L’Assemblée demande par ailleurs aux États membres et aux
institutions de l’Union européenne, en plus de mettre en place les
garanties accompagnant l’externalisation du contrôle des migrations
décrites ci-dessus:
12.1 de faire
progresser la ratification de la Convention européenne des droits
de l’homme par l’Union européenne pour supprimer le vide juridique,
afin de permettre les recours contre les politiques extérieures
de l’Union européenne;
12.2 de renforcer le partage des responsabilités, en premier
lieu en honorant leur engagement de réinstaller 50 000 réfugiés
(dont 4 252 seulement avaient été transférés en mai 2018), en accordant
une préférence aux plus vulnérables;
12.3 dans le contexte de l’accord UE-Turquie, d’améliorer la
flexibilité de la mise en œuvre des programmes de l’Union européenne
afin de fournir des réponses plus rapides et appropriées, et de remplir
les obligations de l’Union européenne contractées dans le cadre
de l’accord;
12.4 de sensiblement améliorer, étendre et prolonger le soutien
apporté aux pays et aux communautés d’accueil, surtout ceux et celles
qui sont concernés par des déplacements massifs de réfugiés, afin
d’offrir une protection, une assistance et des solutions durables
aux réfugiés. Ce soutien ne devrait pas être subordonné à une coopération
au retour ou au contrôle des frontières. L’Union européenne devrait
soutenir pleinement le projet de pacte mondial sur les réfugiés;
12.5 de faire en sorte que l’Union européenne réalise des études
d’impact approfondies sur les droits de l’homme, notamment en ce
qui concerne le principe de non-refoulement, à la fois avant la
mise en œuvre des accords pouvant avoir des répercussions sur ces
droits, et après leur mise en œuvre. Ces études devraient évaluer
notamment les effets sur les droits de l’homme, que ceux-ci soient
directs ou indirects, intentionnels ou non;
12.6 de reconnaître la responsabilité et de renforcer l’obligation
de rendre des comptes pour des violations des droits de l’homme
commises dans des pays tiers si ces violations résultent d’accords formels
ou informels portant sur le contrôle des flux migratoires, conclus
entre l’Union européenne ou ses États membres et ces pays, et de
veiller à ce que les migrants concernés par cette coopération disposent
de voies de recours légal effectives vis-à-vis des institutions
et des États membres de l’Union européenne;
12.7 de ne pas subordonner le financement des programmes de
coopération en faveur des pays en développement à leur acceptation
d’un contrôle délégué des migrations, cette tâche devant relever
de la responsabilité des États membres de l’Union européenne;
12.8 d’exercer un contrôle plus strict sur la manière dont
les fonds destinés au contrôle des migrations sont dépensés et de
veiller à ce qu’une grande partie des dépenses soit consacrée au
bien-être et aux droits de l’homme des migrants au cours de toutes
les procédures;
12.9 d’introduire plus de transparence dans les rapports sur
la façon dont les financements de l’Union européenne sont dépensés,
et de créer davantage de mécanismes d’évaluation et d’obligations
de rendre des comptes pour les investissements faits dans le contexte
de la dimension externe des politiques de migration de l’Union européenne;
12.10 de veiller à ce que tous les accords de coopération sur
la migration conclus avec des pays tiers, qu’ils soient formels
ou non formels, y compris les accords de nature politique, soient
traités conformément aux principes et aux valeurs contenus dans
les traités internationaux et dans la Charte des droits fondamentaux
de l’Union européenne;
12.11 dans le contexte de l’accord UE-Turquie, de s’assurer
que les demandeurs d’asile en Turquie ont un réel accès à des procédures
de demande d’asile opérantes, que les réfugiés jouissent de manière effective
de tous les droits prévus dans la Convention relative au statut
des réfugiés, y compris l’accès au marché du travail, et que les
réfugiés syriens peuvent quitter leur pays si nécessaire;
12.12 de mener des études régulières et approfondies pour évaluer
l’impact sur les droits de l’homme de l’accord UE-Turquie, en conformité
avec la décision de janvier 2017 de la médiatrice européenne relative
aux plaintes nos 506-509-674-784-927-1381/2016/MHZ
contre la Commission européenne concernant une évaluation des conséquences
pour les droits de l’homme dans le contexte de l’accord EU-Turquie,
«puisque raisonnablement et nécessairement la mise en œuvre de l’accord
a des conséquences (a) sur les droits de l’homme des migrants (directes
ou indirectes) et (b) sur la capacité de l’Union européenne et des
États membres concernés de s’acquitter de leurs obligations en matière de
droits de l’homme». Afin d’assumer sa responsabilité, l’Union européenne
devrait garantir la possibilité de réparation juridique pour les
personnes dont les droits ont été bafoués par cet accord;
12.13 de garantir que les normes relatives au principe du pays
tiers sûr dans le règlement sur les procédures d’asile à venir sont
en conformité avec le droit international sur les droits de l’homme,
en demandant que les pays tiers remplissent toutes les obligations
émanant de la Convention européenne des droits de l’homme et de
la Convention relative au statut des réfugiés, dans la législation
et dans la pratique, et qu’il y ait un lien significatif entre les
réfugiés et le pays tiers concerné.