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Demande d'adhésion de la Pologne au Conseil de l'Europe

Rapport | Doc. 6289 | 19 septembre 1990

Commission
Commission des questions politiques et de la démocratie
Rapporteur :
Lord Geoffrey FINSBERG, Royaume-Uni
Thesaurus

Le problème

Le 4 juin 1989, la Pologne a été le premier pays d'Europe centrale et orientale à organiser des élections pluralistes et libres pour désigner le Sénat (les élections à la Chambre des députés se déroulant selon des modalités destinées à permettre aux communistes de garder la face – mais non, comme on l'a vu, le pouvoir). Elle a aussi été le premier pays où un gouvernement présentant une légitimité démocratique a succédé à un régime communiste. Pourtant, après avoir ainsi ouvert la voie à ses voisins, la Pologne sera parmi les derniers (probablement, en mars 1991) à tenir des élections parlementaires véritablement libres, bien qu'elle ait été la première à organiser, le 25 mai 1990, des élections locales entièrement libres.

La solution

Compte tenu de son rôle de pionnier en la matière et du fait que le parlement existant montre déjà le chemin aux autres pays de la région en élaborant une législation démocratique et en garantissant les droits de l'homme, il est proposé que la Pologne soit invitée sans plus attendre à devenir membre du Conseil de l'Europe.

A Projet d'avis

1. L'Assemblée a reçu du Comité des Ministres une demande d'avis sur l'adhésion de la Pologne au Conseil de l'Europe (Doc. 6188), conformément à la Résolution statutaire (51) 30 A adoptée par le Comité des Ministres le 3 mai 1951.
2. Elle reconnaît que la Pologne a montré l'exemple à tous les pays d'Europe centrale et orientale en organisant, le 4 juin 1989, des élections parlementaires qui, bien qu'entièrement libres seulement pour le Sénat, ont rapidement conduit à la formation du premier gouvernement doté d'une légitimité démocratique dans toute cette région.
3. L'Assemblée apprécie la contribution énergique de la Pologne aux travaux du Conseil de l'Europe, que ce soit au niveau parlementaire depuis qu'elle a reçu le statut d'invité spécial le 8 juin 1989, ou au niveau intergouvernemental depuis son adhésion à plusieurs conventions européennes, en particulier à la Convention culturelle européenne qu'elle a signée le 16 novembre 1989.
4. Elle relève également que la délégation d'observateurs de la Conférence permanente des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe a constaté que les élections locales et municipales qui se sont tenues le 25 mai 1990 étaient libres et équitables et que les premières élections parlementaires entièrement libres se dérouleront probablement en mars 1991.
5. L'Assemblée considère que la Pologne a la capacité et la volonté:
i de satisfaire aux dispositions de l'article 3 du Statut, selon lequel «tout membre du Conseil de l'Europe reconnaît le principe de la prééminence du droit et le principe en vertu duquel toute personne placée sous sa juridiction doit jouir des droits de l'homme et des libertés fondamentales»;
ii de collaborer sincèrement et efficacement à la réalisation des objectifs du Conseil de l'Europe tels qu'ils sont énoncés au chapitre 1er de son Statut, et, par là, de remplir- les conditions d'adhésion au Conseil de l'Europe précisées dans l'article 4 du Statut.
6. L'Assemblée recommande par conséquent au Comité des Ministres, lors de sa prochaine réunion:
i d'inviter la République de Pologne à devenir membre du Conseil de l'Europe dès que des élections législatives libres auront eu lieu dans ce pays;
ii d'attribuer à la Pologne douze sièges à l'Assemblée parlementaire.

B Exposé des motifs par Sir Geoffrey FINSBERG

1 Introduction

1. L'histoire de la Pologne ressemble à celle du phénix, renaissant chaque fois qu'on a tenté de l'anéantir – n'a-t-elle pas disparu de la carte de 1795 à 1918, écartelée entre la Prusse, la Russie et l'Autriche? Mais son peuple fier et patriotique a toujours repris le dessus. La dernière fois, c'est de l'intérieur qu'est venu l'ennemi, et l'âme polonaise a été étouffée pendant quarante ans par un credo politique qui lui était étranger. Malgré un régime brutal, qui a même encouragé l'assassinat d'un prêtre, l'esprit de liberté a toujours été entretenu par l'Eglise et, plus tard, par l'alliance entre l'Eglise et Solidarité.
2. Les événements des cinq dernières années représentent le triomphe de l'esprit de l'homme et la Pologne a été le précurseur de l'apparition de la démocratie en Europe centrale et orientale. L'Assemblée lui a conféré le statut d'invité spécial en juin 1989 et, actuellement, nous examinons sa demande d'adhésion à part entière. Nos principes sont stricts: au minimum, le pays candidat doit disposer d'une constitution démocratique, d'un parlement librement élu et d'un système judiciaire indépendant, et doit respecter rigoureusement les droits de l'homme.

