Développement de l’agriculture biologique
Recommandation 1636
(2003)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Texte adopté par la
Commission permanente, agissant au nom de l’Assemblée, le 25 novembre
2003 (voir Doc. 9887,
rapport de la commission de l’environnement, de l’agriculture et
des questions territoriales, rapporteur: M. Nazaré Pereira).
1. L’Assemblée parlementaire reconnaît
que l’agriculture biologique est particulièrement apte à remplir certains
critères de plus en plus présents dans la conception de la politique
agricole et dans l’esprit des consommateurs européens, car elle
privilégie notamment la protection de l’environnement, la qualité
des aliments, le bien-être des animaux et la préservation des ressources.
2. L’Assemblée constate que l’agriculture biologique rencontre
un intérêt croissant dans toute l’Europe, tant auprès des consommateurs
que des agriculteurs, au vu de la croissance progressive du marché
des produits issus de l’agriculture biologique, et ce malgré des
coûts de production et des prix d’achat plus élevés.
3. Cette évolution a entraîné la mise en place de réglementations
internationales, au sein du Codex Alimentarius (FAO/OMS), ou européennes,
au niveau de l’Union européenne, mais force est de constater que de
nombreux Etats membres du Conseil de l’Europe, en particulier ceux
d’Europe orientale, ne disposent pas de réglementations spécifiques
en la matière et que, dans le meilleur des cas, celles-ci ne sont
pas harmonisées.
4. L’Assemblée préconise un développement du soutien des pouvoirs
publics à l’agriculture biologique étant donné ses avantages environnementaux
et ses effets favorables en matière de concurrence. Parallèlement,
il y a lieu de renforcer les réglementations relatives à la certification
et à l’étiquetage des produits biologiques.
5. Des plans d’action nationaux, comme ceux déjà mis en place
dans certains pays européens, pourraient être élaborés pour planifier
et coordonner le développement de l’agriculture biologique dans
différents domaines tels que l’information des producteurs et des
consommateurs, la transformation et la commercialisation des produits
biologiques ou le développement des débouchés, tant sur les marchés intérieurs
qu’à l’exportation.
6. L’Assemblée considère que tant la croissance du marché des
produits de l’agriculture biologique que la promotion nécessaire
d’un développement agricole durable et le besoin de garantir une
meilleure sécurité alimentaire nécessitent la mise en place d’une
stratégie européenne pour accompagner le développement de l’agriculture
biologique, de même qu’une harmonisation des politiques nationales
en la matière, tant en ce qui concerne l’Union européenne, y compris
les Etats adhérents, qu’au niveau plus large du Conseil de l’Europe.
7. Elle constate que l’Union européenne a lancé une réflexion
préliminaire sur l’élaboration d’un plan d’action européen pour
l’agriculture biologique, mais elle estime qu’une action politique
gouvernementale et parlementaire est nécessaire pour déterminer
la place de l’agriculture biologique à côté des autres systèmes de
production, et en particulier au sein de la Politique agricole commune,
ainsi que le soutien dont elle devrait bénéficier, notamment dans
les pays non membres de l’Union européenne.
8. L’Assemblée considère qu’il y a lieu d’élaborer une charte
européenne de l’alimentation et de l’agriculture biologiques, qui
permettrait, entre autres, d’établir pour toute l’Europe une conception
et une stratégie communes de développement de l’agriculture biologique
ainsi qu’une approche commune de la réglementation – notamment en
matière de certification et de normalisation –, de contribuer à
la stabilité et à la sécurité de l’ensemble du système agricole,
et de proposer des modèles alternatifs de développement agricole
plus respectueux de l’environnement.
9. En conséquence, l’Assemblée recommande au Comité des Ministres:
9.1 d’inviter les Etats membres,
en particulier les Etats non membres de l’Union européenne, à mettre
en place des plans d’action nationaux en faveur de l’agriculture
biologique et visant notamment:
a à
réglementer la place et le rôle de l’agriculture biologique dans
le cadre de la politique agricole nationale, en tenant compte notamment
des questions de certification, de normalisation et d’étiquetage;
b à soutenir l’agriculture biologique dans le contexte d’une
agriculture multifonctionnelle, dans le cadre d’une politique de
développement rural tenant compte des besoins sociaux et environnementaux;
c à informer les consommateurs et les producteurs des avantages
des produits issus de l’agriculture biologique;
d à soutenir le développement et la transparence des marchés
intérieurs;
e à favoriser la commercialisation des produits de l’agriculture
biologique en accordant un traitement préférentiel aux producteurs
qui commercialisent des denrées correctement certifiées;
f à renforcer la crédibilité de l’agriculture biologique
auprès des consommateurs grâce à la promotion de la qualification
technique et à un personnel compétent au sein des organismes responsables
du contrôle et de la certification de cette agriculture;
g à développer les contrôles de la procédure de certification
assurée par les organismes responsables;
h à favoriser le développement de la filière agroalimentaire
des produits biologiques;
i à harmoniser leurs réglementations en matière d’agriculture
biologique et leurs critères de certification avec les autres pays
pour développer cette filière et faciliter les échanges au niveau européen;
9.2 d’élaborer une charte européenne de l’alimentation et
de l’agriculture biologiques, qui pourrait prendre la forme d’une
recommandation aux Etats membres visant:
a à reconnaître la contribution potentielle de l’agriculture
biologique à la réforme de la politique agricole et au développement
rural;
b à accroître les performances de l’agriculture biologique
concernant les biens environnementaux et sociaux ainsi que les autres
biens d’intérêt public;
c à assurer le soutien des producteurs biologiques;
d à renforcer et développer les réglementations en faveur
de l’agriculture biologique;
e à adopter un label de qualité européen unique pour les
produits de l’agriculture biologique;
f à développer les chaînes d’approvisionnement en produits
biologiques;
g à concevoir des programmes spécifiques pour les pays européens
non membres de l’Union européenne;
h à adopter une approche intégrée, fondée sur des plans
d’action, qui tienne compte de la nature dynamique de la filière
biologique et des spécificités de chaque pays ou région.
10. L’Assemblée recommande à l’Union européenne de soutenir l’agriculture
biologique dans le cadre des réflexions en cours et des révisions
périodiques de la Politique agricole commune, ainsi que d’élaborer
un plan d’action européen pour l’agriculture biologique.