Observation des élections législatives en Géorgie (1er octobre 2012)
Rapport d’observation d’élection
| Doc. 13068
| 29 novembre 2012
- Auteur(s) :
- Commission ad hoc du Bureau
- Rapporteur :
- M. Luca VOLONTÈ,
Italie, PPE/DC
- Thesaurus
1 Introduction
1. A l’invitation de M. Grigol Vashadze, ministre géorgien
des Affaires étrangères, le Bureau de l’Assemblée a décidé, lors
de sa réunion du 25 juin 2012, de créer une commission ad hoc pour
observer les élections législatives en Géorgie prévues à l’automne
2012. J’ai été nommé président et rapporteur de cette commission
ad hoc.
2. Soucieux de faire le lien entre la procédure de suivi de l’Assemblée
et l’observation des élections, le Bureau a décidé de nommer les
deux corapporteurs pour la Géorgie en qualité de membres de droit
de la commission ad hoc.
3. Le 4 octobre 2004, un accord de coopération a été signé entre
l’Assemblée parlementaire et la Commission européenne pour la démocratie
par le droit («Commission de Venise»). Conformément à l’article 15
de cet accord qui dispose que «lorsque le Bureau de l’Assemblée
décide d’observer des élections dans un pays où la législation électorale
a été précédemment examinée par la Commission de Venise, l’un des rapporteurs
de la Commission de Venise sur cette question pourra être invité
en qualité de conseiller juridique à participer à la mission d’observation
de l’Assemblée», le Bureau de l’Assemblée a convié un expert de
la Commission de Venise à se joindre à la commission ad hoc en qualité
de conseiller.
4. Lors de ses réunions du 29 juin et du 3 septembre 2012, le
Bureau de l’Assemblée a pris acte de la composition de la commission
ad hoc (voir annexe 1). Conformément à l’article 15 de l’accord
de coopération, MM. Manuel González Oropeza et Gaël Martin-Micallef
ont été invités à se joindre à la commission ad hoc en qualité de
conseillers juridiques.
5. La commission ad hoc est intervenue dans le cadre de la Mission
internationale d’observation des élections (MIOE) qui comptait aussi
des délégations de l'Assemblée parlementaire de l’Organisation pour
la coopération et la sécurité en Europe (OSCE), du Parlement européen,
de l'Assemblée parlementaire de l'Organisation du Traité de l'Atlantique
Nord (OTAN) et de la mission d’observation des élections du Bureau des
institutions démocratiques et des droits de l'homme de l’OSCE (OSCE/BIDDH).
6. La commission ad hoc s’est réunie à Tbilissi du 29 septembre
au 2 octobre 2012 et a notamment organisé des rencontres avec des
représentants de tous les partis en lice pour ces élections, le
président de la Commission électorale centrale (CEC), le président
de la Commission de vérification des listes électorales, le chef
de la Task force inter-agences pour des élections libres et équitables,
le chef de la Mission d’observation des élections de l’OSCE/BIDDH
et son équipe, ainsi que des représentants de la société civile et
des médias. Le programme des réunions de la commission ad hoc est
reproduit à l’annexe 4.
7. Le jour du scrutin, les membres de la commission ad hoc se
sont scindés en 13 équipes qui ont observé le déroulement des élections
à Tbilissi et aux alentours, à Gori, Mtskheta, Kaspi, Rustavi, Gardabani,
Sagarejo et Dusheti.
8. De manière à procéder à une évaluation de la campagne électorale
et à évaluer le climat politique à l’approche du scrutin, le Bureau
a envoyé une mission préélectorale en Géorgie du 11 au 12 septembre
2012. La délégation préélectorale multipartite se composait de M.
Luca Volontè (Italie, PPE/DC), président de la commission ad hoc
et chef de délégation, Mme Merixtell Mateu Pi (Andorre, ADLE), M.
Christopher Chope (Royaume Uni, GDE), ainsi que de M. Boriss Cilevičs
(Lettonie, SOC) et M. Michael Aastrup Jensen (Danemark, ADLE), corapporteurs
de l’Assemblée pour la Géorgie. A Tbilissi, la délégation préélectorale
a notamment rencontré le Président géorgien, le Président du Parlement
géorgien, le président de la Commission électorale centrale, le
président de la Commission de vérification des listes électorales,
le chef de la Task force inter-agences pour des élections libres
et équitables, le président et les membres de la délégation géorgienne
auprès de l’Assemblée, les chefs de tous les partis en lice pour
les élections, des représentants de la communauté internationale
en Géorgie, ainsi que des représentants des médias et de la société
civile. Le programme de la mission et la déclaration publiée par
la délégation préélectorale à la fin de sa visite figurent aux annexes
2 et 3.
9. Dans sa déclaration de constatations et conclusions préliminaires
présentée au lendemain des élections, la MIOE a conclu que les élections
législatives du 1er octobre «ont représenté une étape importante dans
la consolidation du déroulement des élections démocratiques bien
que certains problèmes majeurs ne soient pas encore réglés». Le
communiqué de presse de la MIOE fait l’objet de l’annexe 5.
10. La commission ad hoc tient à remercier le Parlement géorgien,
la Mission d’observation des élections de l’OSCE/BIDDH ainsi que
le chef du Bureau du Conseil de l’Europe à Tbilissi et son équipe
pour leur collaboration et le soutien qu’ils ont apporté à la commission.
2 Contexte
politique
11. Les élections législatives du 1er octobre 2012 se
sont tenues à un moment décisif pour le développement politique
de la Géorgie. Elles étaient par conséquent considérées par beaucoup d’interlocuteurs,
et notamment l’Assemblée, comme une épreuve de vérité pour le pays
lui permettant de confirmer son engagement envers les valeurs et
principes démocratiques.
12. Le 15 octobre 2010, le Parlement géorgien a adopté une nouvelle
Constitution. Cette Constitution a considérablement modifié l’équilibre
des pouvoirs dans le pays. La Géorgie est dès lors passée d’un système présidentiel
à un système mixte présidentiel-parlementaire, où le pouvoir exécutif
est essentiellement concentré dans les mains du gouvernement, nommé
par le parlement et responsable uniquement devant lui. Le Président
du pays, qui conserve par ailleurs des pouvoirs importants, devient
le garant de l’unité et de l’indépendance nationale et se pose comme
arbitre impartial entre les institutions de l’Etat.
13. Les dispositions constitutionnelles qui redéfinissent l’équilibre
des pouvoirs n’entreront en vigueur qu’après l’élection présidentielle
prévue à l’automne 2013. Le rôle élargi et les pouvoirs renforcés
conférés au parlement dans la nouvelle organisation constitutionnelle
font de ces élections législatives une étape décisive pour la future
direction politique du pays.
14. L‘actuel président, Mikhaïl Saakashvili, qui dirige le pays
depuis la Révolution des roses, ne peut se représenter à la prochaine
élection présidentielle du fait de la limite de deux mandats imposée
par la Constitution. Le Président Saakashvili et son parti, le Mouvement
national uni (MNU), dominent la scène politique depuis la Révolution
des roses. Ces élections législatives étaient en sorte une répétition
générale pour l’élection présidentielle et l’occasion de clarifier
le rôle futur du Président dans son pays et son parti une fois sa
présidence terminée.
15. Le contexte politique en Géorgie a connu un changement radical
le 5 octobre 2011, lorsque M. Bidzina Ivanishvili est apparu sur
la scène politique en annonçant qu’il se présenterait aux élections
législatives et présidentielle face au Président Saakashvili et
au Mouvement national uni.
16. M. Ivanishvili est un milliardaire géorgien qui a fait fortune
en Russie dans les années 1990. Avant d’annoncer son entrée en politique,
M. Ivanishvili était resté à l’écart du monde politique et était
avant tout connu pour ses activités philanthropiques en Géorgie.
Il a quitté la Russie pour la Géorgie en 2004, à la suite de la
Révolution des roses. Il était à l’origine considéré comme un allié
du Président Saakashvili. La rupture entre M. Ivanishvili et M. Saakashvili
aurait été provoquée par la déclaration d’état d’urgence consécutive
au mouvement de protestation populaire en novembre 2007 et par la
gestion par M. Saakashvili des conséquences de la guerre de 2008
avec la Russie.
