Troisième Rapport adressé par le Comité de Ministres à l'Assemblée Consultative en application de l'article 19 du Statut
Rapport statutaire
| Doc. 2
| 12 mai 1952
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Rapport statutaire
- Recommandation 10
(1951)
, Recommandation 11
(1951)
, Recommandation 12
(1951)
, Recommandation 14
(1951)
, Recommandation 15
(1951)
, Recommandation 16
(1951)
, Recommandation 17
(1951)
, Recommandation 18
(1951)
, Recommandation 19
(1951)
, Recommandation 20
(1951)
, Recommandation 22
(1951)
, Recommandation 26
(1950)
et Recommandation 9
(1951)
- Thesaurus
1 Introduction
1. Conformément aux dispositions de l'article 19 du
Statut du Conseil de l'Europe, le Comité des Ministres a l'honneur
d'adresser le présent rapport à l'Assemblée Consultative, à l'occasion
de sa quatrième Session ordinaire.
2. Ce rapport couvre la période allant de l'ouverture de la deuxième
partie de la troisième Session ordinaire de l'Assemblée Consultative
(novembre 1951) au 28 avril 1952. Un rapport complémentaire couvrant
la période entre cette date et l'ouverture de la quatrième Session
ordinaire de l'Assemblée Consultative, sera adressé à l'Assemblée
à la suite de la onzième Session du Comité des Ministres.
3. La présentation du rapport correspond, dans ses lignes générales,
à celle des rapports précédemment adressés par le Comité des Ministres
à l'Assemblée Consultative.
4. Le rapport donne donc un aperçu de l'activité du Comité des
Ministres et des résolutions qu'il a adoptées, tant de sa propre
initiative qu'à la suite des recommandations adoptées par l'Assemblée Consultative.
5. L'Assemblée trouvera, en outre, dans ce rapport, l'avis du
Comité des Ministres au sujet de la plupart des questions qu'elle
a soulevées dans sa réponse au deuxième rapport supplémentaire du
Comité des Ministres.
2 Titre I – Politique
Générale du Conseil de l'Europe
6. L'Assemblée a, au cours de la deuxième partie de
sa troisième Session ordinaire, adopté deux recommandations d'une
portée politique de haute importance. Il s'agit de la Recommandation
21 sur les buts et perspectives do la politique européenne, et do
la Recommandation 23 tendant à l'adoption d'un nouveau Statut du
Conseil de l'Europe.
7. Ces deux recommandations lisent avant tout le problème du
développement de l'organisation politique de l'Europe. Elles ont
fait l'objet d'une étude approfondie de la part des gouvernements
des Membres. Ceux-ci, par ailleurs, ont été saisis, dans le courant
du mois de mars, par le Gouvernement du Royaume- Uni, de certaines
propositions tendant à ouvrir une voie à la solution de ce même
problème.
8. Dans ces conditions, le Comité des Ministres a estimé qu'avant
de procéder à la discussion des propositions contenues dans les
Recommandations 21 et 23, il importait d'étudier les propositions
du Royaume-Uni. Il a donc chargé les Délégués des Ministres d'entreprendre
l'étude de ces propositions et de présenter le résultat de leurs
travaux au Comité, en temps utile pour lui permettre de se prononcer
au cours de sa onzième Session. Le Comité sera alors en mesure de
prendre position à l'égard des propositions de l'Assemblée.
9. Le Comité des Ministres avait été saisi de la part de la Commission
Permanente d'une demande tendant à ce que le Comité demande l'avis
de l'Assemblée sur les aspects politiques de la Communauté Européenne de
Défense et sur l'organisation d'une autorité politique européenne
10. Le Comité des Ministres n'a pas pu donner suite à cette demande.
D'une part, les six gouvernements qui sont actuellement en train
d'élaborer un projet d'accord créant une Communauté Européenne de
Défense éprouvent quelque difficulté, dans les circonstances actuelles,
à donner leur assentiment à cette consultation. D'autre part, les
éléments nouveaux contenus dans les propositions du Royaume-Uni
n'ont pas permis au Comité de prendre immédiatement position quant
à la consultation de l'Assemblée sur le problème de l'organisation
d'une autorité politique européenne. Une décision ne pourra intervenir
que lorsque le Comité des Ministres aura lui-même pris position
sur les propositions du Royaume- Uni. Il est entendu, cependant,
que l'Assemblée est maîtresse de son ordre du jour et reste donc
libre de décider si elle désire y inclure un débat sur cette question.
3 Titre II – Fonctionnement
Général du Conseil de l'Europe
3.1 CHAPITRE 1 - Participation
de ministres non membres du Comité des Ministres aux débats de l'Assemblée
11. Dans sa lettre du 4 septembre 1950 au Président du
Comité des Ministres, le Président de l'Assemblée Consultative avait
exprimé le désir de voir s'instaurer une liaison plus efficace entre
le Comité des Ministres et l'Assemblée Consultative, ainsi qu'une
participation plus active des représentants du Comité des Ministres
et des ministres des Etats membres aux travaux de l'Assemblée.
12. Au cours de sa dixième Session, le Comité des Ministres a
donné son approbation au principe de la participation aux débats
de l'Assemblée de ministres non membres du Comité des Ministres.
Le Comité a amendé, à cet effet, les articles 17 et 18 de son Règlement
intérieur.
Ces articles amendés sont libellés comme suit :
Article 17
(a) Le Comité des Ministres peut charger un ou plusieurs des
représentants au Comité, ou tout autre ministre d'un gouvernement
d'un État membre, d'exposer à l'Assemblée Consultative ses vues
sur une question quelconque, inscrite ou non à l'ordre du jour de
l'Assemblée.
(b) Tout représentant ou autre ministre ainsi désigné se borne
à faire une déclaration dont le Comité approuve préalablement les
termes, à moins que le Comité ne décide qu'il lui est loisible de
prendre part aux débats de l'Assemblée portant sur la question dont
il s'agit.
(c) Le Président de l'Assemblée et le Président du Comité
des Ministres se mettent d'accord sur la date de l'audition ou du
débat.
Article 18
(a) Si un représentant au Comité, membre du gouvernement qu'il
représente, ou tout autre ministre d'un gouvernement d'un État membre,
désire prendre la parole devant l'Assemblée Consultative, à titre
individuel et en son nom personnel, sur un problème figurant à l'ordre
du jour de l'Assemblée, une demande à cet effet est adressée au
Comité des ministres par le représentant au Comité du gouvernement
intéressé. Le Comité se prononce à la majorité simple.
(b) Dans le cas où le Comité s'est prononcé par l'affirmative,
le Président du Comité en informe le Président de l'Assemblée qui
se met d'accord avec le représentant ou le ministre intéressé sur
la date de l'intervention de ce dernier.
3.2 CHAPITRE 2 - Délégués
des Ministres
13. La pratique de réunions régulières des Conseillers
des Ministres a été poursuivie pendant l'année 1951-52. Ces réunions
ont été consacrées, d'une part, comme par le passé, à la préparation
des travaux du Comité des Ministres. D'autre part, le Comité des
Ministres a, à plusieurs reprises -, donné mandat aux Conseillers
de prendre des décisions en son nom dans l'intervalle des sessions
sur des questions déterminées. Cette procédure s'est avérée extrêmement
utile et a amené le Comité des Ministres à envisager une délégation
plus générale de ses pouvoirs de décision en certaines matières.
En conséquence, le Comité des Ministres a adopté, lors de sa dixième
Session, un nouvel article de son Règlement intérieur ainsi conçu
:
Article 14
(a) Chaque représentant au Comité des Ministres peut désigner
un délégué chargé d'agir en son nom dans l'intervalle des sessions
du Comité. Ces délégués sont autorisés à se réunir afin d'effectuer
les travaux nécessaires et de prendre des décisions au nom du Comité
des Ministres.
(b) Les réunions des délégués se tiennent normalement à la
veille de chaque session du Comité des Ministres; elles peuvent
avoir lieu à tout autre moment sur la demande du Secrétaire Général
ou d'un représentant au Comité des Ministres.
(c) Les délégués sont habilités à discuter toutes les questions
entrant dans la compétence du Comité des Ministres. Les décisions
prises par les délégués en vertu du pouvoir qui leur a été conféré
par les Ministres qui les ont désignés sont considérées comme prises
au nom du Comité des Ministres et ont la même force et le même effet
que les décisions du Comité. Les délégués ne sont toutefois pas
habilités à prendre des décisions sur :
i Les questions ayant des répercussions politiques importantes;
ii Les questions sur lesquelles ils ne peuvent parvenir à
un accord unanime, à l'exception de celles qui concernent l'adoption
du budget, le règlement intérieur, les règlements financier et administratif
;
iii Les questions qui, de l'avis d'un ou de plusieurs d'entre
eux, devraient être examinées par le Comité des Ministres, lors
même que les délégués seraient parvenus à un accord unanime à leur
sujet.
