La sécurité nationale et l’accès à l’information
Réponse à Recommandation
| Doc. 13503
| 23 avril 2014
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée
à la 1197e réunion des Délégués des Ministres (16 avril 2014). 2014 - Troisième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2024
(2013)
1. Le Comité des Ministres a examiné attentivement
la
Recommandation 2024
(2013) de l’Assemblée parlementaire sur «La sécurité nationale
et l’accès à l’information», qu’il a transmise aux comités directeurs
et groupes d’experts pertinents pour commentaires
Note.
2. Le Comité des Ministres souligne l’importance de la transparence
des autorités publiques dans une société pluraliste et démocratique.
Comme l’indique la Convention du Conseil de l’Europe sur l’accès
aux documents publics (STCE n° 205), «l’exercice du droit d’accès
aux documents publics fournit une source d’information au public,
aide le public à se former une opinion sur l'état de la société
et sur les autorités publiques, favorise l’intégrité, le bon fonctionnement,
l’efficacité, et la responsabilité des autorités publiques contribuant
ainsi à affirmer leur légitimité».
3. Le Comité des Ministres rappelle que cette convention, comme
souligné dans son Rapport explicatif, «est le premier instrument
juridique international contraignant qui reconnaisse un droit général
d’accès aux documents publics détenus par les autorités publiques
[…] qui trouve ses origines dans la Convention européenne des droits
de l’homme de 1950 […]». Il encourage les Etats membres à envisager
de ratifier la convention dans les meilleurs délais
Note.
4. Le droit de recevoir des informations détenues par les autorités
publiques est également protégé par l’article 10 de la Convention
européenne des droits de l’homme. Le Comité des Ministres attire
l’attention sur un arrêt récent de la Grande Chambre de la Cour
européenne des droits de l’homme dans laquelle cette dernière réaffirme
que «le droit de recevoir et de communiquer des informations fait
expressément partie du droit à la liberté d’expression consacré
par l’article 10» (Gillberg c. Suède, Requête n° 41723/06, arrêt
du 3 avril 2012).
5. Renvoyant à sa Résolution Res(2001)6 sur l’accès aux documents
du Conseil de l’Europe, le Comité des Ministres rappelle que lors
de l’adoption de cet instrument, le Comité a réaffirmé sa volonté
de doter le Conseil de l’Europe d’une politique d’information active
et cohérente, fondée sur le principe selon lequel «la transparence
est la règle et la confidentialité l’exception». Le Comité s’est
également déclaré «convaincu que l’application par le Conseil de
l’Europe des principes et des normes qu’il définit à l’intention
de ses Etats membres est un élément fondamental de la crédibilité
et de la cohérence de l’Organisation». Le Comité des Ministres ne
voit pas la nécessité, à l’heure actuelle, de procéder à une révision
des politiques qu’il a ainsi établies pour le Conseil de l’Europe
en ce qui concerne l’accès à l’information et la classification
des documents. Toutefois, il informera l’Assemblée parlementaire
de toute évolution à cet égard.
6. Le Comité des Ministres prend note de l’adoption, le 12 juin
2013, des Principes globaux sur la sécurité nationale et le droit
à l’information, qui visent à promouvoir le principe de transparence,
notamment l’accès aux documents publics. Il salue le fait que ces
Principes fournissent des orientations aux législateurs en vue de parvenir
à un juste équilibre entre divers intérêts publics, tant en termes
de sécurité nationale que d’accès à l’information.
7. Le Comité des Ministres rappelle que le droit à l’accès à
l’information et la liberté d’expression doivent être conciliés
avec d’autres droits de l’homme et libertés fondamentales, notamment
le droit à la vie privée et à la protection des données à caractère
personnel, qui sont protégés par l’article 8 de la Convention européenne
des droits de l’homme, ainsi que par la Convention pour la protection
des personnes à l'égard du traitement automatisé des données à caractère
personnel (STE n° 108) et son Protocole additionnel concernant les
autorités de contrôle et les flux transfrontières de données (STE n° 181).
Il note que les Principes globaux susmentionnés évoquent l’obligation
incombant aux autorités publiques de trouver un équilibre entre
le droit d’accéder aux documents et le droit au respect de la vie
privée.
8. Au-delà de ces textes, le Comité des Ministres souhaite souligner
l’obligation faite aux Etats membres de respecter leurs engagements
au titre de la Convention européenne des droits de l’homme et les
orientations pertinentes qu’ils peuvent trouver dans la jurisprudence
de la Cour européenne des droits de l’homme.
9. Enfin, s’agissant du paragraphe 9.7 de la
Résolution 1954 (2013) de l’Assemblée parlementaire, le Comité des Ministres
informe cette dernière qu’il examinera prochainement un projet de
Recommandation sur la protection des lanceurs d’alerte élaboré par
le Comité européen de coopération juridique (CDCJ), en vue de son
adoption.