17. Jusqu’à l’entrée en politique de M. Ivanishvili, la scène
politique était caractérisée par une domination de fait du Mouvement
national uni sur les médias et les ressources économiques. La fortune
personnelle de M. Ivanishvili a changé la donne et, pour la première
fois, le pouvoir du Mouvement national uni s’est vu défié sérieusement
lors de ces élections.
18. La réaction des autorités à l’égard de l’entrée en politique
de M. Ivanishvili a suscité une polémique. Le 11 octobre 2011, les
autorités l’ont déchu de sa nationalité géorgienne
Note au
motif qu’il avait obtenu la nationalité française après avoir obtenu
la nationalité géorgienne
Note. Etant donné qu’à
cette époque, seuls les citoyens géorgiens pouvaient se porter candidats
aux élections législatives et créer des partis politiques, beaucoup virent
dans la révocation de la nationalité de M. Ivanishvili une manœuvre
des autorités visant à l’empêcher de se présenter aux élections.
19. Le 18 octobre, une procédure pénale pour blanchiment de capitaux
a été engagée à l’encontre de la Banque Cartu de M. Ivanishvili.
Cette procédure controversée a conduit à des allégations d’abus
du pouvoir judiciaire à des fins politiques.
20. Dans le même temps, M. Ivanishvili a fait des déclarations
répétées indiquant qu’il utiliserait sa fortune personnelle sans
limite pour détrôner le parti au pouvoir. S’est alors posée la question
de savoir dans quelle mesure l’on pouvait laisser des avoirs privés
peser sur l’issue d’une élection ou en décider sans nuire à son caractère
démocratique.
21. Devant le regain de tension, et pressé par ses partenaires
internationaux de régler la question de la nationalité de M. Ivanishvili,
le 22 mai 2012, le Parlement géorgien a adopté un amendement à la
Constitution autorisant les ressortissants de l’Union européenne
nés en Géorgie à se présenter aux élections législatives et présidentielles.
M. Ivanishvili a dénoncé ces amendements comme servant les intérêts
d’une seule personne et a refusé de s’en servir pour les élections.
3 Contexte juridique
22. Ces élections étaient régies par le Code électoral,
la loi sur les unions politiques de citoyens, la loi sur la Cour
des comptes ainsi que par des dispositions de la Constitution et
du Code pénal.
23. Le 27 décembre 2011, le Parlement géorgien a adopté un nouveau
Code électoral unifié. Celui-ci est l’aboutissement d’un processus
complexe de négociations engagé au lendemain des élections locales
en 2010. Après que huit partis d’opposition ont proposé une réforme
électorale, un groupe de travail électoral a été créé à l’initiative
des autorités. Si les membres du groupe de travail ont trouvé un
accord sur la plupart des questions, il n’a pas été possible de
dégager un consensus sur certains points essentiels, notamment le système
électoral lui-même, ainsi que le seuil pour les scrutins majoritaires
Note.
24. Les autorités géorgiennes ont demandé l’avis de la Commission
de Venise sur le projet de code électoral. Dans leur avis conjoint
Note sur
ce projet, la Commission de Venise et l’OSCE/BIDDH ont noté que
le code électoral proposé tenait compte d’un certain nombre de recommandations
faites à l’égard de l’ancienne législation électorale. La Commission
de Venise a donc conclu que le nouveau code était propice au déroulement
d’élections démocratiques et l’avis conjoint a aussi souligné qu’un
certain nombre de recommandations clés et d’insuffisances restaient
en suspens.
25. Fait positif, le nouveau code électoral autorisait, pour la
première fois, les candidats indépendants à s’inscrire aux élections
qui se déroulent au scrutin majoritaire. Par ailleurs, les détenus,
à l’exception de ceux qui ont commis une infraction grave et sont
condamnés à une peine de prison supérieure à cinq ans, sont autorisés
à exercer leur droit de vote lors des élections.
26. L’avis conjoint de la Commission de Venise et de l’OSCE/BIDDH
reposait sur le projet de code électoral tel qu’il avait été transmis
par les autorités le 8 décembre 2011. Toutefois, lors de la première
et seconde lecture de ce projet de loi, respectivement les 20 et
23 décembre 2011, un certain nombre d’amendements ont été introduits
et adoptés. Ces amendements ont été pris en compte lors de l’évaluation
du code électoral.
27. Les amendements adoptés les 20 et 23 décembre 2011 ont, notamment,
abaissé les restrictions en matière d’âge et de résidence pour les
candidats ainsi que le nombre de signatures requis pour présenter
un candidat. Ils ont par ailleurs réintroduit l’encrage des doigts
des électeurs – qui avait été supprimé dans le premier projet de
loi – et allongé le délai pour la vérification des listes électorales.
De plus, les partis et blocs électoraux qui atteignent le seuil
requis obtiennent automatiquement au moins six sièges au parlement
– nombre de sièges nécessaire pour créer un groupe politique. Un
certain nombre d’amendements ont également été adoptés avec pour
seul objectif de permettre à M. Ivanishvili de se présenter à ces
élections en dépit de la perte de sa nationalité géorgienne.
28. Il convient de saluer le fait que les autorités, à la suite
des recommandations de l’Assemblée notamment, ont décidé d’élaborer
un code électoral entièrement nouveau et non de modifier le code
électoral existant qui avait déjà fait l’objet de nombreux amendements.
Ce code entièrement nouveau a grandement amélioré la cohérence interne
de la législation électorale pour ces élections.
29. Une question essentielle est malheureusement restée sans réponse:
celle de la différence de taille des circonscriptions majoritaires.
La Commission de Venise, ainsi que l’Assemblée, ont vivement critiqué
les disparités observées dans la taille des circonscriptions majoritaires
en Géorgie. La différence est nettement supérieure au maximum autorisé
de 10 % à 15 %
Note ce
qui va à l'encontre du principe d'égalité du poids de chaque voix.
Le nouveau code électoral n’a pas corrigé cette défaillance et,
en ce sens, n’est donc pas pleinement conforme aux normes européennes.
L'argument invoqué, selon lequel le découpage actuel des circonscriptions
est nécessaire pour garantir la représentation des minorités régionales
au parlement, n'est pas pertinent. Il existe de bien meilleurs mécanismes
permettant de garantir la représentation des minorités régionales
au parlement et qui sont conformes aux normes démocratiques européennes.
30. D’autres préoccupations demeurent, parmi lesquelles la possibilité
pour les partis de perdre leur siège en cas de violations graves
du droit électoral ou pour les candidats élus de ne pas prêter serment
s’ils ne se soumettent pas au test obligatoire de dépistage de drogues
pour les députés.
31. Les précédents rapports d’observation avaient fait part de
leur préoccupation concernant l’absence de cadre réglementaire complet
pour le financement des partis et des campagnes. En réponse à cela,
les autorités géorgiennes ont préparé un ensemble d’amendements
à la loi sur les unions politiques de citoyens. Les autorités ont
envoyé ces projets d’amendements à la Commission de Venise pour
avis
Note. Toutefois, durant leur examen
au Parlement géorgien le 28 décembre 2011, les amendements proposés
ont été notablement modifiés et des amendements supplémentaires
ont été introduits. Ces modifications n’ont pas été examinées par
la Commission de Venise.
32. Ces amendements donnaient, pour la première fois, un cadre
réglementaire détaillé au financement des partis et des campagnes,
et il convient de s’en féliciter. Un certain nombre de dispositions
restent toutefois ambiguës, générales et contradictoires. Parmi
les amendements de dernière minute adoptés le 28 décembre 2011,
beaucoup semblent avoir été introduits dans le but d’empêcher M.
Ivanishvili d’utiliser sa fortune personnelle pour financer son
parti et sa campagne.
33. La loi dote la Cour des comptes
Note de vastes pouvoirs discrétionnaires
pour contrôler et mettre en œuvre les dispositions légales applicables
au financement des campagnes.
