La liberté des médias, la confiance du public et le droit de savoir des citoyens
Réponse à Recommandation
| Doc. 15658
| 18 novembre 2022
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1447e réunion des Délégués des Ministres
(3 novembre 2022). 2022 - Commission permanente de novembre
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2204
(2021)
1. Le Comité des Ministres
a examiné avec attention la
Recommandation 2204 (2021) de l’Assemblée parlementaire « La liberté des médias,
la confiance du public et le droit de savoir des citoyens ». Il
a fait suivre le texte au Comité directeur pour les droits de l’homme
(CDDH), au Comité européen sur la démocratie et la gouvernance (CDDG)
et au Comité directeur sur les médias et la société de l’information
(CDMSI) pour information et commentaires éventuels. Le Comité tient
à rappeler qu’un travail considérable a été réalisé, ou est en cours,
sur le thème de la liberté des médias, du droit à l’accès à l’information,
de l’ouverture des données publiques pour les citoyens et de la
confiance du public.
2. Le Comité prend note du point de vue de l’Assemblée selon
lequel le droit d’accès à l’information devrait évoluer vers un
« droit de savoir », assorti de limitations étroitement définies
destinées à protéger la sécurité nationale, ainsi que le droit à
la vie privée et d’autres droits humains. Les mesures de transparence
visant à améliorer l’accès à l’information doivent être conformes
à l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme,
tel qu’il est interprété par la Cour européenne des droits de l’homme,
ainsi qu’à la Convention pour la protection des personnes à l’égard
du traitement automatisé des données à caractère personnel (Convention 108)
et à son Protocole d’amendement (Convention 108+).
3. De plus, la Convention du Conseil de l’Europe sur l’accès
aux documents publics (STCE n° 205, Convention de Tromsø) établit
un ensemble de normes minimales garantissant un droit général d’accès
aux documents officiels tout en encourageant les mesures internes
permettant un droit d’accès plus étendu. La convention couvre des
sujets importants tels que le « droit de savoir » du public, la
transparence des autorités publiques et la bonne gouvernance. La
mise en œuvre effective sera suivie par la Consultation des Parties
et le Groupe de spécialistes sur l’accès aux documents publics,
dont les dix membres ont été élus en mars 2022. La promotion d’autres
ratifications de la Convention de Tromsø devrait être au cœur de
toute réflexion visant à faire avancer le droit d’accès à l’information.
4. En ce qui concerne les recommandations du Comité des Ministres
citées au paragraphe 2.1, le Comité estime qu’un délai de mise en
œuvre supplémentaire est nécessaire avant d’évaluer la conformité
des États membres. Le Comité indique également que le CDMSI, bien
qu’il n’exerce pas de fonction de contrôle en vertu de son mandat,
tient régulièrement des échanges d’informations sur les initiatives
et les développements pertinents dans les États membres concernant
ses instruments normatifs, et recueille des données à l’aide de questionnaires.
Les activités de coopération continues dans le domaine de la liberté
d’expression contribuent à favoriser la mise en œuvre des normes
pertinentes dans les États membres.
5. La Conférence du Conseil de l’Europe des ministres responsables
des médias et de la société de l’information (10-11 juin 2021) a
abouti à l’adoption de la déclaration finale et de quatre résolutions thématiques
traçant la voie à suivre pour les travaux de l’Organisation relatifs
à la mise en œuvre des normes existantes et à l’élaboration de nouvelles
normes en matière de liberté d’expression et de gouvernance numérique,
notamment l’intelligence artificielle (IA).
6. En ce qui concerne le paragraphe 2.2 de la recommandation
de l’Assemblée relatif au suivi et contrôle indépendants, le Comité
informe l’Assemblée que le Groupe de Spécialistes sur l’accès aux
documents publics (« Groupe Accès à l’information du Conseil de
l’Europe »), créé en vertu de la Convention de Tromsø, devrait examiner
les procédures nationales de réexamen du refus d’accès aux documents
publics, dans le cadre de son examen des rapports nationaux sur
la mise en œuvre de la convention.
7. Le Comité des Ministres a élaboré des normes et des lignes
directrices pertinentes sur divers sujets traités par l’Assemblée,
notamment une étude visant à identifier les bonnes pratiques dans
la gamme d’instruments politiques permettant d’établir les responsabilités
tout au long du processus d’élaboration des politiques et du processus
administratif (paragraphe 2.3), des instruments non contraignants
énonçant des lignes directrices sur la publication proactive d’informations
d’intérêt public, selon une approche intégrant le principe de transparence
dès la conception (paragraphe 2.4.1), et sur le suivi de la mise
en œuvre de ces normes (paragraphe 2.4.2). À titre d’exemple, les
Lignes directrices relatives à la participation civile aux décisions
politiques, la Recommandation
CM/Rec(2018)4 sur la participation des citoyens à la vie publique
au niveau local ainsi que les 12 principes de bonne gouvernance
de 2008, font référence à l’ouverture, la transparence et l’obligation
pour les institutions publiques de rendre des comptes, entre autres.
Pour la prochaine période quadriennale, le Comité des Ministres
a chargé le CDDG de préparer un projet de recommandation sur les
principes de bonne gouvernance démocratique, à tous les niveaux
de gouvernance et d’administration. Le CDDG finalise actuellement
un projet de recommandation du Comité des Ministres aux États membres
sur la redevabilité démocratique des représentants élus et des organes
électifs aux niveaux local et régional, traitant de la transparence
et de l’accès à l’information par le public, de l’information proactive et
d’autres domaines.
8. Le Comité rappelle que la question soulevée au paragraphe 2.4.5
a été traitée, en partie, dans la Note d’orientation du CDMSI intitulée
« Modération de contenu – Meilleures pratiques en vue de la mise
en place de cadres juridiques et procéduraux efficaces pour les
mécanismes d’autorégulation et de corégulation de la modération
de contenu », adoptée en mai 2021, ainsi que dans trois recommandations
aux États membres récemment adoptées sur les effets des technologies
numériques sur la liberté d’expression (Recommandation
CM/Rec(2022)13), sur les principes de gouvernance des médias et de
la communication (Recommandation
CM/Rec(2022)11) ainsi que sur la communication électorale et la couverture
médiatique des campagnes électorales (Recommandation
CM/Rec(2022)12).
9. Enfin, le Comité des Ministres reconnaît l’importance de coopérer
avec d’autres organismes régionaux et internationaux sur le suivi
du droit d’accès à l’information (paragraphe 3 de la recommandation
de l’Assemblée) et va continuer à étudier cette question. Dans ce
contexte, il rappelle l’initiative de coopération GlobalPolicy.AI,
à laquelle le Conseil de l’Europe a adhéré en septembre 2021, qui
réunit huit organisations internationales en vue de créer un portail
promouvant la coopération mondiale en matière d’intelligence artificielle.
Ce guichet unique rassemble des données, des conclusions de recherches
et des bonnes pratiques concernant la politique en matière d’IA,
permettant ainsi d’améliorer l’accès à l’information.