Besoins et droits humanitaires des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays en Europe
Réponse à Recommandation
| Doc. 14794
| 11 janvier 2019
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la 1333e réunion
des Délégués des Ministres (9 janvier 2019). 2019 - Première partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2126
(2018)
1. Le Comité des Ministres a examiné la
Recommandation 2126 (2018) de
l’Assemblée parlementaire «Besoins et droits humanitaires des personnes
déplacées à l’intérieur de leur propre pays en Europe» et l’a portée
à l’attention des États membres. Il l’a également transmise au Comité
directeur pour les droits de l’homme (CDDH) et au Comité des Conseillers
juridiques sur le droit international public (CAHDI), pour information
et observations éventuelles.
2. Le Comité des Ministres rappelle que, nonobstant les droits
et obligations des autres États ou organisations internationales
concernées en vertu du droit international, s’agissant de protéger
les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et les
droits de ces personnes, ainsi que de leur fournir une assistance
humanitaire, la responsabilité première incombe à l’État concerné,
comme indiqué dans sa Recommandation
Rec(2006)6 sur
les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays. Cette
même Recommandation prévoit, entre autres, que les personnes déplacées
à l’intérieur de leur propre pays ont le droit de regagner leur
foyer ou leur lieu de résidence habituel, ce de manière volontaire,
en toute sécurité et dans la dignité, ou de se réinstaller dans
une autre partie du pays, conformément à la Convention européenne des
droits de l’homme. De plus, les personnes déplacées à l’intérieur
de leur propre pays ont le droit de jouir de leurs biens, conformément
aux droits de l’homme.
3. Le Comité des Ministres souligne la nécessité d’appliquer
aux personnes déplacées dans leur propre pays au sein des États
membres toutes les obligations pertinentes au titre du droit international
humanitaire dans des situations de conflit armé ainsi que du droit
international des droits de l’homme, notamment de la Convention
européenne des droits de l’homme («la Convention») telle qu’interprétée
par la Cour européenne des droits de l’homme («la Cour»). En outre,
il rappelle que la Cour a reconnu que le fait d’éloigner des personnes
arbitrairement de leur lieu habituel de résidence constitue une
violation de la Convention, et qu’il est crucial de garantir leurs
droits de l’homme et d’exécuter les arrêts les concernant.
4. Le Comité des Ministres reconnaît pleinement combien il est
important de garantir en priorité et en urgence l’exécution des
arrêts de la Cour concernant des personnes déplacées à l’intérieur
de leur propre pays. Un certain nombre d’affaires sont pendantes
concernant ces dernières; ces affaires révèlent des problèmes structuraux
importants et complexes, pour bon nombre liés à des conflits prolongés
et des situations post-conflit qui se posent dans certaines régions.
Le Comité des Ministres continuera d’employer tous les outils à
sa disposition, y compris les procédures prévues aux articles 46
paragraphes 3 et 4 de la Convention, dans son importante mission
consistant à surveiller l’exécution des arrêts de la Cour. Le Comité
des Ministres reconnaît également l’importance d’apporter un soutien
aux États s’agissant de traiter des processus d’exécution complexes,
en particulier dans des situations liées à des zones de conflits
non résolus.
5. À la lumière de ces considérations, le Comité des Ministres
n’estime pas opportun de donner suite aux mesures proposées au paragraphe
3 de la Recommandation.