Préserver les minorités nationales en Europe
Réponse à Recommandation
| Doc. 15464
| 02 mars 2022
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la 1426e réunion
des Délégués des Ministres (23 février 2022). 2022 - Deuxième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2198
(2021)
1. Le Comité des Ministres a examiné attentivement
la
Recommandation 2198
(2021) de l’Assemblée parlementaire «Préserver les minorités
nationales en Europe». Il a transmis le texte au Comité directeur
sur l’anti-discrimination, la diversité et l’inclusion (CDADI) pour
information et commentaires éventuels. Le Comité des Ministres partage
l'avis de l'Assemblée parlementaire selon lequel toutes les parties
prenantes devraient investir des efforts accrus pour mettre pleinement
en œuvre les recommandations des organes de suivi pertinents du
Conseil de l'Europe et que le dialogue avec la société civile devrait
être encore renforcé. Il prend note de la première des priorités
fixées par la récente Présidence hongroise du Comité des Ministres
du Conseil de l'Europe, «la promotion de la protection effective
des personnes appartenant à des minorités nationales», et des manifestations
organisées à Strasbourg et à Budapest pour mettre ce thème en lumière.
2. En ce qui concerne le paragraphe 3.1. de la recommandation,
qui appelle à renouveler les efforts pour mettre pleinement en œuvre
les recommandations des organes de suivi du Conseil de l'Europe,
comme moyen de préserver la diversité linguistique, ethnique, religieuse
et culturelle, le Comité rappelle qu'il a créé relativement récemment
le CDADI pour piloter les travaux intergouvernementaux du Conseil
de l'Europe visant à promouvoir l'égalité pour tous. Le CDADI a
notamment reçu le mandat de contribuer à la sauvegarde des droits
des personnes appartenant à des minorités nationales et à l'utilisation
des langues régionales ou minoritaires. Il a aussi adopté récemment
une «Étude sur la participation politique active des jeunes issus
de minorités nationales dans les États membres du Conseil de l'Europe»
Note.
Le CDADI offre donc un nouveau forum intergouvernemental pour travailler
sur la protection des droits des personnes appartenant à des minorités nationales
et sur l'utilisation des langues régionales ou minoritaires.
3. En ce qui concerne le paragraphe 3.2. de la recommandation
sur l'adoption rapide des résolutions au titre de la Convention-cadre
pour la protection des minorités nationales (FCNM), le Comité des
Ministres se félicite des réformes des mécanismes de suivi non seulement
en ce qui concerne la FCNM mais aussi la Charte européenne des langues
régionales ou minoritaires (la Charte) en 2018 et 2019. De nouvelles
mesures telles que l'introduction d'un dialogue confidentiel avec
les États parties ont déjà montré des effets positifs: les résolutions
sur la mise en œuvre de la FCNM par les États parties ont été adoptées
plus rapidement et l'arriéré de résolutions en attente d'adoption
a été résorbé.
4. En ce qui concerne le paragraphe 3.3. de la recommandation
sur la coopération entre le Comité consultatif de la FCNM et la
Commission européenne pour la démocratie par le droit (Commission
de Venise), le Comité note que tous deux se réfèrent régulièrement
dans leurs travaux à l'autre organe et se réjouit de l'échange entre
eux. Bien qu'il faille garder à l'esprit que les deux organes sont
indépendants et ont des mandats distincts, ils pourraient être encouragés
à explorer les moyens de renforcer davantage leur coopération en
ce qui concerne la protection des personnes appartenant à des minorités
nationales.
5. Dans le domaine de la coopération avec la société civile (paragraphe
3.4. de la recommandation), le Comité des Ministres observe que
les organisations non gouvernementales (ONG) disposent déjà aujourd’hui
d'une large plateforme pour contribuer à la réalisation des objectifs
du Conseil de l'Europe au sein de la Conférence des organisations
internationales non gouvernementales (OING). Le Conseil de l'Europe organise
par ailleurs des réunions de dialogue biannuelles avec la société
civile des Roms et des Gens du voyage qui comprennent des échanges
sur la FCNM et la Charte. Le CDADI et ses sous-structures ont impliqué
la société civile de manière intense dans leurs travaux, y compris
sur la participation politique active des jeunes des minorités nationales.
Les ONG ont en outre un accès direct aux organes de suivi de la
FCNM et de la Charte par le biais d'une invitation permanente à
leur transmettre des rapports alternatifs ou toute autre information,
et par une invitation systématique à rencontrer les délégations
de ces organes lors de leurs visites de suivi. Afin de faciliter
davantage la coopération avec la société civile, le résumé et les
principales recommandations des récents avis du Comité consultatif
de la FCNM sont systématiquement traduits dans les langues officielles
de l'État partie concerné et des efforts sont faits pour que les
rapports du Comité d’experts de la Charte soient disponibles dans
les langues officielles.
6. Tout en gardant à l'esprit l'appel de l'Assemblée parlementaire
en faveur de l’établissement d'une plate-forme, le Comité des Ministres
estime que ce large éventail de mécanismes de coopération avec la
société civile fonctionne actuellement de manière efficace.