34. La loi sur les unions politiques de citoyens, telle que modifiée,
élargit le cadre réglementaire pour le financement des partis politiques
aux organisations et individus ayant «des objectifs électoraux»;
ces dispositions ont suscité une vive polémique et un tollé au sein
de la société civile et des organisations de médias qui craignaient
qu’en raison de son caractère ambigu, cette loi ne souffre d’une
mise en œuvre incohérente et sélective. Ces organisations non gouvernementales
(ONG) ont lancé une campagne sous le slogan «Vous êtes aussi concerné»
pour que ces dispositions soient modifiées.
35. M. Maina Kiai, Rapporteur spécial des Nations Unies sur le
droit de réunion pacifique et d’association, a critiqué ces amendements,
redoutant qu’ils n’induisent une inégalité de traitement entre les
candidats et ne limitent les activités civiles et politiques des
organisations de la société civile.
36. Le 8 mai 2012, le Parlement géorgien a voté un certain nombre
d’amendements à la loi sur les unions politiques de citoyens qui
limitaient notamment l’éventail d’entités et d’individus concernés
par les dispositions relatives au financement des partis et des
campagnes et autorisaient la Cour des comptes à proposer des amendes
moins sévères en cas de violation. Toutefois, cela ne lève pas les
préoccupations liées à l’ambiguïté de la loi et à son application
potentiellement sélective et incohérente.
4 Système électoral
37. Le Parlement géorgien est élu selon un système électoral
associant représentation proportionnelle et majoritaire. Il compte
150 députés au total, dont 77 sont élus à la proportionnelle et
les 73 autres au scrutin majoritaire dans des circonscriptions uninominales.
38. La partie proportionnelle des élections se déroule sur la
base de listes bloquées au sein d’une circonscription nationale
unique, avec un seuil minimum de 5 % des suffrages pour obtenir
un mandat parlementaire. Les partis qui obtiennent plus de 5 % se
voient attribuer au minimum six sièges
Note au parlement, quel que soit le nombre de
voix recueillies.
39. Dans la partie majoritaire, le candidat vainqueur doit obtenir
au moins 30 % des suffrages pour être élu. Si aucun des candidats
n’obtient plus de 30 % des voix, un second tour est organisé entre
les deux candidats qui ont recueilli le plus de voix lors du premier
tour. Suite à une initiative méritoire – conformément aux recommandations
de l’Assemblée notamment – les candidats indépendants ont pu participer
aux scrutins majoritaires.
5 Inscription des
candidats et des électeurs
40. Tous les citoyens géorgiens âgés de 18 ans et plus
jouissent pleinement du droit de vote et d’éligibilité. A la suite
d’un amendement constitutionnel, adopté le 22 mai 2012, le droit
de vote et d’éligibilité a également été accordé, jusqu’au 1er janvier
2014, aux ressortissants de l’Union européenne nés en Géorgie. Les personnes
condamnées à une peine de prison supérieure à cinq ans pour infraction
grave, ainsi que les personnes déclarées incapables par un tribunal,
sont privées de leur droit de vote, actif et passif.
41. En vertu du nouveau Code électoral, l’établissement et la
vérification des listes électorales relèvent de la responsabilité
de la «Commission chargée de veiller à l’exactitude des listes électorales»
nouvellement créée. Cette commission se compose de représentants
issus à la fois de la majorité au pouvoir et de l’opposition ainsi
que de représentants d’organisations de la société civile. Conformément
à la loi, cette commission est présidée par un membre de l’opposition.
42. La commission chargée de veiller à l’exactitude des listes
électorales a mené une campagne de vérification au porte-à-porte.
Alors que des problèmes structurels, comme l’absence de système
d’adresses uniformisé, nuisent à la qualité générale des listes
électorales, tous les intervenants politiques ont reconnu que les
travaux de la commission avaient considérablement amélioré la qualité
des listes électorales et renforcé la confiance que leur accorde
le public. Cet effort bipartite a été vivement apprécié par la délégation
préélectorale de la commission ad hoc de l’Assemblée chargée de
l’observation de ces élections.
43. Le nombre total d’électeurs inscrits pour ces élections était
de 3 613 851 personnes.
44. Les citoyens géorgiens résidant à l’étranger avaient la possibilité
de voter lors de la partie proportionnelle du scrutin. Pour ce faire,
ils devaient s’inscrire spécialement pour ces élections auprès d’un consulat
géorgien. Cette démarche a donné lieu à une certaine confusion dans
la mesure où l’obligation de fournir une adresse légale a été interprétée
comme l’obligation d’être résident légal dans le pays où la personne
souhaitait voter. A la suite des critiques émises par des organisations
de la société civile et des partis d’opposition, la date limite
pour l’inscription a été prolongée de trois jours. La plus forte
communauté géorgienne résidant à l’étranger se trouve en Russie.
La Russie et la Géorgie n’entretiennent aucune relation diplomatique
depuis la guerre de 2008. Les citoyens géorgiens résidant en Russie
ont donc malheureusement été privés de leur droit de vote pour ces
élections.
45. Afin de participer à la partie proportionnelle du scrutin,
tous les partis politiques doivent s’enregistrer auprès de la Commission
électorale centrale (CEC). Les partis parlementaires comme les partis
qualifiés
Note doivent
obtenir 1 000 signatures de soutien, alors que les partis non qualifiés
doivent recueillir 25 000 signatures pour être enregistrés pour
la partie proportionnelle du scrutin.
46. Un candidat dans une circonscription uninominale doit être
nommé par un groupe d’initiative d’au moins cinq personnes. Pour
s’inscrire, le candidat doit verser une caution électorale de 5 000
laris
Note et apporter des signatures de soutien
égales ou supérieures à 1 % des électeurs inscrits dans cette circonscription.
Les députés sortants n’ont pas besoin de signatures de soutien.
Une personne peut à la fois figurer sur la liste du parti pour le
scrutin proportionnel et être désignée comme candidat dans une circonscription
uninominale.
47. Pour ce scrutin, huit partis politiques et deux blocs électoraux
Note ont
été enregistrés. Au total, on recensait 2 313 candidats pour le
scrutin proportionnel et 425 pour le scrutin majoritaire. En outre,
quatre candidatures indépendantes ont été enregistrées dans quatre
circonscriptions uninominales.
48. Suite au tollé général provoqué par la diffusion de vidéos
de scènes de tortures de détenus dans une prison géorgienne, plusieurs
candidats de l’opposition qui se présentaient dans des circonscriptions uninominales
se sont retirés en faveur de candidats de la coalition «Rêve géorgien».
49. Rêve géorgien pensait pouvoir utiliser pour sa liste le numéro
attribué précédemment à l’un de ses partis constituants. Or il s’est
vu attribuer un nouveau numéro par la CEC conformément au Code électoral
et aux décisions prises par celle-ci pour des cas similaires lors
de précédentes élections. Rêve géorgien avait déjà préparé son matériel
de campagne avec le numéro qu’il s’attendait à obtenir et a protesté
contre cette décision. Il n’a toutefois pas fait appel de la décision
de la CEC devant la justice.
50. En vertu du Code électoral, les partis qui présentaient au
moins deux candidatures féminines pour dix candidats figurant sur
leur liste recevaient une subvention publique de 10 % supérieure.
Aucun des deux principaux candidats, le Mouvement national uni et
Rêve géorgien, n’ont satisfait à ce quota facultatif.
6 Administration
électorale
51. Ces élections étaient régies par une administration
électorale tripartite composée de la Commission électorale centrale
(CEC), de 73 commissions électorales de district (CED) et 3 648
commissions électorales de bureau de vote (CEBV). La Commission
électorale centrale a par ailleurs établi 71 bureaux de vote spéciaux dans
les hôpitaux, les bases militaires, les prisons et les centres de
détention et 41 autres dans des représentations consulaires à l’étranger.
Deux bureaux de vote ont été mis à disposition des troupes géorgiennes
servant dans le cadre de la mission de l’OTAN en Afghanistan.
52. Comme le prévoit le Code électoral, toutes les commissions
électorales comptent 13 membres. Sept d’entre eux sont désignés
par les partis politiques qualifiés
Note.
Pour la CEC, le président et les cinq membres restants sont nommés
par le parlement. Pour les CED et les CEBV, les six membres restants
sont nommés par les commissions électorales de degré supérieur.
Compte tenu de ce système de désignation, le MNU disposait d’une
majorité de fait au sein de toutes les commissions électorales.
