À la lumière de ces considérations, l’Assemblée appelle les
États membres et observateurs du Conseil de l’Europe, ainsi que
tous les États dont les parlements bénéficient du statut de partenaire
pour la démocratie:
6.1 à adopter
une stratégie ou un plan d’action national pour prévenir et combattre
l’antisémitisme, et promouvoir la vie juive, et à allouer un financement
suffisant pour sa mise en œuvre;
6.2 à criminaliser la négation, la banalisation ou l'apologie
de l'Holocauste, si tel n’est pas encore le cas;
6.3 à veiller à ce que la profanation des biens et des monuments
juifs soit condamnée;
6.4 en cas d'infraction pénale, à veiller à ce qu'un motif
fondé sur la «race», l'origine nationale ou ethnique, la religion
ou les convictions constitue une circonstance aggravante;
6.5 à signer et à ratifier le Protocole n° 12 à la Convention
européenne des droits de l'homme (STE no 177),
si tel n'est pas encore le cas;
6.6 à signer et à ratifier le Protocole additionnel à la Convention
sur la cybercriminalité, relatif à l'incrimination d’actes de nature
raciste et xénophobe commis par le biais de systèmes informatiques (STE
no 189), si tel n'est pas encore le cas;
6.7 à mettre pleinement en œuvre la Recommandation de politique
générale n° 9 révisée de l'ECRI sur la prévention et la lutte contre
l'antisémitisme;
6.8 à veiller à ce que la législation condamnant le discours
de haine antisémite et d’autres formes de discours de haine soit
appliquée, à faire de la lutte contre l’antisémitisme en ligne une
priorité, à prendre des mesures spécifiques pour sanctionner le
discours de haine en ligne, y compris des amendes, et à faire appel
à la responsabilité des médias sociaux pour supprimer les contenus
antisémites;
6.9 à nommer un·e envoyé·e spécial·e ou un·e coordinateur
ou coordinatrice chargé·e de la lutte contre l'antisémitisme, si
tel n'est pas encore le cas;
6.10 à utiliser la définition de travail non juridiquement
contraignante de l'antisémitisme donnée par l'Alliance internationale
pour la mémoire de l'Holocauste, à la lumière de l'avis de l'ECRI,
comme guide pratique pour prévenir et combattre l’antisémitisme,
si tel n'est pas encore le cas;
6.11 à améliorer l'enregistrement et la collecte de données
officielles sur les incidents antisémites, à former les officiers
de police, les procureurs et les juges à la prévention et à la lutte
contre l'antisémitisme, à encourager les victimes et les témoins
de violence et de harcèlement antisémites à signaler les incidents
aux autorités et à soutenir les victimes de violence et de harcèlement
antisémites avec des services de soutien spécialisés;
6.12 à développer et à soutenir la coopération entre les autorités
nationales, les communautés juives et les organisations de la société
civile pour recenser et traiter les questions relatives à l'antisémitisme;
6.13 à faire de l'enseignement de l'Holocauste une priorité
dans les programmes du secondaire, à former les enseignants à la
prévention et à la lutte contre l’antisémitisme, et à soutenir l'Observatoire
de l'enseignement de l'histoire en Europe;
6.14 à lancer des programmes de sensibilisation sur la prévention
et la lutte contre l'antisémitisme, qui contribueraient à déconstruire
les idéologies conspirationnistes et les stéréotypes, et à encourager
le dialogue interconfessionnel et interculturel;
6.15 à supprimer les allocations financières publiques aux
organisations faisant la promotion de l'antisémitisme;
6.16 à adopter une approche intersectionnelle dans la lutte
contre l'antisémitisme et à soutenir la recherche sur la dimension
de genre de l'antisémitisme.