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Nécessité d’un accompagnement systémique des soldats ukrainiens en situation de handicap à la suite des hostilités

Doc. 16464 : recueil des amendements écrits | Doc. 16464 | 28/09/2026 | Version provisoire

Légende : AdoptéRejetéRetiréPas de votes électroniques

AProjet de résolution

1L’Assemblée parlementaire déplore la guerre d’agression que mène actuellement la Fédération de Russie contre l’Ukraine et souligne que l’une de ses conséquences les plus dramatiques et durables est l’augmentation sans précédent du nombre de soldats et de civils en situation de handicap à la suite de cette guerre. L'ampleur de ce phénomène constitue l'un des plus grands défis sociaux auxquels l'Ukraine est confrontée aujourd'hui et le sera dans les années à venir, et un défi pour lequel tous les pays européens devraient se sentir concernés, notamment parce que, s'il est relevé avec succès, il pourrait également contribuer à comprendre et à mettre en place les approches les plus novatrices et les plus efficaces pour assurer la pleine inclusion des personnes en situation de handicap dans tous les aspects de la société, sur un pied d'égalité et sans aucune discrimination.

Dans le projet de résolution, paragraphe 1, à la fin de la première phrase, insérer les mots suivants:

«, y compris par les attaques délibérées contre des civils et des infrastructures civiles, la torture et les mauvais traitements infligés aux prisonniers de guerre et aux détenus civils».

2Le nombre de personnes en situation de handicap à la suite de la guerre a dépassé 200 000 en 2024 et continue d’augmenter. Les personnes présentant des incapacités sensorielles notamment une déficience auditive ou visuelle, ou une double déficience sensorielle, pourraient représenter 15 à 20 % de ce groupe. En 2025, plus de 33 000 soldats ont reçu des soins de réadaptation dans les établissements médicaux militaires.
3Plus de 435 000 personnes ont bénéficié de services gratuits de réadaptation en 2025 dans le cadre du programme de garanties médicales, contre environ 366 000 patients en 2024. Au cours du seul premier semestre 2025, 229 159 Ukrainiens ont bénéficié de services de réadaptation assurés par le Service national de santé d’Ukraine (NHSU), dont plus de 89 000 en milieu hospitalier. Les ancien·nes combattant·es et le personnel militaire représentent une part importante des bénéficiaires.

lundi 28 septembre 2026

Déposé par la Commission sur l'égalité et la non-discrimination

Dans le projet de résolution, après le paragraphe 3, insérer le paragraphe suivant:

«Étant donné que plus de 75 000 femmes servent dans les forces armées ukrainiennes, leur situation et leurs besoins spécifiques devraient être pris en compte dans la politique nationale en faveur des ancien·nes combattant·es, afin que celle-ci prévoie toutes les mesures nécessaires à la réinsertion et la réadaptation des anciennes combattantes en situation de handicap.»

Note explicative

Les femmes participent activement aux forces armées ukrainiennes, où elles occupent des fonctions très variées. Certaines d’entre elles se retrouvent en situation de handicap à la suite des hostilités; par conséquent, leurs besoins spécifiques en matière de rétablissement et de réinsertion devraient aussi faire partie intégrante de la politique nationale ukrainienne en faveur des ancien·nes combattant·es.

4En ce qui concerne les soins prothétiques, en 2024, les services ukrainiens ont fourni des prothèses et aides techniques à environ 11 400 personnes, dont 2 500 militaires, tandis que le nombre total de prothèses de différents types distribuées a atteint près de 20 000. Au cours des six premiers mois de 2025, 9 400 prothèses de membres supérieurs et inférieurs avaient déjà été fournies.

Dans le projet de résolution, après le paragraphe 4, insérer le paragraphe suivant:

«L’Assemblée salue les mesures déjà prises par les autorités ukrainiennes dans le contexte de la guerre, notamment la création du ministère des Anciens combattants, le déploiement d’un réseau de spécialistes de l’accompagnement des anciens combattants dans les collectivités locales, la numérisation des services destinés aux anciens combattants, l’extension du réseau national de rééducation et de soins prothétiques, ainsi que la création de centres spécialisés comme le «Superhumans Center» et le centre national de rééducation «Unbroken». Elle salue aussi la mise en place, en collaboration avec le Canada, d’un nouveau fonds international multi-donateurs pour les anciens combattants ukrainiens et leurs familles, lancé en septembre 2026, qui offre une plateforme ouverte aux États et autres partenaires désireux de soutenir les anciens combattants ukrainiens et qui leur permet de contribuer à un effort commun et coordonné. Ces avancées montrent que l’Ukraine jette les bases d’une politique moderne en faveur des anciens combattants et constituent un fondement solide sur lequel le soutien international devrait s’appuyer.»

