Pour des parlements sans sexisme ni harcèlement sexuel
Réponse à Recommandation
| Doc. 14967
| 24 septembre 2019
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la 1354e réunion
des Délégués des Ministres (18 septembre 2019). 2019 - Quatrième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2152
(2019)
1. Le Comité des Ministres a examiné avec
attention la
Recommandation
2152 (2019) de l’Assemblée parlementaire intitulée «Pour
des parlements sans sexisme ni harcèlement sexuel». Il l’a portée
à l’attention des gouvernements des États membres et l’a communiquée
aux instances concernées
Note pour information et commentaires éventuels.
2. La promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes,
ainsi que la lutte contre la violence à l’égard des femmes et contre
le sexisme s’inscrivent parmi les objectifs clés de l’Organisation.
Ces questions ont été suivies de près par plusieurs présidences
récentes du Comité des Ministres qui ont organisé différents événements
importants, notamment pour le lancement de la Stratégie pour l’égalité
entre les femmes et les hommes (2018-2023) (Copenhague, mai 2018)
et pour la promotion de la lutte contre les stéréotypes et le sexisme
(Helsinki, mars 2019). Il y a lieu de mentionner également la conférence
organisée fin mai 2019 sous les auspices de la Présidence française
du Comité des Ministres et en coopération avec le Bureau de la Rapporteuse
spéciale des Nations Unies, sur la violence contre les femmes, ses
causes et ses conséquences. À cette occasion, les participants ont
souligné l’importance qui s’attache à mettre un terme à la violence
à l’égard des femmes et des filles, au sexisme et au harcèlement
sexuel et à les dénoncer quels que soient les lieux ou les circonstances
où ils se manifestent, y compris au sein des parlements.
3. Le Comité des Ministres salue les initiatives prises par l’Assemblée
parlementaire dans le cadre du suivi du Forum mondial de la démocratie
de 2018 sur les questions relatives au sexisme et à la violence
dont les femmes sont victimes en politique. Il se félicite en particulier
de l’initiative #PasDansMonParlement lancée par l’Assemblée à la
suite de la publication d’une étude révélant des niveaux alarmants
de sexisme, de harcèlement et de violence à l’égard des femmes dans
les parlements nationaux. Le Comité des Ministres a pris bonne note
des recommandations de l’Assemblée visant notamment à ce que ces
questions soient prises en compte au niveau de la coopération intergouvernementale
et internationale, ainsi que dans l’assistance et la coopération
électorales.
4. À cet égard, il tient à souligner que de nombreuses activités
sont menées au sein de l’Organisation pour combattre la violence
politique à l’égard des femmes et le sexisme. La Stratégie pour
l’égalité entre les femmes et les hommes (2018-2023) aborde différents
aspects de cette question, en s’appuyant notamment sur la Recommandation
Rec(2003)3 sur
la participation équilibrée des femmes et des hommes à la prise
de décision politique et publique et sur le suivi de ce texte. Elle
fait également référence à d’autres facteurs, dont le sexisme, qui
peuvent avoir un impact négatif sur l'équilibre entre les sexes
et l'égalité des chances pour les femmes politiques. Sur ce point,
la Recommandation
CM/Rec(2019)1 du
Comité des Ministres sur la prévention et la lutte contre le sexisme
prévoit un certain nombre d'éléments de politique publique pertinents pour
prévenir et combattre les actes sexistes également sur la scène
politique. Il y a également à noter que la question de l’égalité
entre les femmes et les hommes et notamment la représentation des
femmes politiques dans les médias lors des campagnes électorales
a fait l’objet d’une étude par le comité compétent du Conseil de
l’Europe.
5. Les initiatives du Conseil de l’Europe en matière d’égalité
des sexes et de lutte contre le sexisme et la violence à l’égard
des femmes fonctionnent en étroite coopération entre les entités
compétentes de l’Organisation. Le Comité des Ministres note par
ailleurs la possibilité de développer l’échange d’informations et
la mise en commun de bonnes pratiques dans le cadre d’interactions
spécifiques et d’initiatives conjointes sur ce sujet entre la Commission
pour l’égalité de genre (GEC) et les instances compétentes de l’Assemblée.
6. S’agissant des remarques faites par l’Assemblée parlementaire
au paragraphe 6.1 de sa recommandation, le Groupe d’experts sur
la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique
(GREVIO) a informé le Comité des Ministres qu’il souscrit à l’importance
des données pour lutter contre la violence à l’égard des femmes
en politique. Il s’est dit prêt à inclure les violences subies par
les femmes en politique dans sa première procédure d’évaluation
de référence, lorsque des informations sur de telles violences sont
mentionnées dans les rapports étatiques ou parallèles. Par ailleurs,
il encourage l’Assemblée à suivre les résultats et conclusions des
rapports d’évaluation du GREVIO et les recommandations du Comité
des Parties visant à assurer la pleine mise en œuvre de la Convention
d’Istanbul, y compris pour mettre fin à la violence à l’égard des
femmes en politique.
7. Par ailleurs, la Conférence des OING a pris note avec intérêt
du paragraphe 6.2 de la recommandation dans lequel l’Assemblée parlementaire
l’encourage «à élaborer, à l’intention des organisations non gouvernementales
nationales et des groupes de la société civile, un modèle de collecte
de données et d’informations sur la violence à l’égard des femmes
en politique». À travers ses instances compétentes, la Conférence
des OING s’efforcera de développer un tel modèle à l’intention des
ONG et des organisations de la société civile.