La sécurité en Europe face à de nouveaux défis: quel rôle pour le Conseil de l’Europe?
Réponse à Recommandation
| Doc. 15717
| 20 février 2023
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1456e réunion des Délégués des Ministres
(8 février 2023). 2023 - Commission permanente de mars
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2235
(2022)
1. Le Comité des Ministres
a examiné avec attention la
Recommandation
2235 (2022) de l'Assemblée parlementaire «La sécurité en Europe
face à de nouveaux défis: quel rôle pour le Conseil de l’Europe?»,
qu'il a transmise au Comité européen sur la démocratie et la gouvernance
(CDDG) et à la Commission européenne pour la démocratie par le droit
(Commission de Venise), pour information et commentaires éventuels.
2. En ce qui concerne l’organisation d’un 4e Sommet
des chefs d’Etat et de gouvernement du Conseil de l’Europe que l’Assemblée
appelle à nouveau de ses vœux dans ladite recommandation, le Comité
rappelle que lors de leur réunion 1447bis du 7 novembre 2022, les
Délégués des Ministres sont convenus que ce Sommet se tiendra sous
la Présidence islandaise du Comité des Ministres à Reykjavik, les
16 et 17 mai prochain. Les Délégués des Ministres et l’ensemble
de l’Organisation sont actuellement occupés à préparer le Sommet en
s’appuyant notamment sur le rapport du Groupe de réflexion de haut
niveau, le rapport de Mme Fiona O’Loughlin
intitulé «Le Sommet de Reykjavik du Conseil de l'Europe: Unis autour
de valeurs face à des défis hors du commun» et sur d’autres contributions.
3. Dans le contexte de la préparation du Sommet, la question
de la sécurité démocratique et celle des moyens de lutter contre
le recul de la démocratie font l’objet d’une attention particulière.
Partant, la
Recommandation
2235 (2022) de l'Assemblée parlementaire, tout comme la
Recommandation 2232(2022) «Sauvegarder et promouvoir la démocratie véritable
en Europe» à laquelle elle fait largement écho, trouvent toute leur
place dans cette phase de préparation et viennent utilement alimenter
les réflexions en cours. Tout comme l’Assemblée, le Comité estime
que des efforts accrus sont nécessaires pour lutter contre le recul démocratique
et renforcer la sécurité démocratique. Il rappelle que le concept
de sécurité dans les États démocratiques est indissociable de ceux
de la démocratie, des droits de l'homme et de l'État de droit. De
ce point de vue, il prend note de l’évolution terminologique suggérée
par la Commission de Venise qui propose de se référer au concept
alternatif de «démocratie et liberté dans la sécurité». La Commission
de Venise estime que pour un État fondé sur la prééminence du droit,
la sécurité (au sens étroit) est un concept qui se situe à l'intérieur
et non à l'extérieur du droit. Elle ne doit pas être considérée
comme une valeur supérieure aux piliers du Conseil de l'Europe –
la démocratie, les droits de l'homme et la prééminence du droit
– mais comme un moyen d'assurer la consolidation de ces piliers,
qui doivent à leur tour être respectés pour garantir la sécurité.
4. Dans sa
Recommandation
2235 (2022), l'Assemblée réitère son appel en faveur d’une «Initiative
de résilience démocratique», qui impliquerait les mécanismes et
organes existants du Conseil de l'Europe pour mener à bien une ou
plusieurs des tâches suivantes: suivi des développements démocratiques
dans les États membres, renforcement du dialogue politique, soutien
technique et partage d'expérience dans tous les domaines de la démocratie
et de la gouvernance démocratique (mesures 5.1, 5.2, 5.3), en utilisant éventuellement
l’initiative pour des alertes précoces (mesure 5.5). Une attention
particulière devant être accordée au suivi de la situation de la
société civile, de la liberté d'association et de la participation
civile (mesure 5.3), dans la mesure où les déficiences en ces matières
sont souvent des signes avant-coureurs d’une dégradation générale
de la démocratie.
5. Le Comité note avec intérêt ces propositions tout en mettant
en garde contre le risque que leur mise en œuvre ne conduise à la
création de mécanismes bureaucratiques redondants. De ce point de
vue, le Comité rappelle sa réponse à la
Recommandation 2232 (2022) susmentionnée dans laquelle, concernant la création d’une
plateforme permanente sur la démocratie et d’un mécanisme d’alerte
précoce préconisée par l’Assemblée, le Comité a estimé que «pour
produire des résultats réels et éviter les risques de confusion
et de doublons, une plateforme permanente sur la démocratie devrait
disposer d’un objectif et d’un mandat clairs. Il conviendrait aussi
d’assurer des synergies avec des mécanismes et des organes existants
tels que le Forum mondial pour la démocratie ou la Conférence des
OING. En ce qui concerne le mécanisme d'alerte précoce, sa mise
en place nécessiterait des marqueurs et un cadre normatif de référence
permettant d'évaluer les informations recueillies concernant la
détérioration de la démocratie dans un État en particulier. Sur
ce point, le Comité rappelle que le CDDG prépare actuellement un
projet de recommandation du Comité des Ministres sur les principes
de bonne gouvernance démocratique qui fournira un ensemble de référentiels
utiles à l’aune desquels les lacunes et les insuffisances ainsi
que les améliorations souhaitables seront identifiables. Par ailleurs,
le Centre d'expertise pour la bonne gouvernance prévoit de développer
des indicateurs spécifiques pour faciliter les mécanismes d’auto-évaluation.
Parallèlement, le Comité pourrait envisager de tenir des discussions
ultérieures pour approfondir la réflexion sur un éventuel mécanisme
d'alerte précoce à partir des documents susmentionnés»
Note.
6. Par ailleurs, en ce qui concerne les moyens de rajeunir la
démocratie et l'engagement des citoyens en particulier, le CDDG
prépare un projet de recommandation du Comité des Ministres sur
la démocratie délibérative et un rapport sur les nouvelles formes
de démocratie délibérative et participative, en vue de compléter
la Recommandation
CM/Rec(2018)4 sur la participation des citoyens à la vie publique
au niveau local et les Lignes directrices de 2017, ainsi que le
Code de bonnes pratiques sur la participation civile aux décisions
politiques. Une fois adoptée, la recommandation viendra compléter
d’autres initiatives récentes du Conseil de l’Europe, telles que
le Forum de Participation Civile
BePART, visant à renforcer le rôle des citoyens dans les processus
décisionnels et augmenter ainsi leur confiance dans le fonctionnement
de la démocratie.
7. Concernant les activités relatives aux mesures de confiance
et à la prévention des conflits, le Comité estime que les mesures
de confiance dans les domaines de compétence de l’Organisation constituent
une contribution précieuse aux processus de règlement des conflits
en cours sur le continent européen. Il est disposé à renforcer les
activités dans ce domaine sous réserve des moyens disponibles et
à la condition que de telles mesures soient acceptables pour toutes
les parties prenantes.