5L’Assemblée rappelle avec force aux États membres leurs obligations au titre de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées et souligne la nécessité de faire en sorte que les ancien·nes combattant·es ukrainiens en situation de handicap puissent participer pleinement à la vie sociale, professionnelle, familiale et civique.
6Elle souligne que l’obligation d’assurer la réadaptation, l’accessibilité et la pleine participation sociale des personnes en situation de handicap ne découle pas uniquement de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, mais aussi de la Convention européenne des droits de l’homme (STE no 5), de la Charte sociale européenne (STE no 35) et des normes du Conseil de l’Europe concernant la protection de la dignité humaine, la non-discrimination et l’inclusion sociale. La réadaptation et la réinsertion sociale des personnes touchées par un conflit armé devraient être considérées comme un élément de la protection des droits humains et comme une obligation de tout État démocratique.

Dans le projet de résolution, après le paragraphe 6, insérer le paragraphe suivant:

«L'Assemblée rappelle que la Fédération de Russie porte l'entière responsabilité, en vertu du droit international, des blessures, pertes et dommages causés par son agression, y compris les coûts à vie liés à la rééducation, aux soins prothétiques et à la réinsertion sociale des personnes en situation de handicap à la suite de la guerre.»

7L’Assemblée souligne que le soutien aux ancien·nes combattant·es ne saurait être limité aux traitements à l’hôpital, à l’appareillage prothétique ou à la fourniture de matériel. La réadaptation doit s’entendre comme un processus continu de retour vers une vie autonome englobant la réadaptation clinique et l’adaptation du logement, en portant une attention particulière au soutien aux familles, aux soins de santé mentale, à l’accès à l’information, à la réinsertion sociale et professionnelle et à la gestion efficace des dossiers.
8L’Assemblée met en exergue les besoins particuliers des ancien·nes combattant·es qui vivent en dehors des grands centres urbains, des personnes présentant une double déficience sensorielle, des familles qui assument le rôle d’aidant informel et des ancien·nes combattant·es sans emploi.

lundi 28 septembre 2026

Déposé par la Commission sur l'égalité et la non-discrimination

Dans le projet de résolution, à la fin du paragraphe 8, insérer la phrase suivante:

«Elle attire aussi l'attention sur les besoins particuliers des anciennes combattantes, auxquelles il convient d'accorder une plus grande visibilité, d'autant plus qu'elles sont confrontées à des stéréotypes de genre concernant leur rôle dans la société.»

Note explicative

Nombre de femmes ukrainiennes jouent un rôle très actif dans l'armée, mais elles se heurtent à un manque de reconnaissance en tant qu'anciennes combattantes, y compris en tant qu'anciennes combattantes en situation de handicap, ce qui peut avoir des répercussions sur leur accès aux droits et aux services d'accompagnement.

9Compte tenu de ce qui précède, l’Assemblée appelle les États membres à affecter au moins 10 % de leurs fonds nationaux alloués à la reconstruction de l’Ukraine à la réadaptation et à la réinsertion sociale des civils et des ancien·nes combattant·es en situation de handicap.

Dans le projet de résolution, paragraphe 9, remplacer les mots qui suivent «États membres» par les mots suivants:

«, lorsqu’ils programment leur futur soutien à la reconstruction de l’Ukraine, à fournir une aide financière supplémentaire, équivalente à au moins 10 % de leurs fonds nationaux alloués à la reconstruction, qui soit spécialement destinée à la réadaptation et à la réinsertion sociale des civils et des ancien·nes combattant·es en situation de handicap, et à utiliser aussi à cette fin les avoirs souverains gelés de la Russie et leurs produits.»

