Protéger et soutenir les victimes de terrorisme
Réponse à Recommandation
| Doc. 15124
| 14 août 2020
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1 380e réunion des Délégués des Ministres
(1er juillet 2020). 2020 - Commission permanente de septembre
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2164
(2019)
1. Le Comité des Ministres
a examiné attentivement la
Recommandation
2164 (2019) «Protéger et soutenir les victimes du terrorisme» de
l’Assemblée parlementaire et l’a transmise au Comité de lutte contre
le terrorisme (CDCT) et au Comité directeur pour les droits de l’homme
(CDDH), pour information et commentaires éventuels.
2. La lutte contre le terrorisme et la protection des victimes
du terrorisme sont, de longue date, une préoccupation majeure du
Conseil de l’Europe. Il est important d’accroître la collaboration
pour lutter contre le terrorisme quels qu’en soient les auteurs,
le lieu et les raisons, y compris de prendre les mesures appropriées pour
combattre l’incitation publique à commettre une infraction terroriste
et la propagande en faveur du terrorisme. Plusieurs instruments
juridiques ont été adoptés dans ce domaine depuis les années 70
et servent de base à la coopération judiciaire et des forces de
l’ordre entre les États membres. Le Comité des Ministres appelle
ainsi les États qui ne l’ont pas encore fait à ratifier sans tarder
la Convention du Conseil de l’Europe pour la prévention du terrorisme
(STCE n° 196) et son Protocole additionnel (STCE n° 217).
3. Le Comité des Ministres convient avec l’Assemblée parlementaire
qu’il est essentiel de donner une forte dimension internationale
à l’assistance aux victimes du terrorisme, non seulement en Europe
mais dans le monde entier. Concernant la situation des victimes
du terrorisme en Europe, le Comité des Ministres considère qu’il
est nécessaire d’intensifier la coordination et la coopération dans
ce domaine entre le Conseil de l’Europe et les Nations Unies, l’OSCE
et d’autres organisations régionales pour exploiter les synergies
et pour éviter tout chevauchement inutile d’activités. Il encourage
particulièrement la coopération en cours entre le Conseil de l'Europe
et l'Union européenne, notamment sous la forme de projets communs
concrets pour développer et mettre en œuvre des normes communes.
4. À cette fin, les États membres du Conseil de l’Europe ont
déjà pris un certain nombre de mesures importantes à travers l’adoption
des Lignes directrices révisées du Comité des Ministres sur la protection
des victimes d’actes terroristes (2017). Ces dernières prévoient
entre autres que les États fournissent un cadre juridique et administratif
approprié aux victimes d’actes terroristes sans aucune discrimination.
En juin 2019, la Présidence française du Comité des Ministres a
organisé, en coopération avec le CDDH, un atelier consacré à la
protection des victimes d’actes terroristes, dans le but de mieux
faire connaître ces Lignes directrices et de partager les bonnes
pratiques concernant leur mise en œuvre au niveau national.
5. Il convient également de mentionner l’évaluation de la mise
en œuvre de l’article 13 de la Convention du Conseil de l’Europe
pour la prévention du terrorisme, menée par la Consultation des
Parties à cette Convention, et la décision du CDCT, sur la base
de cette évaluation, de faire de la situation des personnes qui sont
victimes d’un attentat terroriste hors du territoire de leur propre
État (activité 3.3 de la Stratégie du Conseil de l’Europe contre
le terrorisme 2018-2022) l’une de ses priorités. De plus, en mai
2019, le CDCT a décidé de mettre en place un réseau de points de
contact pour l’échange d’informations procédurales concernant le
statut juridique des victimes du terrorisme. Ce réseau, opérationnel
depuis le 1er novembre 2019, vise à acquérir
une portée mondiale, en intégrant non seulement les États membres
du Conseil de l’Europe, mais aussi tout autre État intéressé dans
le monde entier.
6. Le Comité des Ministres souligne que, dans le cadre de ses
activités, le CDCT continuera de tenir régulièrement des échanges
entre ses membres et ses participants concernant la situation des
victimes du terrorisme dans les États membres du Conseil de l’Europe,
ainsi que sur les bonnes pratiques en matière d’assistance et d’indemnisation
de ces victimes. Il rappelle que l’Assemblée parlementaire bénéficie
du statut de participant dans tous les comités intergouvernementaux
et l’invite à y être représentée.
7. Enfin, concernant la proposition de l’Assemblée parlementaire
relative à l’adoption d’une charte européenne des droits des victimes
du terrorisme (paragraphe 4.3 de la recommandation), le Comité des Ministres
informe l’Assemblée que la faisabilité d’une telle initiative par
le Conseil de l’Europe sera examinée par les comités directeurs
compétents. Il tiendra l’Assemblée informée de tout développement
quant à cette initiative.