(d) La présidence des réunions des délégués est assurée par
le délégué du Président en exercice du Comité des Ministres.
(e) Les dispositions appropriées du présent Règlement intérieur
sont applicables aux réunions des délégués.
3.3 CHAPITRE 3 - Représentation
permanente des gouvernements à Strasbourg
14. Depuis la huitième session du Comité des Ministres,
qui a institué les représentants permanents des gouvernements auprès
du Conseil de l'Europe, les gouvernements de l'Italie, de la Belgique,
du Royaume-Uni, de la France et des Pays-Bas ont ouvert une Représentation
permanente à Strasbourg. La direction de ces missions a été confiée
:
- pour l'Italie à M. F. Cavalletti;
- pour la Belgique à M. F. L. Goffart;
- pour le Royaume-Uni à M. C. O. Wakefield- Harrey ;
- pour la France à M. Géraud Jouve;
- pour les Pays-Bas au baron S. G. M. van Voorst tot Voorst.
3.4 CHAPITRE 4 - Coordination
des travaux du Comité des Ministres et de l'Assemblée Consultative
15. En vue d'améliorer la coordination des travaux du
Comité des Ministres et de l'Assemblée Consultative, le Comité a
décidé, lors de sa dixième Session, de mettre en application les
principes ci-après :
(1) Informations à donner à
l'Assemblée Consultative et à ses commissions au sujet des travaux
des Comités d'Experts gouvernementaux.
Les rapports des comités d'experts gouvernementaux ne peuvent
être communiqués aux commissions intéressées de l'Assemblée que
sur décision du Comité des Ministres ou des délégués des Ministres
dans chaque cas déterminé.
Le Secrétaire Général est néanmoins autorisé à faire parvenir
aux commissions de l'Assemblée des rapports succincts sur les travaux
des comités d'experts, à condition que ces rapports ne contiennent
aucun renseignement de caractère confidentiel et ne révèlent pas
les positions prises par les délégations respectives.
(2) Communication à l'Assemblée
Consultative de renseignements reçus par le Secrétaire Général de
la part des gouvernements.
Le Secrétaire Général est autorisé à communiquer à l'Assemblée
des renseignements fournis par les gouvernements des Membres et
ne portant pas la mention « Confidentiel ».
(3) Participation de représentants
d'organisations internationales aux réunions des commissions de l’Assemblée.
Le Secrétaire Général est autorisé, si une commission de l'Assemblée
en exprime le désir, à inviter des représentants d'autres organisations
internationales, notamment le B.I.T. et l'UNESCO, à assister aux réunions
de cette commission en vue de fournir à celle-ci les renseignements
dont elle aurait besoin pour mener à bien sa tâche.
16. En examinant la question de la coordination des travaux
du Conseil de l'Europe, le Comité a réservé une attention toute
particulière à la participation de représentants de l'Assemblée
aux réunions des comités d'experts créés par le Comité des Ministres.
Tout en mesurant les avantages que cette participation pourrait offrir
dans certains cas, le Comité a constaté que des propositions à cet
effet susciteraient de graves difficultés pour certains États membres.
Ces difficultés ont leur origine dans des considérations d'ordre
constitutionnel touchant les attributions dévolues aux hauts fonctionnaires
en qualité de conseillers ou de représentants des Ministres, ainsi
que leurs rapports avec les membres du corps législatif. Encore
que ces considérations soient particulières à certains États membres,
elles présentent pour ces Étals une importance fondamentale. En conséquence,
le Comité n'a pu parvenir à une décision permettant en principe
la participation de représentants de l'Assemblée aux comités d'experts
créés par lui; une telle décision aurait placé certains Etats membres dans
une situation à ce point embarrassante que leur participation aux
travaux de ces comités risquait de s'en trouver affectée.
3.5 CHAPITRE 5 - Tableau
des réunions du Comité des Ministres, des Conseillers et Délégués
des Ministres et des Comités d'Experts gouvernementaux du ler mai
1951 au 1er mai 1952.
17. Mai 1951
- Comité
des Ministres
- Conseillers des Ministres
- Comité d'Experts en matière de sécurité sociale
Juin 1951
- Conseillers
des Ministres
Juillet 1951
- Comité d'Experts
en matière de brevets
- Conseillers des Ministres
Août 1951
Septembre 1951
- Conseillers
des Ministres
- Comité d'Experts en matière d'assistance sociale et médicale
- Comité d'Experts en matière de sécurité sociale
Novembre 1951
- Réunion
mixte du Comité d'Experts en matière de sécurité sociale et du Comité
d'Experts en matière d'assistance sociale et médicale
- Comité d'Experts culturels
- Comité d'Experts pour l'uniformisation des passeports
- Conseillers des Ministres
Janvier 1952
- Comité des
Cinq représentants gouvernementaux chargés d'élaborer un plan à
long terme de coopération entre les services nationaux d'information
et le Conseil de l'Europe
- Comité d'Experts en matière de brevets
- Comité d'Experts en matière de classification de brevets
Février 1952
- Conseillers
des Ministres (deux réunions)
Mars 1952
- Comité d'Experts
pour l'uniformisation des passeports
- Comité d'Experts en matière de sécurité sociale
- Conseillers des Ministres
- Comité des Ministres
- Délégués des Ministres
Avril 1952
- Comité d'Experts
en matière d'assistance sociale et médicale
- Comité d'Experts culturels
- Délégués des Ministres.
4 Titre III – Rapports
avec les organisations internationales et les Etats non membres
4.1 CHAPITRE 1 - Rapports
avec les Organisations Internationales
18. Depuis le Rapport que le Comité des Ministres a adressé
à l'Assemblée Consultative à l'occasion de sa troisième Session
ordinaire, les relations du Conseil de l'Europe avec les autres
organisations internationales se sont étendues et renforcées. Certains
des projets qui étaient alors en cours d'élaboration ont pris une
forme définitive. De nouvelles négociations se sont engagées.
19. Le Comité des Ministres a constamment gardé à l'esprit dans
cette tâche le rôle propre du Conseil de l'Europe. Il a estimé,
comme l'Assemblée, que sa mission étant essentiellement d'ordre
politique, il importait de nouer avec les organisations internationales
existantes des rapports tels que les différents organes du Conseil
fussent pleinement informés des activités de ces organisations et
mis en mesure de bénéficier de leurs services. En même temps, et
conformément aux dispositions du paragraphe (c) de l'article 1 du
Statut du Conseil, il importait d'éviter un chevauchement inutile
d'activités ou l'apparition de nouveaux organismes techniques.
20. Le Comité des Ministres a eu, d'autre part, le souci d'adapter
en chaque circonstance la forme de la collaboration désirée à la
structure de chaque Organisation et à la nature de ses compétences.
Il lui a semblé que le but à atteindre était essentiellement de
procurer au Conseil les données et les services indispensables à
l'accomplissement de sa mission.
(a) Organisation des Nations
Unies
21. Le Secrétaire Général du Conseil de l'Europe a procédé,
le 15 décembre 1951, avec le Secrétaire Général des Nations Unies,
à un échange de lettres définissant les modalités d'une collaboration
entre le Secrétariat Général du Conseil et le Secrétariat des Nations
Unies. Aux termes de cette correspondance, les deux Organisations
échangeront les documents et publications concernant leurs activités
respectives; leurs Secrétariats se consulteront à tous les stades
de préparation et d'exécution des programmes entrepris par les deux
Organisations et présentant un intérêt commun. Des consultations
auront lieu pour assurer la représentation des Secrétariats des
deux Organisations aux réunions des commissions et comités qui pourraient
être convoqués pour étudier les questions qui intéressent les deux
organisations. Enfin, le Secrétariat Général du Conseil de l'Europe
recevra du Secrétariat des Nations Unies toute l'aide technique
qui pourrait lui être demandée pour l'étude ou la mise en œuvre
de projets d'intérêt commun.
(b) Organisation Européenne
de Coopération Economique
22. La réponse de l'Assemblée Consultative au deuxième
Rapport de PO. E. C. E. a été transmise au Secrétaire Général de
cette organisation dès le mois de décembre 1951. L'attention de
PO. E. C. E. a été tout particulièrement attirée sur le désir de
l'Assemblée de voir ses remarques prises en considération lors de l'élaboration
du troisième Rapport de l'Organisation.
