Combattre et prévenir l'usage excessif et injustifié de la force par les forces de l'ordre
Réponse à Recommandation
| Doc. 15663
| 30 novembre 2022
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1449e réunion des Délégués des Ministres
(23 novembre 2022). 2023 - Première partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2230
(2022)
1. Le Comité des Ministres
a examiné avec attention la
Recommandation
2230 (2022) de l'Assemblée parlementaire «Combattre et prévenir
l'usage excessif et injustifié de la force par les forces de l'ordre».
Il a transmis le texte au Comité européen pour la prévention de
la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants
(CPT) et au Comité directeur pour les droits de l'homme (CDDH) pour
information et commentaires éventuels.
2. Le Comité des Ministres partage les préoccupations de l'Assemblée,
telles qu'exposées dans la
Résolution
2435 (2022) qui l’accompagne, concernant l'usage excessif de la
force par des membres des services répressifs dans des États membres
du Conseil de l'Europe.
3. Le Comité convient que la Convention européenne des droits
de l'homme et sa jurisprudence, combinées à d’autres traités spécialisés
pertinents du Conseil de l'Europe et des Nations Unies, constituent une
base normative et institutionnelle solide énonçant des normes et
principes clairs qui régissent le recours à la force par les forces
de l’ordre. Ces normes ont été consolidées par des recommandations
non contraignantes, notamment du Comité des Ministres et du CPT,
pour constituer un large cadre permettant de comprendre les obligations
en matière de droits de l’homme applicables au recours à la force
par les agents des services répressifs des États membres. Pourtant,
le Comité reconnaît que malgré l’existence de ces normes et des
dispositions détaillées adoptées par de nombreux États membres,
la Cour européenne des droits de l'homme, la Commissaire aux droits
de l'homme et le CPT, pour ne citer qu’eux, continuent de constater
que leur mise en œuvre pratique, ou leur absence de mise en œuvre,
restent un problème majeur.
4. Le Comité prend note de la proposition de l’Assemblée d’adopter
une nouvelle recommandation sur l’usage de la force dans les activités
de maintien de l’ordre (paragraphe 1.1 de la recommandation) et
de lancer le processus de rédaction d’une nouvelle convention du
Conseil de l’Europe sur la prévention des excès de violence policière
(paragraphe 1.3), dans le but de rassembler les normes pertinentes
de manière consolidée et de codifier les normes les plus élevées
et les bonnes pratiques.
5. À cet égard, le Comité insiste sur le fait que les impératifs
pour combattre et prévenir les mauvais traitements infligés par
la police sont en premier lieu la promotion d’une culture professionnelle
dans les services répressifs et un renforcement de l’obligation
de rendre des comptes. C’est pourquoi le Comité reconnaît la valeur
ajoutée d’un réexamen et, le cas échéant, d’une mise à jour des
actuels instruments pertinents non contraignants, comme le Code
européen d’éthique de la police, de 2001, et les Lignes directrices
pour éliminer l’impunité pour les violations graves des droits de
l’homme, de 2011 (paragraphe 1.2 de la recommandation de l’Assemblée),
avant d’entreprendre une éventuelle élaboration de nouveaux instruments.
Il gardera à l’esprit les recommandations de l’Assemblée quand il
envisagera des activités futures dans ce domaine.
6. À propos de la recommandation énoncée par l’Assemblée au paragraphe
1.4, il est rappelé qu’un nouveau Réseau de correspondants nationaux
des autorités de police des États membres du Conseil de l'Europe
a été approuvé par le Comité des Ministres le 11 mai 2022. Ce Réseau
a officiellement été lancé fin juin 2022 et sera opérationnel avant
la fin de l’année. Le Comité estime qu’il s’agit du cadre approprié
pour recenser les bonnes pratiques de maintien de l’ordre et promouvoir
des initiatives, y compris une assistance technique, dans tous les
États membres du Conseil de l'Europe.
7. S’agissant de la surveillance de l’exécution des arrêts de
la Cour européenne (paragraphe 1.5), il est rappelé qu’elle fait
l’objet d’un processus continu; les affaires restent inscrites à
l’ordre du jour des réunions du Comité des Ministres jusqu’à ce
que la surveillance de leur exécution soit terminée. Conformément
aux méthodes de travail du Comité, les affaires qualifiées de prioritaires
pour une surveillance soutenue, qui sont donc retenues pour être
examinées lors des réunions trimestrielles «droits de l’homme» du Comité,
sont celles qui appellent des mesures individuelles urgentes; les
arrêts pilotes; les arrêts révélant d’importants problèmes structurels
et/ou complexes tels qu’identifiés par la Cour et/ou le Comité des
Ministres; et les affaires interétatiques. Quand la Cour a constaté
des violations de la Convention résultant d’un usage excessif et injustifié
de la force par des membres des services répressifs, les arrêts
correspondants peuvent bénéficier de la procédure de surveillance
soutenue s’ils remplissent les critères énoncés dans les méthodes
de travail. Le Comité a examiné, et continue d’examiner, de nombreuses
affaires sur ce thème
Note sur lequel il y a constitué un acquis important.
8. Le Comité informe également l’Assemblée qu’il suit de près
les travaux du CPT (paragraphe 1.6), y compris ses déclarations
publiques. Comme l’a rappelé le Comité dans sa réponse à des recommandations antérieures
de l’Assemblée, dont la
Recommandation
2146 (2019) «Améliorer le suivi des recommandations du CPT: un rôle
renforcé pour l’Assemblée parlementaire et les parlements nationaux»,
les déclarations du CPT sont désormais systématiquement examinées
lors des réunions des Délégués. Ainsi, la 1423e réunion des Délégués
a examiné, le 2 février 2002, la déclaration publique du CPT sur
la Bulgarie datée du 4 novembre 2021. Le Comité procède également
à un échange de vues annuel avec le Président du CPT à l’occasion
de la publication de son rapport général sur les activités du CPT,
dont le dernier s’est tenu le 20 avril 2022.