2 La Constitution, les droits de l'homme et l'indépendance du pouvoir judiciaire

3. Le résultat immédiat des accords de la table ronde de l'an dernier a été l'adoption, le 7 avril 1989, du premier amendement de la Constitution qui instaure le principe de la séparation des pouvoirs et du pluralisme politique. Le pouvoir législatif est exercé par l'Assemblée nationale, composée de la Diète et du Sénat. Ce dernier avait disparu depuis la guerre; ses pouvoirs sont importants, puisqu'il a l'initiative législative, il est habilité à rejeter les décisions de la Diète et examine le projet de budget. L'exécutif est assuré par un gouvernement responsable devant l'Assemblée. Enfin, la fonction de Président de la République, élu par l'Assemblée, est créée.
4. Un grand pas a été fait pour garantir l'indépendance de la justice qui – comme le constatait déjà la table ronde – «est fondamentale pour l'existence d'un Etat de droit et la protection des droits et des intérêts des citoyens». La loi du 7 avril 1989 introduit dans la Constitution le principe de l'inamovibilité des magistrats. D'autre part, elle institue le Conseil national de la magistrature, abolit de ce fait la dépendance administrative des tribunaux et garantit d'indépendance des juges.
5. Cette Constitution amendée n'est que transitoire. Elle sera remplacée au printemps 1991, vraisemblablement le 3 mai, anniversaire du bicentenaire de la première Constitution polonaise. Deux commissions parlementaires travaillent actuellement à la nouvelle Constitution. L'une, du Sénat, comprenant treize membres du Club civique parlementaire (présidée par Mme Grzeskowiak), l'autre, composée de quarante-cinq membres de divers clubs, dont vingt du Club civique (présidée par M. Geremek). Chaque commission travaille, avec l'aide d'experts en droit constitutionnel, à un projet propre. La commission sénatoriale envisage de consulter la Commission européenne pour la démocratie par le droit à Venise. Des thèses communes seront ensuite élaborées par un groupe composé de sénateurs et de députés de chaque commission, qui pourront se prévaloir d'avoir été élus démocratiquement. La rédaction finale sera confiée à la commission du Sénat.
6. La nouvelle Constitution, après avoir été adoptée par le Parlement, sera soumise à un référendum de ratification. On se rappellera que l'Espagne était beaucoup moins avancée à cet égard lorsqu'elle a été invitée à adhérer au Conseil de l'Europe en 1977 et que, l'année précédente, le Portugal avait reçu la même invitation alors même qu'un «Conseil de la révolution» militaire était le garant d'une constitution qui avait pour but explicite l'instauration d'une «société socialiste».
7. L'amendement constitutionnel du 7 avril 1989 ouvre la voie à une série de réformes qui transforment, précisent ou complètent les dispositions existantes et lèvent les obstacles qui empêchaient la Pologne d'adhérer à la Convention européenne des Droits de l'Homme.
8. Ce premier amendement instaure la liberté syndicale, la liberté de créer des partis politiques et la liberté d'association. La liberté syndicale s'accompagne d'une loi d'amnistie pour les personnes condamnées en raison de leurs activités politiques ou syndicales antérieures (29 mai 1989) et d'une loi permettant la réintégration des personnes licenciées pour les mêmes motifs (24 mai 1989).
9. Le Parlement travaille à la garantie des libertés fondamentales. Toutes les propositions de loi sont soumises à une Commission des droits de l'homme et de la légalité, qui a pour mission de vérifier si les textes sont conformes aux nonnes européennes.
10. Parmi les nombreuses mesures adoptées, nous citerons encore la loi garantissant la liberté de conscience et la pratique du culte de son choix (17 mai 1989), la loi relative à la presse (29 mai 1989) et l'abolition de la censure (11 avril 1990).
11. La Constitution garantit à tous les citoyens les mêmes droits et l'égalité devant la loi. Cette disposition s'applique aussi aux minorités nationales et ethniques qui, par exemple, peuvent bénéficier de l'enseignement de leur langue maternelle. En 1989, dans 122 écoles, 6 346 élèves apprenaient leur langue d'origine, en majorité le biélorusse, mais aussi l'ukrainien, le lituanien et le slovaque. Il convient de mentionner qu'un accord signé par les gouvernements de la République Fédérale d'Allemagne et de la Pologne le 14 novembre 1989 confirme les droits de la minorité d'origine allemande.
12. Une Cour constitutionnelle apparaît en 1986 (réformée le 20 décembre 1989). Elle a pour rôle de statuer sur la constitutionnalité des lois et des actes réglementaires. Son interprétation de la loi est contraignante. Une réforme visant à étendre la saisine de la Cour constitutionnelle est en préparation.