23. Les commissions chargées de la liaison entre le Conseil de
l'Europe et l'O. E. C. E. se sont réunies à trois reprises depuis
le 1 e r janvier 1952. Elles se sont efforcées de donner à leur
action plus d'ampleur et d'efficacité. Dans cet esprit, le Comité
des Ministres a donné son approbation, lors de sa dixième Session,
à une proposition qui permet au Secrétaire Général de consulter
le Secrétaire Général de l'O. E. C. E. en vue d'obtenir des avis
techniques ou tout autre renseignement de nature à faciliter la
solution des problèmes que les Ministres sont appelés à discuter.
D'autre part, la procédure préconisée par les commissions de liaison, suivant
laquelle les membres de la commission des Questions économiques
de l'Assemblée ont la faculté de consulter, dans le cadre des commissions
de liaison, les experts de l'O. E. C. E. sur les projets de caractère économique
élaborés par l'Assemblée, a été mise à l'épreuve à deux reprises,
le 16 novembre 1951 et le 22 avril 1952.
24. En vue de resserrer la coopération entre le Conseil de l'Europe
et l'O. E. C. E., le Comité des Ministres a adopté une résolution
ayant pour objet de permettre aux observateurs du Secrétariat Général
du Conseil de l'Europe d'assister aux réunions appropriées des comités
techniques de l'O. E. C. E. et accordant des facilités de même ordre
aux observateurs du Secrétariat Général de l'O. E. C. E. en ce qui
concerne les réunions des comités d'experts du Conseil de l'Europe.
La même résolution invite le Conseil de l'O. E. C E. à faciliter
la participation des experts de son Secrétariat Général, si la demande
en est faite, aux réunions des groupes de travail convoqués par
le Conseil de l'Europe, en vue de leur fournir toutes informations
nécessaires.
25. Il résulte des mesures adoptées au cours des derniers mois
que la collaboration des deux organisations s'est affermie et resserrée.
Cependant, l'étude menée par le groupe de travail chargé par l'O.
E. C. E. d'examiner les problèmes posés par la Recommandation 18
de l'Assemblée Consultative et le mémorandum du gouvernement suédois
soumis à l'O. E. C. E. en janvier 1951 a fait ressortir que la mise
en oeuvre de ces propositions se heurtait à certaines difficultés
provenant, pour une large part, de ce que les deux organisations n'ont
pas la même composition.
(c) Organisation du Traité de
Bruxelles
26. A la suite de la décision adoptée par le Comité des
Ministres, lors de sa huitième Session, comme suite à la Recommandation
19 (1951) de l'Assemblée Consultative, le Conseil Consultatif de
l'Organisation a examiné attentivement la question de ses relations
avec le Conseil de l'Europe. Le Secrétaire Général de l'Organisation
du Traité de Bruxelles a transmis au Comité des Ministres un certain
nombre de propositions tendant à resserrer et à normaliser les rapports
existant entre les deux Secrétariats Généraux. Le Comité des Ministres,
lors de sa dixième Session, a décidé d'approuver ces propositions.
Aux termes de cet arrangement, les Secrétariats Généraux se communiqueront,
à intervalles réguliers, toute documentation sociale et culturelle susceptible
d'intéresser leurs organisations. Des consultations auront lieu
régulièrement. Un rapport annuel sur les travaux sociaux et culturels
des cinq puissances sera adressé au Conseil de l'Europe. Le Président
du Conseil Consultatif pourrait être éventuellement invité à présenter
ce rapport à l'Assemblée.
27. Enfin, les organes du Conseil de l'Eiirope pourront faire
à l'Organisation du Pacte de Bruxelles toute suggestion utile se
rapportant à ses activités sociales et culturelles.
28. La coordination des activités des deux organisations se trouve
ainsi assurée pour leur bénéfice commun, sans que la réalisation
des tâches propres à l'Organisation de Bruxelles s'en trouve par
là affectée.
(d) Organisation Internationale
du Travail
29. Le projet d'accord entre le Conseil de l'Europe et
l'O. I. T., qui a été communiqué à l'Assemblée en novembre 1951,
a reçu l'approbation du Conseil d'Administration de l'O. I. T. Il
est entré en vigueur le 23 novembre 1951.
(e) U. N. E. S. C. 0.
30. Les négociations engagées sur les instructions du
Comité des Ministres par le Secrétaire Général avec le Directeur
Général de l'Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la
Science et la Ctilture, ont conduit à l'élaboration d'un projet
d'accord actuellement en cours d'examen.
(f) Organisation Mondiale de
la Santé.
31. Le Comité des Ministres a chargé le Secrétaire Général
d'entrer en rapport avec le Directeur de l'Organisation Régionale
Européenne de l'Organisation Mondiale de la Santé pour fixer entre
le Conseil de l'Europe et cette organisation les modalités d'une
collaboration permanente. Les échanges de vues avec l'O. M. S. sont
actuellement en cours et le Comité des Ministres tiendra l'Assemblée
au courant de leurs progrès.
(g) Comité inter gouvernemental
provisoire pour les mouvements migratoires d'Europe.
32. La Conférence convoquée à Bruxelles par le gouvernement
belge sur l'invitation du gouvernement des États-Unis afin de résoudre
le problème posé par la liquidation de l'Organisation Internationale
pour les Réfugiés, a abouti à la création d'un Comité intergouvernemental
provisoire pour les mouvements migratoires d'Europe, dont le siège
a été provisoirement établi à Genève.
33. Le Comité directeur de cette nouvelle organisation a pris
contact avec le Conseil de l'Europe et s'est déclaré prêt à envisager
avec lui l'établissement d'une collaboration de nature à faciliter
la mise en oeuvre de certaines mesures pratiques, préconisées tant
par l'Assemblée Consultative que par le Comité des Ministres, pour
remédier à la situation actuelle des réfugiés et des excédents de
population. Des pourparlers ont été engagés à cet effet. Le Comité
des Ministres ne manquera pas d'informer l'Assemblée de leur développement.
(h) Conférence de Droit international
privé.
34. La Conférence de Droit international privé a tenu
sa septième Session à La Haye du 9 au 31 octobre 1951. La conférence
a réuni les représentants de dix-sept pays, dont dix Membres du
Conseil de l'Europe. A l'issue de ses travaux elle a adopté certaines
recommandations tendant à organiser, entre elle et le Conseil de l'Europe,
une coordination mutuelle. Elle a chargé le gouvernement des Pays-Bas
d'établir aussitôt que possible avec le Conseil des relations de
fait de caractère provisoire, en attendant la conclusion d'un accord formel.
Le gouvernement des Pays-Bas a été chargé, en outre, d'entreprendre
auprès des membres de la Conférence, toutes démarches susceptibles
de faciliter l'élaboration d'un tel accord.
(i) Commission Intérimaire de
l'Organisation Internationale du Commerce.
35. Au cours de sa dixième Session, le Comité des Ministres,
procédant à l'examen de la Recommandation 11 adoptée par l'Assemblée
sur l'élaboration d'une politique commune en vue de l'abaissement
des barrières douanières en Europe, a autorisé le Secrétaire Général
à prendre contact avec la Commission Intérimaire de l'Organisation
Internationale du Commerce, en vue d'étudier les modalités d'une
collaboration entre cette organisation et le Conseil de l'Europe.
Un premier contact a été établi.
(j) Organisations non gouvernementales
Confédération Internationale des Syndicats Libres.
Fédération Internationale des Syndicats Chrétiens.
36. Le Comité des Ministres a été saisi de deux demandes
émanant, l'une du Président de la Confédération Internationale des
Syndicats Chrétiens, l'autre du Secrétaire Général de l'Organisation
régionale européenne de la C. I. S. L., tendant à permettre à ces
organisations d'entretenir avec le Conseil de l'Europe des rapports sur
une base officielle. Cette question fait encore l'objet d'un examen
de la part du Comité des Ministres.
4.2 CHAPITRE 2 - Relations
avec les États non membres
Conférence entre une délégation
de l'Assemblée Consultative et une délégation du Congres des États-Unis d'Amérique
du Nord
37. Le Comité des Ministres a, dans son message à l'Assemblée
Consultative, lors de sa troisième Session, du mois de mai 1951,
fait connaître qu'il accueillerait avec faveur toute initiative
de l'Assemblée en vue d'établir une liaison avec le Congrès des
États-Unis d'Amérique. Il désire souligner l'intérêt avec lequel
il a pris connaissance des résultats de la Conférence qui a eu lieu
à Strasbourg du 19 au 23 novembre 1951 sur l'initiative de l'Assemblée.
