Crise climatique et État de droit
Recommandation 2214
(2021)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion
par l’Assemblée le 29 septembre 2021 (27e séance)
(voir Doc. 15353, rapport de la commission des questions sociales, de
la santé et du développement durable, rapporteure: Mme Edite
Estrela; et Doc. 15354, avis de la commission des questions juridiques et des
droits de l'homme, rapporteur: M. Norbert Kleinwaechter). Texte adopté par l’Assemblée le
29 septembre 2021 (27e séance).
1. L’Assemblée parlementaire renvoie
à sa
Résolution 2399
(2021) «Crise climatique et État de droit». La Terre
est entrée dans l’ère de l’anthropocène et des changements irréversibles
ont été opérés. Malgré des engagements forts pris à l’occasion de
la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
et de l’Accord de Paris, un scénario noir n’est pas exclu. La crise
climatique représente un défi local, national, régional et mondial qui
s’impose à l’humanité.
2. La crise climatique est un péril systémique qui éprouve institutions
et sociétés. Elle interroge nos capacités de riposte contre des
risques et des vulnérabilités qui n’avaient pas été appréhendés
à leur juste valeur, en temps et en heure. Comme la pandémie de
covid-19, cette crise décuple les effets des autres crises: sociale,
économique et démocratique.
3. L’Assemblée est persuadée que le Conseil de l’Europe peut
contribuer à la mise en place d’une résilience climatique face à
la surchauffe planétaire, en s’appuyant sur l’État de droit, la
démocratie et les droits humains. L’État de droit régule la capacité
des institutions à jouer leur rôle dans le respect de la séparation
des pouvoirs et face à l’adversité. L’Assemblée invite le Comité
des Ministres à réintégrer dans les travaux intergouvernementaux
du Conseil de l’Europe sa mission de protection de l’environnement
en tant que priorité.
4. Consciente des immenses changements de mentalités et d’attitudes
nécessaires pour relever le défi de la crise climatique, l’Assemblée
souligne, avec gravité, l’importance des efforts requis. Les dernières possibilités
d’enrayer la crise climatique devront être tentées au cours des
neuf prochaines années, puisque, au-delà, il pourrait être trop
tard. Par conséquent, l’Assemblée appelle l’Organisation à mobiliser
tous les partenaires aux niveaux local, national, régional et mondial
pour qu’ils promeuvent promptement ces changements et partagent
les résultats de leurs expérimentations.
5. L’Assemblée recommande au Comité des Ministres:
5.1 d’intégrer les objectifs du
développement durable et de la lutte contre la crise climatique
dans l’ensemble des activités et opérations du Conseil de l’Europe,
y compris dans la préparation des stratégies et plans d’action;
5.2 d’encourager les partenaires du Conseil de l’Europe, qu’ils
soient publics ou privés, à mettre en œuvre les engagements des
États en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre;
5.3 d’évaluer et de limiter l’impact environnemental du Conseil
de l’Europe aux niveaux local, national, régional et international
afin d’en améliorer la soutenabilité;
5.4 de renforcer la coopération avec les autres organisations
internationales, en particulier les Nations Unies, l’Organisation
mondiale de la santé et l’Union européenne, afin de consolider les initiatives
prises pour faire face aux problèmes de la crise climatique.