10Elle demande instamment aux États membres qui ne l’ont pas encore fait de signer et/ou ratifier la Convention établissant une Commission internationale des réclamations pour l’Ukraine (STCE n° 229).
11L’Assemblée appelle également les autorités ukrainiennes à tout mettre en œuvre, avec le soutien des États membres du Conseil de l’Europe et de ses partenaires:
11.1pour élaborer une politique complète et cohérente en faveur des ancien·nes combattant·es, prévoyant une seule voie d’accès transparente pour solliciter les prestations et les services («guichet unique»), la réadaptation à long terme, un parcours de soins spécialisé en médecine militaire, un accompagnement psychologique, des soins à domicile, l’adaptation du cadre de vie, la réinsertion professionnelle, le développement du mentorat par les pairs pour les ancien·nes combattant·es et l’accessibilité des équipements publics et des transports en commun;

Dans le projet de résolution, à la fin du paragraphe 11.1, insérer les mots suivants:

«des parcours de réadaptation spécialisés pour les prisonniers de guerre et les détenus civils libérés, notamment le traitement des conséquences physiques et psychologiques de la torture et des mauvais traitements subis lors de leur détention en captivité par les russes;»

lundi 28 septembre 2026

Déposé par la Commission sur l'égalité et la non-discrimination

Dans le projet de résolution, à la fin du paragraphe 11.1, insérer la phrase suivante:

«Les ancien·nes combattant·es en situation de handicap devraient toutes et tous pouvoir bénéficier de l'ensemble des droits, des prestations et des services d'accompagnement prévus par la politique en faveur des ancien·nes combattant·es, sans aucune forme de discrimination.»

Note explicative

Il conviendrait d'indiquer explicitement que la politique en faveur des ancien·nes combattant·es doit être appliquée de manière non discriminatoire, en tenant compte de toutes les formes de discrimination qui risquent de se manifester, car cela pourrait supposer de prendre des mesures spécifiques pour garantir leur égalité de traitement.

lundi 28 septembre 2026

Déposé par la Commission sur l'égalité et la non-discrimination

Dans le projet de résolution, après le paragraphe 11.1, insérer le paragraphe suivant:

«pour garantir la pleine participation des ancien·nes combattant·es en situation de handicap, dans toute leur diversité, ainsi que des organisations qui les représentent, à l'élaboration de la politique ukrainienne en faveur des ancien·nes combattant·es;».

Note explicative

Il est essentiel que les personnes directement concernées par les politiques en faveur des ancien·nes combattant·es, y compris les femmes et les personnes LGBTI, aient la possibilité de participer à l’élaboration de ces politiques afin que leurs expériences vécues et leurs besoins puissent être pleinement pris en compte.

11.2pour assurer la formation systématique des professionnels de santé, des travailleurs sociaux et des agents chargés des dossiers spécialisés dans le handicap et l’accompagnement des ancien·nes combattant·es, en accordant une attention particulière aux zones rurales et aux actions de proximité;
11.3pour favoriser et permettre l’inclusion active des familles et des aidants informels dans les programmes de soutien, en leur garantissant l’accès à une prise en charge psychologique, à une formation et à des solutions de répit adaptées à leurs besoins spécifiques;

lundi 28 septembre 2026

Déposé par la Commission sur l'égalité et la non-discrimination

Dans le projet de résolution, à la fin du paragraphe 11.3, insérer la phrase suivante:

«Les partenaires des ancien·nes combattant·es LGBTI en situation de handicap devraient être considéré·es comme «des familles et des aidants informels des ancien·nes combattant·es» et bénéficier d’un accès aux programmes de soutien, à une prise en charge psychologique, à une formation et aux solutions de répit disponibles.»

Note explicative

L'absence de reconnaissance juridique explicite des couples de même sexe en Ukraine ne doit pas entraîner de discrimination à l'égard des ancien·nes combattant·es LGBTI en situation de handicap en ce qui concerne l'accès aux droits et aux services pour ces personnes et pour leurs familles, y compris leurs partenaires.