Admission d'observateurs autrichiens
38. Le Comité des Ministres a autorisé l'admission de
représentants du gouvernement autrichien en qualité d'observateurs,
aux réunions de certains Comités d'Experts, notamment des comités
traitant des questions culturelles et sociales, des passeports et
des brevets.
5 Titre IV – Mesures
prises en vue de la réalisation des buts du Conseil de l'Europe
5.1 CHAPITRE 1 - Questions
économiques
(a) Plein emploi
39. Le Comité des Ministres a examiné la Recommandation
10 (1951) sur une politique commune de plein emploi adoptée par
l'Assemblée Consultative en décembre 1951. Lors de sa neuvième Session,
le Comité a pris une résolution invitant les gouvernements membres
à communiquer au Secrétaire Général leur avis sur la Recommandation
5 (1951) traitant du même sujet et adoptée par l'Assemblée Consultative
en mai 1951.
40. Étant donné que les renseignements que l'Assemblée Consultative
suggère à tous les gouvernements membres de communiquer au Conseil
de l'Europe correspondent, dans une large mesure, aux renseignements
déjà fournis par les gouvernements à l'Organisation Européenne de
Coopération Économique, le Comité des Ministres a décidé de demander
à l'O. E. C. E. de communiquer au Secrétaire Général, en vue de
leur transmission à la commission des Questions économiques de l'Assemblée Consultative,
les informations mentionnées au paragraphe 2 (c) de la Recommandation
10 (1951). Cette procédure devrait, à son sens, répondre au désir
exprimé par l'Assemblée d'être tenue au courant des politiques suivies
par les États membres dans ce domaine.
41. Pour ce qui est de la proposition faisant l'objet du paragraphe
2 (b) de cette Recommandation et tendant à l'institution d'un Bureau
d'Achat et de Ressources en matières premières, le Comité des Ministres
a confirmé les termes de la résolution qu'il a adoptée le 2 août
1951, en réponse à la Recommandation 7 (1951) de l'Assemblée. Dans
cette résolution, le Comité des Ministres, considérant que la Conférence
internationale des Matières Premières de Washington traite déjà
des problèmes mondiaux relevant de ce domaine et qu'un bureau d'achat
et de ressources en matières premières dont la création est préconisée
par l'Assemblée, ferait double emploi avec cette Organisation, a
prié l'O. E. C. E. de bien vouloir faire état, clans son rapport
à la prochaine session de l'Assemblée, du développement actuel de
la coopération internationale dans le domaine des matières premières.
En outre, les observations formulées à ce sujet dans le paragraphe
10 de la réponse de l'Assemblée Consultative au Comité des Ministres
ont été communiquées à l'O. E. C. E.
42. Par la suite, la Conférence internationale des Matières Premières
a décidé de transmettre au Conseil de l'Europe des rapports mensuels
sur ses activités.
(b) Politique agricole
43. Le représentant de la France a fait savoir au Comité
des Ministres que la réunion préparatoire sur l'organisation européenne
des marchés agricoles (à laquelle il a été fait allusion dans le
deuxième Rapport supplémentaire du Comité des Ministres de 1951)
se tiendrait à Paris en mars 1952. Le Comité des Ministres a donc
décidé de transmettre à cette conférence la Recommandation 8 (1951)
de l'Assemblée Consultative relative à la création d'une autorité
européenne de l'agriculture.
44. La réunion préparatoire sur l'organisation européenne des
marchés agricoles s'est tenue à Paris du 25 au 28 mars 1952. Les
délégués qui y ont pris part appartenaient aux pays suivants : Autriche,
Belgique, Danemark, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg,
Norvège, Pays-Bas, République fédérale d'Allemagne, Royaume-Uni,
Suède, Suisse et Turquie. Il a été décidé à l'unanimité de convoquer
à Paris une conférence européenne de l'agriculture, qui se réunira
à la diligence du gouvernement français au cours de la période comprise
entre le 1e r juin et le 31 octobre 1952 et dont l'ordre du jour
sera le suivant :
.1 Examen des
résultats des travaux du groupe de travail intérimaire, composé
d'experts nommés par les gouvernements des pays participants et
chargé de la préparation de la Conférence.
.2 Modalités d'organisation des marchés agricoles européens
et modalités d'unification de ces marchés.
.3 Structure et pouvoirs des institutions nécessaires pour
remplir les fonctions d'organisation et d'unification prévues.
.4 Liens à établir entre la Communauté Européenne de l'Agriculture
et les pays qui éventuellement ne pourraient pas participer pleinement
à cette Communauté mais qui accepteraient de s'y associer.
.5 Liaisons à établir entre la Communauté Européenne de l'Agriculture
et les pays tiers non associés.
45. Cette conférence travaillera en liaison étroite avec l'O.
E. C E . et l'O. A. A.; les organisations professionnelles internationales
de la production, de la transformation et du commerce des produits
agricoles seront invitées à participer à ses travaux en qualité
d'observateurs; le projet de convention ou de traité qui pourrait
être établi par la conférence sera soumis, pour avis, après paraphe
et avant signature, à l'Assemblée Consultative du Conseil de l'Europe.
(c) Politique commune en eue
de l'abaissement des barrières douanières en Europe.
46. Le Comité des Ministres a examiné, au cours de sa
dixième Session, la Recommandation 11 (1951) sur une politique commune
en vue de l'abaissement des barrières douanières en Europe. Avant
la présente session, le Comité avait appris qu'un sous-comité spécial
du groupe dé travail créé par les parties contractantes à l'Accord
Général sur les Tarifs douaniers et le Commerce (auxquels il est
fait allusion dans le paragraphe 6 de la Recommandation) devait
se réunir en février 1952 en vue d'examiner notamment certaines propositions
susceptibles d'aboutir à un abaissement des tarifs douaniers ou
à la suppression des pratiques discriminatoires en matière de tarifs
douaniers. Il a donc été décidé de transmettre la Recommandation
11 (1951) à ce sous-comité, en l'invitant à étudier les propositions
qui y étaient formulées, et à présenter en temps utile un rapport
sur le résultat de cette étude.
47. Par la suite, le Secrétariat du G. A. T. T. a informé le Secrétariat
Général que le sous-comité spécial qui s'était réuni à Genève en
février 1952 avait estimé que l'examen de cette recommandation sortait
des limites de son mandat, mais que le groupe de travail principal
pourrait l'étudier au cours de sa prochaine réunion, laquelle est
censée se tenir avant la prochaine session de la conférence du G.
A. T. T., prévue pour le 2 octobre 1952. Les résultats de cet examen
seront communiqués à l'Assemblée Consultative, dès qu'ils seront
connus.
(d) Contrôle des cartels internationaux.
48. En mars 1951, le Secrétaire Général a soumis aux
gouvernements un avant-projet de convention sur le contrôle des
cartels internationaux. L'attention du Comité a depuis lors été
attirée sur les travaux effectués dans ce domaine par le Conseil
Economique et Social des Nations Unies (ECOSOC).
49. Lors de sa 13e Session (juillet-septembre 1951), l'ECOSOC
a décidé d'entreprendre une étude sur les pratiques commerciales
restrictives et de créer un comité spécial à cet effet. Ce comité
doit soumettre son rapport au Conseil en mars 1953 au plus tard.
50. Le Comité des Ministres a donc jugé préférable d'attendre
le résultat des travaux de l'ECOSOC. Le Secrétaire Général a été
chargé de se tenir au courant de ces travaux en d'en faire rapport
au Comité en temps utile.
(e) Association des compagnies
aériennes européennes.
51. Le Comité des Ministres a examiné la Recommandation
12 (1951) relative à une association des compagnies aériennes européennes.
L'attention du Comité a été attirée sur le fait qu'un groupe de
travail spécial avait été récemment constitué à l'O. E. C. E. pour
étudier la question de savoir si cette organisation devait s'occuper
du problème des transports aériens. En conséquence, le Comité a
décidé de ne pas se prononcer sur cette recommandation avant de
connaître les conclusions du groupe de travail de l'O. E. C. E.
(f) Coordination des communications
européennes.
52. Ainsi qu'il est indiqué dans le rapport complémentaire
du Comité des Ministres à l'Assemblée Consultative, en date du 4mai
1951, le Comité des Ministres s'abstient de prendre position sur
cette question tant qu'il no connaît pas l'avis motivé de l'Assemblée
Consultative.
(g) Création d'une union postale
entre les Etats membres du Conseil de l'Europe.
53. En raison de la complexité du problème soulevé par
cette Recommandation, le Comité des Ministres a décidé, avant de
se prononcer, d'inviter les gouvernements à faire connaître par
écrit le\ir avis motivé sur cette question.
