Guerre d'agression russe contre l'Ukraine: la nécessité d'établir les responsabilités et d'empêcher l'impunité
Recommandation 2294
(2025)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion
par l’Assemblée le 9 avril 2025 (15e séance)
(voir Doc. 16152, rapport de la commission des questions juridiques et
des droits de l'homme, rapporteur: M. Iulian Bulai). Texte adopté par l’Assemblée le
9 avril 2025 (15e séance).
1. L’Assemblée parlementaire attire
l’attention du Comité des Ministres sur sa
Résolution 2598 (2025) «Guerre d’agression
russe contre l’Ukraine: la nécessité d’établir les responsabilités
et d’empêcher l’impunité», qui réaffirme la nécessité de mettre
en place un système complet d’obligation de rendre des comptes pour
toutes les violations du droit international et les crimes de droit
international commis à la suite de l’agression de la Fédération
de Russie contre l’Ukraine, tout en soulignant que toute négociation
de paix ne doit pas conduire à l’impunité.
2. L’Assemblée se réfère à sa
Recommandation 2279 (2024) «Questions
juridiques et violations des droits de l’homme liées à l’agression
de la Fédération de Russie contre l’Ukraine».
3. L’Assemblée se félicite vivement de la décision prise par
le Comité des Ministres le 24 février 2025, dans laquelle ce dernier
a fait part de sa détermination à poursuivre son action pour que
la Fédération de Russie et les responsables de crimes et de violations
du droit international des droits humains et du droit international humanitaire
commis dans le cadre de l’agression contre l’Ukraine aient à répondre
de leurs actes.
4. L’Assemblée invite le Comité des Ministres à œuvrer à la création
du tribunal spécial pour le crime d’agression contre l’Ukraine dès
qu’un accord politique aura été trouvé entre les États et les partenaires
qui participent au Groupe restreint sur la création d’un tribunal
spécial pour le crime d’agression contre l’Ukraine:
4.1 en autorisant le Secrétaire
Général à conclure l’accord portant création du tribunal spécial
avec le Gouvernement ukrainien;
4.2 en établissant un accord partiel élargi sur la gestion
du tribunal spécial pour le crime d’agression contre l’Ukraine,
et en invitant tous les États membres et observateurs du Conseil
de l’Europe, ainsi que les autres États et organisations internationales,
à en devenir membres.
5. L’Assemblée invite le Comité des Ministres à œuvrer sans tarder
à la création d’une commission des demandes d’indemnisation pour
l’Ukraine, notamment en mettant en place un comité ad hoc chargé
de rédiger une convention ouverte du Conseil de l’Europe.
6. L’Assemblée se félicite en outre de la décision prise par
le Comité des Ministres le 6 mars 2025 dans le cadre de la surveillance
de l’exécution de l’arrêt rendu par la Cour européenne des droits
de l’homme dans l’affaire interétatique Ukraine
c. Russie (Crimée), dans laquelle le Comité des Ministres
a exhorté la Fédération de Russie à rétablir l’application du droit
ukrainien en Crimée et à enquêter sur les violations graves et sérieuses
de la Convention européenne des droits de l’homme (STE no 5)
commises en Crimée depuis 2014, afin d’identifier tous les responsables
en vue de les traduire en justice, en particulier les auteurs de
disparitions forcées, de détentions arbitraires ou de détentions
au secret, ainsi que leur chaîne de commandement et les complices,
et à collaborer et à coopérer pleinement à toutes les enquêtes internationales
en cours, aux enquêtes nationales menées en vertu des principes
de compétence universelle ou à celles qui sont en cours en Ukraine,
ainsi qu’aux missions d’enquête et d’investigation internationales.
À cet égard, l’Assemblée invite le Comité des Ministres à engager
le dialogue et à explorer plus avant les synergies avec certaines
de ces enquêtes ou missions d’enquête internationales en vue de
garantir que la Fédération de Russie répond des graves violations
commises en Crimée.
7. L’Assemblée se réfère à la
Recommandation 2265 (2024) «La situation
des enfants d’Ukraine» et réitère sa recommandation au Comité des
Ministres de créer et d’assurer le fonctionnement d’un registre commun
des personnes qui ont été inscrites sur les listes de sanctions
des États membres du Conseil de l’Europe, ainsi que sur les listes
de sanctions de l’Union européenne, en lien avec leur implication
dans la déportation, le transfert forcé ou le retard injustifié
dans le rapatriement d’enfants ukrainiens, et dans l’adoption illégale
ou l’établissement de la tutelle d’enfants ukrainiens. Les objectifs
d’un tel registre seraient d’harmoniser la politique de sanctions,
et de contrôler et de renforcer l’efficacité des mesures restrictives
imposées.