En réponse au rapport et au message du Comité des Ministres
Conclusions
| Doc. 119
| 28 août 1950
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Voir Doc. 107, Rapport. 1950 - 2e session - Première partie
1 Résolution adoptée
le 28 août 1950, en conclusion du débat sur le deuxième rapport
du Comité des Affaires générales
1. L'Assemblée, saisie du Rapport et du Message du
Comité des Ministres, s'est félicitée que le Comité des Ministres
ait complété son Rapport par les considérations politiques contenues
dans le Message. Elle a pris acte des décisions tendant à l'unification
de l'Europe arrêtées au cours des derniers mois et qu'énumère le
Message. Elle espère qu'elles seront le prélude à de nouvelles mesures
concrètes. En particulier, elle salue chaleureusement l'initiative
du Gouvernement français.
2. L'Assemblée a volontiers reconnu qu'il doit être tenu compte
de ces résultats dans le jugement à porter sur l'activité du Comité
des Ministres, organe représentatif des gouvernements. Mais elle
souligne que ce fait même témoigne de l'impérieuse nécessité de
réaliser une coordination plus étroite entre les organismes intergouvernementaux
existants. Elle attire spécialement l'attention du Comité des Ministres
sur les recommandations qu'elle a adoptées à ce sujet.
3. L'Assemblée a accueilli avec satisfaction les exposés que
M. le Président en exercice du Comité des Ministres et M. le Président
Schuman ont bien voulu faire devant elle. Elle m'a prié de leur
en exprimer ses vifs remerciements. Elle a regretté cependant que
M. le Représentant du Comité des Ministres n'ait pas été en mesure
de répondre aux questions posées par les divers orateurs. L' Assemblée
estime en effet qu'une participation active à ses débats, tant de
représentants du Comité des Ministres que des Ministres des États membres,
est essentielle pour les progrès de ses travaux et pour le développement
du Conseil de l'Europe tout entier.
4. L'Assemblée remercie le Comité des Ministres de lui avoir
donné l'occasion de faire connaître ses sentiments de solidarité
avec l'action entreprise par le Conseil de Sécurité des Nations
Unies et d'avoir ainsi permis à l'opinion européenne de s'exprimer
sur les problèmes les plus graves qui angoissent nos pays. L'Assemblée
affirme que c'est par une étroite liaison entre les gouvernements
de l'Europe démocratique dont le Comité des Ministres est le porte-parole
et les Parlements européens dont l'Assemblée est l'émanation la plus
qualifiée que les peuples pourront être pleinement associés aux
mesures graves qu'ont à prendre aujourd'hui les États libres d'Europe.
5. Ce sont ces considérations mêmes qui ont amené l'Assemblée
à constater que les conclusions du Rapport statutaire du Comité
des Ministres sont très décevantes.L'essentiel des décisions prises
par le Comité des Ministres n'a été relatif qu'à des questions d'organisation
intérieure ou de procédure. Sauf en ce qui concerne la convention
des Droits de l'Homme, les peu nombreuses recommandations adoptées
par le Comité n'ont porté que sur des sujets mineurs
6. Il semble que le manque de liaison entre le Comité des Ministres
et l'Assemblée n'ait pas permis au Comité de comprendre l'immense
intérêt que l'Assemblée attache à la prise en considération des Recommandations
qu'elle formule. Quoi qu'on en ait dit, l'Assemblée est composée
d'hommes politiques qui savent parfaitement mesurer le poids de
leurs responsabilités. Aussi regrette-t-elle que le Comité des Ministres ne
semble pas vouloir faire l'usage qu'il faudrait d'une organisation
qui a été créée, à n'en pas douter, sous l'impulsion de l'opinion
publique des pays membres et qui a reçu la sanction des Parlements
de ces pays.
7. Mise en présence des hésitations du Comité, l'Assemblée s'est
efforcée de lui proposer des modifications ou des interprétations
du Statut susceptibles, à son avis, d'améliorer son fonctionnement.
Mais elle n'a pas voulu se substituer au pouvoir exécutif. Sur les
questions importantes touchant à l'union européenne son rôle consiste
à formuler des propositions d'ordre général et à définir les principes
de l'action politique qu'elle recommande aux gouvernements. C'est
à ceux-ci qu'il appartient ensuite d'élaborer des plans d'action
détaillés et propres à l'exécution. Par contre, l'Assemblée, expression
de l'opinion publique européenne, est en droit de demander à être
saisie par le Comité des Ministres de projets concrets qui tiennent largement
compte des recommandations qu'elle lui a adressées. Elle est prête
à donner à de tels projets son appui le plus complet, conformément
à sa mission et aux espérances que les peuples ont mises en elle.
8. C'est dans cet esprit que l'Assemblée a tenu à cette session
à confirmer et à compléter ses recommandations antérieures. Elle
affirme son très ferme espoir que le Comité des Ministres voudra
bien la saisir, avant l'ouverture de la seconde partie de sa session,
des premières décisions concrètes qu'il aura prises sur ces recommandations,
dans un sens qu'elle souhaite favorable.