(h) Compagnies européennes.
54. Ainsi qu'il est indiqué dans le second Rapport du
Comité des Ministres à l'Assemblée Consultative en date du 23 avril
1951, le Comité des Ministres n'a pas donné suite à la Recommandation
26 d'août 1950 relative aux Compagnies européennes, étant donné
que cette question est toujours à l'étude dans les commissions de
l'Assemblée Consultative.
(i) Office européen des Brevets.
55. Le Comité d'Experts en matière de Brevets a tenu
à Strasbourg, du 14 au 19 janvier 1952, sa 3 e session plénière.
En même temps un Comité d'Experts en classification s'est réuni
pour étudier les conditions dans lesquelles pourrait être institué
un système unifié de classification des brevets. Comme aux sessions précédentes,
des représentants du Gouvernement fédéral suisse et du Bureau International
de Berne pour la protection de la propriété industrielle ont assisté
à ces travaux, en qualité d'observateurs. En cette même qualité
et pour la première fois assistèrent également à cette session des
représentants du gouvernement autrichien.
56. L'avant-projet de convention relatif aux formalités prescrites
pour le dépôt des demandes de brevets et qui contient, en outre,
l'engagement pour les parties contractantes d'introduire dans leurs
législations respectives l'examen préalable, même facultatif, de
la nouveauté des inventions, est actuellement soumis à l'examen
des gouvernements membres. Ces gouvernements ont été invités à faire
parvenir au Secrétaire Général, avant le 15 mai 1952, leurs observations
sur l'avant-projet en question.
57. Un résultat important a été acquis au cours de la 3e session
plénière du Comité d'Experts du fait que les représentants des six
pays qui ne procèdent pas, à l'heure actuelle, à l'examen préalable
de la nouveauté des inventions ont admis, sans réserves, le principe
du recours à un Office Central des Brevets.
58. La complexité des questions est telle qu'on ne pourrait demander
aux experts de terminer leur tâche à bref délai, car ce qui importé
avant tout est de trouver des solutions à ces problèmes permettant
d'aboutir au but visé. Les travaux des experts quant à la définition
commune de l'invention brevetable les ont amenés nécessairement
à poser la question de la brevetabilité des produits chimiques,
alimentaires et pharmaceutiques; dans ce même domaine de l'unification
juridique, le Comité des Experts est appelé, entre plusieurs autres
questions, à se prononcer sur les procédures d'examen et de délivrance
des brevets.
59. La création d'un Office européen des Brevets ne peut être
envisagée avant que toutes ces questions n'aient été préalablement
résolues, et c'est dans ce but que les deux comités se réuniront
à nouveau au mois de juillet 1952.
5.2 CHAPITRE 2 - Questions
sociales
(a) Recommandation 14 relative
à l'adoption d'une politique commune dans le domaine social.
60. Avant d'aborder l'examen détaillé des points qui
font l'objet de la Recommandation 14 (1951), le Comité des Ministres
tient à donner à l'Assemblée l'assurance qu'il reconnaît l'intérêt
d'une harmonisation des activités nationales en matière sociale.
61. Il estime que la contribution apportée par l'Assemblée Consultative
à l'étude des questions sur lesquelles son attention avait été appelée
dans le domaine social en août 1949, de même que les travaux entrepris
par le Comité des experts en matière de sécurité sociale, comme
suite aux recommandations de l'Assemblée, ont permis de dégager
certains aspects importants de la politique sociale des pays membres.
62. Le Secrétaire Général a été chargé, en conséquence, de préparer
un mémorandum sur les activités que le Conseil de l'Europe pourrait
utilement mener dans le domaine social.
63. Dans le cadre de cette étude une attention particulière devrait
être apportée aux considérations développées dans les paragraphes
e, f et g de la Recommandation 14.
64. Le Comité des Ministres rappelle par ailleurs que la mise
en oeuvre de la Recommandation 28, du 24 août 1950, sur le Code
Européen de Sécurité sociale, fait toujours l'objet des délibérations
du Comité des experts en matière de sécurité sociale qui se propose
de formuler, à cet égard, des suggestions après la Conférence Internationale
du Travail de 1952.
65. En ce qui concerne le problème de la main-d'oeuvre européenne,
le Comité des Ministres, qui avait chargé le Comité des experts
sur les Réfugiés et les Excédents de population de formuler un avis
sur le 1e r paragraphe de la Recommandation 3 du 14 mai 1951, a
approuvé les conclusions du Comité des experts sur ce point.
66. Plusieurs aspects du problème du logement retiennent actuellement
l'attention d'autres organisations internationales. Le Comité des
Ministres estime qu'en règle générale, le Conseil de l'Europe devrait
se contenter de suivre de près le travail de ces organisations dans
ce domaine, tout particulièrement aux Nations Unies et à l'O. E.
C. E. Il ne manquera pas d'informer l'Assemblée des résultats acquis,
sur ce point, au sein des différentes organisations intéressées.
Le Comité des Ministres estime, en conséquence, que la mise en oeuvre
de la suggestion formulée au paragraphe (c) de la Recommandation
14 conduirait à faire double emploi avec les efforts de ces organisations.
67. Quant au paragraphe (d) de la Recommandation 14 (1951), le
Comité des Ministres, tout en partageant le souci exprimé par l'Assemblée,
estime que la création d'un nouveau Comité d'experts n'apporterait
pas le moyen de résoudre les difficultés rencontrées.
(b) Accords intérimaires de
sécurité sociale.
68. Le Comité d'Experts en matière de sécurité sociale
a tenu sa quatrième session du 26 septembre au 2 octobre 1951. Il
s'est consacré essentiellement à 1'exam eh et à la révision des
deux projets d'Accords de Sécurité sociale préparés à la demande
du Comité par le Bureau International du Travail, conformément à
la Recommandation adoptée par l'Assemblée Consultative lors de sa
première Session en 1949. Ces accords sont destinés à mettre en
oeuvre deux principes : l'égalité de traitement en matière de sécurité
sociale entre les ressortissants de tous les États membres, et l'extension
à ces ressortissants des prestations prévues par les accords déjà
conclus entre deux ou plusieurs États. Étant donné que ces accords
s'appliqueront à 126 régimes de sécurité sociale en vigueur dans
15 pays et à 40 accords bilatéraux ou multilatéraux, leur préparation
a nécessité plusieurs sessions . du Comité.
69. Afin d'assurer une coordination entre les deux projets d'Accords
de Sécurité sociale et le projet de Convention d'Assistance sociale
et médicale qu'un autre comité d'experts est en train d'élaborer,
les deux comités d'experts ont tenu une réunion commune du 14 au
16 novembre 1951. Les projets d'accords de sécurité sociale ont
ensuite été soumis aux gouvernements aux fins d'examen et d'amendement
et, en raison des diverses modifications de rédaction qui ont été
proposées, le Comité d'Experts en matière de sécurité sociale a
dû tenir une nouvelle réunion du 10 au 13 mars 1952. Au cours de
cette réunion, le Comité a révisé des textes qui seront soumis à
l'Assemblée pour avis.
70. Lors de l'élaboration de ces Accords, le Comité d'Experts
a envisagé la possibilité d'en étendre le bénéfice non seulement
aux ressortissants de tous les Membres du Conseil de l'Europe, mais
aussi aux réfugiés. Il est apparu que cette proposition exigeait
une étude plus approfondie. Afin de ne pas retarder la signature
des Accords, qui sont déjà presque au point, il a été décidé d'examiner
la possibilité de conclure ultérieurement un protocole à cet effet.
71. Le Comité d'Experts a également examiné la question de la
sécurité sociale des travailleurs migrants qui fait l'objet du paragraphe
2 de la Recommandation 3 (1951) adoptée par l'Assemblée Consultative
en mai 1951. Le Comité d'Experts a reconnu avec l'Assemblée Consultative
que les familles des travailleurs migrants devraient bénéficier
de l'intégralité des prestations de la sécurité sociale, môme lorsque
le soutien de famille travaille dans un autre pays. Il a estimé
toutefois que la méthode à adopter pour atteindre ce résultat posait
un problème difficile ayant des répercussions économiques et financières
qui nécessitait un examen plus approfondi. Cette question reste
donc en suspens.
(c) Convention d'assistance
sociale et médicale.
72. Le Comité des Ministres a également constitué un
Comité d'Experts en matière d'assistance sociale et médicale chargé
de compléter les accords de sécurité sociale par des dispositions
analogues visant l'assistance sociale et médicale. Ce Comité a tenu
sa première session du 24 au 26 septembre 1951. Un comité de rédaction
a été constitué en vue de préparer un premier projet de convention
à cet effet.
