Les journalistes ukrainiens sont de plus en plus pris pour cible par les envahisseurs russes en raison de leurs activités professionnelles. Depuis le début de la guerre d'agression à grande échelle en février 2022, l'Institut ukrainien d'information du grand public, organisme à but non lucratif, a recensé plus de 599 crimes commis par la Fédération de Russie à l'encontre des médias et des professionnels des médias. 81 professionnels des médias ont perdu la vie: 10 d'entre eux ont été tués en reportage et 71 ont succombé à des bombardements, à des actes de torture ou alors qu'ils étaient en service dans les forces armées. 30 professionnels des médias et journalistes au moins sont illégalement privés de liberté et détenus en qualité de civils en Fédération de Russie, où ils font l'objet de chefs d'inculpation fabriqués de toutes pièces, sont torturés et privés de leurs droits fondamentaux. On ignore toujours où se trouvent plusieurs journalistes ukrainiens. Malheureusement, le nombre de victimes augmente chez les journalistes.
L'Assemblée parlementaire devrait élaborer un rapport visant à sensibiliser l'opinion au sort des journalistes ukrainiens retenus en captivité en Fédération de Russie. En 2023, le Conseil de l'Europe a lancé une campagne de cinq ans, «Les journalistes comptent», pour protéger les journalistes contre la violence, les menaces et le harcèlement dans toute l'Europe. Cette campagne pourrait servir plus largement à mettre en lumière la situation des journalistes ukrainiens détenus illégalement en Fédération de Russie. L'action de sensibilisation pourrait être amplifiée par l'intermédiaire d'associations de journalistes internationales et locales.
Le rapport devrait également faire le point sur les instruments en vigueur du Conseil de l'Europe qui pourraient être utiles et étudier les moyens qui permettraient aux États membres d'accroître la pression politique et diplomatique sur la Fédération de Russie, afin d'assurer la libération et le retour en Ukraine des journalistes faits prisonniers et détenus illégalement. Ces initiatives pourraient comporter des actions menées par l'intermédiaire d'organisations internationales dont la Fédération de Russie est membre, notamment l'ONU et l'OSCE. La participation éventuelle du Comité international de la Croix-Rouge doit également être examinée.
Ce rapport devrait également prévoir des mesures pour tous les détenus civils ukrainiens confrontés à une situation similaire, afin de garantir qu'ils ne soient pas oubliés et qu'ils retrouvent leurs familles et leurs proches.