53. Contrairement aux précédentes élections, il n’appartenait
pas à la CEC de veiller à l’exactitude des listes électorales et
de contrôler que les médias et les parties prenantes se conforment
à la réglementation en matière de financement des campagnes.
54. De l’avis général, la CEC a administré ces élections de manière
transparente, efficace et sans exclusive. Dès lors, la plupart des
parties prenantes à cette élection lui ont accordé un degré élevé
de confiance.
55. L’installation de 27 bureaux de vote dans les baraquements
des forces de sécurité a suscité une certaine controverse. Les partis
d’opposition ont allégué que ces bureaux de vote seraient utilisés
pour manipuler le résultat du scrutin majoritaire dans les circonscriptions
où la majorité au pouvoir était à la traîne. Pour dissiper ces craintes,
la Task force inter-agences pour des élections libres et équitables
(IATF) a recommandé que les appelés enregistrés après le 1er juin
votent dans leur bureau de vote habituel.
56. De manière à garantir l’efficacité du déroulement du scrutin
dans les bureaux de vote et à veiller au respect de la confidentialité
du vote, la CEC a adopté, le 24 septembre 2012, un décret réglementant
et limitant l’utilisation d’appareils photo et de caméscopes dans
les bureaux de vote. Ce décret s’est attiré les critiques de la
société civile et des partis d’opposition qui ont argué que cela
nuirait à la transparence du vote. Le jour du scrutin, nous avons
observé qu’un grand nombre de personnes filmaient l’intégralité
du déroulement du vote et du dépouillement. Il nous est apparu clairement
qu’aucune restriction abusive sur l’utilisation des appareils photo
et caméscopes n’a été appliquée le jour du scrutin.
7 La campagne électorale
et les médias
57. Comme indiqué plus haut, l’entrée de la coalition
Rêve géorgien de M. Ivanishvili dans la bataille électorale mettait,
pour la première fois, la coalition au pouvoir face à un défi de
taille. Cela a donné lieu à des élections très concurrentielles,
mais aussi à une campagne malheureusement marquée par de forts clivages et
tensions, en raison de discours de campagne très virulents et antagonistes
et d’actes de violence entre les partisans des deux partis.
58. La Task force inter-agences pour des élections libres et équitables
a, à cet égard, joué un rôle très constructif. Placée sous la présidence
du Secrétaire du Conseil national de sécurité, M. Giga Bokeria,
cette task force était, entre autres, composée de représentants
des ministères de l’Intérieur, de la Justice, du Développement régional
et des Infrastructures, des Finances et des Affaires étrangères
ainsi que du Conseil national de sécurité. Des représentants des
parties prenantes aux élections et de la société civile ont participé à
ses travaux. Chargée de favoriser la coopération entre les entités
gouvernementales et les parties prenantes aux élections, la task
force a facilité la communication entre les autorités, la majorité
au pouvoir et l’opposition, malgré un climat polarisé, et a œuvré
activement pour enquêter sur les violations du droit électoral ou
les allégations en la matière. En tant que telle, elle a joué un
rôle important en désamorçant certaines situations de vives tensions
pendant la campagne électorale.
59. La campagne a fait une large place aux allégations et reproches
mutuels (utilisation abusive par la majorité des ressources administratives
et des avantages associés au fait de détenir le pouvoir, usage abusif par
l’opposition de ressources financières privées), ce qui a éclipsé
le débat sur les programmes et préférences politiques.
60. Tous les partis ont mené une campagne active, durant laquelle
les principes de liberté de réunion, d’association et d’expression
ont été respectés, malgré des incidents isolés. La participation
active des citoyens a ajouté à l’animation de la campagne.
61. Le problème de l’usage abusif des ressources de l’administration
s’est à nouveau posé durant ces élections, de même que les allégations
de pressions exercées sur les fonctionnaires et les militants de l’opposition.
Les observateurs nationaux ont remarqué qu’il était parfois difficile
de faire la distinction entre l’Etat et le parti au pouvoir. Les
organisations locales de la société civile ont joué un rôle de veille
important à cet égard. Dans un certain nombre de cas, la IATF a
formulé des recommandations pour remédier aux cas avérés et aux
allégations d’utilisation abusive des ressources administratives.
62. La campagne électorale a par ailleurs été entachée par la
question du financement de la campagne et des partis politiques.
Comme indiqué plus haut, la loi sur les unions politiques de citoyens
confère de vastes pouvoirs discrétionnaires à la Cour des comptes
pour enquêter sur les violations potentielles des dispositions applicables
au financement des campagnes. La Cour des comptes a engagé un grand
nombre d’enquêtes sur des donations faites au profit de la coalition
Rêve géorgien, parfois pour des sommes aussi minimes que 100 laris
Note.
A titre de comparaison, seules 10 enquêtes ont été ouvertes sur
les donations perçues par le Mouvement national uni, la plupart
d’entre elles après que les organisations internationales ont soulevé
la question de l’impartialité de la Cour des comptes. Dans une affaire
notoire, la distribution gratuite d’antennes satellitaires par une
société appartenant à M. Ivanishvili a été considérée comme un financement
illégal de la campagne et un achat de voix et M. Ivanishvili a été
condamné à une amende de 148 millions de laris (environ 75 millions
d’euros). L’amende a par la suite était réduite de moitié par une
décision de justice. Le fait que le directeur et le directeur adjoint
de la Cour des comptes ont quitté leurs fonctions à la fin du mois
d’août 2012 pour se présenter à ces élections en tant que candidats
du MNU repose la question de l’impartialité de la Cour des comptes
lors de la campagne électorale.
63. Les amendes excessives et disproportionnées, l’impartialité
discutable de la Cour des comptes ainsi que des questions liées
à la régularité de la procédure et à l’indépendance de la justice
ont fait l’objet de vives critiques de la part des observateurs
nationaux et internationaux. Les rapporteurs pour la Géorgie de
la commission de suivi de notre Assemblée ont publié une déclaration
faisant part de leur préoccupation quant au fait que les agissements
de la Cour des comptes biaisaient les règles du jeu de la campagne
électorale. La déclaration des rapporteurs est reproduite à l’annexe
6. En réponse à cela, les autorités ont décidé de ne pas prélever,
pendant la campagne électorale, les amendes infligées aux partis
appartenant à la coalition Rêve géorgien. Cette décision a été saluée
par la délégation préélectorale de la commission ad hoc, laquelle
a également invité tous les candidats à pleinement respecter la
législation sur les élections et le financement des campagnes.
64. La campagne a connu un brusque revirement le 18 septembre
2012, lorsque des vidéos montrant des scènes de tortures et de mauvais
traitements infligés aux détenus d’une prison géorgienne ont été
diffusées à la télévision. Cette diffusion a provoqué une onde de
choc et des manifestations dans tout le pays. Deux ministres du
gouvernement ont immédiatement démissionné et les autorités ont
promis de punir les responsables autant que la loi le permet. Ce
scandale a néanmoins exacerbé les critiques à l’égard des autorités
et a semble-t-il fragilisé le parti au pouvoir dans les dernières
semaines de la campagne électorale.
65. Tout au long de la campagne, des arrestations et des détentions
de militants politiques, le plus souvent de l’opposition, ont été
signalées. Cette situation a entraîné des allégations de violations
commises par les forces de l’ordre à des fins politiques. Pour apaiser
les tensions, la IATF a appelé les forces de l’ordre à recourir,
dans la mesure du possible, à des sanctions moins sévères que l’arrestation
et la détention administrative.
66. La télévision est de loin la plus importante source d’informations
du pays. Si le paysage médiatique est diversifié en Géorgie, seules
deux chaînes privées – considérées toutes deux comme soutenant le gouvernement
– assurent une couverture de l’ensemble du pays.
67. D’autres radiodiffuseurs privés qui sont considérés comme
plus favorables à l’opposition assurent une couverture qui se limite
à Tbilissi et aux réseaux câblés et satellitaires. L’initiative
prise par ces chaînes d’améliorer leur couverture en distribuant
gratuitement des antennes satellitaires a été jugée comme étant
un financement illégal de campagne et un achat de voix. Les antennes
satellitaires ont dès lors été saisies par la justice géorgienne.