Grâce à toutes ces mesures, la Pologne est très en avance sur tous les autres pays d'Europe centrale et orientale dans le domaine de la législation démocratique.

3 Le pluralisme démocratique

3.1 L'Assemblée nationale

13. Le 4 juin 1989 se sont déroulées les élections législatives, qui devaient n'avoir qu'un tour. 65 % des sièges à la Diète étaient réservés à la coalition gouvernementale. L'élection des sénateurs était totalement libre et le scrutin donna à l'opposition la totalité des sièges disponibles. Elle accepta que se déroule un second tour, non prévu à l'origine, afin que la totalité des sièges «réservés» soient pourvus et qu'ainsi puisse se poursuivre le processus négocié.
14. L'Assemblée nouvellement élue se trouvait donc ainsi composée: Sénat: 99 des 100 sièges pour le Club civique parlementaire (candidats présentés par Solidarité), 1 indépendant. A la Diète, le Club civique enlève 161 sièges. Pour la coalition: 173 sièges revenaient au Parti ouvrier unifié polonais (POUP), 76 au Parti paysan unifié, 27 au Parti démocrate, 10 à Pax, 8 à l'Union sociale chrétienne, 5 à l'Union sociale catholique. L'épreuve de vérité était cruelle pour la coalition, qui ne pouvait que constater le décalage entre la représentation à la Diète et la volonté des électeurs.
15. L'Assemblée nationale, où chaque camp possédait une majorité de blocage, était condamnée à s'entendre; l'opposition accepta à contre-coeur de faire élire le général Jaruzelski à la présidence de la République, de son côté, la coalition ne put s'opposer à la nomination de M. Mazowiecki, qui constitua son gouvernement le 12 septembre 1989.
16. Depuis 1989, on assiste à une intense activité politique et à la réapparition ou à la création d'une multitude de partis. L'ensemble des tendances politiques est représenté, des anarchistes aux royalistes. Lors des dernières élections locales, plus de 250 organisations socio-politiques, dont 85 partis, ont présenté des candidats. Parmi ces formations, seules quelques-unes ont un programme et sont véritablement organisées.
17. La période actuelle est marquée par une succession d'alliances et de regroupements. M. Geremek déclarait récemment que le régime du parti unique avait détruit en profondeur la culture politique du pays et qu'il fallait reconstruire des références idéologiques. Cette recherche d'identité caractérise les forces politiques actuelles. Les alliances sont mouvantes, les regroupements se font ponctuellement autour d'idées, de projets, d'enjeux nationaux.
18. La composition de l'Assemblée nationale, où les coalitions se font et se défont, reflète cet état de choses, accentué encore par l'auto-dissolution du POUP au mois de janvier. Si, au lendemain des élections de juin 1989, le POUP et ses partis alliés disposaient de 65 % des sièges à la Diète, à la mi-juin 1990 la composition de cette chambre était la suivante: Club civique parlementaire: 156 sièges, Parti démocrate: 23 sièges, Parti paysan polonais: 76 sièges (ces trois clubs se sont alliés après les élections pour former et soutenir le gouvernement de M. Mazowiecki), Club de la gauche démocratique: 111 sièges (11 députés de la Social-démocratie de la République de Pologne et 100 députés sans étiquette), le Club de l'Union sociale démocratique: 44 sièges, les clubs des groupements catholiques: 23 sièges au total et le Club des députés indépendants: 27 sièges.
19. L'activité politique est dominée par Solidarité qui, sans être en fait un parti, appuie les candidats de son choix. Au sein de l'Assemblée, ceux-ci sont regroupés par un «club parlementaire de citoyens» qui confère une certaine unité au mouvement, en dépit de ses diverses tendances. Le dernier congrès de Solidarité, en avril, a confirmé le choix du syndicat de ne pas se transformer en parti politique, tout en continuant pour l'heure de soutenir des candidats aux élections.

