Refuser l'impunité pour les meurtriers de Sergueï Magnitski
Réponse à Recommandation
| Doc. 13638
| 29 octobre 2014
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée
à la 1210e réunion des Délégués des Ministres (22 et 24 octobre
2014). 2014 - Commission permanente de novembre
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2031
(2014)
1. Concernant l'invitation lancée par l'Assemblée
parlementaire au Comité des Ministres pour qu’il examine des voies
et moyens d’améliorer la coopération internationale dans l’enquête
sur le cheminement emprunté par les fonds provenant des remboursements
d'impôts frauduleux dénoncés par M. Magnitski, le Comité note que
deux conventions du Conseil de l'Europe sont pertinentes dans ce
contexte et permettent, notamment, une coopération internationale
dans les enquêtes sur le blanchiment de fonds – la Convention relative
au blanchiment, au dépistage, à la saisie et à la confiscation des
produits du crime (STE n° 141)
Note et la Convention du Conseil
de l'Europe relative au blanchiment, au dépistage, à la saisie et
à la confiscation des produits du crime et au financement du terrorisme
(STCE n° 198)
Note.
2. En outre, le Comité d'experts du Conseil de l'Europe sur l'évaluation
des mesures de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement
du terrorisme (MONEYVAL) évalue le respect par ses membres de l'ensemble
des normes internationales pertinentes de nature juridique, financière
et répressive au moyen d'un mécanisme d'évaluation mutuelle par
les pairs. Si MONEYVAL ne traite pas de cas individuels, il s’efforce
de doter ses membres de la capacité de lutter contre le blanchiment
de fonds à l’intérieur de leurs frontières et de coopérer en vue
de prévenir le blanchiment de fonds transfrontalier. Au niveau international,
MONEYVAL collabore étroitement avec le Groupe d’action financière
sur le blanchiment de capitaux (GAFI). La Fédération de Russie est
membre de ces deux organismes. MONEYVAL a examiné un rapport de
la Fédération de Russie en 2008 et des rapports d'étape en 2009
et en 2011. Un nouveau rapport d'étape a été examiné en septembre 2014.
3. Le Comité rappelle que la mort tragique de M. Magnitski a
été discutée par le Comité des Ministres à deux reprises sur la
base de questions posées par des membres de l’Assemblée. En octobre
2011, dans une réponse à une première question écrite, le Comité
des Ministres a déclaré qu’il s’attendait à ce que l’enquête soit
menée « de manière rapide, effective et transparente afin de clarifier
les circonstances du décès de Sergeï Magnitski et de permettre d'identifier
les responsables et de les traduire en justice. »
4. L’Assemblée parlementaire invite également le Comité des Ministres
à examiner comment et par quels moyens il peut veiller à ce que
la Fédération de Russie participe pleinement à ces démarches et
amène les auteurs et les bénéficiaires, aussi bien des infractions
commises à l'encontre de M. Magnitski que de celles qu'il a dénoncées,
à rendre des comptes. A cet égard, le Comité renvoie à sa réponse
à la question écrite susmentionnée, où il insistait pour que les
allégations faites dans l’affaire Magnitski fassent l'objet d'une enquête
approfondie et que les responsables « soient identifiés et traduits
en justice ». Le Comité réitère son appel à mener une enquête efficace
et à traduire les responsables en justice.
5. Enfin, le Comité des Ministres note qu’une requête a été déposée
devant la Cour européenne des droits de l'homme par M. Magnitski,
que sa femme s’y est associée après sa mort, et qu’une deuxième
requête a ensuite été déposée par la mère de M. Magnitski. Ces affaires
sont toujours pendantes devant la Cour.