73. Ce comité de rédaction s'est réuni du 7 au.9 janvier 1952,
et a préparé un texte qui a été soumis aux gouvernements pour examen.
Le Comité d'Experts plénier s'est réuni de nouveau du 16 au 19 avril
1952. Il s'est mis d'accord sur un projet révisé de convention,
aux termes duquel tous les États membres étendront le bénéfice de
leurs régimes d'assistance sociale et médicale aux ressortissants
des autres Membres du Conseil de l'Europe. Ce projet de convention
a été soumis aux gouvernements et sera examiné par le Comité des Ministres
lors d'une prochaine session.
5.3 CHAPITRE 3 - Problème
des Réfugiés et des Excédents de population
74. Lors de sa dixième Session, le Comité des Ministres
a adopté, au sujet du problème des réfugiés et des excédents de
population, la résolution ci-après :
« Le Comité des Ministres,
Soucieux de la gravité du problème des réfugiés et des excédents
de population dans les pays membres du Conseil de l'Europe,
Ayant examiné les résultats de la Conférence sur les Migrations
convoquée par l'Organisation Internationale du Travail à Naples
en octobre 1951, et ayant pris acte que l'une de ses recommandations
tend à la création d'un Conseil Consultatif sur les Migrations européennes,
Ayant pris connaissance de la résolution adoptée par la Conférence
des Migrations convoquée à Bruxelles par le gouvernement belge en
novembre-décembre 1951, à la suggestion du gouvernement des États-Unis,
et de la création d'un Comité provisoire pour les mouvements migratoires
d'Europe;
Constatant avec satisfaction les progrès accomplis dans le
domaine de l'émigration et exprimant le souhait que les activités
du Comité provisoire contribueront de façon appréciable au transport
des migrants qui ne pourraient se déplacer par d'autres moyens,
Ayant étudié le rapport définitif du Comité des Experts sur
le problème des réfugiés et des excédents de population, et adopté
les conclusions de ce rapport,
Note avec satisfaction que l'Assemblée Consultative a créé
une commission de la Population et des Réfugiés,
Confirme l'opinion exprimée dans sa Résolution du 2 août 1951
sur la création d'un Comité Spécial de Liaison pour le problème
des réfugiés et des excédents de population entre l'Assemblée Consultative
et le Comité des Ministres,
Ayant examiné la Recommandation 13 de l'Assemblée Consultative,
et approuvé la proposition de créer le Comité Spécial de Liaison
y prévu, ainsi que la composition préconisée,
Invite le Comité Mixte à fixer les modalités du fonctionnement
efficace de ce Comité Spécial de Liaison,
Estime que le Comité Spécial de Liaison doit :
- Examiner les projets approuvés
par la commission de la Population et des réfugiés de l'Assemblée
ou présentés par le Comité des Ministres en vue de favoriser l'installation
ou l'immigration des réfugiés et des excédents de population;
- Viser à s'assurer l'appui positif de l'opinion publique
européenne en vue de la solution des pressants problèmes des réfugiés
et des excédents de population;
- Etre chargé de coordonner et de stimuler les travaux du
Conseil de l'Europe dans ce domaine;
- Tenir compte de la nécessité de faciliter la formation
professionnelle des jeunes réfugiés et chômeurs des pays à population
excédentaire ;
- Suivre les activités dans ce domaine des gouvernements
des États membres du Conseil de l'Europe ainsi que des organisations
intergouvernementales et bénévoles traitant du problème des réfugiés,
des excédents de population et de l'émigration, et faire rapport
à l'Assemblée et au Comité des Ministres. Toutefois, les travaux
du Comité ne devront porter aucun préjudice aux droits particuliers
ni do telles organisations ni des organes du Conseil de l'Europe;
Autorise le Secrétaire Général à maintenir un contact permanent
avec les gouvernements des Membres et les organisations internationales
agissant dans ce domaine afin de recueillir toutes informations
utiles sur les points suivants :
i Mise
à jour delà situation dans chaque pays en ce qui concerne l'excédent
de population;
ii Projets élaborés ou mesures prises pour traiter le problème
dans le cadre des économies nationales;
iii Projets élaborés ou mesures prises en vue de faciliter
:
a les mouvements intraeuropéens,
b l'émigration outre-mer.
En ce qui concerne la recommandation de l'Assemblée Consultative
de nommer un Représentant Spécial, le Comité des Ministres prie
le Comité Spécial de Liaison de lui faire part de son avis à cet
égard. »
75. Cette résolution a été portée à la connaissance de
l'O. E. C. E., du Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés
et du Comité Intergouvernemental Provisoire pour les mouvements
migratoires d'Europe.
76. Le Comité des Ministres a, d'autre part, décidé d'inscrire
à son ordre du jour une proposition franco-allemande tendant à organiser
entre les États les plus directement intéressés, le cas échéant,
par la voie d'un accord partiel, une action pour le rétablissement
et la formation professionnelle, en Europe, des réfugiés et des populations
excédentaires.
5.4 CHAPITRE 4 - Questions
culturelles
77. Les recommandations d'ordre culture adoptées par
l'Assemblée au cours de la 2 e partie de sa troisième Session ordinaire
ont été examinées par le Comité des Ministres lors de sa dixième
Session.
78. Avant de se prononcer au sujet de la Recommandation 18 (1951)
(organisation des échanges de professeurs, d'étudiants et de jeunes
techniciens entre les Membres du Conseil de l'Europe) etla Recommandation20
(1951) (Institution d'un « Prix du Conseil de l'Europe »), le Comité
les a transmises pour étude au Comité d'Experts culturels.
79. En ce qui concerne la Recommandation 17 (1951), tendant à
la création d'un Fonds européen pour les exilés, le Comité des Ministres
a invité les gouvernements membres à informer le Secrétaire Général,
avant le 15 mai 1952, des mesures prises par eux en vue de porter
assistance aux jeunes réfugiés des pays de l'Europe dans la poursuite
de leurs études et des dispositions complémentaires qu'ils comptent
prendre dans le même dessein.
80. Le Comité des Ministres n'a pas été en mesure de donner suite,
à l'heure actuelle, à la Recommandation 19 (1951) relative à la
protection en cas de guerre des objets d'art ou présentant une «
valeur historique ». D'une part, l'Organisation du Traité de Bruxelles
est en train de mettre au point un projet de déclaration unilatérale
sur cette question qui diffère de celle préparée par l'UNESCO. D'autre
part, cette dernière organisation a pris l'initiative de l'élaboration
d'une Convention internationale dans ce domaine. Dans ces conditions,
le Comité des Ministres a estimé préférable de surseoir à toute
décision.
81. Le Comité des Experts culturels a tenu une session du 20 au
22 novembre 1951. Il a poursuivi l'examen des recommandations de
l'Assemblée auxquelles le Comité des Ministres n'avait pas encore
donné suite et d'un certain nombre de questions qui avaient été
soumises aux experts par le Comité des Ministres.
82. Les experts ont présenté au Comité des Ministres un projet
de Convention européenne relative à l'équivalence des diplômes donnant
accès aux établissements universitaires. Ce projet a recueilli l'assentiment de
principe du Comité. Après la mise au point du texte, les Ministres
espèrent pouvoir signer la Convention dans un proche avenir.
83. Sur la proposition des Experts culturels, le Comité des Ministres
a adopté :
a Une Résolution faisant
suite à la Recommandation adoptée par l'Assemblée Consultative en
1949 et relative à la révision des manuels d'histoire et de géographie.
Le Comité a recommandé aux gouvernements membres d'accorder une
attention particulière à la révision de ces manuels dans le cadre
des conventions culturelles bilatérales existantes, et par l'adoption
de dispositions bilatérales appropriées dans le cas où de telles
conventions n'existeraient pas. Les gouvernements sont, en outre, invités
à seconder, dans la mesure du possible, les efforts officiels et
privés pour une telle révision et à accorder toutes facilités aux
organismes et aux personnalités qui se consacrent à ces tâches.
Cette révision devrait également s'étendre à tout autre matériel
audiovisuel utilisé pour l'enseignement de l'histoire et de la géographie,
en particulier aux cartes, aux tableaux muraux, aux diapositives
et aux films.
b Une Résolution sur l'échange des documents officiels par
laquelle les gouvernements membres sont invités :
i à faire en sorte que la fonction
publique de chaque gouvernement ait à sa disposition les documents
publics officiels des autres gouvernements membres;
ii à faire connaître au Secrétariat Général les dispositions
qu'ils ont adoptées au sujet des échanges de documents de même nature,
de la vente de leurs publications dans d'autres Etats membres et
de la mise en circulation de catalogues ou de listes de ces publications
;
iii à revoir, en vue de les simplifier, les dispositions prises
par eux pour l'acquisition de publications étrangères requises par
les services gouvernementaux.
84. Considérant le succès qu'avait obtenu la Quinzaine d'études
européennes organisée en mai 1951 sous les auspices conjoints de
l'Université de Strasbourg et du Conseil de l'Europe, le Comité
des Ministres a décidé qu'une deuxième quinzaine devrait être organisée
à Strasbourg en 1952 ayant pour thème : « Les organisations internationales
européennes, leurs activités et leurs problèmes ». Le Comité a octroyé
une subvention de 2 millions de francs pour couvrir les frais de
cette quinzaine. Cette somme comprendra les honoraires des professeurs
qui seront délégués à la quinzaine par le Collège de l'Europe à
Bruges.
5.5 CHAPITRE 5 - Protocole
additionnel à la Convention de sauvegarde des Droits de l'homme
et des libertés fondamentales
85. Au cours de sa dixième Session, le Comité des Ministres
a approuvé le texte du Protocole additionnel à la Convention de
sauvegarde des Droits de l'homme et des libertés fondamentales,
annexé au présent Rapport. Ce texte a été signé, le 20 mars 1952,
par les représentants de tous les gouvernements des Membres.
86. A la demande de l'Assemblée, le Comité des Ministres a accepté
le texte de l'article 2, tel qu'il avait été adopté par l'Assemblée.
87. Il convient cependant de rappeler que le Comité des Ministres
s'était efforcé d'élaborer un texte acceptable pour tous les gouvernements
Ce n'est pas le cas en ce qui concerne le texte proposé par l'Assemblée.
Ce texte est en effet inacceptable pour quatre gouvernements, dont
deux ont formulé une réserve au moment de la signature du Protocole,
et dont deux autres ont annoncé leur intention de formuler une réserve
lors du dépôt de leur instrument de ratification.
88. La décision du Comité des Ministres d'approuver le texte du
Protocole additionnel annexé au présent rapport a fait l'objet de
la résolution ci-après :
« Le Comité des Ministres,
Vu la Convention de sauvegarde des Droits de l'homme et des
libertés fondamentales signée à Rome le 4 novembre 1950,
Vu la décision prise lors de sa sixième Session (novembre
1950) tendant à compléter la Convention de sauvegarde des Droits
de l'homme par un Protocole additionnel incorporant le droit de
propriété, le droit à l'instruction et le principe des élections
libres,
Vu la Recommandation 15 (1951), adoptée par l'Assemblée Consultative
le 8 décembre 1951.
Reconnaissant, en ce qui concerne l'article 1er , que les
principes généraux du droit international, dans leur acception actuelle,
comprennent l'obligation de verser aux nationaux une indemnité en
cas d'expropriation,
Prenant acte de l'intention des gouvernements de la Grèce
et du Royaume-Uni de formuler, lors de la signature du Protocole,
certaines réserves concernant l'article 2,
Prenant acte également de l'intention des gouvernements de
la Suède et de la Turquie de formuler certaines réserves concernant
le même article, lors du dépôt de l'instrument de ratification du
Protocole,
Approuve le texte du Protocole additionnel à la Convention
de sauvegarde des Droits de l'homme et des libertés fondamentales
ci-dessous, et décide de l'ouvrir à la signature des représentants
des gouvernements au cours de sa présente Session. »
89. En outre, les Ministres des affaires étrangères des
Pays-Bas et de l'Irlande ont, au moment de l'adoption de la résolution
ci-dessus, fait les déclarations ci-après :
« De l'avis du gouvernement des Pays-Bas, l'État devrait
non seulement respecter les droits des parents dans le domaine de
l'éducation, mais, en cas de besoin, assurer l'exercice de ces droits
par des mesures financières appropriées. »
« En signant le Protocole, le délégué de l'Irlande demande
qu'il soit précisé au procès-verbal que, de l'avis de son gouvernement,
l'article 2 du Protocole ne garantit pas aux parents, de façon suffisamment explicite,
le droit de pourvoir à l'instruction de leurs enfants dans le foyer
familial, ou dans les écoles de leur choix, qu'il s'agisse d'écoles
privées ou d'écoles agréées ou créées par l'État. »
90. Jusqu'à présent, la Convention de sauvegarde des Droits de
l'homme et des libertés fondamentales a été ratifiée par le Royaume-
Uni, la Norvège et la Suède. Ce dernier État a fait la déclaration
prévue par l'article 25 de la Convention et a reconnu ainsi la compétence
de la Commission pour connaître des requêtes présentées par des
particuliers.
5.6 CHAPITRE 6 - Questions
juridiques et administratives
(a) Convention sur le traitement
réciproque des nationaux.
91. Les observations des gouvernements membres sur le
projet de Convention de traitement réciproque des nationaux ont
été reçues par le Secrétaire Général et diffusées parmi les gouvernements.
Étant donné que la majorité des réponses étaient d'un caractère
assez général et que les problèmes posés par le projet de Convention
étaient à la fois très nombreux et d'une grande complexité, il a
été décidé de charger le Secrétaire Général d'inviter les gouvernements
à donner leur avis détaillé sur les dispositions du projet de Convention préparé
par l'Assemblée Consultative. Cette procédure a été adoptée afin
de permettre aux gouvernements de donner des instructions à leurs
experts en pleine connaissance des difficultés que ceux-ci pourront rencontrer
lors de la réunion du Comité d'experts. Dès que les gouvernements
auront fait parvenir leurs observations, le Comité des Ministres
se prononcera sur la suite à donner au paragraphe 27 de la Réponse de
l'Assemblée au Comité des Ministres, dans laquelle l'Assemblée demandait
au Comité d'autoriser la communication des réponses des gouvernements
à la commission des Questions juridiques et administratives de l'Assemblée.
(b) Convention européenne d'extradition
92. Lors de sa dixième Session, le Comité des Ministres
a approuvé les termes du paragraphe (a) de la Recommandation 16
(1951) relative aux mesures préparatoires à prendre en vue de la
conclusion d'une Convention européenne d'extradition. Il a invité
les gouvernements membres à faire connaître dans un délai de trois
mois leur avis sur cette question.Le Comité des Ministres a différé
toute décision sur l'opportunité de convoquer une réunion commune
d'experts juridiques et de membres de la commission des Questions juridiques
et administratives, jusqu'à ce que le Secrétaire Général ait reçu
des réponses des gouvernements et les ait fait distribuer à tous
les Membres.
(c) Passeport européen
93. Le Comité d'experts en matière de passeports et de
visas qui s'est réuni du 15 au 17 novembre 1951, ainsi que les 4
et 5 mars 1952, a reconnu l'intérêt que présenterait la suppression
des visas en ce qui concerne les ressortissants des États membres
du Conseil de l'Europe. Il a toutefois estimé que la procédure la
plus efficace pour atteindre ce but résidait dans la conclusion
d'accords bilatéraux entre les États intéressés. Lors de sa dixième
Session, le Comité des Ministres a fait sienne cette conclusion,
et il a recommandé aux gouvernements membres de conclure des accords
bilatéraux à cet effet dès que les circonstances le permettront.
94. Le Comité d'experts est également parvenu à un accord sur
plusieurs propositions visant à la standardisation des passeports
délivrés par les États membres du Conseil de l'Europe. Ces propositions
ont été soumises au Comité des Ministres qui les examinera à sa
onzième Session.
95. Le Comité des Ministres a pris acte du désir de l'Assemblée,
exprimé dans le paragraphe 29 de sa réponse, de voir le Comité revenir
à l'esprit de la proposition initiale de l'Assemblée tendant à la
création d'un passeport européen qui assurerait la liberté de circulation
à travers les territoires des États membres. Le Comité a toutefois
émis l'avis qu'il était pratiquement impossible, à l'heure actuelle,
de donner suite à cette proposition.
(d) Règlement pacifique des
différends
96. Le Secrétaire Général a reçu les réponses de la majorité
des gouvernements en ce qui concerne la question du règlement pacifique
des différends entre les États membres du Conseil de l'Europe qui
fait l'objet delà Recommandation 56 du mois de novembre 1950. Ces
réponses ont maintenant été communiquées Comaux autres gouvernements
et le Comité des Ministres se prononcera prochainement sur l'attitude
à prendre en la matière.
97. En attendant, le Comité des Ministres désire attirer l'attention
de l'Assemblée Consultative sur le fait que la Recommandation 22
du 11 décembre 1951, tendant à l'institution d'une juridiction européenne
unique, marque une évolution qui n'était pas prévue lorsque l'Avis
qui est un élément de la Recommandation 56 (1950) a été élaborée.
