Le 14 juin, aux premières heures du jour, une tour d’habitation de l’ouest de Londres a pris feu. 79 personnes au moins ont trouvé la mort dans cet incendie, qui a également fait un grand nombre de blessés hospitalisés. Le feu, qui serait parti d’un réfrigérateur, s’est propagé à l’ensemble du bâtiment en raison des matériaux hautement inflammables utilisés pour son revêtement.
L’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme consacrent le droit à la vie. Les victimes de cette tragédie, qui aurait pourtant pu être totalement évitée, ont été privées de la jouissance de ce droit. Les tests effectués sur d’autres tours d’habitation au Royaume-Uni ont permis de déceler des défaillances identiques des matériaux utilisés, qui pourraient provoquer des incendies similaires et de nouvelles victimes.
Les 47 Etats membres du Conseil de l’Europe comptent un grand nombre de tours d’habitation. De nombreux citoyens sont donc exposés à des risques qui n’ont pas lieu d’être et pourraient être cause de décès et de lésions susceptibles de bouleverser l’existence de leurs victimes.
Les gouvernements de l’ensemble des Etats membres ont le devoir d’assurer la protection de leurs citoyens. Il importe qu’ils vérifient d’urgence les matériaux utilisés pour la construction des tours d’habitation et prévoient des mesures d’urgence pour remédier à tout défaut constaté.
L’Assemblée parlementaire pourrait jouer un rôle moteur en faveur de la coopération des gouvernements, de la mise en commun des bonnes pratiques et de la garantie de la sécurité des citoyens. Il est indispensable de formuler des recommandations de manière à tirer des enseignements du tragique incendie de Grenfell et d’initier sans tarder un programme d’action en ce sens.