Les négociations engagées entre le gouvernement et l’un de ces radiodiffuseurs
Note dans
le but de trouver une solution pour la distribution de ces antennes
qui convienne aux deux parties avant le jour du scrutin, n’ont malheureusement
pas abouti.
68. Confirmant la tendance positive observée lors des dernières
élections locales, le radiodiffuseur public, qui couvre également
l’ensemble du territoire, a assuré une couverture équilibrée et
impartiale de la campagne électorale, conformément à sa fonction
de service public.
69. La communauté des ONG et plusieurs associations de médias
ont lancé l’initiative «Must Carry, Must Offer» («obligation de
diffuser, obligation d’offrir»). Cette initiative invitait les autorités
à adopter des dispositions obligeant les câblo-opérateurs et les
fournisseurs de services par satellite à inclure dans leur offre tous
les médias possédant une licence de radiodiffusion par satellite
et réalisant une part de marché supérieure ou égale à 20 %. En juin
2012, les autorités ont cessé de s’opposer à cette initiative et
ont apporté les modifications nécessaires au Code électoral. Malheureusement,
les dispositions de l’initiative «Must Carry, Must Offer» n’étaient
obligatoires que jusqu’au jour du scrutin. Toutefois, et il convient
de saluer cette décision, la plupart des radiodiffuseurs ont continué
à respecter ces dispositions le jour et au lendemain du scrutin.
70. Fait encourageant, de nombreux débats ont été organisés entre
l’ensemble des partis et leurs candidats. Malheureusement, M. Ivanishvili
a décliné l’invitation à participer à un débat entre les chefs de
partis en lice pour ces élections.
71. La presse écrite ou en ligne a présenté un large spectre d’opinions.
Son rayonnement en dehors des grandes villes restait toutefois limité.
8 Jour du scrutin,
dépouillement des suffrages et résultats
72. Bien organisé, le scrutin s’est déroulé dans le calme.
Un grand nombre d’observateurs et d’agents électoraux représentant
les partis étaient présents dans tous les bureaux de vote. Cette
initiative a renforcé la transparence du processus mais a aussi
surpeuplé un certain nombre de CEBV. Il semblerait que ce surpeuplement,
ainsi que la présence d’un grand nombre de sympathisants de tous
les partis dans les bureaux de vote, aient parfois provoqué des
tensions.
73. Le taux de participation a été de 61 %. Il convient de noter
que ce chiffre tient compte de l’ensemble des électeurs inscrits
sur les listes électorales, sur lesquelles figuraient également
des personnes résidant temporairement hors de Géorgie. Le taux de
participation réel des électeurs vivant en Géorgie a été par conséquent
nettement plus élevé.
74. D’une manière générale, le dépouillement s’est déroulé conformément
à la procédure dans la plupart des bureaux de vote mais n’a pas
été évalué aussi positivement par les observateurs internationaux
que le déroulement du scrutin, notamment dans les régions. Dans
les régions, un certain nombre d’incidents isolés se sont produits
lors du dépouillement et les représentants des partis et les observateurs
ont subi des pressions. Ces incidents ont conduit une organisation
nationale d’observateurs reconnue, l’ISFED, à retirer ses observateurs
de plusieurs bureaux de vote par mesure de sécurité. La CEC a quant
à elle annulé les résultats dans 12 bureaux de vote où le dépouillement
ne s’était pas déroulé dans les règles et où un bourrage d’urne aurait
été observé.
75. Le 2 octobre 2012, la CEC a publié les résultats préliminaires
de ces élections. D’après ces résultats, la coalition Rêve géorgien
a remporté le scrutin proportionnel avec 54,9 % des voix (44 sièges),
tandis que le Mouvement national uni a recueilli 40,3 % des voix
(33 sièges). Aucun autre parti politique en lice n’a dépassé le
seuil des 5 % nécessaire pour entrer au parlement. Dans les scrutins
majoritaires, Rêve géorgien a remporté initialement 38 des sièges
majoritaires contre 32 pour le Mouvement national uni. A l’issue
de la tenue de nouveaux scrutins majoritaires, le 14 octobre 2012,
dans les bureaux de vote pour lesquels la CEC avait prononcé l’annulation
du vote, la coalition Rêve géorgien a obtenu trois sièges supplémentaires.
Au total, Rêve géorgien a obtenu 85 des 150 sièges au parlement
contre 65 pour le Mouvement national uni.
76. Immédiatement après la publication des résultats préliminaires,
le Président Saakashvili a reconnu sa défaite et annoncé que son
parti rejoindrait l’opposition dans le nouveau parlement. Il s’est
en outre engagé à favoriser une passation de pouvoirs pacifique
entre le gouvernement MNU sortant et le gouvernement Rêve géorgien
entrant. Il a nommé une équipe spéciale de représentants à haut
niveau du MNU pour travailler avec des homologues de la coalition
Rêve géorgien en vue d’assurer une passation de pouvoirs efficace.
77. Le 10 octobre 2012, le Président Saakashvili a accepté la
démission du gouvernement MNU. Conformément aux dispositions et
délais constitutionnels, il a nommé, le 17 octobre 2012, M. Ivanishvili comme
nouveau Premier ministre. Ce dernier avait 10 jours pour sélectionner
ses candidats ministériels en accord avec le Président. Le Président
avait ensuite trois jours pour soumettre ce gouvernement au parlement pour
confirmation. La composition du gouvernement doit être entérinée
par une majorité du nombre total de députés (76 voix).
78. M. Ivanishvili a annoncé la formation de son gouvernement
dès le 16 octobre 2012. Le nouveau parlement s’est réuni le 21 octobre
dans son nouveau siège à Kutaisi.
79. Rêve géorgien a annoncé qu’une fois entrée au parlement, sa
coalition serait dissoute et que les partis membres formeraient
des groupes individuels. Si le pluralisme du parlement nouvellement
élu s’en trouvera renforcé, il est à espérer que cette initiative
n’empêchera pas le nouveau gouvernement d’agir avec efficacité et
à l’unisson.
80. Le 16 octobre 2012, le Président Saakashvili a restitué à
M. Ivanishvili sa nationalité géorgienne, invoquant «l’intérêt national».
81. Lors de la session inaugurale du nouveau parlement, six groupes
parlementaires ont été formés. Conformément à ce qui avait été annoncé
avant les élections, la coalition Rêve géorgien s’est divisée en trois groupes.
Note Les
membres du MNU se sont eux aussi séparés en trois groupes
Note et
cinq députés élus dans des circonscriptions uninominales sur la
liste du MNU ont décidé de ne rejoindre aucun groupe. Le 29 octobre 2012,
un membre supplémentaire a quitté le groupe MNU et s’est déclaré
indépendant. Le 6 novembre 2012, les membres qui s’étaient auto-déclarés
indépendants ont formé un nouveau groupe parlementaire. Les groupes
parlementaires jouissent d’un certain nombre de privilèges, disposant
notamment de sièges réservés dans les commissions, les délégations
parlementaires et les commissions d’enquête ad hoc et d’un temps
de parole supplémentaire lors des débats parlementaires.
82. Le 21 octobre 2012, le nouveau parlement a élu son nouveau
Président en la personne de M. Davit Usupashvili (Parti républicain).
83. Le 25 octobre 2012, le parlement a confirmé M. Ivanishvili
dans ses fonctions de nouveau Premier ministre et entériné la composition
du gouvernement ainsi que son programme.
9 Conclusions
84. Les élections législatives du 1er octobre 2012, malgré
une campagne marquée par des clivages et des tensions et au cours
de laquelle de graves défaillances ont été observées, se sont globalement
déroulées de manière démocratique et dans le respect des normes
européennes et des engagements envers le Conseil de l’Europe. De
nombreux partenaires de la Géorgie, notamment l’Assemblée, considéraient
ces élections comme un scrutin décisif mettant à l’épreuve l’engagement
du pays envers les valeurs et principes démocratiques. Ces élections
constituaient donc une étape importante pour la consolidation de
la conduite d’élections démocratiques conformes aux normes internationales.
