Lutter contre l’hypersexualisation des enfants
Réponse à Recommandation
| Doc. 14265
| 06 février 2017
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée
à la 1276e réunion des Délégués des Ministres
(1er février 2017). 2017 - Deuxième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2092
(2016)
1. Le Comité des Ministres
a pris note avec intérêt de la Recommandation 2092 (2016) de l’Assemblée parlementaire
«Lutter contre l’hypersexualisation des enfants» et l’a transmise
aux secteurs concernés pour commentaires
Note. Il l’a également portée
à l’attention des autorités des Etats membres. Le Comité des Ministres partage
la préoccupation de l’Assemblée concernant l’hypersexualisation
– ou simplement la sexualisation – des enfants et l’influence que
ce phénomène a sur leur perception de la société et d’eux-mêmes.
Il partage l’opinion selon laquelle pour prévenir cette tendance,
des mesures doivent être prises à différents niveaux, y compris
par les pouvoirs publics, les parents et les enseignants ainsi que
d’autres secteurs.
2. Pour lutter contre l’hypersexualisation des enfants, le Comité
des Ministres estime que les médias et l’éducation sont des domaines
cibles d’activités particulièrement importants pour développer des
actions préventives. A ce propos, il souhaite rappeler qu’il a adopté
un certain nombre de textes qui traitent des questions de la protection
des droits et de la dignité des enfants, et notamment la Convention
sur la protection des enfants contre l’exploitation et les abus
sexuels (Convention de Lanzarote), dont l’article 6 prévoit que
les Etats parties prennent les mesures nécessaires pour éduquer
et informer les enfants sur les risques de violences sexuelles,
ainsi que sur les moyens de se protéger. La Déclaration du Comité
des Ministres de 2009, «Faire de l'égalité entre les femmes et les
hommes une réalité dans les faits», appelle à prendre des mesures pour
encourager les professionnels des médias et, plus généralement,
le secteur de la communication à présenter une image non stéréotypée
des femmes et des hommes, ce qui s’applique aussi aux filles et
aux garçons. Le Comité souligne aussi l’importance de sa Recommandation
CM/Rec(2013)1 aux Etats membres sur l’égalité entre les femmes et
les hommes et les médias, notamment son appel en vue d’adopter un
cadre juridique approprié visant à faire respecter le principe de
la dignité humaine.
3. Le Comité des Ministres encourage également les Etats membres
à promouvoir une éducation aux médias tenant compte des différences
hommes-femmes – en ligne et hors ligne – pour les filles et les
garçons, les jeunes femmes et les jeunes hommes, afin de leur permettre
de se faire une opinion critique des représentations des genres
dans les médias et de décoder les stéréotypes sexistes. A cet égard,
il souligne l’importance de sa Recommandation
CM/Rec(2007)13 relative à l’approche intégrée de l’égalité entre les femmes
et les hommes dans l’éducation, notamment le fait de promouvoir
le rôle que peuvent jouer les médias dans l’enseignement et le développement
d’un sens critique chez les filles et les garçons à l’égard des conceptions
sexistes de la féminité, de la masculinité et des relations hommes-femmes
dans la société. Pour ce qui est des communications en ligne, le
Guide des droits de l’homme pour les utilisateurs d’internet du Conseil
de l’Europe est un outil qui permet aux enfants de comprendre et
d’exercer leurs droits dans l’environnement numérique.
4. Le Comité des Ministres souhaite aussi rappeler les recommandations
mises en avant lors de la Conférence du Conseil de l’Europe sur
«Les médias et l’image de la femme» (Amsterdam, 3-4 juillet 2013) concernant
le contenu des médias, les stéréotypes, le sexisme et la liberté
d’expression. D’un point de vue pratique, il signale les publications
pertinentes du Conseil de l’Europe, dont la compilation des bonnes pratiques
des Etats membres sur l’égalité entre les femmes et les hommes et
les médias et la compilation des bonnes pratiques pour promouvoir
une éducation exempte de stéréotypes de genre.
5. S’agissant du paragraphe 2 de la recommandation de l’Assemblée,
le Comité des Ministres souligne que la Stratégie du Conseil de
l’Europe pour les droits de l’enfant (2016-2021) prévoit que l’Organisation «continuera
de combattre les stéréotypes et le sexisme, notamment dans les médias
et l’éducation, ainsi que l’hypersexualisation». Il invite le CAHENF
à garder présent à l’esprit les recommandations de l’Assemblée dans
son travail. En outre, la Commission pour l’égalité de genre (GEC)
prépare actuellement un projet de recommandation pour lutter contre
le sexisme, qui tiendra compte de la nécessité de protéger les enfants contre
les différentes manifestations du sexisme. Le Comité des Ministres
invite le Comité directeur sur les médias et la société de l’information
(CDMSI) à continuer de porter toute l’attention requise à la protection
des enfants et à leur autonomisation dans toutes les activités relevant
de son mandat. Enfin, il invite le Comité ad hoc pour les droits
de l’enfant (CAHENF) à prendre en compte les recommandations formulées
dans ladite résolution, − dans la mesure où elle relève de sa compétence
et si son programme de travail le permet − et d’étudier la possibilité
de développer une activité spécifique visant à lutter contre l’hypersexualisation
des enfants, ainsi qu’à soutenir les activités ciblées menées par
d’autres organes du Conseil de l’Europe de manière transversale.