Il se pourrait donc que l'Assemblée Consultative désire reprendre
la question afin de déterminer si cette Recommandation correspond
exactement à ses vues actuelles.
98. La demande présentée par l'Assemblée Consultative dans le
paragraphe 30 de sa réponse au Comité des Ministres, tendant à ce
que le Secrétaire Général soit autorisé à transmettre à la commission
des Questions juridiques et administratives les réponses envoyées
par les gouvernements, a été inscrite à l'ordre du jour du Comité
des Ministres.
(e) Institution d'une Cour de
Justice européenne unique
99. Au cours de sa dixième Session, le Comité des Ministres
a examiné la Recommandation 22 (1951) tendant à l'institution d'une
juridiction européenne unique, et a invité les gouvernements membres
à communiquer leurs vues sur cette Recommandation au Secrétaire
Général, si possible avant le 15 mai 1952. Le Comité des Ministres
a chargé les Délégués des Ministres de prendre une décision sur
l'opportunité de convoquer une réunion entre un groupe d'experts
gouvernementaux et le groupe de travail de la commission des Questions
juridiques et administratives, ainsi qu'il est suggéré dans la Recommandation,
dès que les gouvernements auront fait connaître leurs observations.
5.7 CHAPITRE 7 - Information
100. Ainsi qu'il a été indiqué dans son deuxième rapport
supplémentaire de 1951, le Comité des Ministres avait décidé de
convoquer un Comité, composé de représentants de la Belgique, de
la France, de l'Italie, du Royaume- Uni et de l'un des trois pays
Scandinaves, qui serait chargé de mettre au point un plan à long
terme de coopération entre les services nationaux d'information
et le Conseil de l'Europe. Ce Comité a siégé à Strasbourg du 8 au
10 janvier 1952. Son rapport au Comité des Ministres contient trois
parties. Les 2 e et 3e parties, portant sur la publication des «
Nouvelles du Conseil de l'Europe » et sur l'emploi par la Direction
de l'Information de correspondants dans les pays membres, ont été
approuvées par le Comité des Ministres. La première partie du rapport
du Comité concernant un plan à long terme de coopération entre les
services nationaux d'information et le Conseil de l'Europe est encore
à l'étude. En attendant la décision définitive du Comité des Ministres
sur cette partie du rapport, le Secrétaire Général a, toutefois,
été autorisé à exercer son activité dans le domaine de l'information
en prenant les conclusions du l'apport comme directives.
5.8 CHAPITRE 8 - Aide
aux populations italiennes victimes de l'inondation
101. A la suite de la motion adoptée par l'Assemblée Consultative,
le 26 novembre 1951, recommandant au Comité des Ministres de « prendre
d'urgence des mesures pratiques pour apporter une aide efficace
aux victimes des inondations en Italie », le Comité des Ministres
— sur la proposition de son Président M. Lange, ministre des affaires
étrangères de Norvège — a prié tous les États membres du Conseil
de l'Europe de continuer à élargir, chacun dans la plus grande mesure
possible, son action dans ce domaine.
102. Par ailleurs, le Comité des Ministres a décidé d'inviter les
gouvernements des Membres à faire connaître au Secrétariat Général,
avant la réunion de la dixième Session, les mesures adoptées à cet
égard par chacun d'eux, ainsi que les initiatives complémentaires
qui pourraient être envisagées ultérieurement.
103. Au cours de la dixième Session du Comité des Ministres, le
représentant de l'Italie au Comité a renouvelé l'expression de la
gratitude du gouvernement italien aux pays membres du Conseil de
l'Europe qui avaient apporté une aide généreuse et spontanée aux
victimes des inondations. Il a déclaré, en outre, que les secours
d'urgence n'étaient plus désormais nécessaires.
6 Titre V – Questions
d'Ordre Intérieur et Administratif
Budget 1952
104. Dûment mandatés à cet effet par le Comité des Ministres,
les Conseillers des Ministres ont approuvé, lors de leur réunion
du 23 novembre 1951, le Budget pour l'Exercice 1952 pour un montant
de 653.880.000 francs.
Annexe
PROTOCOLE
ADDITIONNEL A LA CONVENTION DE SAUVEGARDE DES DROITS DE L'HOMME
ET DES LIBERTÉS FONDAMENTALES.
Les Gouvernements signataires, Membres du Conseil de l'Europe,
Résolus à prendre des mesures propres à assurer la garantie
collective de droits et libertés autres que ceux qui figurent déjà
dans le Titre I de la Convention de sauvegarde des Droits de l'homme
et des libertés fondamentales, signée à Rome le 4 novembre 1950
(ci-après dénommée « La Convention »).
Sont convenus de ce qui suit :
Article 1
Toute personne physique ou morale a droit au respect de ses
biens. Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d'utilité
publique et dans les conditions prévues par la loi et les principes
généraux du droit international.
Les dispositions précédentes ne portent pas atteinte au droit
que possèdent les États de mettre en vigueur les lois qu'ils jugent
nécessaires pour réglementer l'usage des biens conformément à l'intérêt
général ou pour assurer le paiement des impôts ou d'autres contributions
ou des amendes.
Article 2
Nul ne peut se voir refuser le droit à l'instruction. L'État,
dans l'exercice des fonctions qu'il assumera dans le domaine de
l'éducation et de l'enseignement, respectera le droit des parents
d'assurer cette éducation et cet enseignement conformément à leurs
convictions religieuses et philosophiques.
Article 3
Les Hautes Parties Contractantes s'engagent à organiser à
des intervalles raisonnables, des élections libres au scrutin secret,
dans des conditions qui assurent la libre expression de l'opinion
du peuple sur le choix du corps législatif.
Article 4
Toute Haute Partie Contractante peut, au moment de la signature
ou de la ratification du présent Protocole ou à tout moment par
la suite, communiquer au Secrétaire Général du Conseil de l'Europe
une déclaration indiquant la mesure dans laquelle il s'engage à
ce que les dispositions du présent Protocole s'appliquent à tels territoires
qui sont désignés dans ladite déclaration et dont il assure les
relations internationales.
Toute Haute Partie Contractante qui a communiqué une déclaration
en vertu du paragraphe précédent peut, de temps à autre, communiquer
une nouvelle déclaration modifiant les termes de toute déclaration
antérieure ou mettant fin à l'application des dispositions du présent
Protocole sur un territoire quelconque.
Une déclaration faite conformément au présent article sera
considérée comme ayant été faite conformément au paragraphe 1 de
l'article 63 de la Convention.
Article 5
Les Hautes Parties Contractantes considéreront les articles
1, 2, 3 et 4 de ce Protocole comme des articles additionnels à la
Convention et toutes les dispositions de la Convention s'appliqueront
en conséquence.
Article 6
Le présent Protocole est ouvert à la signature des Membres
du Conseil de l'Europe, signataires de la Convention ; il sera ratifié
en môme temps que la Convention ou après la ratification de celle-ci.
Il entrera en vigueur après le dépôt de dix instruments de ratification.
Pour tout signataire qui le ratifiera ultérieurement, le Protocole
entrera en vigueur dès le dépôt de l'instrument de ratification.
Les instruments de ratification seront déposés près le Secrétaire
Général du Conseil de l'Europe qui notifiera à tous les Membres
les noms de ceux qui l'auront ratifié.
Fait à Paris, le 20 mars 1952, en français et en anglais,
les deux textes faisant également foi, en un seul exemplaire qui
sera déposé dans les archives du Conseil de l'Europe. Le Secrétaire
Général en communiquera copie certifiée conforme à chacun des Gouvernements
signataires.
Au moment de la signature du Protocole, les représentants
des Gouvernements de la Grèce et du Royaume-Uni ont fait les réserves
suivantes :
- Grèce : « Au moment
de la signature du présent Protocole, le Gouvernement hellénique,
se prévalant de l'article 64 de ladite Convention, formule la réserve
suivante, portant sur l'article 2 du Protocole : Le mot « philosophique
» par lequel se termine le second paragraphe de l'article 2 recevra
en Grèce une application conforme aux dispositions y relatives de
la législation intérieure. »
- Royaume-Uni : « Au moment de signer le présent Protocole,
je déclare qu'en raison de certaines dispositions des lois sur l'enseignement
en vigueur au Royaume-Uni, le principe posé dans la seconde phrase
de l'article 2 n'est accepté que dans la mesure où il est compatible
avec l'octroi d'une instruction et d'une formation efficaces et
n'entraîne pas de dépenses publiques démesurées. »