85. Ces élections législatives ont abouti à la formation d’un
nouveau gouvernement et conduit l’ancienne majorité au pouvoir à
passer dans l’opposition au sein du nouveau parlement. C’est la
première fois en Géorgie que le pouvoir politique change de mains
pacifiquement par la voie des urnes. Il s’agit d’une immense réalisation
et d’un exemple pour la région. La prompte reconnaissance de la
défaite par le Président Saakashvili et son approche constructive
pour favoriser la passation de pouvoirs témoignent de grandes qualités
d’homme d’Etat qu’il convient de saluer.
86. Le nouveau gouvernement aura face à lui un parlement avec
une opposition forte et bien organisée. Cela devrait permettre la
mise en place d’un système de contre-pouvoirs efficace dans la gouvernance
du pays. De son côté, la coalition au pouvoir dispose d’une majorité
confortable au parlement mais n’a pas la majorité constitutionnelle.
Il lui faudra par conséquent bâtir une relation constructive avec
l’opposition si elle veut réussir à mettre en œuvre certaines des
réformes prévues par son programme électoral. Le rôle du parlement
s’en trouvera renforcé et le débat politique enrichi. Il convient
de vivement s’en féliciter.
87. La campagne électorale a été âpre et marquée par un fort antagonisme.
Pour le développement démocratique du pays, il est désormais important
que tous les acteurs politiques dépassent ces clivages et cette
stigmatisation de l’autre comme l’ennemi pour travailler ensemble
de manière constructive.
88. Ces élections, et plus particulièrement la période pré-électorale,
ont mis en lumière un certain nombre d’insuffisances qui persistent
dans la législation électorale. Le parlement nouvellement élu devrait
modifier le code électoral pour y remédier. Dans la mesure où l’élection
présidentielle se tiendra à l’automne 2013, il convient de s’y atteler
sans délai.
89. Le Code électoral souffre d’une lacune démocratique majeure
résultant des écarts de taille considérables que l’on continue d’observer
entre les circonscriptions majoritaires, lesquels dépassent largement
l’écart maximal admissible de 10 à 15 %. Ce phénomène est contraire
aux normes européennes et n’est pas acceptable. Il convient de s’attaquer
à ce problème en priorité. La possibilité bien réelle que ces écarts
de taille aient permis à différents partis de remporter les scrutins
majoritaires et proportionnels à une large majorité ne fait que
souligner la gravité du problème.
90. Outre le Code électoral, un certain nombre de dispositions
de la loi sur les unions politiques de citoyens et leur mise en
œuvre, s’agissant notamment du financement des campagnes et des
partis, ont posé problème lors de la période préélectorale. Le nouveau
parlement et les autorités devraient remédier à ces défaillances. Les
autorités devraient s’efforcer de travailler en étroite collaboration
avec la Commission de Venise sur cette question pour veiller à ce
que toutes les dispositions de cette loi soient pleinement conformes
aux normes et principes européens.
91. La commission ad hoc invite la commission de suivi à observer
attentivement la mise en œuvre par le gouvernement et le Parlement
géorgiens des recommandations formulées dans ce rapport dans le
cadre de sa procédure de suivi concernant ce pays.
Annexe 1 – Composition
de la commission ad hoc
Sur la base des propositions des groupes
politiques, la commission ad hoc se composait comme suit:
- Luca VOLONTÈ, Chef de délégation
- Groupe du Parti populaire
européen (PPE/DC)
- Jean-Marie
BOCKEL, France
- Lolita CIGANE, Lettonie
- Renato FARINA, Italie
- Bogdan KLICH, Pologne
- Inese LĪBIŅA-EGNERE, Lettonie
- Marietta de POURBAIX-LUNDIN, Suède
- Yves POZZO di BORGO, France
- Giuseppe SARO, Italie
- Luigi VITALI, Italie
- Luca VOLONTÈ, Italie
- Groupe socialiste (SOC)
- Lennart AXELSSON, Suède
- Stefan SCHENNACH, Autriche
- Alliance des démocrates et
des libéraux pour l’Europe (ADLE)
- André BUGNON, Suisse
- Paolo GIARETTA, Italie
- Merixtell MATEU PI, Andorre
- Andrea RIGONI, Italie
- Groupe démocrate européen
(GDE)
- Christopher
CHOPE, Royaume-Uni
- Sir Roger GALE, Royaume-Uni
- Ganira PASHAYEVA, Azerbaïdjan
- Corapporteurs de la commission
de suivi (ex officio)
- Boriss
CILEVIČS, SOC, Lettonie
- Michael Aastrup JENSEN, ALDE, Danemark
- Commission de Venise
- Manuel GONZALEZ OROPEZA, Mexique
- Secrétariat
- Bas KLEIN, Commission de suivi
- Bogdan TORCATORIU, Unité de coopération interparlementaire
et d’observation des élections
- Franck DAESCHLER, Unité de coopération interparlementaire
et d’observation des élections
- Gael MARTIN-MICALLEF, Commission de Venise
- Nathalie BARGELLINI, Attachée de presse
La mission préélectorale se composait comme suit, un membre
par groupe politique à l’Assemblée:
- Luca VOLONTÈ, Chef de Délégation
- Groupe du Parti populaire
européen (PPE/DC)
- Alliance des démocrates et
des libéraux pour l’Europe (ADLE)
- Merixtell MATEU PI, Andorre
- Groupe démocrate européen
(GDE)
- Christopher
CHOPE, Royaume-Uni
- Corapporteurs de la commission
de suivi (ex officio)
- Boriss
CILEVIČS, SOC, Lettonie
- Michael Aastrup JENSEN, ALDE, Danemark
- Secrétariat
- Bas KLEIN, Commission de suivi
- Bogdan TORCATORIU, Division de la coopération interparlementaire
et d’observation des élections
- Franck DAESCHLER, Division de la coopération interparlementaire
et d’observation des élections
- Gaël MARTIN-MICALLEF, Commission de Venise
- Nathalie BARGELLINI, Attachée de presse
Annexe 2 – Programme de
la mission préélectorale (Tbilissi, 11-12 septembre 2012)
Mardi
11 septembre 2012
9h30-10h00 Réunion de la délégation
10h30-11h00 Briefing par Mme Caterina Bolognese, Chef du Bureau
du Conseil de l’Europe en Géorgie
11h00-12h00 Réunion avec M. Nikolai Vulchanov, Chef de la
mission d’observation d’élections de OSCE/BIDDH et son équipe
12h00-13h00 Réunion avec des représentants du Groupe de travail
des ambassadeurs
15h00-16h00 Réunion avec des représentants de la société civile:
- Mme Eka Gigauri, Directrice
de «Transparency International Georgia»
- Mme Nino Lomjaria, Directrice de la Société Internationale
pour des élections équitables et pour la démocratie
- Mme Tamar Chugoshvili, Directrice de l’Association des
jeunes juristes de Géorgie
- Mme Keti Chachava, Directrice de «Nouvelle génération,
nouvelle initiative»
- M. Irakli Melashvili, Directeur de «Liberté du choix»
16h00-17h00 Réunion avec des représentants des médias:
- M. Zviad Koridze, expert média
- M. David Paichadze, journaliste à GPB
- M. Kakha Bekauri, Directeur de TV 9
- Mme Maia Tabagari, Maestro TV
- M. Levan Gakheladze, Président du Conseil de la télévision
publique
- Mme Ia Antadze, expert média
- Mme Tamara Chergoleishvili, Rédacteur en chef de la revue Tabula
17h15-18h00 Réunion avec M. Zurab Kharatishvili, Président
de la Commission électorale centrale, et Mme Ekaterine Azarashvili,
Chef de la Division des relations internationales de la CEC
18h00-18h45 Réunion avec M. Mamuka Katsikadze, Président de
la Commission de vérification des listes électorales
20h00 Dîner de travail offert par la délégation de la Géorgie
auprès de l’Assemblée parlementaire
Mercredi 12 septembre 2012
9h00-10h00 Réunion avec des représentants de la coalition
Rêve Géorgien
10h15-10h45 Réunion avec M. George Tugushi, Avocat du peuple
de Géorgie
10h50-12h20 Réunion avec des représentants des partis en lice:
- Mouvement Chrétien Démocratique
- Nouveaux Droits
- Parti du Travail
12h30-13h30 Réunion avec M. David Bakradze, Président du Parlement,
et avec des représentants du Mouvement national uni
Après-midi Réunion avec M. Mikhail Saakashvili, Président
de la Géorgie
Réunion avec M. Giga
Bokeria, Chef du Groupe de travail inter-agences pour des élections
libres et équitables
19h30 Conférence de presse
Annexe 3 – Déclaration
de la mission préélectorale
Les législatives,
une consultation cruciale pour le développement démocratique de
la Géorgie
Strasbourg, 12.09.2012 – Les prochaines élections législatives
du 1er octobre sont capitales pour le développement démocratique
de la Géorgie. Ce sera un test révélateur de l’engagement du pays
en faveur des valeurs et principes démocratiques, a déclaré la délégation
de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) en visite
préélectorale les 11 et 12 septembre 2012 à Tbilissi.
La délégation se félicite de l’environnement compétitif et
pluraliste qui donnera aux électeurs un choix réel entre différentes
options le jour du scrutin. Cependant, elle a exprimé sa grave préoccupation
au sujet de la polarisation et de l’antagonisme croissant qui caractérise
l’environnement préélectoral et qui assombrit le climat de la campagne
électorale. Les partis devraient s’abstenir d’opérations de dénigrement
et s’attacher à informer les électeurs sur leurs positions et leur
plateforme électorale compte tenu de leurs obligations et responsabilités
propres.
Pour que les élections soient véritablement démocratiques,
il faut qu’elles se déroulent dans un environnement de campagne
ouvert et inclusif où les partis ont tout autant la possibilité
d’informer les électeurs de leur programme et de leurs priorités
politiques. Les autorités et l’ensemble des parties prenantes électorales devraient
donc prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer une campagne
constructive et inclusive et s’abstenir de toute action susceptible
d’aggraver les tensions ou de compromettre l’égalité des partis
et leur pleine participation au processus électoral.
La délégation souligne l’importance de donner à tous les protagonistes
du scrutin les mêmes règles du jeu. Elle invite les autorités à
intensifier encore leurs efforts pour éliminer l’utilisation abusive
des ressources administratives. De plus, elle réitère avec fermeté
la déclaration faite par les corapporteurs de l’APCE sur la Géorgie
concernant les amendes imposées par le Service d’Etat d’audit. A
cet égard, elle salue la décision des autorités de ne pas imposer
d’amende aux partis d’opposition qui forment la coalition «Le rêve
géorgien». Dans le même temps, elle exhorte tous les protagonistes
du scrutin à se conformer pleinement à la législation électorale
et elle souligne que le fait d’estimer que la législation crée des
injustices ne justifie pas une violation de la loi et ne saurait
le faire.
Les médias jouent un rôle essentiel dans le processus électoral,
car ils sont souvent la première source d’information des électeurs,
qui peuvent mieux connaître ainsi les positions des partis en lice.
Il faut que tous les partis aient pleinement accès aux médias et
sur un pied d’égalité et que ces derniers assurent une couverture
impartiale, car ce sont des conditions essentielles d’élections
démocratiques. A cet égard, la délégation a salué l’amélioration
du pluralisme dans l’environnement médiatique, qui résulte de la
législation imposant une obligation de couverture aux médias. La
délégation note que ces dispositions ne couvrent pas le jour du
scrutin ni la période qui suit immédiatement les élections. Elle
invite les autorités à envisager d’étendre la durée pendant laquelle
les dispositions doivent être appliquées et les médias, à envisager
de se conformer à ces principes jusqu’à ce que le processus électoral
soit achevé. Dans le même temps, elle note que la télévision câblée
ne bénéficie pas d’une large diffusion dans un certain nombre de
régions de Géorgie. Elle invite donc les autorités à étudier toutes
les possibilités qui permettraient d’améliorer l’accès aux médias dans
les régions qui ne sont pas couvertes par la télévision câblée.
La délégation a noté que l’efficacité des préparatifs techniques
de ce scrutin découle du nouveau Code électoral. A cet égard, elle
salue tout particulièrement le travail de la commission multipartite
de vérification des rôles électoraux pour en améliorer la qualité
de façon à renforcer la confiance des électeurs dans le processus électoral
et son résultat. Cet effort bipartite souligne les possibilités
de coopération entre les partis d’opposition et le parti au pouvoir
afin de faire progresser le processus démocratique dans le pays.
La délégation salue le travail du Groupe spécial inter-institutions
destiné à améliorer la confiance du grand public dans le processus
électoral. La confiance de la population dans l’impartialité et
l’équité du processus électoral est essentielle pour des élections
démocratiques. L’ensemble des partis et des acteurs gouvernementaux
doivent donc prendre toute mesure qui pourrait renforcer la confiance
de la population dans le processus électoral et s’abstenir de toute
action qui pourrait remettre celui-ci en cause. C’est pourquoi,
la délégation invite toutes les parties en lice à ne pas contester
la légitimité des élections ou ses résultats avant même que le scrutin
ait eu lieu.
L’Assemblée enverra à nouveau une délégation pour observer
les élections du 1er octobre 2012 en
Géorgie.
Annexe 4 – Programme de
l’observation des élections législatives en Géorgie (Tbilissi, 29
septembre-2 octobre 2012)
Samedi
29 septembre 2012
09h00 – 09h20 Ouverture par les chefs des délégations parlementaires
- M. Tonino Picula, Coordinateur
spécial l’OSCE, Chef des observateurs de la mission de courte durée
de l’OSCE, Chef de la délégation parlementaire de l’OSCE
- M. Luca Volonte, Chef de la délégation de l’APCE
- M. Milan Cabrnoch, Chef de la délégation du Parlement
européen
- M. Assen Agov, Chef de la délégation de l’Assemblée parlementaire
de l’OTAN
09h20 – 09h45 Contexte politique:
- Ambassadeur Philip Dimitrov,
Chef de la délégation de l’Union européenne en Géorgie
- Mme Caterina Bolognese, Chef du Bureau du Conseil de l’Europe
en Géorgie
- M. William Lahue, Officier de liaison de l’OTAN en Géorgie
09h45 – 10h30 Administration électorale
- M. Zurab Kharatishvili, Président de la Commission électorale
centrale
10h30 – 11h15 Réunion avec M. Giga Bokeria, Chef de la Task
Force inter-agences pour des élections libres et équitables
11h15 – 12h00 Réunion avec M. Mamuka Katsitadze, Président
de la Commission de vérification des listes électorales
12h00 – 12h45 Réunion avec M. Lasha Tordia, Président de la
Cour des comptes
14h00 – 15h30 Mission d’observation d’élections de l’OSCE/BIDDH
(équipe de base):
- Mme Nikolai
Vulchanov, Chef de la mission d’observation d’élections de l’OSCE/BIDDH
- Mme Gaelle Deriaz, Analyste juridique
- Mme Ingrid Angela Grossinger, Analyste politique
- M. Egor Tilpunov, Analyste médias
- Mme Elissavet Karagiannidou, Analyste du financement de
la campagne
- Mme Linda Edgeworth, Analyste des élections
- Mme Robin Seaword, Experte en sécurité
15h30 – 16h30 Table ronde avec des organisations observatrices:
- Mme Tamar Chugoshvili, Georgian
Young Lawyers’ Association (GYLA)
- Mme Eka Gigauri, Transparency International, Georgia
- Mme Keti Chachava, New Generation New Initiative (NGNI)
- M. Irakli Melashvili, Chef de Freedom of Choice
16h30 – 17h30 Table ronde avec des représentants des ONG (internationales
et géorgiennes):
- M. Luis Navarro,
National Democratic Institute
- Mme Andrea Keerbs, International Republican Institute
- M. Nermin Nisic, International Foundation for Electoral
Systems
- Mme Keti Khutsishvili, Open Society Georgia Foundation
17h30 – 18h30 Table ronde avec des représentants des médias:
- M. David Paichadze, Journaliste
à GPB
- M. Giorgi Chanturia, Directeur général de la télévision
publique
- M. Kakha Bekauri, Directeur de TV 9
- Mme Tamta Muradashvili, Conseiller juridique, Rustavi
2
- M. Ilia Kikibadze, Directeur de Maestro TV
- M. David Kakabadze, Radio Free Europe/Radio Liberty
- M. Zviad Koridze, expert médias
- Mme Ia Antadze, expert médias
Dimanche 30 septembre 2012
09h00 – 10h00 Mouvement national uni, David Bakradze
10h00 – 11h00 Coalition Rêve géorgien, Bidzina Ivanishvili
11h15 – 12h15 Réunion avec des représentants des partis politique
d’opposition représentés au parlement:
- Mouvement Chrétien Démocratique: Giorgi Rukhadze/Levan
Vepkhvadze
- Nouveaux Droits: David Gamkrelidze
- Parti du Travail: Kakha Dzagania
12h15 – 13h15 Réunion avec les représentants des partis d’opposition
non représentés au parlement:
- Free
Georgia: Dimitri Lortkipanidze
- National Democratic Party: Bachuki Kardava
- Freedom The way of Zviad Gamsakhurdia: Malkhaz Gorgaslidze
- Political Union Jondi Baghaturia–Georgian Group: Jondi
Baghaturia
- Peoples Party: Mamuka Giorgadze
- Merab Kostava Society: Vaja Adamia
13h15 – 13h45 Mission d’observation d’élections de l’OSCE/BIDDH
(équipe de base):
- Mme Linda
Edgeworth, analyste électoral
- M. Anders Eriksson, expert en statistiques et formulaires
d’observation des élections
13h45 – 13h50 Remarques finales
13h50 Déploiement
- Briefing
spécifique par régions par les observateurs de longue durée de l’OSCE/BIDDH
- Réunion avec les chauffeurs et interprètes
Lundi 1er octobre 2012
Observation de l’ouverture, du vote et du comptage
Mardi 2 octobre 2012
8h30 – 10h00 Debriefing et observations préliminaires de la
commission ad hoc
14h30 Conférence de presse
Annexe 5 – La Géorgie franchit
une étape importante dans la consolidation du déroulement des élections
démocratiques mais certains problèmes majeurs subsistent
Strasbourg, 02.10.2012 – Les élections législatives
en Géorgie ont représenté une étape importante dans la consolidation
du déroulement des élections démocratiques, bien que certains problèmes
majeurs ne soient pas encore réglés, ont conclu les observateurs
internationaux des élections dans une déclaration publiée aujourd’hui.
Les élections ont été compétitives et les citoyens ont participé
activement à toute la campagne mais le contexte de la campagne a
été marqué par des clivages et des tensions ainsi que par quelques
actes de violence. La campagne était souvent centrée sur les avantages
d’un mandat électif d’une part, et sur les avoirs financiers privés,
d’autre part, plutôt que sur des programmes politiques concrets.
Certes, dans l’ensemble, les libertés d’association, de réunion
et d’expression ont été respectées mais des cas de harcèlement et
d’intimidation de militants et de sympathisants de certains partis
ont altéré le climat de la campagne et se sont souvent soldés par
des détentions et des amendes infligées à des militants, affiliés
pour la plupart à l’opposition. Cette situation a contribué à susciter
la méfiance entre les candidats, ont déclaré les observateurs.
L’administration électorale jouissait d’un degré élevé de
confiance et la Commission électorale centrale a fonctionné de manière
transparente, tenant fréquemment des réunions ouvertes auxquelles
ont pu participer des observateurs, des représentants des partis
et des médias.
La journée du scrutin s’est déroulée dans le calme sur tout
le territoire et, dans l’ensemble, les observateurs internationaux
ont évalué positivement toutes les phases du processus électoral,
bien que certains dysfonctionnements dans la procédure aient été
observés. La Commission électorale centrale a commencé à publier
les premiers résultats dès l’aube, contribuant à la transparence
du processus.
«Malgré une campagne engendrant de forts clivages et marquée
par des discours virulents et des imperfections, le peuple géorgien
a pu exprimer librement sa volonté dans les urnes», a déclaré Tonino Picula, le
coordinateur spécial qui a conduit la mission d’observation de courte
durée de l’OSCE et chef de la délégation de l’Assemblée parlementaire
de l’OSCE. «Le processus a mis en lumière un respect salutaire des libertés
fondamentales au cœur d’élections démocratiques et le décompte final
de voix devrait refléter le choix des électeurs».
«Malgré certaines défaillances, ces élections ont été très
compétitives», a déclaré Luca Volontè, chef de la délégation de
l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE). «Les forces
politiques élues au sein du nouveau parlement, qu’elles appartiennent
à la majorité ou à l’opposition, devraient à présent assumer leurs responsabilités
et travailler ensemble pour remédier à ces défaillances dans l’optique
d’un développement encore plus poussé de la démocratie dans le pays.
L’APCE continuera à coopérer activement avec toutes les forces siégeant
au sein du nouveau parlement pour mettre en œuvre ces importantes
réformes».
«Hier, nous avons pu constater le profond engagement des Géorgiens
en faveur du processus démocratique», a déclaré Assen Agov, chef
de la délégation de l’Assemblée parlementaire de l’Otan. «Le caractère
pacifique des rassemblements de masse nous a vivement impressionnés
et la mobilisation sincère dont nous avons été les témoins ne peut
que bien augurer de l’avenir de la Géorgie».
«La Géorgie est un partenaire important de l’UE et nous continuons
à soutenir fermement la promotion de la démocratie et des réformes
en Géorgie», a déclaré Milan Cabrnoch, chef de la délégation du
Parlement européen. «De nouveaux progrès seront possibles si ceux
qui ont été élus, qu’ils soient membres de la majorité ou de l’opposition,
exercent leurs prérogatives démocratiques de manière responsable
en poursuivant les réformes dans l’intérêt du peuple géorgien».
«Les élections d’hier ont mis en lumière le rôle que les principales
institutions démocratiques jouent lorsqu’elles agissent de manière
professionnelle et impartiale», a déclaré Nikolai Vulchanov, chef
de la mission d’observation à long terme du Bureau des institutions
démocratiques et des droits de l'homme de l’OSCE (OSCE/BIDDH). «Certains
éléments du cadre juridique devraient, toutefois, être encore améliorés
et le BIDDH ainsi que le Conseil de l’Europe sont prêts à poursuivre
leur coopération fructueuse en la matière avec les autorités géorgiennes».
Annexe 6 – Déclaration
des rapporteurs
Les rapporteurs
de l’APCE pour la Géorgie inquiets face aux mesures financières
prises contre la coalition du Rêve géorgien
Strasbourg, 21.08.2012 – Les corapporteurs de l’Assemblée
parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) pour la Géorgie, Michael
Aastrup Jensen (Danemark, ADLE) et Boriss Cilevičs (Lettonie, SOC),
ont fait part aujourd’hui de leur inquiétude en apprenant que les
autorités géorgiennes auraient saisi les comptes bancaires de la
coalition d’opposition «Rêve géorgien», compromettant ainsi sa participation
à la campagne pour les élections législatives du 1er octobre
2012.
«Les amendes excessives et disproportionnées imposées par
le Service national d’audit compromettent de fait les activités
normales d’un parti politique d’opposition. Cette situation est
inquiétante, surtout au regard des allégations récurrentes de partialité
portées à l’encontre du Service national d’audit et des faits rapportés
par des organisations crédibles, comme l’Association géorgienne
des jeunes avocats, qui mettent en cause l’équité des décisions
de justice en la matière», ont indiqué les corapporteurs.
«La législation sur le financement des campagnes électorales
a pour but de garantir des conditions équitables à tous les candidats
en lice et non d’exclure l’un ou l’autre parti de la compétition
électorale. Les élections à venir, et le caractère démocratique
de leur déroulement, sont essentiels pour le développement démocratique de
la Géorgie. En conséquence, nous appelons les autorités géorgiennes
à faire preuve de la plus grande retenue et à faire en sorte que
tous les partis, y compris la coalition Rêve géorgien, puissent
participer pleinement à la campagne électorale», ont-ils ajouté.
Les deux corapporteurs se rendront en Géorgie les 11 et 12
septembre 2012 dans le cadre de la mission pré-électorale de l’Assemblée
parlementaire du Conseil de l’Europe.