Violences et discours de haine contre les responsables politiques: une menace pour la démocratie
Recommandation 2305
(2026)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion
par l’Assemblée le 21 avril 2026 (12e et
13e séances) (voir Doc. 16363, rapport de la commission
des questions politiques et de la démocratie, rapporteure: Mme Elisabetta
Gardini; et Doc. 16382,
avis de la commission sur l'égalité et la non-discrimination, rapporteure:
Mme Yevheniia Kravchuk). Texte adopté par l’Assemblée le
21 avril 2026 (13e séance).Version
provisoire sous réserve de révision éditoriale.
1. L’Assemblée
parlementaire attire l’attention du Comité des Ministres sur sa
Résolution 2646 (2026) «Violences
et discours de haine contre les responsables politiques: une menace
pour la démocratie», dans laquelle elle souligne que la violence
contre les responsables politiques est en augmentation dans de nombreux
États membres et observateurs du Conseil de l'Europe.
2. L'Assemblée est préoccupée par le fait que la violence contre
les responsables politiques de tous les niveaux risque d'avoir un
effet dissuasif sur la participation démocratique à la vie politique,
ce qui réduit le pluralisme, la représentativité et la qualité des
processus et des institutions démocratiques. Les intimidations, les
menaces et d'autres formes d'agressions verbales, physiques ou sexuelles
peuvent également avoir un impact considérable sur le bien-être
psychologique des responsables politiques, dont la capacité à travailler
et à servir l'intérêt général se trouve ainsi diminuée. Il est donc
urgent d'agir pour prévenir et contrer ce phénomène.
3. Certaines catégories, notamment les femmes politiques et les
représentant·es de groupes minoritaires, sont ciblées de manière
disproportionnée, notamment par des violences fondées sur le genre,
des menaces à caractère sexuel et des attaques misogynes, homophobes
ou racistes. Ces personnes méritent donc une attention particulière,
afin d’éviter qu'elles soient découragées de participer à la vie
politique et de préserver la diversité et la représentativité des
élu·es.
4. L'Assemblée rappelle que les chefs d’État et de gouvernement
du Conseil de l'Europe ont adopté, en 2023, les Principes de Reykjavik
pour la démocratie, par lesquels ils se sont engagés à «garantir
une participation pleine, égale et significative à la vie politique
et publique pour tous, en particulier pour les femmes et les filles,
sans violence, peur, harcèlement, discours et crimes de haine, ainsi
que sans discrimination fondée sur quelque motif que ce soit» (principe 10).
5. L'Assemblée se réfère aussi aux travaux en cours du Congrès
des pouvoirs locaux et régionaux sur le thème «Préserver la démocratie
locale – Lutter contre les violences envers les élu·es locaux et
régionaux».
6. L'Assemblée estime que, dans le cadre du Nouveau Pacte démocratique
pour l'Europe, le Conseil de l'Europe pourrait jouer un rôle de
premier plan en veillant à ce que la violence contre les responsables politiques
de tous les niveaux soit combattue de manière adéquate, renforçant
ainsi la sécurité démocratique sur l'ensemble du continent.
7. À la lumière de ces considérations, l'Assemblée invite le
Comité des Ministres à envisager de mettre en place un mécanisme,
qui pourrait prendre la forme d'une plateforme ou d'un observatoire
du Conseil de l'Europe, afin d'identifier et de suivre les menaces
spécifiques ou les épisodes de violence contre des responsables
politiques aux niveaux local, régional et national.
8. Ce mécanisme permettrait de mieux comprendre le phénomène
et contribuerait à améliorer la prévention et la réponse des autorités
compétentes. Il pourrait aussi servir à collecter des données pour analyser
les tendances et pourrait contribuer à faire mieux connaître ce
problème par le biais de campagnes publiques spécifiques du Conseil
de l'Europe.
9. L'Assemblée invite le Comité des Ministres à développer davantage
les mécanismes d'alerte précoce visant à détecter le recul de la
démocratie.