Par conséquent, l’Assemblée invite les parlements nationaux des Etats membres du Conseil de l’Europe et les parlements ayant le statut d’observateur auprès de l’Assemblée parlementaire:
5.1 à organiser une journée d’action des parlements pour combattre la violence domestique contre les femmes le 24 novembre 2006, jour de lancement de la campagne paneuropéenne du Conseil de l’Europe dans l’ensemble des Etats membres du Conseil de l’Europe, et à retenir la question de la lutte contre la violence domestique à l’égard des femmes comme thème porteur de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes en 2006;
5.2 à adopter, le 24 novembre 2006, une déclaration solennelle affirmant la volonté des parlements nationaux de combattre la violence domestique à l’égard des femmes;
5.3 à participer activement aux travaux préparatoires, au lancement et à la mise en œuvre du volet parlementaire de la campagne paneuropéenne de 2006 à 2008 en définissant dans ce cadre un calendrier d’activités pour combattre la violence domestique à l’égard des femmes;
5.4 à encourager les membres des parlements à prendre position individuellement et publiquement contre la violence domestique à l’égard des femmes dès que l’occasion leur en est donnée;
5.5 à organiser des débats publics et parlementaires dénonçant la violence domestique, et des auditions parlementaires visant à examiner et à évaluer l’efficacité des législations et autres mesures en place traitant de la violence au sein de la famille;
5.6 à veiller à l’adoption de mesures législatives et budgétaires appropriées et de plans nationaux pour mettre un terme à la violence domestique à l’égard des femmes, en prévoyant notamment, si ces mesures n’existent pas déjà, la répression et la pénalisation du viol entre époux, comme pour le viol entre non-époux, ainsi que l’éloignement du partenaire violent;
5.7 à assurer la vérification de la bonne application des lois et des mesures déjà adoptées, le cas échéant, en coopération avec les acteurs publics et les organisations non gouvernementales qui œuvrent sur le terrain;
5.8 à encourager les pouvoirs publics à prendre les mesures qui s’imposent pour lutter efficacement et publiquement contre la violence domestique, notamment par la création de foyers pouvant accueillir les victimes de violence domestique et leurs enfants, la création de structures d’écoute et d’accueil des victimes de violence domestique dans les bureaux de police, la formation des personnels concernés (dans le domaine de la santé, de la police, de la justice, des services sociaux et éducatifs, etc.), la prise en compte sérieuse des plaintes déposées par les femmes auprès des autorités de police, la mise en place de centres de thérapie pour les auteurs de violence domestique et la collecte de données ventilées par sexe, par type de violence et par relation entre l’auteur de violence et la victime;
5.9 à identifier les obstacles qui se posent à la mise en œuvre des normes contenues dans la Recommandation Rec(2002)5 du Comité des Ministres aux Etats membres sur la protection des femmes contre la violence;
5.10 à lancer au niveau national une campagne de sensibilisation et de prévention de la violence domestique et, avec l’assistance du personnel des services de santé, une campagne de détection des victimes de la violence domestique;
5.11 à mettre tous les moyens en œuvre pour faire connaître auprès d’un large public les mesures législatives adoptées et les dispositifs existants pour venir en aide aux victimes de la violence domestique;
5.12 à porter une attention spécifique aux groupes de femmes particulièrement exposées aux risques et aux conséquences de la violence domestique, notamment les femmes appartenant à et issues des communautés immigrées, les femmes roms, les femmes appartenant à et issues d’autres communautés ethniques minoritaires, les femmes enceintes, les femmes handicapées ou vulnérables, les femmes en situation précaire ou les femmes confrontées au problème de l’alcool et de la drogue.