eux-mêmes. A long terme, le principe des piles à combustible devrait être étudié: il consiste à convertir directement en électricité l’énergie chimiquement contenue dans le carburant, électricité qui sert ensuite à propulser la voiture. La sécurité et le confort de conduite peuvent être améliorés, par exemple en mettant au point un dispositif de réglage électromécanique automatique de l’angle des phares, de manière à atténuer l’éblouissement causé par les véhicules venant en sens inverse;
8.11 à exploiter au maximum le potentiel des chemins de fer afin d’améliorer leurs performances, en utilisant par exemple des voitures à double niveau sur certaines lignes, de façon à augmenter la capacité de transport et à garantir ainsi la flexibilité du trafic sur les voies traditionnelles, et en encourageant la mise en place de rames pendulaires qui autoriseront des vitesses supérieures sur des tracés courbes;
8.12 à modifier à long terme le programme en cours pour les trains à grande vitesse en évaluant son potentiel paneuropéen ainsi que les différentes technologies disponibles, et en incluant les projets de trains Transrapid (Maglev) (actuellement l’application la plus avancée de la technique de lévitation magnétique, qui semble présenter un certain nombre d’avantages dans les modes de transport alternatifs);
8.13 à accélérer la mise en œuvre de projets d’aérostats modernes, susceptibles de contribuer à résoudre les principaux problèmes auxquels le trafic aérien en Europe est aujourd’hui confronté: formidable croissance du trafic, insuffisance de l’espace aérien, manque de facilités dans les aéroports internationaux, répartition inexistante entre le trafic régional et les vols long-courriers, pourcentage très élevé de touristes dans les flux aériens (65 %) et augmentation des émissions de polluants (qui représentent déjà 13 % des polluants émis par l’ensemble des modes de transport);
8.14 à lutter contre le principal problème de développement des communications dans le domaine des transports qui est le fait que des technologies relativement sophistiquées restent cantonnées pour l’essentiel à des systèmes axés sur un seul mode de transport, afin de mettre en place un système de gestion logistique intermodale des expéditions interopérable au niveau européen, en s’attaquant aux problèmes suivants: critères de normalisation, choix des moyens de transmission et détermination d’un mécanisme de financement fonctionnant sur une base intermodale;
8.15 à incorporer les nouvelles technologies d’information et de communication dans les systèmes de transport de manière à favoriser l’intégration des différents moyens de transport d’une région. Les informations concernant l’utilisation de ces différents moyens, de même que celles relatives aux possibilités offertes pour passer d’un mode de transport à un autre, devraient permettre d’accroître l’efficacité des transports et de réduire les coûts;
8.16 à s’assurer que les systèmes de transport qui exploitent les technologies d’information et de communication sont assortis d’outils efficaces qui permettent de maîtriser les flux de trafic;
8.17 à accorder une attention particulière à l’évolution future du système de transport des pays de la Communauté d’Etats indépendants (CEI), dont l’intégration ne deviendra véritablement réalité que si ses composantes, qui accusent un retard très marqué, bénéficient d’une priorité absolue: le transport routier, le réseau routier (surtout les dessertes locales), le transport ferroviaire, le réseau ferroviaire, le transport intermodal (conteneurs) (incluant le développement d’installations d’échange rail-route), le transport aérien (en particulier le fret) et le développement des aéroports internationaux;
8.18 à agir en faveur d’une compétition équitable entre les systèmes de transport en modifiant les taxes qui s’y rapportent et en encourageant une totale internalisation de tous les coûts relatifs aux transports.