3.2 Une démocratie à la base

20. Le changement de Constitution et des élections législatives totalement libres sont, dans la perspective polonaise, l'aboutissement d'un processus qui nécessite l'apprentissage de la démocratie à la base et son affermissement graduel.
21. Le délai raisonnable fixé doit permettre aux partis politiques de s'organiser afin d'offrir aux électeurs les conditions d'un choix réel. Les élections locales (loi électorale du 8 mars 1990) sont ainsi considérées comme primordiales car elles sont «la condition d'une démocratie à la base et la meilleure école de formation qui soit».
22. L'urgence de ne pas cédera la précipitation se justifie également, selon M. Balcerowicz, ministre des Finances, par la nécessité de stabiliser la situation économique. Le désordre économique est une menace perpétuelle pour la démocratie, le ferment des extrémistes.
23. La voie «tranquille et profonde» que suit la Pologne se poursuivra, affirme le Premier ministre. Cette démarche est globale, elle noue les réformes politiques, économiques et sociales.
24. Les résultats du scrutin local du 25 mai ont donné une large majorité aux candidats de Solidarité, mais il ne s'agit pas d'un plébiscite; d'autres forces politiques seront représentées dans les conseils locaux. On peut en conclure que les électeurs ont une possibilité de choix et qu'ils l'exercent.
25. En réponse à l'invitation du Gouvernement polonais, une délégation d'observateurs de la Conférence permanente des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe s'est rendue en Pologne du 26 au 28 mai 1990 afin d'assister aux élections locales. Lit composition de la délégation était la suivante: MM. Morgan (conservateur, Royaume- Uni), Haegi (libéral, Suisse), Tchernoff (libéral, Pays-Bas), Mme Farrington (travailliste, Royaume- Uni), M. Mentz (CDU, République Fédérale d'Allemagne).
26. Les autorités polonaises ont déclaré à la délégation que ces élections municipales étaient aussi importantes que les élections nationales; elles constituent un véritable acte de construction de la démocratie par la base, le but recherché étant de briser les pouvoirs et les réseaux de la nomenklatura existant au niveau local, jusqu'ici simple échelon administratif de l'administration de l'Etat.
27. La délégation estime qu'à travers ces élections locales libres et démocratiques et la nouvelle législation sur l'autonomie locale la Pologne a fait une grande avancée vers une vraie démocratie édifiée à partir de la base — les citoyens dans leur communauté de vie quotidienne. Les nouveaux conseils locaux élus remplacent complètement les bases locales de l'ancienne nomenklatura. La Pologne est ainsi le premier pays sortant d'un régime communiste à s'attaquer réellement en profondeur et résolument au changement politique, et à créer les fondations sur lesquelles bâtir un Etat démocratique.
28. On peut, certes, faire valoir que, même si la Pologne dispose maintenant d'un sénat et d'un gouvernement local multipartiste librement élus, d'une constitution révisée et d'un système judiciaire qui ne dépend plus de l'Etat, elle n'a toujours pas de chambre des députés librement élue, puisqu'en fait un tiers seulement des membres de cette dernière ont véritablement été élus. En termes stricts, cela signifie que ce pays ne pourrait devenir membre à part entière qu'après les élections parlementaires de 1991, où tous les sièges seront effectivement soumis au suffrage des citoyens.
29. Toutefois, il faut se rappeler que le Conseil de l'Europe n'a pas toujours exigé le respect absolu de cette condition. Le Liechtenstein a été invité à adhérer en 1978, alors que la moitié féminine de la population n'avait pas le droit de vote. Cela n'a pas empêché les organisations féminines de la principauté de plaider en faveur de cette adhésion. Elles pensaient que leur lutte aurait plus de chances d'aboutir au sein du très prestigieux «Club démocratique» européen – et leur analyse s'est révélée juste, puisque cette anomalie a été rapidement corrigée.

