Le Service fédéral de la surveillance financière de la Fédération de Russie publie, sur son site web officiel, des listes de milliers de terroristes présumés qui englobent des journalistes de l’opposition comme les journalistes Mykola Semena et Anna Andrievska, qui ont travaillé pour Radio Free Europe/Radio Liberty en Ukraine sur le territoire de la Crimée illégalement occupé par la Russie. Cette pratique suit la publication de listes de personnes qui sont critiques à l’égard de l’actuel Gouvernement russe comme la «liste noire des ennemis de la Patrie» qui a été publiée en 2014 par des médias russes et sur laquelle figurait l’homme politique Boris Nemtsov, assassiné depuis lors, la liste de 89 personnes à «exécuter» publiée en 2006 sur l’Internet par le groupe nationaliste «Volonté russe» et, précédemment, la liste de 63 «ennemis de la Russie» que «le Parti national souverain de Russie», autre groupe nationaliste, a publiée et sur laquelle figurait la journaliste assassinée Anna Politkovskaya.
Les représentants de l’OSCE, de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe ont, à maintes reprises, exprimé leur inquiétude face à de telles chasses aux sorcières politiques qui conduisent à l’intimidation des journalistes ainsi qu’à des menaces physiques et à des agressions mortelles contre eux.
Les cas de Mykola Semena et d’Anna Andrievska, qui sont inculpés par des procureurs russes d’infraction pénale de «séparatisme» pour avoir fait état de l’occupation et de l’annexion illégales de la Crimée par la Russie, ont été intégrés dans la Plateforme du Conseil de l’Europe pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes. A la 10e réunion du Comité directeur sur les médias et la société de l’information (CDMSI) (28 juin – 1er juillet 2016), le délégué russe a affirmé que la Russie n’avait pas soutenu la création de la Plateforme et ne réagissait donc pas aux alertes.
En sa qualité d’Etat membre du Conseil de l’Europe, la Fédération de Russie s’est engagée à reconnaître «le principe de la prééminence du droit et le principe en vertu duquel toute personne placée sous sa juridiction doit jouir des droits de l’homme et des libertés fondamentales» et «à collaborer sincèrement et activement à la poursuite du but [du Conseil]» (article 3 du Statut).
M. Ariev,
demande au Comité des Ministres: