Déclaration de Copenhague: évaluation et suivi
Réponse à Recommandation
| Doc. 14616
| 14 septembre 2018
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la 1323e réunion
des Délégués des Ministres (12 septembre 2018). 2018 - Quatrième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2129
(2018)
1. Le Comité des Ministres se félicite de
la
Recommandation 2129 (2018) de
l’Assemblée parlementaire sur la «Déclaration de Copenhague: évaluation
et suivi», qu’il a transmise au Comité directeur pour les droits de
l’homme (CDDH).
2. Depuis l’adoption de la
Recommandation
2129 (2018), la Déclaration de Copenhague a été endossée par
le Comité des Ministres à sa 128e session,
tenue le 18 mai 2018 à Elseneur (Danemark). A cette occasion, le
Comité des Ministres a invité l’ensemble des acteurs à donner pleinement
effet aux parties de la Déclaration qui les concernent directement,
y compris l’Assemblée parlementaire, et a décidé de continuer de
donner la priorité à l’efficacité à long terme du système de la
Convention. Il a demandé un rapport sur la question pour la prochaine
session ministérielle en mai 2019 à Helsinki.
3. Le Comité des Ministres note pour s’en féliciter que l’Assemblée
approuve des aspects clés de la Déclaration, en particulier, la
réaffirmation claire de l’engagement des États en faveur du système
de la Convention et leur attachement fort à l’égard du droit de
recours individuel devant la Cour européenne des droits de l’homme.
La Déclaration de Copenhague, qui réaffirme ces points fondamentaux,
présente une grande cohérence avec les déclarations précédentes
à haut niveau qui ont lancé et dirigé ce processus important de
réforme du système de la Convention. En outre, il est clair que
les analyses du Comité et de l’Assemblée coïncident largement pour
ce qui est des grands défis que le système de la Convention doit relever
aujourd’hui.
4. En ce qui concerne les sujets de préoccupation de l’Assemblée
énoncés au paragraphe 6 de sa Recommandation, le Comité des Ministres
souhaite faire les observations suivantes. Alors que l’Assemblée s’inquiète
de voir que la Déclaration propose peu de solutions nouvelles (paragraphe 6.1),
le Comité souligne que le texte s’inscrit délibérément dans le droit
fil des déclarations adoptées lors des conférences à haut niveau précédentes,
en particulier la Déclaration de Bruxelles, et de l’analyse approfondie
figurant dans le rapport 2015 du CDDH sur l’avenir à long terme
du système de la Convention (les deux textes étant évoqués au paragraphe 16
de la Déclaration de Copenhague). En ce qui concerne l’exécution
des arrêts, le texte endosse explicitement l’éventail complet de
recommandations figurant dans le Plan d’action adopté lors de la conférence
de Bruxelles. Il ne faut cependant pas sous-estimer les éléments
nouveaux que la Déclaration de Copenhague a ajoutés au processus
de réforme. Ceux-ci visent à adapter le système de la Convention
et à le doter des outils nécessaires pour assurer une protection
effective et durable des droits de l’homme en Europe, au vu des
défis récurrents actuels.
5. En ce qui concerne la préoccupation liée au dialogue entre
les niveaux nationaux et européens (paragraphe 6.2), il ressort
clairement du passage pertinent de la Déclaration (voir en particulier
le paragraphe 33) que ce dialogue est censé faire partie intégrante
de la responsabilité partagée, notion-clé qui guide le processus
de réforme dont le but est de renforcer la protection des droits
de l’homme. La nature plurielle du dialogue, tel qu’il est pratiqué
actuellement dans le cadre du système de la Convention, est reflétée et
affirmée au paragraphe 37 de la Déclaration. Les idées présentées
dans les quatre paragraphes suivants de la Déclaration visent à
développer de nouvelles formes d’interaction avec la Cour. Il convient
de rappeler que, dans ses observations sur le premier projet de
Déclaration, la Cour s’était déclarée sensible aux idées figurant
aux paragraphes 38 et 39 du texte et qu’en outre, elle a expressément
indiqué qu’elle était favorable au paragraphe 40. En ce qui concerne
le paragraphe restant de cette partie de la Déclaration, il ressort clairement
de son libellé que les débats prévus lors de la réunion informelle
envisagée avec des représentants des États et d’autres parties prenantes,
seront menés de façon à respecter l’indépendance de la Cour et le caractère
contraignant de ses arrêts.
6. Le troisième sujet de préoccupation (paragraphe 6.3) porte
sur la manière dont la Déclaration reflète le rôle et la contribution
des acteurs du système de la Convention comme l’Assemblée elle-même,
les parlements nationaux, le Commissaire aux droits de l’homme du
Conseil de l’Europe et la société civile. Il convient de répéter
ici que la Déclaration se fonde expressément sur les documents existants
relatifs à la réforme, en particulier la Déclaration de Bruxelles,
qui reconnaît et encourage amplement les parties prenantes précitées à
contribuer à la mise en œuvre de la Convention et à l’exécution
des arrêts de la Cour. En outre, le rôle-clé des parlements nationaux
pour s’assurer que la législation et la politique internes soient
compatibles avec la Convention, ainsi que l’Assemblée l’a préconisé
à maintes reprises, est affirmé expressément dans la Déclaration
de Copenhague (au paragraphe 16).
7. En ce qui concerne les points abordés au paragraphe 7 de la
Recommandation, le Comité des Ministres assure l’Assemblée de sa
détermination à améliorer la situation s’agissant du défi principal
auquel le système de la Convention est confronté en ce qui concerne
la mise en œuvre au niveau national. Conformément au rôle que lui
confère l’article 46 de la Convention, il s’attaquera aux manquements
à l’obligation d’exécuter les arrêts de la Cour de manière ouverte
et déterminée. À cet égard et à d’autres, il gardera à l’esprit
les idées et suggestions présentées par l’Assemblée dans les divers
documents évoqués au paragraphe 7.1.
8. Le langage très clair utilisé dans la Déclaration (voir plus
haut) répond à l’invitation lancée par l’Assemblée au paragraphe
7.2 de respecter l’indépendance de la Cour. Ainsi qu’il a été précisé,
l’interaction avec la Cour en cas de graves questions d’importance
générale et d’importantes questions de principe est envisagée essentiellement
dans le cadre procédural actuel. Il appartient en dernier ressort
à la Cour de décider des modalités d’une telle interaction, en vertu
du pouvoir règlementaire qui lui est attribué par l’article 26 de
la Convention. Il importe d’ajouter ici que, dans le cadre des suites
données à la Déclaration, le Comité des Ministres a chargé le CDDH
de poursuivre son travail sur les questions d’immunité et de situation professionnelle
des juges une fois qu’ils ont achevé leur mandat. Ces questions
ont été soulevées auparavant par la Cour étant donné qu’elles touchent
au principe de l’indépendance judiciaire.
9. Pour ce qui est d’associer pleinement l’ensemble des acteurs
du système de la Convention (paragraphe 7.3), il convient de mentionner
le passage de la Déclaration concernant le processus de sélection et
d’élection des juges, qui prône un esprit total et ouvert de coopération
entre l’Assemblée parlementaire et le Comité des Ministres pour
examiner l’ensemble du processus. Étant donné l’importance manifeste
d’élire à la Cour les juges les plus qualifiés possible, ce qui
est fondamental pour son autorité, le Comité prévoit d’entamer ce
débat avec l’Assemblée dans un proche avenir. Plus généralement,
le Comité espère bénéficier des contributions futures de l’Assemblée,
y compris pour l’évaluation qui doit être réalisée en 2019 de l’incidence
de l’ensemble des mesures de réforme adoptées depuis la conférence
d’Interlaken.
10. Enfin, le Comité relève que le processus de réforme n’a pas
été limité aux milieux intergouvernementaux, mais qu’il est plus
large et plus inclusif. L’appel à contributions ouvert à tous, organisé par
le CDDH dans le cadre de son examen de l’avenir à long terme du
système de la Convention en est la meilleure illustration. Par ce
biais, le débat sur la réforme a été enrichi par la participation
et l’apport de beaucoup d’autres acteurs, y compris des institutions
nationales chargées de la défense des droits de l’homme, des organisations
de la société civile, des organes représentatifs des professions
juridiques, des membres des milieux universitaires et des personnes
intéressées. C’est dans cet esprit que le Comité des Ministres entend
mettre en œuvre les étapes ultérieures de la réforme.