La sauvegarde de la démocratie, des droits et de l'environnement dans le commerce international
Réponse à Recommandation
| Doc. 16010
| 14 juin 2024
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1500e réunion des Délégués des Ministres
(5 juin 2024). 2024 - Troisième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2254
(2023)
1. Le Comité des Ministres
a examiné avec attention la
Recommandation
2254 (2023) de l’Assemblée parlementaire sur «La sauvegarde de la
démocratie, des droits et de l’environnement dans le commerce international».
Il l’a transmise au Comité directeur pour les droits de l’homme
(CDDH) et au Comité européen de coopération juridique (CDCJ) pour
information et commentaires éventuels. Le Comité des Ministres partage pleinement
l'avis de l'Assemblée selon lequel les dispositifs commerciaux internationaux
doivent évoluer avec la société et traduire l'attention accrue qu'elle
porte à la dignité humaine et au développement durable, et se félicite
de l'attention accordée à cette question.
2. Le Comité des Ministres rappelle ses travaux dans ce domaine.
En ce qui concerne les aspects liés aux droits de l'homme, sa Recommandation
CM/Rec(2016)3 sur les droits de l'homme et les entreprises, qui encourage
les États membres à intégrer la protection des droits de l'homme
dans les accords commerciaux internationaux, revêt une importance
particulière. Le paragraphe 23 de la recommandation dispose que: «[l]orsqu’ils
concluent des accords de commerce et d’investissement ou d’autres
conventions pertinentes et pendant leur durée, les États membres
devraient examiner les incidences possibles de ces accords sur les droits
de l’homme et prendre les mesures appropriées, y compris par l’incorporation
de clauses relatives aux droits de l’homme, pour atténuer les risques
identifiés d’incidences négatives sur les droits de l’homme et y remédier».
3. À cet égard, le Comité des Ministres rappelle également la
Plateforme en ligne du Conseil de l'Europe pour les droits de l'homme
et les entreprises, qui a été créée à la suite de l'adoption de
la recommandation susmentionnée pour promouvoir le partage de l'expertise
et des pratiques nationales dans le domaine des droits de l'homme
et les entreprises. Il encourage les États membres à mettre régulièrement
à jour les informations concernant les mesures prises pour promouvoir
le devoir de vigilance des entreprises.
4. En outre, en vue de l'abolition universelle de la peine capitale,
le paragraphe 24 de la Recommandation
CM/Rec(2016)3 encourage les États membres à «veiller à ce que les
entreprises commerciales domiciliées dans leur juridiction ne fassent
pas commerce de biens qui n’ont pas d’autre usage pratique que celui
de la peine capitale, de la torture ou d’autres peines ou traitements
cruels, inhumains ou dégradants». Des normes plus détaillées dans
ce domaine sont énoncées dans la Recommandation
CM/Rec(2021)2 du Comité des Ministres sur des mesures contre le commerce
de biens utilisés pour la peine de mort, la torture et autres peines
ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
5. Le Comité des Ministres attire en outre l'attention sur la
Recommandation
CM/Rec(2022)21 sur la prévention et la lutte contre la traite des êtres
humains à des fins d’exploitation par le travail, qui encourage
les États membres à fournir des orientations et des outils aux entreprises
sur la manière de réduire les risques d’être impliquées directement
ou indirectement dans cette traite.
6. En ce qui concerne l'aspect développement durable de la recommandation
de l'Assemblée, le Comité des Ministres rappelle les récents travaux
entrepris pour permettre et renforcer le devoir de vigilance des entreprises
dans le domaine de la protection de l'environnement. Sa Recommandation
CM/Rec(2022)20 sur les droits de l'homme et la protection de l'environnement
encourage les États membres à appliquer un assortiment judicieux
de mesures, nationales et internationales, contraignantes et volontaires,
sur les responsabilités des entreprises commerciales en matière
de respect des droits de l'homme liés à l'environnement. Un rapport
de mise en œuvre sera élaboré en temps voulu et le CDDH a organisé
deux ateliers de sensibilisation sur les initiatives législatives
nationales et régionales introduisant une obligation de vigilance
des entreprises en matière de droits de l'homme et d'environnement.
7. Le Comité des Ministres rappelle en outre qu'une nouvelle
convention annulant et remplaçant la Convention européenne sur la
protection de l'environnement par le droit pénal, qui devrait contenir
les dispositions pertinentes, est en cours d'élaboration et devrait
être achevée d'ici à la fin de l'année.
8. Enfin, le Comité des Ministres prend note des autres points
avancés dans la recommandation de l'Assemblée et invite les autorités
compétentes des États membres à les prendre dûment en considération.