11.4pour mettre en place un système commun de suivi des données relatives à la situation des ancien·es combattant·es, y compris le nombre de personnes bénéficiant de services de réadaptation, les délais d’attente pour accéder aux services, l’accessibilité régionale des services, des indicateurs relatifs à l’emploi, la situation des familles, la santé mentale, l’accessibilité des infrastructures, et les besoins des personnes ayant des déficiences sensorielles. Ces données devraient être publiées régulièrement et servir à la planification des politiques publiques.

lundi 28 septembre 2026

Déposé par la Commission sur l'égalité et la non-discrimination

Dans le projet de résolution, paragraphe 11.4, dernière phrase, après les mots «Ces données devraient être», insérer les mots suivants:

«ventilées par sexe et».

Note explicative

Il serait important de mettre en avant les besoins et les expériences des anciennes combattantes et de veiller à ce que ces besoins et expériences soient pris en compte dans la mise en oeuvre des politiques publiques et dans l’élaboration de nouvelles politiques.

lundi 28 septembre 2026

Déposé par la Commission sur l'égalité et la non-discrimination

Dans le projet de résolution, après le paragraphe 11.4, insérer le paragraphe suivant:

«pour mettre en oeuvre des programmes destinés aux auteurs de violences domestiques, ciblant le personnel militaire et les anciens combattants»;

Note explicative

Le premier rapport d’évaluation du Groupe d’experts du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (GREVIO) sur l’Ukraine, publié le 4 septembre 2026, note avec préoccupation que la guerre d’agression menée par la Fédération de Russie a entraîné l’augmentation des cas de violence à l’égard des femmes commis par des militaires en service actif et des anciens combattants, notamment des soldats de retour du front souffrant des traumatismes liés à la guerre.

12L’Assemblée encourage en outre, le recours, en Ukraine, aux possibilités offertes par les instruments de la Banque de développement du Conseil de l’Europe en tant que source de financement pour des projets sociaux ayant un impact à long terme, comme des centres de réadaptation, des logements accompagnés, l’adaptation du cadre de vie, le soutien aux familles, la réinsertion professionnelle et des services accessibles en dehors des grandes agglomérations.

Dans le projet de résolution, avant le paragraphe 12, insérer le paragraphe suivant:

«L’Assemblée appelle les États membres du Conseil de l’Europe et ses partenaires à poursuivre et étendre les programmes de soins, de pose de prothèses et de réadaptation destinés aux soldats et civils ukrainiens blessés, dans leurs établissements médicaux nationaux, et à rendre ces programmes prévisibles et pluriannuels; à soutenir la formation de professionnels ukrainiens (spécialistes de la réadaptation, prothésistes, professionnels de la santé mentale et gestionnaires), notamment par le biais de programmes d’échange avec leurs propres services chargés des anciens combattants; à faire en sorte que les anciens combattants ukrainiens en situation de handicap qui résident sur leur territoire sous le régime de la protection temporaire ou sous un autre statut bénéficient d’un accès complet aux services nationaux de réadaptation, de soins prothétiques et d’aide technique, sans aucune discrimination; à soutenir le déminage et l’aide aux victimes des mines en Ukraine, en tant que partie intégrante de la prévention du handicap.»

CProjet de recommandation

1Rappelant sa Résolution … (2026) «Nécessité d’un accompagnement systémique des soldats ukrainiens en situation de handicap à la suite des hostilités», l’Assemblée parlementaire recommande que, dans le cadre du prochain Plan d’action du Conseil de l’Europe pour l’Ukraine «Sécurité démocratique pour l’Ukraine», le Comité des Ministres prenne en compte les besoins de l’Ukraine concernant les soldats en situation de handicap.

lundi 28 septembre 2026

Déposé par la Commission sur l'égalité et la non-discrimination

Dans le projet de recommandation, à la fin du paragraphe 1, remplacer les mots «les soldats en situation de handicap» par les mots suivants:

«la réinsertion et la réadaptation des ancien·nes combattant·es en situation de handicap, y compris les femmes, les personnes LGBTI et les personnes de nationalité étrangère».

Note explicative

Le prochain Plan d'action du Conseil de l'Europe pour l'Ukraine devrait prévoir des mesures visant à répondre aux besoins de réinsertion et de réadaptation de toutes les personnes qui participent à la défense de l’Ukraine contre l'agression menée par la Fédération de Russie et qui, de ce fait, se retrouvent en situation de handicap, qu'il s'agisse d'hommes, de femmes, de personnes LGBTI ou de personnes de nationalité étrangère.