24/05/2026 Suivi
Des corapporteurs de l'APCE expriment une vive préoccupation
Lord David Blencathra (Royaume-Uni, CEPA) et Yves Cruchten (Luxembourg, SOC), corapporteurs de la Commission du suivi, ont fait la déclaration suivante:
« Nous sommes profondément préoccupés par les scènes observées aujourd'hui au siège du principal parti d'opposition de la Türkiye, le CHP, notamment les informations faisant état d'une intervention policière impliquant des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc contre des membres du parti, des représentants élus et des manifestants. En tant que corapporteurs de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe sur la Türkiye, nous sommes alarmés par la pression continue visant l'opposition démocratique, notamment par le biais de procédures judiciaires, arrestastions et mesures touchant les maires d'opposition, les responsables élus et les dirigeants politiques. Dans une société démocratique régie par l'Etat de droit, la concurrence politique doit se dérouler par le biais des institutions démocratiques et des élections - jamais par l'intimidation, l'usage disproportionné de la force ou des actions perçues comme politiquement motivées.
Les événements des derniers jours soulèvent de sérieuses préoccupations concernant le pluralisme démocratique, la liberté de réunion et d'expression, l'indépendance judiciaire et le respect des droits de l'opposition. Qu'un gouvernement utilise les tribunaux pour évincer la direction d'un parti d'opposition indépendant constitue un abus fondamental des principes de la démocratie dans une société libre. Ces principes sont des obligations fondamentales pour chaque Etat membre du Conseil de l'Europe, y compris la Türkiye.
Nous appelons les autorités turques à faire preuve de retenue, à éviter toute nouvelle escalade et à veiller à ce que toutes les actions entreprises par les institutions étatiques soient pleinement conformes à la Convention européenne des droits de l'homme et aux normes du Conseil de l'Europe.
Une démocratie fonctionnelle nécessite que les partis d'opposition et les représentants élus puissent exercer librement leurs activités politiques légitimes, en toute sécurité et sans crainte de représailles.
Nous continuerons de suivre de très près les développements en Türkiye ».