4 La Pologne et l'Europe

30. M. Skubiszewski, ministre des Affaires i étrangères, déclarait le 20 avril dentier qu'il refusait d'utiliser l'expression consacrée de «retour à l'Europe» pour son pays car, disait-il: «La Pologne n'a jamais quitté l'Europe.»
31. Les contacts entre le Conseil de l'Europe et la Pologne au niveau parlementaire se sont noués lors de la visite de l'ancien Président de l'Assemblée parlementaire, M. Jung, au Parlement polonais à Varsovie en novembre 1988, à l'occasion de la Conférence des présidents des Parlements d'Europe, des Etats-Unis et du Canada. Depuis lors, la participation de la Pologne aux activités du Conseil de l'Europe s'est développée graduellement, aboutissant à l'octroi, le 8 juin 1989, du statut d'invité spécial. Il n'est nul besoin de rappeler aux membres de la commission des questions politiques le dynamisme manifesté par les invités spéciaux polonais.
32. Notre commission doit se réunir à Varsovie les 10 et 11 septembre 1990, mais l'Assemblée a déjà tenu deux réunions en Pologne: le colloque de la commission de la culture et de l'éducation sur la diversité linguistique en Europe (Varsovie, 19-20 décembre 1989) et la réunion de la sous-commission des relations économiques internationales (Varsovie, 19-20 avril 1990).
33. Sur le plan intergouvernemental, des contacts ont été établis lors de la visite que le Secrétaire Général de l'époque, M. Oreja, a effectuée à Varsovie en mars 1988, à l'invitation du Gouvernement polonais. La visite en Pologne de Mme Lalumière et de M. de Deus Pinheiro, Président du Comité des Ministres, le 1er mars de cette année, a confirmé l'intérêt du Conseil de l'Europe pour la coopération avec ce pays.
34. Son adhésion à la Convention culturelle européenne le 16 novembre 1989 fait de la Pologne une Partie contractante à cette convention, participant de plein droit à toutes les activités dans les domaines de l'éducation, de la culture et du sport, ainsi qu'aux activités intergouvernementales dans le domaine de la jeunesse. La Pologne a signé à la même date la Convention européenne sur la télévision transfrontière et la Convention contre le dopage, et a été ultérieurement invitée à adhérer à plusieurs autres conventions.
35. Par décision des Délégués des Ministres de février 1990, la Pologne est invitée à participer à titre d'observateur à tous les comités intergouvernementaux présentant de l'intérêt pour elle. Par ailleurs, la Pologne a demandé à participer à titre d'observateur aux conférences des ministres spécialisés dans un grand nombre de domaines. Une coopération active s'est nouée dans le domaine de la coopération juridique, des droits de l'homme et des pouvoirs locaux. La Pologne a participé également à la réunion spéciale du Comité des Ministres tenue à Lisbonne les 23 et 24 mars 1990.

5 Conclusion

36. Il est incontestable que le Sénat a été librement élu dans sa totalité, qu'il en a été de même d'un tiers des députés, et que les élections locales se sont déroulées dans tout le pays de façon parfaitement libre et ont abouti à la création d'administrations pluripartites. Il importe également de noter que la législation proposée, les modifications de la Constitution et les procédures juridiques mises actuellement en vigueur à l'initiative du gouvernement issu de Solidarité ont toutes été avalisées par le Parlement, alors même que celui-ci n'est pas entièrement remis à neuf, et que les députés communistes n'ont pas cherché à faire de l'obstruction. De plus, le ministre de la Défense et le ministre de l'Intérieur, qui étaient communistes, viennent de démissionner (6 juillet 1990).
37. Compte tenu de ce qui précède, je suis parvenu à la conclusion qu'il faut offrir à la Pologne l'adhésion pleine et entière dès maintenant. Les progrès vers la démocratie se poursuivront, et nous pourrons les surveiller – dans le cas de la Pologne comme dans celui des membres actuels, dont on peut remettre en question la position si l'on observe une baisse de leurs normes ou le retour à un système qui ne soit pas entièrement démocratique. Dans le cas de la Pologne, je suis convaincu que notre foi en ses progrès sera pleinement récompensée.

Commission chargée du rapport: commission des questions politiques.

Commissions saisies pour avis: commission des questions juridiques et des droits de l'homme et commission des relations avec les pays européens non membres.

Implications budgétaires pour l'Assemblée: néant.

Renvoi à la commission: Doc. 6188 et Renvoi n 1667 (du 21 mars 1990).

Projet d'avis adopté par la commission le 10 septembre 1990 par 28 votes à 0 et 1 abstention.

Membres de la commission: MM. L. Steiner (Président), Martinez, Sir Dudley Smith (Vice-Présidents, Remplaçant: Coleman), MM. Alemyr, Ålvarez-Cascos (Remplaçant: Fabra), Antretter, Mme Baarveld-Schlaman, MM. Baumel, Björklund (Remplaçant: Särkijärvi), De Bondt. Candal, Caro (Remplaçant: Forni), Cem (Remplaçant: Genç), Collart (Remplaçant: Noerens), Sir Geoffrey Finsberg, MM. Gabbuggiani, Ghiotti, Giatrakos, Hardy, Mme Helgadottir, MM. de Hoop Scheffer (Remplaçant: Verbeek), Hyland, Irmer, Kindle, Mme Lentz-Cornette, MM. Lyssarides, Miville, Natali (Remplaçant: Scovacricchi), Norgaard, Pangalos (Remplaçant: Rokofyllos), Pontillon, Portelli, Reddemann, Sager, Sarti, Schieder, Soares Costa, Tarschys, Tascioğlu, Thoresen.

NB. Les noms des membres qui ont pris part au vole sont indiqués en italique.

Voir 16e séance, 2 octobre 1990 (adoption du projet d'avis amendé) et Avis no 154.